29/06/2007

Marie-Chantal

L'hôtesse parle dans un micro attaché à une sorte de casque comme en portent les pilotes d'avion. Au même instant, elle enfonce une fiche dans un jack devant elle et le tube du courrier pneumatique éjecte un rouleau. ça n'a pas l'air de chômer, ici.

Une demoiselle vêtue tout comme la téléphoniste arrive près de moi et me demande de la suivre, la téléphoniste lui remet le document de stage que j'avais apporté et nous suivons un couloir dans lequel s'ouvrent de nombreuses portes. De la rue, on ne soupçonne pas la beauté et la grandeur du bâtiment, je le dis à mon mentor et elle me répond que je n'ai encore rien vu, qu'il y a bien des choses qu'on ne soupçonne pas de la rue.

- Entrez, crie une forte voix mâle.

- Mademoiselle Hubert, Monsieur.

- C'est bien, merci, vous pouvez aller.

- Bonjour, Mademoiselle, me dit un grand gaillard d'une quarantaine d'années que j'aurais plutôt considéré comme un chanteur Pop plutôt que comme un chef de service d'une compagnie d'assurances. Pantalon vert clair tombant sur des mocassins de buffle, ceinture à grosse boucle, chemisier genre Lacoste, col ouvert et chevelure abondante et désordonnée. Sourire à mille dents. Un grand prédateur.

- Je m'appelle Maurice Amant, je dirige ce service qui s'occupe des artères des vieux, je veux dire, notre vocation ici est de garantir un certain nombre de choses aux personnes âgées qui peuvent payer, nous ne sommes évidemment pas philanthropes, voyez-vous. Votre fonction de stagiaire ici est répartie sur trois niveaux, tant pratiquement que dans le bâtiment. Vous apprendrez ou perfectionnerez vos qualités de dactylo employée de bureau avec Marie-Hélène, à cet étage, c'est du courrier, vous apprendrez un peu le «comment résoudre les problèmes des contrats» à l'étage au-dessus avec Marie-Paule. Ensuite, vous serez dans le bain, ajoute-t-il avec un grand sourire, au penthouse, vous verrez la vue sur la ville est superbe, avec Maria-Dolorès.

- Très bien, Monsieur.- Appelez-moi Maurice, ici tout le monde s'appelle par son prénom et pour ne pas confondre avec les autres services, toutes les filles de ce département s'appellent Marie... quelquechose. Vois-tu un inconvénient à t'appeler Marie-Chantal?

- Pas du tout, Monsieur, cela fait très snob, je m'habillerai en conséquence.

- Non, non non, ce n'est pas la peine, ici, dans le service, toutes les femmes sont habillées par la maison, un uniforme tout simple que portent aussi les stagiaires.

- Ah oui, j'ai remarqué.

Il appuie sur un bouton bleu sur son bureau et demande à celle qui entre de me conduire à l'économat pour que l'on me donne une tenue conforme et une armoire au vestiaire du personnel féminin. Et aussi des tickets pour la cantine du midi, ajoute-t-il.

Je suis Marie-Désirée me dit la petite brunette qui me pilote dans les différents ascenseurs, je suis la secrétaire de monsieur Amant, tu verras il est très gentil.

Il devait être franchement emmerdeur pour que l'on me répète à tout bout de champ qu'il est très gentil, ou alors d'une sévérité rare. Enfin, comme dit ma copine Maria, « Chi lo sa »

 

11:09 Écrit par Xian dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/06/2007

A la Corona ...

Je me suis donc embarquée dans la cabine en pensant à Mademoiselle qui m'a fait des recommandations dont je me fiche absolument, et sans doute elle aussi - qui semble être une belle insouciante. Dans ce monde d'inquiets et de besogneux elle détonne, comme moi, j'ai envie de le faire. Elle sait déguiser son indifférence du monde vécu derrière une physionomie d'intérêt évident... en définitive, je crois qu'elle est plus actrice que moi. Je sais que le prof de fine mécanique est amoureux d'elle et aussi de moi, ça, c'est gag ! C'est un gros garçon costaud et bourru d'environ vingt-cinq ans.

Un chuintement de Westinghouse, la cabine s'immobilise et les portes s'ouvrent. Je fais un pas sur une moquette épaisse de cinq centimètres de pure laine. Une jeune femme vêtue simplement d'une courte tunique blanche, une sorte de vestale, me demande mon nom et après consultation d'une fiche, me souhaite la bienvenue comme stagiaire, elle me dit que je travaillerai dans le service de Monsieur Amant. Je souris à l'énoncé du nom et la fille ajoute, il est très gentil avec les nouvelles, vous verrez, vous vous habituerez vite.

