27/05/2007

Retour au fond des mémoires ...

            numéro 420

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Il est six heures, la ville est déjà éveillée, une autre ville, un autre moment de vie, une histoire, l’adolescent fugueur se sent observé par tous ces passants qui descendent du tramway, va-t-il pleuvoir, qu’y-a-t’il dans la musette de ce personnage évadé d’un livre de Zola, que regarde cette dame, mon blouson ?

A l’intérieur de la veste un trésor caché, volé hier soir aux Grands Magasins de la Bourse, un caleçon en interlock et un singlet, blancs, serrés contre le cœur qui bat la chamade, un policier vient de tourner le coin de la rue, il dépasse l’étal qu’installe le maraîcher, je voudrais me laver, les bains publics à deux pas, mais la préposée n’ouvre qu’à sept heures. Et d’ailleurs, je n’ai pas d’argent à dépenser. Un bain chaud. Me laver, redevenir propre. Seul le couloir des urinoirs pour hommes est ouvert, il est fréquenté jours et nuits et de l’eau coule inlassablement du tuyau percé de petits trous de place en place. Le marbre de mur est couvert de graffiti, dans les coins, de la mousse verdâtre. Il passe ici des centaines de personnes chaque jour, sourire, histoires de vespasiennes, les résistants parlent aux résistants.

 

— Bonjour Henri ! Fugue en boum boum majeur palpitations sueurs froides qui me reconnaît qui me parle à six heures cinq du matin dans une pissotière au cœur de la grand’ville ? Faire semblant de rien, n’avoir pas entendu, je ne connais personne, je ne suis pas Henri, il se trompe, je ne connais personne, il est à droite, je ferme ma braguette, je pivote à gauche, il est devant moi.

 

Cheveux bouclés, lunettes cerclées d’or, sourire ravageur, chemise ouverte sur un torse mâle, ceinturon de cuir large, pantalon de toile kaki clair, mocassins aux semelles crêpe. Épaules larges. Inévitable.

 

— Au Monico, c’est ouvert, on va prendre un croissant, un café !

 

 

 

— Le bosquet de kapokier est un excellent endroit pour s’y abriter et en faire un poste d’observation. Un lion m’avait dit Vincent, blessé, il te charge, il t’assomme en deux secondes, il te brise la colonne vertébrale, griffé, cassé, tu es déchiqueté, broyé. La chasse à la perdrix comporte moins de risques.

 

A supposer que j’aie voulu répondre, je n’aurais pas su quoi dire tant m’hébétait la surprise. L’expérience de ma vie de fugueur, le moment de la liberté s’effaçaient devant un café fumant et le troisième croissant avalé le panier vide, le garçon qui frottait les buses du percolateur regarda entrer un nouveau client. Pourquoi diable avoir échangé la sécurité de ma chambre d’enfant contre le rêve de Bohème ? Qu’étais-je en train de faire dans ce café d’employés du matin, de quoi me parlait Tex, au lieu de me sermonner, de me dire que mes parents étaient fous de ma disparition, de me livrer pieds et poings liés à la police.

 

— J’avais ton âge, disait Tex, lorsque j’ai senti naître ma vocation de chasseur. Je suis allé partout, les Ardennes et les Pyrénées, l’Espagne, la Bavière, l’Alsace, les Vosges, le Tyrol, la Suède... le gibier partout... lièvres, faisans, cerfs, chamois, sangliers, mouflons, ours... ainsi est venu l’appel des grandes chasses, des vrais espaces, l’Afrique et comme ce métier change parce que le monde change, je suis devenu photographe, caméraman, captureur de fauves pour les zoos. Oui, je travaille pour Amsterdam, Berlin, Anvers, c’est passionnant.

 

Le client était entré, il avait bu son café, il était ressorti. Le prochain, je me précipite, je cours, je sors avec lui, la bousculade, je m’échappe, je reprends mon droit à la liberté. Il me prend pour une proie, je vais lui montrer que je cours plus vite que ses gazelles. Hurlement d’une hyène... ce n’est que le boggie d’un tramway qui glisse sur l’aiguillage, la motrice entraîne la remorque dans la rue derrière, une voiture freine, le sol est humide, alors, il va pleuvoir ? Où marche-t-on quand il pleut dans une grande ville ou les hostiles sont plus nombreux que les amis. Qui est mon ami ? Tête en feu, mollets flageolants ne sont pas le meilleur rempart contre la panique, ne sont pas la meilleure solution.

