27/11/2006

Dag Hammarksjöld

En prenant mon café du matin, j’ai observé ceux qui entraient au TPC. Avec Andromède, on fait un jeu de morphopsychologie pour nous amuser, je lui raconte des choses à propos des uns et des autres et elle doit deviner de qui je parle. On s’amuse bien et l’on fourire à propos d’un rien, d’un tic, d’une attitude.

C’est Jeanne qui est arrivée la première ce matin, pour un petit coup de peigne. Depuis vendredi après-midi, elle semble avoir perdu le sourire et je n’ai pas vu Alexandre, le grand fils de Jeanne et Dimitri. Y aurait-il dispute dans le ménage ? Avec Andromède, on en a parlé, elle dit que ce n’est pas normal, les Grecs, dit-elle en souriant, cela reste tout le temps fourrés l’un dans l’autre. Comment des immigrés grecs (en fait seul Dimitri l’est, Jeanne est Parisienne) en-est-on arrivé à parler d’un Suédois ? Il s’appelait Dag Hammarksjöld. Il était le Secrétaire général de l’Onu. On l’appelait «Monsieur H». Ce type-là a perdu la vie dans un accident d’avion. Il avait pris rendez-vous avec Moïse Tshombe le 18 septembre 1961 à Ndola en Rhodésie du Nord, l’actuelle Zambie. Son avion s’est écrasé au sol. A l’époque, grand émoi dans les chancelleries : la crise congolaise venait de «bouffer» le patron de l’Onu. Alors, les grands du monde décidèrent d’écraser la sécession katangaise dans le sang. Comme quoi la grandeur n’est pas ce que l’on croit. Et la mort pas regardée par tout un chacun de la même manière. Eh bien, c’est justement Jeanne qui m’avait parlé de mort et tout cela, la semaine passée. Elle m’avait interpellé au salon, elle philosophe assez bien, elle est d’ailleurs en pétard contre des tas de choses qui se passent dans le secteur de l’enseignement, elle dit par exemple que c’est en 1982, en pleine dictature mitterrandienne triomphante, qu’ont été mises en place les Zones d’éducation Prioritaires (ZEP). Très vite, la machine à fabriquer du délinquant hippie s’est mise en marche. On avait déjà vu cela en Belgique ai-je dit, confirmant que les athénées, lycées et collèges s’étaient, hélas oui, transformés en supermarchés de la drogue, les cours de récréation deviennent des plateaux de tournage pour films à caractère pornographique, les salles de cours sont des tribunes libres pour enseigner le collectivisme et réécrire l’histoire de France et d’Europe. Elle ne semblait se calmer que lors de leurs vacances, disait-elle, tous les ans, alternativement une fois à Oléron, une fois à Hychios. Dimitri et les enfants Alexandre, Vénus et Ulysse s’amusaient à jouer les sportifs, Jeanne faisait de l’aquarelle.

 

Un peu après Jeanne, c’est Rebecca, qui avait changé de coiffure vendredi, qui entra dans le salon. Elle alla directement à l’étage où on l’entendit rire d’un mot de Malika, une petite nouvelle qui manucurait. Si le nez un peu fort de Jeanne avait attiré l’attention de certains puristes tandis que d’autres regardaient plutôt ses cheveux blonds, blanc le goéland, ses seins, ce sont surtout les yeux de Rebecca que l’on voyait, ils lui dévoraient le visage. J’en avais été pleinement conscient quand Andromède, qui aimait faire de la photographie, avait utilisé son nouvel appareil numérique et cliqué des centaines de fois sur la place de la gare. Après, j’ai dû l’accompagner dans les campagnes des hauteurs de Meuse pour surprendre dans leur quotidien les gens qu’elle voulait portraitiser pour apprendre son nouveau logiciel Photopiletfasse. La belle Rebecca aux yeux d’orientale avait nettement plus de corps que son grand type chauve de mari. Les Daudet partaient tous les deux ans en Corse pour leurs vacances. Ils y possédaient une jolie maison.

 

Les Tison, Hélène et Mike descendaient dans le Sud ou montaient à Paris et lorsque le spleen californien lui venait, Mike s’autorisait une semaine célibataire du côté d’Acapulco.

 (à suivre)

05:42 Écrit par Xian dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : dag hammarksjold, onu |  Facebook |