29/09/2006

Guerre et paix

 

Communiqué dans mon poste : L'OTAN a du mal a trouver des renforts pour son opération "Medusa" dans le sud de l'Afghanistan, ou les allies sont confrontes a de violents combats avec les talibans. Pour mater l'insurrection, dont l'intensité a surpris les responsables de l'Otan, le général James Johns, chef militaire de l'Alliance, réclame un "bataillon» de réserve supplémentaire", soit 2 500 hommes environ.

 

D’accord, ils sont un peu biesses, contaminés par le Sud, mais ne viendrait-il à personne l’idée de ou bien faire la paix ou bien faire la guerre et la guerre, ce n’est pas avec 2500 comiques troupiers de plus qu’on la gagne ...

 

L’Otan c’est à Bruxelles, l’ONU c’est à New York !

 

Ces maisons de pierres ont un siècle et elles ne vont pas tarder à être abattues pour permettre la réalisation d’un vaste projet, les rues vont de l’est à l’ouest et les avenues du nord au sud, en ce moment nous traversons la Dixième Avenue. C’est lui qui me l’a appris, et tu vois, c’est arrivé, maintenant, ce sont des murs de bétons et des passants cosmopolites. Il n’y a même plus d’Américain ici.

 

J’entrevoyais des jambes boudinées dans des blue-jeans, des pas pressés, des chiots en laisse, Kojak et un échappé de la police scientifique avec malette ad-hoc courir après un jeune à casquette rappeuse, des rues étroites et plus sales encore que dans les films.  De temps à autre un immeuble moderne et éclatant se dressait au mi­lieu des maisons basses, et je levais les yeux pour suivre le discours de Trudy. Broadway. Des affiches monumentales, des photographies gigantesques accrochant le regard. Times square dit-elle tandis que je regardais franchement son décolleté.

 

Nous y reviendrons, un soir de la semaine, nous voici au coin de 42 et 5e avenue. C’est connu. À un feu rouge, un gamin portoricain voulut nous vendre des téléphones cellulaires. On n’échappe pas au commerce ici, même sur la Cinquième Avenue, où de beaux immeubles s’élèvent vers le ciel bleu. Les gratte-ciel se rapprochaient et s'éloignaient comme des zooms lelouchiens, le taxi a plongé dans un tunnel rond, comme les tunnels alpins, on a quitté l’environnement de l’Empire pour s’arrêter devant une maison en briques d’un brun roux. Le chauffeur baragouina dans ses dents et Trudy lui fit un bras d’honneur, les relations humaines à New York sont simples.  Elle me précéda vers un ascen­seur à peine assez grand pour un, c’est dire que je n’ai pu faire autrement que de m’insérer entre la paroi et elle qui appuya sur le bouton portant le chiffre 15 et la cabine s’éleva lentement. Comme nous sortions sur le palier du zième étage, onzième, treizième, quatorze ou quinzième ? je m’emmêle toujours, ici le un est au rez-de-chaussée, et souvent, il n’y a pas de treize ; une jeune femme au sourire accueillant s’avança vers nous. Je n’avais pas pensé au prix des loyers et aux colocs ! Elle était blonde avec des yeux bleu clair, des traits harmonieux et un visage allongé qui ne manquait pas de caractère.

 

Je suis resté huit jours chez elles. J’ai dit à tout le monde que j’avais du boulot (ou que je prolongeais mes vacances, c’est selon). Parfois je pensais à Pat la survireuse, à Fab téléphoniste malchanceuse, à Cat qui voudrait des sous pour se former à un boulot, une dingue, payer pour un boulot ! Je surfais sur le world wide web à toute vitesse, comme un malade qui tente de transformer sa Cinquecento en Formule Schumacker.

 

Elles étaient deux, j’en avais dix au bout des doigts, j’étais seul. Et puis, il y avait les potes, les Pierre et Paul, des inquiets, même Filérambo... comme j’étais aux steïtse, ils m’envoyaient des messages en anglais, je répondais en espagnol. La communication, il n’y a que cela de vrai disait Goosens avant de décéder.