 

— Marchons un peu

 

Il pleut. Il ne pleut pas, il n’y a de pluie qu’en mon âme. La rue est bruyante, sept heures du matin, des volets se lèvent, le libraire pousse un étalage mobile, Ici Paris, France Dimanche, Cinémonde, Jours de France, Paris match, Radar, Le Hérisson. Grands titres, images Anna Magnani remporte l'Oscar de la meilleure actrice pour son interprétation dans « La Rose tatouée », Romain Gary reçoit le prix Goncourt pour son ouvrage « Les racines du Ciel » chez Gallimard, Guy Mollet remporte les élections. La chasse, tu vois, me dit-il en marchant à longues foulées difficiles à suivre sans trottiner, c’est quelque chose qui s’empare de certains d’entre nous et leur donne ce désir obsédant de se mesurer aux fauves. Certains ne peuvent réaliser leur passion et se contentent d’un lapin de garenne, d’autres regardent des documentaires, lisent des ouvrages et puis il y a ceux qui ont la chance de réaliser ce qu’ils veulent faire. Pour cela, il ne faut jamais fuir, ajoute-t-il, ai-je cru qu’il avait tourné la tête vers moi ? Où allons nous de ce bon pas, énergique, nous sommes déjà devant les quais, le pont, traverse-t-on, je ne veux pas rentrer chez moi.

 

 

 

— On va aller par là, dit-il, désignant une allée d’arbres centenaires, et puis tu verras, je te montrerai la crypte, tu es déjà descendu ?

— Non, je ne suis jamais entré.

— Mais tu sais où c’est ?

— Oui, en face du club de ping-pong...

— Ping-pong : Sport où on doit racketter la balle. Pas honnête. Et le club ? Honnête ? C’est là où se réunissent les étudiants lorsqu’ils sautent un cours, n’est ce pas. La vie, tu vois, c’est comme la brousse, on ne saurait y pénétrer sans une judicieuse préparation. Ni sans être accompagné d’un guide et de nombreux porteurs. On ne peut avancer qu’avec l’appui d’un conseiller habile et sûr, parfois d’un ami. Un ami authentique. Trudy me disait qu’elle avait rencontré Albert, hier, à la boulangerie.

 

 

 

Albert, c’est mon ami. J’avais pensé à lui ce soir, il y a quatre jours, lorsque j’ai quitté ma chambre. Oui, j’y ai pensé, mais Albert vit chez ses parents, les parents, c’est moche d’avoir des parents !

 

— Il a demandé de tes nouvelles, Trudy a répondu que tu avais peut-être un peu de fièvre.

 

La fièvre, c’est la grande excuse africaine ajouta-t-il, ponctuant les mots de ce sourire Colgate qui lui valait cette réputation de conquérant des cœurs. Qu’est ce qu’il me bassine ! Des conseils d’un vieux, d’un homme à femmes, pouh ! J’en ai rien à foutre, c’est un sale con, à la crypte, je ferai semblant d’avoir un besoin pressant, je dirai, le café ne me vaut rien, il faut que je pisse et lui devant les gisants, moi dehors, bosquet, kapokier qu’il disait, buis et troènes feront bien l’affaire, hop, je coulisse, je dérape, j’enjambe, le cimentière, le tunnel piétons, le quartier espagnol, bye bye l’ami des nègres ! Il pourrait ralentir un peu, c’est crevant de marcher comme cela.

 

 

 

Comme une descente aux enfers, un escalier de pierre bleue, grille, porte, obscurité, noirs, Ella, qui encore, Vaughan, grosse mama et il y aurait la foule, le go spel ? jeu de go ? tout de go, gobe-mouche, god save the king, the kwinne, passe et manque, jeu j’y vais , je vais foutre le camp ? il pousse la porte. La foule tape dans les mains juste sur le deuxième et le quatrième temps, comme il faut pour que ça swingue, le contraire de nos chants de scouts Baden Powell.

