15/01/2007

Henri, coiffeur pour dames.

Henri patron coiffeur a donc repris son poste, ses ciseaux et ses rasoirs, de retour de Lugano.

Il y a le garage souterrain où l’on peut ranger son véhicule, il y a l’ascenseur direct qui débouche à l’entrée d’un grand vestibule.

En s’engageant chez Henri, l’atmosphère vous enveloppe.

Le regard glisse de la longue vitrine où chaque semaine, un thème novateur enchante les yeux et frappe l’esprit, seuls deux objets immuables passent de semaines en semaines, immobiles défiant temps et espèces, un samouraï de deux mètres, du moins son armure étincelante et son katana vital face au léopard tanné d’un anioto paré d’un collier pierres et métaux imbriqués brillant de mille feux.

À droite, une ouverture. Déjà la porte de verre s’est estompée d’un souffle, chuintant à peine, ici s’alignent les comptoirs de la boutique Tout pour le cheveu, des miroirs, des cabines, des étagères, des présentoirs, Georgette, et ses esthéticiennes à qui confier les mille soucis que l’on peut avoir de son corps.
Elles vous trouvent belles, vous êtes belles. Vous êtes beaux et intelligents, en leur parlant, en les écoutant, vous revenez à la conception de votre corps sain et des soins qu’il faut consentir pour rester en harmonie avec lui. Quand vous quitterez la boutique, vous aurez gagné un peu de confiance supplémentaire en vous – avec ou sans accessoires.

À gauche une salle ronde, ici, pas d’inoxydable, des fauteuils et des tables, des cosy-corners, on y vient pour attendre son tour ou pour ne rien faire, regarder les tableaux aux murs, se laisser envahir par les encens, rêver aux objets de toutes sortes d’une caverne d'Ali baba intimiste. Chez Henri, c’est chez un copain, c’est chez une amante, c’est un chez soi que l’on n’a jamais eu le temps d’habiller à son image. Presque dissimulées, des portes de cuir ferment le salon collectif pour ces dames à permanente, l’escalier qui mène aux cabinets de soins, au hammam, au sauna, à la piscine intérieure, à la salle de culture physique (fitness dit-on aujourd’hui pour faire plus snob que le voisin qui se contente du terrain de basket offert par Bernard Tapie), au bar intime et plus prosaïquement, par le corridor à l’étage, au bureau de Céline, et à la maison voisine, partagée entre des bureaux occupés par Henri et quelques employés s’occupant d’import-export, Dimitri Axis et ses collaborateurs qui peuvent s’en aller discrètement en quittant l’établissement par le tea-room d’en bas ou la porte dérobée donnant sur la rue Godefroid.

Partout à la fois, Henri à l’écoute de ses clients, aimable aux uns, charmant les autres, répond à mille questions, s’intéresse aux enfants parle de grands restaurant, donne un avis sur la voiture, ramène toujours l’humeur au sourire, le temps à la douceur.

TPC est au milieu du monde et des aventures de notre temps, amour et violence indissociables liens de l’humanité, pour le plus grand plaisir des lecteurs de feuilletons et le tourment des organisateurs politiques qui de désespoirs en guerres larvées s’imaginent guider le monde.

Henri aimable commerçant de quartier est-il l’étonnant voyageur rebuté, écœuré, déçu par le Sud ? est-il coiffeur comme cet Hubert du grand Nord est menuisier ? Bien entendu madame Therer, nous vous avons réservé une lotion de notre composition, mais oui Madame Davister, " ils " disent toujours que c’est complet mais, soyez rassurée, je vous obtiendrai ce ticket de réservation pour Indochine, en effet Madame Ponsard le temps est au chaud, mais ce n’est pas les chagrins qui nous parlent de la fin proche des saisons qui vont nous empêcher d’être tendance, n’est-ce pas, la mode est au brun foncé, regarder, cela va vous habille divinement, voici Nadine, elle va s’occuper de vous, oui oui Madame Impériale, Caracas et Téhéran ont pour mission de promouvoir la pensée révolutionnaire, bonne idée n’est-ce pas, ils vont se massacrer entre eux, ça n’est pas plus mal que de nous priver de pétrole, certainement Monsieur Bollet, voici la télécommande, les western passent sur la chaîne six, l’histoire du sérail quilleur, madame Bens, non, je n’ai pas encore de nouvelles, mais peut-être cela vaut-il mieux, voyons cela que vous trembleriez de peur toute nue dans la cabine à rayons ultraviolets, je serais obligé d’intervenir, oui oui, Mademoiselle Lepas, nous attendons des nouvelles de l’équipe de reporters qui étaient aux mille collines, mais il semble que pour l’instant on ne souhaite plus assassiner quiconque en Walbanie, ils sont tous tellement anonymes, vides, ne trouvez-vous pas ? Bien sûr Madame Fabien, on nous cache beaucoup de choses, pourtant un autre discours existe et il est possible de faire avancer ses idées différemment, regardez l’impôt sur le travail, sans doute le plus immoral de tous, enfin ! après Duchatelêt en Belgique, un petit grand gabarit ose en parler en France.
Serait-il tout de même venu le temps de la vraie réflexion sur notre société ? Un autre discours est donc possible, nous n’allons pas tous rouler à trente kilomètres heures, mourant de peur, éduqués par des institutrices ne rêvant qu’aux bons sauvages qui savent jouer du tamtam et connaissent même le moyen de faire du feu avec deux bouts de bois. Oui Jenatzy sur les quais de Meuse a roulé à cent kilomètres heures, en 1899 binamé boundoiusse, oufti c’est en 1909 qu’il fonça à 200km/h à
Ostende à bord d'une Mercedes.

04:42 Écrit par Xian dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : jenatzy, sarcozy |  Facebook |