 

 

Le mois de septembre s’achève durant lequel, franchement, on m’a cassé les pieds à ne plus en finir... aujourd’hui encore, c’est me dit-on la fête de la communauté française de Belgique... mais qui peut me traduire ce que cela veut dire, pas un de mes amis français ne fait la fête, du coup, il y en a qui font la gueule.

 

New York, les oiseaux migrateurs, les Canaques aux Canaries, les glaces du pôle qui fondent mieux dans le whisky, l’été indien, Franco Dragone, les logements sociaux, l’argent public qui manque, la taxe en trop, les élections municipales, le nain de jardin et la fée Carabosse sans oublier le Hamas, ma tasse de café fétiche cassée au milieu de la cuisine, des lectrices de Xian en pâmoison et un pape Pillons seize qui n’a pas compris que Charles Martel est une marque de Cognac, deux ratons laveurs et l’inventaire du Casa du coin qui achète rien que pour emmerder les commerce-équitabilistes... Septembre ! c’est assez, c’est tassé ! J’ai oublié de rentrer du résidu de pétrole surtaxé pour me chauffer cet hiver dans ma gargote.

 

Les potes et les émilies ne savent pas que l’on se retrouve au pied de la muraille chaque matin et que l’on recommence une série de vingt-quatre heures tous les jours. Ils vivotent, ils s’entraînent à penser avant de frapper à la porte du local du formateur, les questionneurs me cassent la bonne humeur. Merde non, il ne fera pas beau demain !

06:55 Écrit par Xian dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : new york |  Facebook |

28/09/2006

Les bergers veillent

Trois chiens, réputés de compagnie, se sont échappés mardi matin d'une propriété de Châlus en France et ont tué 75 moutons, dans un pré voisin, a-t-on appris auprès de la gendarmerie. C’est une annonce sudiste puisque ce patelin de réputation internationale est plus bas que le siège du marché commun.

L’information précise :

Deux bergers allemands et un chien moyen "croisé multi-races" ont enfoncé une partie de la clôture du vaste terrain d'agrément entourant la demeure de leur maître. Ils ont directement atteint un pré où paissaient les moutons d'un des nombreux éleveurs de la région, se livrant à un carnage à grande échelle.

Ce qui est plus rigolmo encore, ce sont les commentaires laissés par des aimables chalands ...

09:36 BERCO

BERCO, il est là, mativa, tout près de toi....

09:20 mativa

...si on les lachait dans les Marolles ce soir pour
qu'ils mettent un peu d'ordre ...Berco, t'es où !?
Tu déprimes ? Faut dire qu'il a de quoi !

09:18 Qwert

La crèche voisine l'a échappé belle ...

08:49 arnaud Jacques

ooh oui!!! lachez les à Molenbeek ou à st Jos, vous allez voir le carnage !! OOhh oui!

08:16 ruby

Faut voir le bon côté des choses plus de moutons plus d’ attentats

 

 

 La paix quoi, en tous cas, moins de barbecues qui salissent les prés et polluent l’atmosphère.

 

Je ne suis pas allé plus loin, j’ai coupé l’info à la source et je me suis demandé pourquoi Filérambo et ses camarades s’échinaient à ce que les citoyens aillent déposer un papier dans l’urne... Quelques importations massives de Karcher (™) me semblent suffisantes pour rétablir l’ordre dans les camapagnes... Je vais regrette r New-York ...

