02/10/2006

Paraît que les intolérants notoires sont contre l'intolérance !

Ma nuit a été agitée.  Je me suis vu le matin, m’observant dans le miroir de ma salle de bains, j’étais Henri Sim fumant la pipe.  J’ai voulu passer les manches de mon blouson de cuir fourré, souvenir de mon temps d’aviateur avec Véronique Jeannot mais un coup d’œil rapide à travers de la bay-window me fait découvrir une Meuse qui coule chaude entre ses berges. Une péniche irrespectueuse des heures de la batellerie (trois vantelles ouvertes à La Plante et deux aux Grands Malades) fend lentement les eaux étrangement calmes du fleuve. Un photographe y aurait vu un vieillard, promenant son caniche sur la berge, je n’y vois que présages à ce que l’on me casse les pieds encore un peu plus ! Déjections canines et rats musqués, pollution des eaux qui sortent de la centrale nucléaire de Chooz pour pénétrer celle de Tihange.

 

Henri Sim ne reviendra pas cette année, ses kidnappeurs ont la persévérance de ceux de Betancourt.  Et Liège veut ressembler à New York, Wandre à Soho, Herstal haut à Silicone vallée. C’est le régulateur de vol qui l’a dit : là où, je dois trouver la bibliothèque Simenon, je découvre une pauvre bâtisse vouée à la fonction de mosquée, religion en expansion. Devenez imam, emploi assuré. 

 

    D’autres fonctions sont très mode :  monstre enfermé relâché qui va se réinsérer dans la vie active, par exemple, en  assassinant des enfants et lanceurs de ballons blancs dans le ciel serein, seules manifestations dynamiques que peut encore s’offrir une population socialisée à outrance par des institutrices blondes.

 

 

Que fallait retenir donc de septembre sinon un anniversaire en début de mois : Le 2 septembre 1969, le message "Log in" fut communiqué entre deux ordinateurs. De l’émile au world wide web, en passant par le protocole TCP/IP, les innovations ont ensuite jalonné les décennies, modifiant le paysage de la communication et du journalisme.

 

D’autres ont pu retenir que le 17 septembre 1993, le gouvernement belge accepta d'envoyer des troupes au Ruanda. Mais d'emblée, il dicta une condition : ce sera avec un nombre limité d'hommes. On avança au cabinet de la défense où il n’y a pas que le papier qui est cul, un ordre de grandeur : 200 à 300 hommes. L'ONU (dont vous vous foutez bien mais qui se mêle de vos affaires) en demandait 800. En fait, l'ONU s'est en premier lieu adressée à la Belgique en raison des liens historiques (en effet le Ruanda est une ancienne colonie allemande et chacun sait que Keizer Guillaume et Koningin Lisbeth étaient franchement parents) qui existent entre ce pays et le Ruanda. (Parfois l’histoire a bon dos, l’histoire a deux dos comme la bête). La France, quant à elle, a été écartée d'emblée par les rebelles. (Les rebelles sont ceux qui sont du côté des barbares !) Ah oui, il faut savoir qu’il existe une frontière entre la barbarie et la civilisation. Un civilisé, c’est un travailleur de la Fabrique Nationale d’armes de guerre qui est en grève pour protéger son emploi et un barbare c’est un subsidié qui utilise les fusils que l’on fabrique entre deux grèves dans ladite entreprise. En ce temps-là, les dignes représentants de l'Ouganda, du Ruanda et du Burundi démentent avec la dernière vigueur que leurs troupes aident activement et de manière structurée les rebelles, l'apparente bonne organisation des hommes de Kabila et leur équipement restent un mystère. Qui se trouve derrière tout cela ?

 

Une partie de la réponse avait pu être lue dans le feuilleton de Xian « La croisière Noire », paru de janvier à octobre 1994.

 

Une partie des réponses se trouve toujours dans la mémoire...C’est comme pour New York.

 

New york, l’Amérique ! quelle rigolade ! Ici, les magasins sont parisiens, espagnols, italiens. Mêmes gammes de vêtements, mêmes chaînes alimentaires, mêmes enseignes. Les restaurants sont marocains, chinois, brésiliens, thaïs, le quartier est parfois allemand, italien, français. Juste les banquiers qui gagnent au lieu d’états populistes qui douillent ...

 

Comme un oiseau migrateur qui revient à son nid, dont il a gardé en mémoire la forme et l'emplacement, tenant déployées ses grandes ailes burelées d'azur et d'argent, sur le dos de Mélusine, je suis descendu au rond-point de l’autoroute de Gand tandis que la fée retournait au vent mauvais girouetter sur sa tour. En passant, après Lindbergh, nous avions survolé l’océan et les falaises, de la fontaine Coulombiers, lieu de la séduction et de l'initiation, et au-dessus de Lusignan, de Pouzauges, Tiffauges et Vouvant où elle avait construit, de ses mains, tous ses châteaux : il n'en restait plus rien. En Europe, il n’y a que des ruines et des musées, toute la platitude et l'insignifiance d'un vieux pays vidé de sa substance où l’on craint plus que tout autre chose les oies sauvages et les canards de Barbarie qui seraient porteurs de germes d’une peste comme jamais de vie d’homme oncques n’en vit ici. Dans des pays où même les vaches deviennent folles, qu’attendre ?

 

Mais alors, le Sud ? Y a-t-il encore des choses à voir dans le Sud ? C’est la môme Maud qui a dit que le Sud n’était même plus au Midi, pourtant la rue Théodore Verhaegen est passée de Bruxelles à Barcelone, de Malaga à Thessalonique, de Corinthe à Marrakech... mais le voit-elle, elle qui nous est venue de Karelkoningstad dirigée d’une main de velours par Vancauwenmont, champion toute catégories aux prochaines municipales. Les municipales, c’est le grand monopoly des candidats ; à part eux, personne ne s’y intéresse.  Eux et peut-être les zimmigrés, nouvelle catégorie de sous-citoyens européens en partance ou en arrivance. Pour que l’immigration ait un sens, ne serait-ce que pour les immigrés eux-mêmes, il faut que les flux migratoires soient régulés disent les amis de Filérambo mais personne n’a inventé le régulateur ad hoc alors on en est vite revenu aux droits d’asile dans les églises et aux camps de concentration. Attention, on essaye d’être le plus social possible, d’ailleurs je suis sûr que la girl-policière qui, à 5 h 30 du matin, expulse une femme et son bébé d’un mois à son bac d’assistance sociale et pénitentiaire et qu’elle comprend bien les prob’ du tiers-monde. Comment fait-elle pour évacuer toute question quant à leurs avenirs ? (sa promo à deux barrettes et des tickets cantine, le foutoir crève-la-faim avec glossines pour l’autre). Vers quoi se jette-t-on ? Est-ce une question qui se pose ? Evidemment, on ratiocine, si cette personne barbare était restée là d’où elle vient, aurait-elle été violemment prise à partie par un policier au sexe fendu sous pantalon masculinisant l’égalité socio-culturelle avec salaire adapté ?

 

Ce n’est pourtant pas faute d’essayer de comprendre le Sud, de nouvelles compagnies lowecoste vous y emmènent au rabais voir les Turcs, les Perses, les Maumaus en laïve chez eux. Et puis nombre d’organismes comme le Tatcher band qui ordonnança il y a peu une raveparty en Guinée équatoriale. Les gens du Cap – qu’est au Sud du Sud disent que les finances venaient de Lord Archer, un spécialiste propriétaire de groupes de télécoms et que la frégate espagnole Canarias avait trouvé bon de circuler de ce côté-là, laissant ainsi passer les villeboat sénégalais en route pour Las Palmas comme tous les Belges de bonne souche. Tenbel, l’avenir des anciens francs et des nouveaux euros !

 

Ben quoi, c’est la vie, certains achètent des zappartes en Mélodie, en Syldavie, en Andalousie, voire reconstruisent des hôtels au Monténégro tandis que l’Européen moyen vit avec moins de 1 800 euros par mois, de quoi, par exemple, se permettre des loyers de l’ordre de 500 à 600 euros au grand maximum. Il semble devenu donc politiquement indispensable de mettre de l’ordre dans les compagnies de logements sociaux, beaucoup d’allocataires ne pouvant plus payer un loyer qu’avec le sacro-saint subside socialisant, surtout dans les villes. Ah ! L’attrait des villes !

 

Nou York Nouyork ! New York, c’est haut, c’est loin, c’est cher, c’est sale.

 

Les villes sont sales, ma grand’ville aussi, sans doute est-ce pour cela que Ketje a repoussé ses mélopées quotidiennes à l’an prochain, quand on en saura un peu plus sur le nouveau burgmeister du Grossbrussel, sa plage canal, son café Tour et Taxis, son port de pêche aux seringues, sa journée sans voiture. Oui, l’hiver s’annonce long et difficile. Bruxelles cité des marais a toujours eu un côté mystérieux, ce n’est pas Thielemans qui va dire le contraire, entre le palais du midi et l’hôtel de ville qui est dominé par Georges, il y manque cruellement de tout et de gestionnaires multilingues.  L’an prochain à Jérusalem, ou à Berlin ... Henri le navigateur s’interroge sur ses devenir.

 

A Bruxelles comme à Paris des gens pensent que le meilleur moyen de vivre dans un logement convenable, adapté à ses besoins, à un prix convenable, est d’être propriétaire de son propre logement. Des politiciens sincères peuvent-ils suivre ce raisonnement.

Mais un politicien, cela résonne plutôt creux.

Ou alors cela décide et cela organise à coup de pelleteuses.

 

Le baron Georges Eugène Haussmann était un homme qui aimait foncièrement l'ordre, et notamment l'ordre foncier. Il goûtait que les coups d'Etat soient armés et couronnés de succès à condition d'en être, que les empereurs jouissent de la légitimité la mieux bricolée, que l'argent public et le gain des spéculations échouent 1e plus possible dans la poche des notables dont il était, que les pauvres soient nettement logés hors des grands centres urbains et, pour tout dire, que la plèbe se révolte ailleurs. Par-dessus tout, il aimait que les avenues soient droites. Parce que ça avait de la gueule, mais surtout parce que c'était plus facile d'y faire manoeuvrer la cavalerie, et plus difficile d'y monter une barricade qui ait de la tenue.  Le baron Haussmann était en somme un homme tout en nuances, qui a fait beaucoup à son époque pour l'inspiration des romanciers naturalistes, et beaucoup à la nôtre pour la joie des nouveaux touristes du soleil levant. (NB : ce paragraphe est d’inspiration épicurienne voire sadienne, l’auteur des mots originaux est peut-être Zola ou Jules Ferry, qui sait ?)

 

Faut-il regretter cet ordre-là quand les racailles brûlent leurs propres automobiles d’occasion ?

 

Ceux qui ne peuvent s’acheter un parc et une pelleteuse peuvent trouver des idées au salon du bâtiment à Namur. Je bâtis, tu rénoves, le problème du logement est résolu, le réchauffement combattu, demain, toutes les maisons seront si bien isolées que l’on ne pourra même plus y respirer … Encore un coup des Savoyards, les hommes noirs….Lulu avait pourtant juré que les freux ne reviendraient plus et que tout cela c’étaient des histoires à dormir debout devant un vieil Hitch à la télé.

 

 

La vie est compliquée et le mélange Nord-Sud semble jouer des tours aux chimistes. Cela détonne beaucoup. Certains disent que la faute en est au baccalauréat, à Bologne, aux profs démotivés, aux zapettes de télés et aux téléphones portables. On veut réformer, former.

Certains craignent un enseignement à deux vitesses. N’est-ce pas déjà le cas, depuis toujours ?

 L’enseignement à plusieurs vitesses n’est-il pas souhaitable ? L’essentiel étant d’amener chaque élève le plus loin possible.

Tous les candidats à la présidentielle française ou aux municipales belges en parlent. Ils en parlent tant et pour ne rien dire que la campagne n’intéresse que la mère du candidat ou son parrain.

 

En tous cas, question Walbanie, le plat, le bide, rien, la nullité totale, des candidats époustouflants de vide absolu à un point tel que plus rien ne se passe à Ellezelles. Comment assassiner un politicien transparent ? Diane se change dans sa chambre d'hôtel, elle remet sa petite robe, un coup de poudre discret sur le nez, du rouge aux lèvres, son article sur le couple « in » de la new video wave and tévé communicate est la seule chose qu’il lui reste de son séjour ici, le reste, pff, du vent, l’empereur Eliot restera sur son trône.

 

Le téléphone sonne, c'est Max un ami de Ferdinand Deblauwe qui avait été rédacteur en chef à la Déhache. Bonsoir mon chou, oui je sais excuse, trop de boulot, tu peux pas savoir, ça se précipite. Non, on n'a pas chopé Henri, mais on a retrouvé sa dernière planque, tu devineras jamais : un bungalow à Bredene, la plage nudiste. Il a dit qu’il s’en foutait complètement des événements et que de toutes façons, il n’avait pas de moto.

Le journaliste ne put s'empêcher de rigoler dans le cornet, sûr qu’il pense à Henri Dubois en nudiste ! Son rire se fige cependant lorsque Diane lui rappelle que ledit Dubois est recherché pour avoir engraissé ses légumes avec de l’engrais particulier en direct de chez le pasteur Panzaniek.

 Ce type est un phénomène, sûr qu'il a bien gagné sa statue de cire chez madame Tussaud, entre Jack l'Éventreur et le Vampire de Düsseldorf, ahaha, je te dis pas les conversations entre confrères, ahaha, euh, ahem, excuse chérie je sais que c'est dur mais pour ce dimanche, on ne se verra pas je suis en reportage à Beyrouth. Ça chauffe moins mais il y a toujours à faire et toi ici, sois prudente tout de même pas de mauvais fréquentations hein ma cocotte, tu t’organises une petite soirée, tiens, j’ai une copine qui fait Tupperware, je te file son numéro.

 

Bien sûr chéri, je t'embrasse, je t'aime, je te rappelle. Clic. Elle se mordille les lèvres, coup de blues : durant toute la conversation, elle n'a pu détacher son regard du grand corps nu de Henri endormi sur la courtepointe (ça le fait ça hein : Henri endormi sur la courtepointe !) Elle ne sait toujours pas si elle a rêvé dans les bras de Dubois ou de Lundentreux.  Balancer ça, affaire classée.

 

Henri Dubois et Henri Lundentreux ne reviendront pas cette année non plus ! Il n’y aura pas d’assassinats de premier ministre en Walbanie. Sim, Dubois, Lundentreux ! Xian sera-t-il au chômage ? A moins qu’il n’ait encaissé le pactole ! Aurait-il touché la commission prévue pour Marie-José Appart chez Ecclestone ? Aurait-il grisé, pâli ?  blanchi ? Le blanchiment de l'argent laisse à penser que l'argent était sale, mais sale n’a-t-il pas la même valeur ? et au juste, blanchiment c’est quoi ? Blanchiment : art de blanchir disait Julie la Rousse ne précisant que le blanchissage n’affectait que le linge ou le sucre.

Sont-ce les Bahamas dans le Sud ? Bas Hamas ? des Zebosllistes camouflés ? Ils sont partout ! Lulu ! Ils sont partout ! Alerte aux caïmans.

 

Depuis le début de l’Intifada, les Israéliens morts suite à des tirs de roquettes palestiniennes se comptent sur les doigts de la main. Autant dire qu’un Israélien a plus de chance de mourir d’un accident de circulation coronaire ou trafiquée que victime d’une roquette du Hamas. Mais trop is te veel et donc petit coup de rote des, comment disent-ils, les faucons (il y en a de vrais !) ne pouvaient pas tolérer cette connivence Hamas Bahamas.

La victoire électorale du Hamas est un pur produit de la discipline partisane démocratique européenne d’une part et de l’utilisation intensive par les États-Unis dans le monde musulman, depuis les années 1950, de l’intégrisme islamique comme arme idéologique contre le communisme.

 

Je le disais, les petits chimistes jouent aux apprentis sorciers, bientôt le labo va péter !  Faudrait bannir la science ! Et puis la philo aussi ! Les bacheliers vont sourire. Bon la chimie, tout le monde a compris, la philo c’est plus retors, à preuve, élections prochaines : candidats archi-connus ! Programmes euh hein ah ? bon, demandez le programme ! Le programme sous-entend qu’il faut nous mener par le bout du nez en nous persuadant de quelques idées fausses facile à assimiler : respecter autrui parce qu’il est différent, être heureux de mourir pour dieu le père ou pour le mouton du Ramadan ou pour mille dollars à 1% net d’impôts.

 

Je me demande si Michèle a des implants mammaires. Et toc, tu le places, ça, toi, dans la conversation avec ton chef de bureau ?

 

Et Henri Dubois, à qui pensait-il ? Imagine Marn la vallée murmura-t-il ... Il se rappela une annonce en fanfare, un dessin de Manara et l’obligation de dire : Un Van Eick dérobé à l’insu du curé, des vols d’œuvres d’art dans les églises, une enquête de Henri Matice qui ne pourra pas se lire avant l’an prochain. Pour le musée, pas de subsides !

 

Henri Belle écrit ses mémoires et ses souvenirs, il rewrite Colmar à l’hôtel du parc à Niederbronn, on en saura plus vers la fin de l’année ...