 

— Passe devant qu’il dit. Aucune chance de quitter le chemin descendant sous les statues des morts, les noirs chantent encore ? Un sacré métier chanteur religieux ! On chante pendant trois quart d'heures, Jésus par ci, Jésus par là, Allez Louie, allez Lou Ya, Jésus à cette sauce-là. Moi j'adore. Continuez comme ça je ne parle pas anglais, je n'y comprend rien, mais ça remue, ça bouge, ça se trémousse, ça transpire, ça explose dans le cœur. Suants et soufflants, ça coule je tire la langue quelle course, c’est pas des guibolles qu’il a ce type-là ! Je sais maintenant ce que signifie suant et soufflant qu’on entend dire à Exploration du Monde quand le conférencier explique le Congo aux écouteurs qui ne comprennent rien.

 

La poursuite du gibier qui vous conduit pendant d’interminables heures à travers la brousse brûlante, les marigots qu’il faut traverser à pied, les collines arides qu’il faut gravir jusqu’à des kilomètres de la base, marcher, courir, marcher, se courber, l’excitation vous conduit, la peine est rarement récompensée, le gibier fuit parce qu’un bruit l’a dérangé.

 

La porte de chêne massif se referme en claquant contre la grille que les Espagnols ont posée.

 

— Tu vas voir, dit-il, le passage secret, mais avant, regarde ici les rayons du soleil qui viennent frapper la statue du chevalier, quand la Terre aura tourné un peu, le gisant s’illuminera et puis la petite niche, là, derrière laquelle, qui sait un trésor ? A ton âge, j’étais venu un jour ici, parfois, comme aujourd’hui, j’y reviens, c’est ici que j’ai compris que je devais vivre. Tu es un chevalier qui remplit sa mission : vivre. On va sortir par derrière dit-il en m’entraînant, on va chez moi et tu prendras un bain, tu déjeuneras avec Trudy, moi, j’ai à faire, je rentrerai vers quatre heures, prends ton temps, relaxe-toi, tu verras, chez nous, il fait bon.

 

Je sors de la caverne par un escalier dérobé totalement inconnu du public, nous sommes derrière le petit parc qui se trouve entre le commissariat et le collège Saint Pierre où un surveillant tente de rassembler, à cette heure-ci, les élèves en cour de récréation. Sans doute au même instant une foultitude d’événements interdisent de croire que le Monde est désert. Élisabeth II d'Angleterre entre à Buckingham palace, Edmund Hillary parle de la conquête de l'Everest, le capitaine Carlsen est décoré, le Maréchal Juin fait sa promenade à cheval, Clarck Gable lisse sa moustache, une jeune Heidi du nom de Brigitte bien parisienne explique qu’elle va chanter, une dame essaye un chapeau rond comme les bretons , Brigitte Fossey au sourire ambigu annonce un poème qui vaut bien celui de Minou Drouet, le Pape pie cure sa pipe, les bérets rouges en Indochine, les quintuplées sont-ce les Dionée vont-elles mourir jeunes ? La police ne me recherche pas au point de ranger au placard ces missions ordinaires. On ne parle pas de moi.

 

 

 

Fraîche comme une publicité sous son carré de cheveux blonds, Trudy m’accueille sur le pas de la porte avec le sourire victorieux d’un capitaine de marine qui aurait sauvé le Titanic. Elle porte un pantalon bleu foncé, un chemisier blanc soyeux très ajusté, des hauts talons bordeaux. Ma mère est toujours en pantoufles. Je ne savais pas que l’on pouvait être chez soi en hauts talons.

 

Regard sur les seins, salive adolescente et masculine, fossé de l’incompréhension immédiat, qu’est ce qu’elle fout avec un butor pareil au paléocortex de sous gorille de fond de savane.

 

Je l’aime comme un fou. "Pour s'éprendre d'une femme, il faut qu'il y ait en elle un désert, une absence, quelque chose qui appelle la tourmente, la jouissance. Une zone de vie non entamée dans sa vie, une terre non brûlée, ignorée d'elle-même comme de nous. Perceptible pourtant, immédiatement perceptible."