05:45 Écrit par Xian dans Amour | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

27/06/2007

 

Liaison directe :

http://xian.unblog.fr/files/2007/06/424dep.pdf

 

10:00 Écrit par Xian dans Général | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/06/2007

 

Tout savoir sur les sites de Xian et les aventures de Henri et des autres ?

S’abonner à la Dépêche !

 

Suffit de communiquer votre adresse dans la boîte ad-hoc, tonnerre de Brest !

Ne soyez pas craignos, votre adresse email ne sera pas revendue (sauf proposition de plus de 1000€).

 

Et soyez rassurés, en vous inscrivant ici, vous ne recevrez pas plus de mails afin de faire grossir un dictateur africain ou d'aider votre penis à faire sortir illégalement de l'argent du Tchad, enfin, le contraire, on se comprend.

 

Bref, votre adresse est et reste sur Xian net confidentielle, jusqu'à ce que vous décidiez de l'enlever mais alors, cela nous fait de la peine et on pleure durant huit jours.

05:15 Écrit par Xian dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/06/2007

Chantal encore ...

Tout a commencé lundi matin. Mademoiselle m'avait indiqué l'adresse sur un bout de papier, j'ai pris le bus près de la gare du midi et me voici rue Washington devant le 136. L'immeuble ne paye pas de mine, entre un ancien garage Fiat et une épicerie franchisée mais, sitôt franchi le seuil, une débauche de lumières reprises cent fois par des miroirs et des prismes en Plexiglas fumé vous accueille, mes pieds foulent un tapis qu'un roi persan n'aurait pas dédaigné. Une hôtesse vêtue d'un tailleur de très bonne coupe vert bouteille à qui je demande la société Cotonna Insu and CO m'indique le long corridor de gauche où je vois un surprenant trottoir roulant, comme dans les aéroports. Je partage le trottoir roulant avec une fille, sortie des toilettes, qui aurait pu étouffer Mohamed Ali entre ses deux énormes seins, au bout de ce couloir, une sorte de place aussi grande que celle où jouent mes cousins, entre les immeubles de notre quartier.

 

Je franchis seule une grande porte cochère où s'étale un nom en lettres d'or sur fond de cuir boutonné et insonore, la fille à la grosse poitrine disparaissant derrière une porte dérobée, je suis accueillie comme si l'étais de la maison depuis toujours par la téléphoniste à qui je me présente, comme Mademoiselle m'a dit de le faire.

 

Celle qui me répond est une belle femme d'une trentaine d'années vêtue d'une sorte de paréo, c'est très joli, derrière elle tout le mur est tapissé de miroirs sur lesquels sont incrustés des palmiers en lapis-lazuli et en cristaux vert émeraude. La robe n'est pas en soie légère mais faite d'une matière que je ne connais pas, très fin, transparent, on voit les aréoles de ses seins qui pointent et dressent le tisssu.

 

 

— Ascenseur de gauche, me dit-elle, bouton seize.

06:45 Écrit par Xian dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/06/2007

Chantal (suite)

J'ai dix-huit ans et mes parents sont d'aimables loufoques qui travaillent (parfois) dans des métiers cradingues d'une société en perte de vitesse, l'Occidental banking company, employés de race blanche, parfaitement esclavagisés. polissés et totalement soumis à la divinité locale: The wondelful dollar. Je me moque d'eux, moi un jour, je crèverai l'écran et avec mes sous, mes sous à moi, je par tirai sur une île lointaine avec mon chien et mes bigoudis, je me ferai des mises en plis super toute la journée et je me bronzerai nue au soleil.

 

06:30 Écrit par Xian dans Amour | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

23/06/2007

Nouvelles de Chantal (suite)

 

Je  parlais de mains ... Personnellement, c'est entre celles de Monsieur Amant que je me suis mise et je m'y suis trouvée très bien. Il faut que je vous dise, je fais des études de comptabilité - parce que ça peut toujours servir, et je joue des petits rôles de figurantes, et déjà plus, lorsque des metteurs en scène tournent par ici, et c'est fréquent; (il y a un sympathique Flamand au patronyme très francisé qui vient souvent et que j'aime beaucoup, c'est réciproque, il m'a promis un rôle important, et rémunérateur dans un très beau film qu'il fera bientôt _ où il est question de chattes et de Bruges, de sorcières et de bûcher, cela se passe sous l'inquisition avec des curés et des évêques).

 

05:30 Écrit par Xian dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |