28/03/2007

Feuilleton

Oui toutes les aventures de Henri se poursuivent ...

extrait de "La dépêche" de ce matin ...

Je traverse un plus grand jardin, il y a un petit étang, je m’allonge sous un bosquet fleuri, Doris m’emmenait dans le jardin derrière chez elle, pour cueillir les narcisses et les muscaris bleus aux senteurs prunelles citron sapin vert jardin d’éden. Nous ne tardions jamais à faire l’amour, étendus là où un creux d’aubépine éloignait définitivement son grand-père ou sa grand’mère. C’est elle qui me prenait les mains, me forçait à m’agenouiller puis à m’étendre tandis qu’elle m’embrassait, pour appeler mon désir qui curieusement n’était pas plus intense que le sien. Les caresses se confinaient à l’essentiel, le déshabillage n’entamait que des nudités très partielles, je finissais sur le dos et elle, découvrant ses fesses, se faisait rebondir sur mon ventre.

08:56 Écrit par Xian dans Amour | Lien permanent | Commentaires (5) | Tags : congo, katanga, terroristes |  Facebook |

26/11/2006

Décès d'un espion russe

Avec Andromède, nous avons passé le dimanche à faire de ces petites choses que l’on fait le dimanche. Comme venait d’arriver dans le quartier, je suis allé l’aider à emménager, elle n’avait pas apporté beaucoup de choses, elle était venue avec sa petite auto et son père, disait-elle, lui avait envoyé un chèque pour acheter ce qu’il fallait pour son installation nouvelle.

Lundi, elle allait s’inscrire à la fac et mardi elle commencerait chez Mypécé, une boutique Internet du bout de la rue où elle tiendrait le comptoir de six à huit tous les jours de la semaine. Il faut bien gagner un peu d’argent dit-elle, les études, c’est intéressant mais cela ne nourrit pas son homme.

Je l’ai regardée sous mes lunettes, question homme, ça le faisait pas.

 

Tandis qu’on dépoussiérait et rangeait les cartons, on discutaillait ci et là, elle revint sur l’idée de la mort et de ce que je lui avais raconté à propos de Rebecca ou de Jeanne, laquelle en avait parlé ? Et comme elle citait comme sans y penser Patrice Emery Lumumba, l’assassin notoire (« La liberté est l'idéal pour lequel, de tous temps et à travers les siècles,
des hommes ont su lutter et mourir ».) je lui dis que l’on parlait beaucoup d’assassins, d’espions et de l’Afrique au salon TPC, c’était normal, tous ceux qui y venait, même le personnel avait vécu un moment où l’autre sur le continent noir.

 

Andromède aimait beaucoup que je lui raconte les histoires que m’apprenaient ainsi mes nouveaux amis, cela nous changeait un peu des recherches et de tout le saint frusquin, et puis, on ouvrit une bouteille de vin, hier Andromède avait fêté sainte Catherine.

 

A midi, nous sommes allé dans un petit resto près de la cathédrale, on l’avait choisi au hasard, cela tombait bien, plat du jour moambe et salle grouillante d’étudiants venus qui du Sénégal, tel autre de l’Uganda, celui-là du Tanganyika. Fatalement, nous nous sommes lancés dans des histoires africaines et surtout congolaises. Triste constat : Depuis le 30 juin 1960, la République Démocratique Du Congo connaît des situations de plus en plus dramatiques. Et les Congolais qui étaient appelés à se tenir debout et à relever la tête, longtemps courbée, se sont retrouvés esclaves de leurs compatriotes qui les déchirèrent, les appauvrirent, les massacrèrent. Et sous le régime de chacun de ces seigneurs du Congo, les Congolais ne connurent pas de paix. Ce n’est pas prêt de changer affirma Andromède, les fausses démocraties ont un avantage sur les vraies, elles tiennent plus longtemps.

 

Comment en est-on arrivé à parler de Tshombe, je ne sais plus, et puis d’Arlette, une dame que j’avais rencontrée au salon TPC. Cette personne avait élevé quelques un des fils et neveux de celui qui était tout de même le descendant du premier millionnaire (en francs belges) du Congo, né le 10 novembre 1919 à Musumba : un village pas comme les autres. C’est en effet la capitale royale des Lunda, dont l’ancien empire a joué un rôle assez important dans l’histoire de l’Afrique centrale. Aujourd’hui, les territoires de cet empire sont partagés entre des administrations assez diverses : kasaïenne, katangaise, angolaise et rhodésienne on dit zambienne maintenant, d’ailleurs katangaise est peut-être devenu inusité aussi. Ce Tshombe-là fonda en 1957 l’association tribale lunda qui, en 1959, devient le parti politique de la  confédération des associations du Katanga, Conakat, qui groupait presque toutes les tribus minoritaires de la province face à l’ethnie majoritaire des Baluba.

 

Personne dans le restaurant fréquenté par de jeunes universitaires n’en savait beaucoup plus à son propos sinon que des rumeurs avaient fait l’objet de massacres là-bas et même disait-on, en Europe. Un neveu de Tshombe aurait été dans le secret de projets particuliers concernant la capitale mondiale du cuivre dont l’exploitation aujourd’hui est dérisoire alors que les cours des matières premières atteignent des sommets... des fortunes. On dit aussi qu’un neveu, un autre ou le même, on ne sait pas aurait hérité d’une valise, contenant un trésor inestimable, qui se serait perdue lors d’un hold-up commis il y a bien longtemps à Genève, d’autre disaient encore qu’un seul homme connaissait tous les secrets des millions katangais : le vicomte Olivier-Robert de Ferronstrée, consul d’Islande à Genève et délégué du Conseil d’administration de l’Afrikeurop Bank Limited où l’on retrouve le vicomte Embusse, le vicomte d’Avignon et Hubert de Bonacieux.
Mais de Ferronstrée, brasseur d’affaires, banquier sans visage, homme pittoresque, juriste distingué et savant professeur à ses heures, est mort tragiquement, le 18 juillet 1963, dans un accident d’auto près de Fribourg. En remontant le fil de certaines sagas africaines et d’aventures pour le moins peu banales de certains agents secrets – voire de simples péquenots passés là par hasard, on retrouve des tickets de consignes, des clés de coffres, des contrats, des documents et beaucoup de disparus. La disparition brutale est en général le sort réservé aux curieux, surtout s’ils ont été des méchants et l’époque n’était pas à s’apitoyer sur un ex-agent du KGB que l’on aurait empoisonné, lui qui a empoisonné des centaines de personnes dans sa vie.

 

(à suivre)

05:29 Écrit par Xian dans Politique | Lien permanent | Commentaires (1) | Tags : katanga, cuivre |  Facebook |