 

 

Toi, qu’ils me disent, les potes d’Interville, toi, au 349, tu en as vu passer des mobiles, des cars, des pelleteuses, des chars d’assaut, des taxis, des camions, des vans, des fourgonnettes et même des vélos ! Toi, raconte ! Raconter quoi ? Oui, il est vrai que j’en avais vu, bien vu des choses, j’en savais trop, je n’en savais pas assez, je n’en savais rien.  Le pire c’est de se demander le soir si le lendemain on saura encore. Le pire c’est de trouver la force de regarder les autres et de rire de leur fiole d’ahuris. A New York, quand on quitte le Waldorf, on se dit qu’on peut descendre à l’Algonquin. Sir Laurence Olivier, quand il vient à New York, descend à l’Algonquin. Il est mort. Terrence Rattigan aussi.  Je me suis perdu près d’un caboulot où Harry Belafonte et Myriam Makeba avaient débuté et j’ai mis mon sac à terre dans un hall à 5 $ la piaule. J’ai logé là et j’ai pensé à Marilyn qui aurait pu chanter pour moi, me dire bon anniversaire, j’y ai pensé très fort, je me suis senti moins seul, j’ai écouté le métro aérien, je ne suis pas sourd, j’ai souris, il y en avait deux dans la chambre à cause des mies de pain de seigle, j’ai repensé à Marilyn, je ne peux pas dormir seul. Céline était déjà en Californie. La Californie !

 

Après trois jours d’hôtellerie et de petits pains chauds avec saucisse dans le quartier des pauvres, j’ai rencontré Trudy, une hôtesse de l’air ancien qui m’a invité dans sa maison de Greenwich. On y est allé en taxi dans lequel elle m’expliqua son parcours « depuis » et les rues. Oui, j’ai eu un avocat qui m’a fait entrer à l’ONU . Je l’ai regardée me murmurer : ici, c’est la 49ème rue et nous re­montons vers l’est, je l’ai entendue me dire qu’il avait des pieds plats et froid aux couilles mais un solide portefeuille et un appartte au centre, dans son immeuble de bureau. J’ai laissé ma main glisser du dossier du fauteuil à l’épaule, à la hanche, de Trudy. Bander dans un taxi new yorkais c’est une expérience de plus à noter sur mon cévé.

06:24 Écrit par Xian dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) | Tags : ramadan |  Facebook |

27/09/2006

Les Américains ont la conscience tranquille

La Bulgarie et la Roumanie entreront dans l'UE le 1er janvier prochain mais feront l'objet d'une surveillance rigoureuse, a annoncé mardi la Commission européenne. La Commission, qui a noté les "progrès" accomplis par les deux pays depuis sa dernière évaluation de mai, a malgré tout souligné que des problèmes persistaient dans certains secteurs. Ouais ! Il est vachement temps qu’on les surveille, les fabricants de parapluie et les bâtisseurs de Rubicubes. !

 

 

Une semaine avec les onze Henri comme disait Nele puis, tout seul, au milieu de nulle part ailleurs.

 

 

Une fois seul, là-bas, ce fut terrible ! Vincent, François et les autres m’avaient bombardé la hure de questions : Pourquoi ont-ils suicidé les tours, qui a cassé les jumelles, encore un peu on me ressassait du Jaurès. Ils ont tué Jaurès !

 

Les Américains ont la conscience tranquille, ils payent leurs impôts, on fusille quelques nègres, on envoie une sonde dans l’espace et une autre dans la vésicule d’un ancien président, tout va bien, l’administration s’occupe des affaires. Il n’y a donc que des Européens à se poser des questions, à me berlurer pour que j’y réponde.  Relance de pressentiments, nuages de bourbon. Font chier les mecs à me charader, me cassent les bonbons les intellos du vieux continent qui s’inventent des peurs, des complots, même plus amusants.

06:32 Écrit par Xian dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

26/09/2006

Que veut le peuple ?

Que veut le peuple ?... Qu'exige le peuple ?... 

Des connards qui plantent leur gueule sur des affiches disent «  du travail » ...

Comme cela pendant qu’« ils » travaillent eux peuvent se la couler douce, parloter, s’intéresser à leur petites affaires.