Ma mère est une femme, je lui dois la vie, et puis plus rien, je déteste ma mère. Trudy est une femme, je l’aime, je vais faire ma vie avec elle.         
Dans les terrains vagues de notre brousse citadine, Georges, Arthur, Marcel, Gustave, Pierre, et moi, nous enorgueillissons de posséder au bas-ventre quelque chose de mystérieux qui n’est pas féminin, qui ne nous attache en rien à ces mères, tantes, institutrices, femmes de bonne conduite, chaisières, dames des postes, une sorte de trompe qui nous procure étonnements et extases, sensations, parfois de courtes poussées de plaisir indéfini. Et alors, nous avions un manque, un trouble, nous avions une pensée qui revenait à ces femmes que nous ne voulions pas, que nous voulions, pas celles-là, les autres, oui à ce plaisir instable et pas toujours ordinaire, nous sentions qu’y étaient mêlées ces créatures irrésistibles et hasardeuses, des anges ? mais les anges n’ont pas de sexe, voilà le mot, cet objet était un sexe, le nôtre, et de quelque manière invincible et invisible, il dépendait des femmes.  
les femmes ne semblaient pas avoir de trompe, comment étaient –elles faites, le regard sur les statues au Trocadéro n’apportaient pas de réponse, ni plus ni moins que la visite au Louvre ou le parcours des dictionnaires et encyclopédies. Elles avaient un secret. Je n’avais pas de sœur, j’en savais donc moins que René ou que Gabriel, ma mère était une femme à l’état-civil, elle ne pouvait être celle que je voyais comme une créature magique auprès de laquelle je me glisserais, d’Artagnan rencontrant Constance derrière une tenture des Tuileries, une personne vers la quelle on se faufile, on s’insinue, on s’introduit, par ruse s’il le faut.        
Elle est là, devant moi ! C’est ma femme, je vais connaître son secret.

 

— La grande faune n’est connue du public que par les jardins d’acclimatations et les films de Johnny Weissmuller, le python attaque, le crocodile charge et les éléphants d’Asie se promènent dans des décors de carton-pâte et comme disent les Noirs, si tu chasses une fois le gros la viande, tu reviendras. On y revient toujours. Parce que l’Afrique, Henri, poursuit Tex, tandis que Trudy sert un apéritif à base d’une lueur ambrée au parfum capiteux, ce n’est pas seulement le gibier du chasseur, le métier de se saisir d’animaux, c’est aussi la torche de résine d’okoumé, l’encens, l’allégresse d’une matinée magique des rives du Niger aux flancs du Fouta-Djalon, le premier jour du monde dans l’aurore derrière le dos musclé d’un pisteur, l’horizon indéfini de jours de marche, la case qui fait oublier les fatigues, la longue nuit équatoriale, l’appel angoissé du daman, le parfum étrange dune noire hiératique, le passé qui meurt à grand coup de hachoir de la civilisation blanche dévorante. Les sentiments que l’on éprouve dans la brousse ne sont pas à l’échelle de notre monde habituel, ici où le cycliste carillonne pour ne pas se faire renverser par la ménagère quittant un peu trop vite l’épicerie de Monsieur et Madame Vandersteen, et successeurs. En Afrique, tout va droit au cœur, cela tient de la nature des choses qui vous entourent, mystère latent ont s’environnent êtres et choses, danger permanent au sens réel du terme, on peut en mourir instantanément.

 

Elle s’est assise près de moi, qu’elle se taise, je regarde autour de moi, ce salon est étrange, poufs, fauteuils de cuir noir profonds tête de gnou, lances et sagaies, bouclier bantou, parure d’anioto, il parle de certains soir, de phosphorescence des yeux, elle a les yeux d’un bleu si marin que je m’y noie, que raconte-t-il de ce chef indigène qui livra sa femme adultère aux fourmis rouges ? Tais-toi, tais-toi clame mon for intérieur, les yeux rivés sur le porte-mitrailles exposé, juste en face de moi.

 

 

 

— C’est une 475 express, l’autre c’est une 9.3x62, la troisième est une 10.75 Mauser, je l’aime bien, mieux que l’Express qui tire des munitions molles et lourdes. Ils ne sont pas très utiles contre les plus grands dangers que courent les chasseurs et autres coureurs de brousse. Le danger, ce sont les serpents. Les histoires de serpents que racontent les indigènes font toujours rire ou hausser les épaules lorsque l’on arrive en Afrique. Il suffit de quelques jours pour changer d’avis. Le mamba vert se laisse pendre à des lianes et s’est spécialisé dans la morsure dans la nuque des marcheurs, une heure plus tard, tu es mort !

 

Je pense que je suis un serpent, je le mords, il se dissout, il se désintègre, Trudy est devant moi, elle quitte sa chemise, son pantalon fuseau, c’est Rossana Podesta en plus belle, je suis le serpent, elle est la tentation. Qu’est ce qu’il raconte encore, un fromager gigantesque, est-ce possible, il invente, il se redresse, ouvre le tiroir d’un meuble d’ébène, sort un étui de cuir grumeleux.

 

— Tu vois, Henri, même avec cela, un Blanc décèle mal le gibier, et pourtant viens voir, ... Il m’entraîne sur la petite terrasse, ouvre la sacoche et sort une paire de jumelles très puissantes, un truc de marin ou de commandant de char. Regarde annonce-t-il, et en effet, en réglant au plus juste, je distingue nettement des passants traversant le square, un automobiliste qui vire sans mettre son feu de signalisation, une cycliste qui pédale sans avancer très vite sur la petite côte qui longe le cimetière. Un bruit furtif, je me retourne, les oculaires toujours en place, elle explose, je règle, je contre règle, je m’énerve, je l’entends dire : De si près, il n’y a que de l’embrouille.

 

 

 

Jacky avait une grande sœur qui faisait des études de couturière. Il racontait sur les femmes beaucoup de choses car disait-il, il en vient beaucoup à la maison, pour des essayages et des modèles à façon. René, et les autres de la bande, nous ne comprenions pas bien en quoi cela consistait sauf que l’on imaginait bien Jacky caché dans une armoire à observer les clientes de sa sœur s’habiller et se déshabiller et d’ainsi en apprendre donc davantage que nous. Les femmes, j’y avais pensé la nuit dernière en marchant dans la rue derrière la gare, un curieux quartier que d’aucuns disaient chaud et où pourtant se trouvait le couvent saint Augustin d’où s’échappaient des cornettes qui allaient porter des panier de repas à quelques vieux des rues avoisinantes. Les femmes devaient avaoir sous leur jupe des jambes et des cuisses comme nous, mais comment tout cela était-il aménagé, en quoi pouvait-il y avoir là une sorte de jointure par laquelle les grands mâles semblaient attirés ?      
Cette femelle-ci était en pantalon, il me semblait clair qu’il ne pouvait y avoir de très grande surprise, deux jambes deux cuisses et lorsqu’elle me tourna le dos pour quitter la terrasse, deux fesses qui semblaient tendre à souhait, je fus traversé par une émotion qui dû se voir, plutôt se ressentir, puisqu’elle tourna légèrement la tête pour m’inviter à la rejoindre au salon où elle me demanda d’attendre, elle allait nous prépare une petite collation, tex allait nous quitter un moment et je resterai ici l’après-midi, je pourrais prendre un bain si je le souhaitais.

 

L’homme sage me dit Tex, est celui qui fait régulièrement son bilan. Certains matins, quand on s’éveille à l’heure incertaine où le jour n’est pas encore né d’une nuit qui s’achève inexorablement, l’esprit s’accroche à des faits, il revit des impressions, il revoit des visages. On se rappelle d’émotions on fait ses comptes. Je vais vous laisser dit-il encore en me tendant la main comme si j’étais un autre homme, son ami, il embrassa Trudy dans le cou et sortit en claquant la porte.

 

 

La vie quotidienne est profondément vulnérable lorsque s'installe la passion, lorsque l'amour débouche sur l'enfer de la jalousie et de tous les autres sentiments troubles, si humains. Rien à en foutre de l’Afrique il n’y a que Trudy, Trudy et moi, Trudy qui marche dans la cuisine où dit-elle : Je nous prépare un en-cas.
Les jambes se croisent se décroisent, elle avance et recule, ouvre une armoire, saisit une poêle à frire, ouvre le réfrigérateur, se baisse, cela crisse un peu, elle se retourne, fronce les sourcils de contrariété, elle aurait dû avoir une robe, impossible de voir ses jambes à cause du pantalon et ses seins non plus, cette blouse très fermée suggère sans rien montrer et pourtant ...voilà donc qu'une silhouette habillée peut être aussi séduisante qu'une silhouette imaginée nue.

 

 

 

J’ai fais la vaisselle, j’ai pris un bain, j’ai passé l’après-midi le plus charmant de ma vie.

Trudy était vêtue d’un pyjama d’intérieur orné de palmiers et d’orchidées.

Ding dong a fait le carillon installé dans l’entrée. Et pourtant, la porte s’ouvrait. Signal volontaire, attention je rentre.

Ma mère précédait Tex.

 

 

 

Je ne pourrai jamais oublier l’humiliation causée par cette gifle.

05:30 Écrit par Xian dans Amour | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

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