23/11/2006

Hélène sentit la main de l’individu sur son épaule

Ce midi, si vous avez faim, n’hésitez pas à poser votre derrière sur une chaise du, Restaurant "les petits plats Canailles du Beurre Blanc". Willy et Bernadette vous y accueillent avec le sourire, c’est rue du pont, à Liège, (à 2 pas de la place du Marché). Après le repas, promenade en bord de Meuse et lecture délassante par exemple une bd érotique. (Tout sur la bd en cliquant sur les petits carrés rouges, colonne de gauche chez Petite détente), j’y ai invité Andromède, elle y a trouvé tout très délicieux.

Je suis heureux qu’elle soit venue, j’ai besoin de quelqu’un qui me comprend, parfois je me demande si toutes ces recherches que je fais ne me bloquent pas un peu, j'ai de temps à autre l'impression... comme si la réalité de notre monde partait en lambeau, c'est un peu dingue, le plus étrange c'est qu'à notre époque, de nombreux points de la réalité soient ainsi mis en cause, pour ainsi dire, en même temps. Comme si c’était la réalité elle-même qui s'effilochait, ou alors, comme si c'était moi qui disjonctais. Andromède me tranquillise. Elle m’a complètement rassuré de l’effroi que j’ai eu en découvrant que le badge que j’avais conservé de notre colloque à Vienne contenait une puce RFID. Bien sûr, ce n’était destiné qu’à nous retrouver si nous nous étions par mégarde égarés au centre ville. Andromède est très rationnelle, elle me ramène pieds sur terre, me montre un environnement agréable, des copains de faculté et un petit monde social qui devient mon quotidien, Maureen, Georgette, Georges, Dimitri, Henri, le banquier Embusse qui avait salué Hélène, une jolie femme qui, me disait-on écrivait des polars.          

 

 

 

Elle dit s'appeler "Hélène". Elle le chante. Je m’appelle Hélène, il y en a bien qui chantent « Je m’appelle Henri » ...répond-elle, vivace. Le monde tourne. Ritournelle en tête.

 

Sous l'abribus de la passerelle piétonne qui fait transiter le monde d'une rue normale vers le chancre urbain dénommé galerie marchande, elle observe les gens qui marchent vers la gare. Tournez manège au son des flonflons, chevaux de bois à la mine figée qui montent et qui descendent du matin au soir, sans entrain jusqu'à ce que s'éteignent les lumières de la fête. Le monde tourne. La voici, qui comme Hollynx, se demande la place qu’elle occupe parmi ces êtres qui courent, qui courent et qui n'avancent pas, courir pour attraper le monde, toujours plus vite, jamais plus loin, sans fin, courir.         
Sur la banquette glacée derrière la vitre Decaux, un quidam feuillette un exemplaire de la « Rafale » du 24.12.2003, il s’y lit avec étonnement que après l'arrestation de Saddam Hussein et alors que la croissance américaine, avec un rythme de +8,3 % au troisième trimestre, n'a jamais été aussi forte depuis dix-neuf ans, la cote de popularité du Président George W. Bush atteint 59 %, son plus haut niveau depuis son élection.         
Le temps ne passe pas, disait hier Henri, c’est nous qui passons sans le voir. Nous, les girouettes à tout vent.   
Jupe longue et noire en laine de moutons synthétiques corsage brun foncé, lacets entrelacés délacés, on pourrait croire qu’elle fait la manche, non, elle s’est postée là, simplement pour trouver d’autres visages, d’autres idées pour les livres qu’elle écrit. Elle aurait pu se mettre ailleurs, mais c’est là qu’il fallait attendre avait dit son correspondant au téléphone, ce matin, alors que Mike dormait encore.

 

Hélène sentit la main de l’individu sur son épaule : "Il est temps de monter en voiture" dit-il alors qu’une lourde Mercedes s’immobilisait silencieusement devant le terre-plein.

La chatte endormie sur le rebord de la fenêtre chez Marinette Bonjean entrouvrit un œil, se satisfit de cette voiture qui démarrait, tandis que Sioran, sur le trottoir, se hâtait vers la piscine municipale.

 

(à suivre)

06:00 Écrit par Xian dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) | Tags : sioran, hollynx, liege |  Facebook |