Lourdauds, on va vous lourder ! Vous le savez bien ! mieux que quiconque !... Le peuple il exige du loisir, des gsm qui vous pompe l’air et le pognon, des jeux télévisés sexuellovéritas avant n’importe quoi d’autre. Les ondes hertziennes et les micro-ondes téléphonomaniaque, les chips, l’alcool et le tabac le canabis coûtent au peuple beaucoup plus cher que la nourriture. Il ne faut pas promettre de l’emploi, du travail, il faut faire semblant et allouer du blé aux allocataires sociaux. Voilà ce qu’il faut faire pour être élu par la démocratie qui n’est plus que la loi du nombre récupérée par deux ou trois petits malins ! 

07:53 Écrit par Xian dans Politique | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

25/09/2006

Campagne électorale municipale

Le chômage ?

Super ! me dit Elio, empereur de Walbanie !

Le chômage a été crée par mes prédécesseurs successeurs. Tu sais, Henri, chaque chômeur à qui tu promets du travail (tu sais, celui que les chrétiens ont inventé pour gagner son pain à la sueur de son front pendant que les moines contemplent) est un électeur en puissance.

C’est cela la technique, paf, une fois au pouvoir, tu fermes les robinets, hop ! un million de chômeurs délocalisables, en plus, donc un million d’électeurs à qui tu peux dire : Réélisez-moi, moi, réélu, je vous donnerai du travail, je suis votre seule chance !

05:43 Écrit par Xian dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

23/09/2006

Retour de Henri du 349

09:46 Écrit par Xian dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

22/09/2006

Zéro pointé à New York ...

Cools nous étions. Nous avions réellement sympathisés dans le Boeing et Henri avait dit : Faut rien emporter, on achètera tout sur place, cela fera des souvenirs. Cela fait Américain les souvenirs, les breloques, les awards. Souvenir du cinquième anniversaire du souvenir de l’incendie (ou de la tuerie, du massacre, de la guerre, souvenir de Custers ou de Lee, des Sioux, des Incas, des dinosaures).

D’abord, j’m’étais dit : Il est frappé, givré, déjanté, cet Henri-là, surtout qu’il avait annoncé que Paris, couille de bouc et sabre de bois ne valait plus une messe.

 

Onze Henri, c’est un paquet de cerveaux, et quand c’est Céline qui dirige, ça risque étinceler grave.

 

Onze Henri avait dit Nele la Flamande. On s’était promenés ensemble, on s’était égaré singulièrement, on avait tapé le carton et lancé des asticots, on avait pris, chacun, le pouls de la grand’ville. On connaissait le métro, Grand Terminal et le dernier spectacle sur Broadway.

 

Chacun avait amené une chacune, pour la bienséance, les Américains aiment les couples bien stabilisés qui font des voyages d’affaires parce qu’ils font partie d’une company qui racle des dividendes. La première semaine, pendant les festivités autour de Ground zéro, (Les avatars du modernisme sont la démonstration que l’esprit tordu humain n’est pas prêt de se redresser, « ils » croient que hauteur signifie puissance, ce qui est haut se doit d’être puissant. L’homme n’accepte de briser la ligne d’horizon que pour béatifier la grandeur, la hauteur de la gloire de dieu, du roi président maire homme politique, de l’entrepreneur, de la science, du capitalisme et même du prolétariat, ce qui arrange bien les sociaux communistes. « Du prolétariat », proclamait en effet un ouvrage hagiographique sur la « citadelle des citoyens » que fut le nouveau Villeurbanne - banlieue lyonnaise connue dite : chaude, architecte Leroux, exemple typique de la conception des années 1930 en matière de centre de villégiature pour ménages ouvriers.) nous étions tous au même hôtel, onze couples un Riton Rital sec comme un archevêque et Céline célibataire onze fois courtisée, parfois odieusement. Mais ici, on aime ça, un belle femme de conseil d’administration qui pulpe, qui palpe, qui harcèle. Après une semaine, on s’est fondu dans la masse, un Henri est même parti se loger près du Niagara qu’on lui a tous dit : ‘tention à la chute.

 

L’ambiance était bonne.

