29/02/2008

Tout va bien

 

Rien à signaler dans le camp des ouvriers du bonheur universel ...

Ministre de la Défense depuis 49 ans, Raul Castro, favori pour la succession de son frère Fidel à la présidence de Cuba, a fait des Forces armées révolutionnaires (FAR) le pilier du régime, profondément impliquées dans la vie politique mais aussi économique de l'île communiste.

Dans une allusion aux généraux des FAR, Fidel Castro a souligné mardi dans son message de départ que, "heureusement", Cuba "comptait encore avec les cadres de la vieille garde" révolutionnaire, des hommes qui ont rejoint "très jeunes" la guérilla qui triompha en 1959.

"Ils ont l'autorité et l'expérience pour garantir (mon) remplacement" à la tête de l'Etat, a-t-il ajouté, après avoir évoqué "la gloire" que Cuba leur doit pour ses campagnes militaires "internationalistes" en Afrique et en Ethiopie.

De fait, le bureau politique du Parti communiste cubain (PCC, parti unique), "force dirigeante supérieure de la société et de l'Etat", aux termes de la Constitution, compte cinq généraux parmi ses 21 membres, en plus de Fidel et Raul Castro.

Deux autres généraux siègent au Conseil d'Etat, équivalent du gouvernement, et cinq au Conseil des ministres.

Parmi eux, le général Abelardo Colomé, ministre de l'Intérieur et, à ce titre, "patron" de la puissante police politique du pays, réputé pour sa fidélité aux frères Castro.

Il avait remplacé en 1989 à ce poste le général José Abrante, condamné après le procès du général Arnaldo Ochoa, le héros de la guerre d'Angola fusillé sous l'accusation de trafic de drogue. José Abrante est mort en prison d'un infarctus en 1991.

"L'affaire Ochoa" a été le plus profond séisme ayant touché l'armée et la société cubaines, avec la mise à la retraite de milliers de membres des FAR et des services de sécurité.

Creuset du régime et arbitre incontournable de son avenir, l'armée cubaine, estimée entre 50.000 et 65.000 hommes, est l'atout majeur de Raul Castro.

Le 2 décembre 2006, quatre mois après l'annonce de la maladie de Fidel Castro, elle avait fait une spectaculaire démonstration de force avec un imposant défilé dans la capitale, le premier depuis dix ans, présidé par Raul en l'absence de son frère aîné.

Les équipements exhibés au défilé, souvent des adaptations cubaines d'engins soviétiques, avaient fait forte impression sur les observateurs militaires étrangers, dévoilant l'existence d'une industrie militaire cubaine en bien meilleur état que le reste de l'économie.

Précisément, les "économistes" de cette industrie, placés sous la direction du colonel Armando Perez, ont migré progressivement ces dernières années vers les secteurs civils et contrôlent aujourd'hui celui du tourisme, principale source de devises du pays, via le groupe Gaviota.

Sous la houlette de Raul Castro, les FAR sont ainsi devenues un instrument-clé du lent redressement économique de l'île, contrôlant, outre le tourisme, les secteurs du sucre, des communications, de la pêche ou des transports.

Issues des "barbudos" de Fidel Castro, qui ont pris le pouvoir après 25 mois de guérilla, les FAR sont rapidement devenues une armée "à la soviétique", encadrées par ses commissaires politiques et l'objet de tous les soins de son frère Raul qui en a assuré l'organisation, la modernisation et la réputation.

Avec ses 60.000 "Brigades de production et de défense", qui comptent plus de 3,5 millions de Cubains (sur 11,2 millions d'habitants), ses 14.000 "zones de défense", petits territoires en principe militairement auto-suffisants, ses centaines de milliers de réservistes mobilisables à tout moment et son million d'hommes et de femmes des Milices des troupes territoriales, le dispositif militaire cubain a été conçu à l'image de celui du Vietnam et sur le principe de la "guerre populaire".

Publié le 21 février 2008 à 21h39 | Auteur : © 2008 AFP

 

 

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03:30 Écrit par Xian dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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