25/11/2006

Un dimanche à Forest

Huit heures du matin, heure de la côte est, Dallas, Texas. 2006

 

Le temps ne passe pas, les événements sont identiques, pour la troisième fois la scène se rejoue, comme si elle avait été écrite à l’avance et que les acteurs ne sachent plus très bien à quel moment il fallait intervenir.

 

Quand le professeur Girasole termina son exposé sur les mémoires, je me suis demandé ce qui me poussait à m’intéresser plus encore à ces choses-là que je sentais bien attachées à ma démarche scientifique de démontrer que la consignation des informations telle que nous savons son fonctionnement actuel en biologie (adn etc...) existaient ailleurs, sur des supports moins fragiles que le corps humain. Peut-être était-ce parce qu’au salon TPC où je venais prendre le café du matin, je rencontrais des gens qui avaient comme dit « fait l’Afrique » et que petit à petit je m’intéressais à leurs récits, apprenant mille et une choses qui me semblaient impossibles ou inexistantes ou improbables, ces gens semblaient avoir vécu d’autres vies, dans d’autres mondes, il y avait donc d’autres mondes ?

 

Sans doute, sans doute car comment supposer que puissent revenir tant de fois les même choses, à Forest, banlieue bruxelloise célèbre pour sa fameuse brasserie Wielemans, l’usine Citroën où les fabriquait des deuches ferma ses portes et désertifia le quartier. On supposa que l’on allait avoir droit à une reconversion duranesque avec espaces verts et commerce équitable, il n’en fut rien, on fit venir des Allemands, qui étaient déjà des habitués, et qui affirmèrent haut et fort qu’ils avaient la voiture du peuple, évidemment, il fallait la construire soi-même, tout à coup, le jeu recommence, l’usine ferme ses portes, toute personne un peu instruite connaît bien l’histoire des produits commerçables, l’école est obligatoire jusqu’à dix-huit ans maintenant.

Et à propos de commerce équitable, voilà qu’une fois de plus les apprentis sorciers s’emmêlent les pinceaux, il paraît que l’on consomme trop d’héroïne et autres chanvres produits par les malheureux agriculteurs d’Afghanistan ou de Colombie. Faut savoir ce qu’on veut ! D’abord on les finule, on les protège comme s’ils étaient la dernière ressource de l’humanité, ensuite on les empêche d’agriculter efficacement. C’est quoi ce jeu ? Et si on n’en veut plus, simplos de demander à Georges quelques défoliants de Monsanto qu’on n’a pas utilisés chez le Viets, non ?

 

On ne sait pas ce qu’on veut, moi, je veux Andromède, nous allons passer un bon dimanche.

 

 

 

(à suivre)

05:47 Écrit par Xian dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : volkswagen, canabis |  Facebook |