 

 

Tout avait commencé dans le Sud. Oh ! pas celui du coton et du tabac, de l’oncle Tom et de Fort Alamo, non, dans notre Sud à nous, à nous les Henri’s boys, tiens, on aurait pu faire un orchestre si l’écrivain avait bien voulu chanter et le rugbyman taper sur la grosse caisse mais la pêche ? Aurait-on eu la pêche ? Au retour du Sud, quand on descend du train à la gare du midi, c’est la déprime pure et dure. D’abord, y a plus de contrôleur sur le quai avec sifflet et drapeau que tu sais plus si le train s’arrête ou repart déjà. Puis les porteurs, t’a plutôt envie de prendre ta 600 express et des cartouches à rhino pour les empêcher d’approcher ton bagage que tu imagines déjà retrouver place Bara le dimanche, échoppe trois. T’arrives de Zaventem qu’est mondialement célèbre par la voix off qui te murmure welkom et le policier à casquette Pokemon qui se dit que t’es la prise du jour, le sbire qu’a ramené des clous de girofle de Zanzibar et tu es content de reprendre le petit train bleu de l’ancienne Sabena avant qu’on le redémonte. T’arrive de Paris Marne la Vallée, que t’aurais jamais cru qu’il y aurait un jour un train, pire, une gare dans un bled pareil, t’arrives de n’importe où et tu débarques là, à Marrakech Nord parce que ce putain de faux-jeton de Léopold deux le colonisateur a obligé les Bruxellois à couvrir la Senne et à construire la « Jonction ». Ah ! La jonction, tout un poème avec même la gare de la Chapelle qu’est devenue un théâtre, vous n’y auriez pas pensé, vous, moi non plus.

 

Paf, une pub qui t’éclate plein la gueule : RUE DU NET : Ils sont déjà sur la plus belle avenue du net ... Aca Demy 5 Viens mâter tes stars préférées en culotte, sous vêtements, nues sous la douche ! On est à New York ou quoi ? comme quoi on se trompe, Nouyork, putain, c’est puritain.

 

Henri Lundentreux avait reçu un sms sur le portable de Maud et contournant Flobecq avait sauté dans l’omnibus qui traverse le bout de Flandres de Halle à Brussel zuid Bruxelles midi, un commerçant charmant parle la langue de son client dit-il en achetant un paquet de clopes qui allaient le faire mourir bientôt (c’était inscrit sur le paquet) et montant dans le taxi, il jeta, sourire de diamantaire anversois aux lèvres, l’adresse au chauffeur libanais qui sans répondre embraya en troisième, cala au milieu du carrefour, jura (enfin, Henri imagina qu’il jurait parce que le préposé à la conduite intérieure s’exprimait par des onomatopées borborygmantes).

 

Lundentreux serait à l’heure, il était toujours à l’heure comme avait pu le constater Hercule Poireau marchand de quatre saisons à Ellezelles dans une autre histoire.

 

Le lecteur qui a reçu, malgré les efforts de Bill Gates pour brouiller les pistes, les nouvelles et celui qui a lu le Henri quotidien, sait qu’il y a eu une réunion de gens qui rentraient du Sud. Il sait que New York a été ravagée en 1835 par un terrible incendie et qu’Amelincks et Etrimo ont étudié les plan du Corbusier pour redresser la ville.  Redresser la ville, redresser le monde qui va bien mal, c’est connu, foutre le camp de cette Europe qui pourrit de partout ... le Sud, y avait rien à y gagner, tous ceux du Sud arrivent en Europe, alors, alors l’Amérique ? On aurait pu mettre le disque de Sardou ou celui de Dassin mais en définitive, à bien y voir, si on leur faisait la nique, aux Ricains ?

 

Henri Kiss regarda par la fenêtre, New York, il connaissait bien. Il eut un sourire étrange en se tournant vers Alicia. Il pensa à ceux d’en bas et à ceux de Paris, et de Tokyo, des foules compactes s'engouffrant dans le métro pour affronter une nouvelle journée de paperasses, de vinaigre acidulé de petits chefs et de ragots de bureau. Sans compter la jupe de Linda qui boulotte sur ses hanches et Marina qui a encore viré son amant. Le huitième en quatre jours ! Pauvre Linda, elle n’a pas sa chance avec les hommes. A trop leur courir aux fesses, elle les leur brûle.

 

Il faut prendre le choses en main avait dit Riton, on commence par une semaine sabbatique à New York et puis on fonce ! Marre de ce cirque européen où nous ne sommes que des marionnettes ! Nous sommes onze et treize à table quand Céline est là. New York est la ville la moins plaisante du monde et toutes les villes du monde veulent ressembler à New York, toutes les villes du monde perdent leur âme. Acier et béton armé, béton verre et cuivre le cœur des villes devient poumon de paraplégique. Les rues aux maisons de briques s’effacent, ici les capitalistes empilent les parpaings, là les socialistes logent socialement ... Le regard ne rencontre pas le ciel d’où viennent les Boeing qui atterrissent à La Guardia et parfois heurtent les tours babyloniennes. Washington square a disparu et passer à Time Square c’est comme vivre à l’intérieur d’une publicité télévisée.

Faut s’adapter un peu, ici, il n’y a que des fourmis, on voudrait faire ressembler l’Europe à ce monde-là ... indifférence totale, n’importe qui ne parle à personne sauf dans son téléphone cellulaire, on ne peut trouver sympathique une ville dont les habitants semblent regarder au travers des autres, en fait, ils courent tous.

Ici tout le monde court derrière l’argent, tu cours pas, t’es pas dans la course ...

Mépris total pour tout ce qui n’est pas dans la course... Ici, pas même de sourire ou de politesse de convenance si t’as pas de quoi payer.  Ne pas entrer dans le système, c’est perdre pied, c’est devenir ni vu ni connu, rien : t’existe pas.

Riton avait dit : d’abord apprendre New York !  Infiltrer le pâté de gratte-ciel en carré où plusieurs amis du Word Economic Forum se rassemblent. On dit qu’ils jouent avec nous, qu’ils nous dirigent, on les dit les hommes les plus puissants et les plus riches de la planète. Le critère d'admission en leur sein est le niveau de pouvoir, de richesse, et d'influence dans les domaines de l'économie, de la politique internationale, de la technologie, et des médias. La principale réunion du World Economic Forum a lieu chaque année, pas à New York, t’es fou toi, c’est que pollution and co ici, non, la réunion, la leur, c’est  à Davos, en Suisse. Tout là se passe comme dans le film "Roller Ball", qui décrit un monde futur où les cartels économiques ont pris le pouvoir et où une élite planétaire prend ses décisions lors de vidéo-conférences similaires. Riton avait dit à la réunion : l’élite, ce sera nous ! Et il avait eu un geste un peu déplacé du majeur, qui avait choqué Henri de Lavallière.

 

Il faut y aller maintenant avait martelé Riton, il le faut, ils sont un peu plus distraits que d’habitude à cause de l’anniversaire. Anniversaire ? Le grand malheur fêté serait-il le début d’un nouveau bonheur ? Étrange méthode d’autoflagellation !  Oui, étudier « leurs » méthodes et les appliquer ensuite. Tiens ! Faire croire à l'individu qu'il est seul responsable de son malheur, à cause de l'insuffisance de son intelligence, de ses capacités, ou de ses efforts. Ainsi, au lieu de se révolter contre le système économique, l'individu s'autodévaluera et culpabilisera, ce qui engendrera un état dépressif inhibant sa volonté d’action. Et sans action, pas de révolution !... On peut continuer à vendre n’importe quoi, y compris l’illusion de la liberté. Le Newyorkais est libre de marcher sur le trottoir et de traverser entre les clous. New York c’est un bon baromètre des moments de dépression morale et d’auto-punition que s’infligent régulièrement les Ricains.

On ne va pas laisser l’Europe devenir New York !

Il y a tout de même des bons côtés dit Henri Dubois, dans le Tub Pub de la 37ème, on peut boire de la Radegast, petite merveille ambrée dont la fragrance de houblon s'équilibre idéalement avec un arrière goût moelleusement malté, pas encore interbrewée avec de la Schlitz mais réellement brassée du côté de Pilsen.

 

Le plus jeune des Henri souriait de ses dents de carnassiers, déjà très américaines, fluorées dès le plus jeune âge au Colgate et redressées comme les mâchoires chevalines par un orthodontiste qui avait tout appris de son métier par correspondance à l’université du Travail. Il était bourré d’ambition, il était celui des Henri qui allait faire réussir le coup, il savait tout, ayant étudié dans ces facultés qui ne mènent nulle part. Manhattan la magnétique, il allait la presser comme un citron, en sortir le jus, la quintessence. Les autres Henri, qu’allaient-ils faire, lui, Henri Lejeune, il allait changer le monde !  D’ailleurs, il trouvait déjà de bonnes idées, le spectacle était joyeux, il était venu en curieux à la manifestation pour honorer trente-six morts (ou plus ?) et c’étaient musiques de fanfares, feux d'artifice avec stars and stripes bleu blanc rouge, majorettes souriantes attrapant leurs bâtons lancés en l'air et même un Pluto égaré qui distribuait des chocolats glacés. Des policiers, des pompiers, des nègres.  Voilà ce que demandent les gens, pensa Henri Lejeune, s’égarant à l’idée qu’il aurait tout de même dû se laisser fléchir, des santiags de vrais cow-boys, en vinyle, à seize dollars, c’était une bonne affaire !

 

Henri pénétra dans le building de la Shell. Les grands groupes industriels utilisent leur propre police privée pour sécuriser leurs établissements et les appartements de leurs collaborateurs logés dans des buildings de la compagnie elle-même.

 

Le building est-il la source de tous les maux ? Un Islamisant dit-on – mais on dit aussi un nouveau riche qui veut être plus riche ou un vizir qui veut être calife ou un général qui veut démontrer son pouvoir ont renversé Babel. On en discutaille beaucoup, les Henri’s ont été convié à une réunion, Gounod, Garnier, Maupassant, Zola écrivirent dans une lettre ouverte, en leur temps : « La tour Eiffel dont la commerciale Amérique elle-même ne voudrait pas, c’est, n’en doutez pas, le déshonneur de Paris. Il suffit pour se rendre compte de ce que nous avançons, de se figurer un instant une tour vertigineusement ridicule dominant Paris, ainsi qu’une gigantesque et noire cheminée d’usine, tous nos monuments humiliés, toutes nos architectures rapetissées, qui disparaîtront dans ce rêve stupéfiant ». 

 

 

La course à la hauteur est et sera sans fin : le Japon fourmille de projets de gratte-ciel de plusieurs kilomètres depuis la fin des années 1980, le monde se peuple de tours.

Les tours de magie vont nous faire vivre, croyez-vous ?

Première réponse belge dans trois semaines ...

Seconde réponse française en 2007

Coup de pouce européen en 2009

 

Quand le bâtiment va tout va disait encore hier à Beyrouth le délégué Honnuzelstein.

 

J’ai été inondé d’explications concrètement inutiles et des tas de gens tentent de me faire croire que six milliards et demi d’habitants se proccupent de quelques morts à Nou York, juste un peu moins que ceux mourrant sur les autoroutes urbain au même instant dans les autres patelins ...

Non je ne suis pas tracassé par Chavez, Fidel et les amoureux démocrates qui veulent me faire vivre au dix-neuvième siècle, pas plus que par les marchands de drogues ou d’armes qui sont reyclés en Bourse par le biais de Saint Gobain et de Axa.

 

 (à suivre)

05:59 Écrit par Xian dans Politique | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |