30/06/2006

Quarante-six ans ...

 

Terrible, tu vois, il y a quarante-six ans, les méchants coloniaux ont été jetés à la porte, tu vois, terrible, ici à Léopoldville que c’est Kinshasa, on pille on crève, c’est leur faute tu vois ... terrible ceux qui partent ! Enfin ! Grâce à l’Onu, on va pouvoir s’exprimer, dire : Terrible crever de faim !

 

11:49 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

29/06/2006

Il y en a ...

Tu leur dis : passe la marche arrierre, terrible, tu vois, ...

ils croient qu'ils avancent !

05:59 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/06/2006

Gand ou Marseille ?

Gand, c'est tranquille dit une amie qui pense que lorsque l’on parle de la cité de Charles Cinq, on est automatiquement dans le Sud. Elle ajoute :Declercq, Verhof, Beyer ça peut que donner des citoyens calmes ... on peut oublier son sac de la Fnac sur un banc et revenir trois heures plus tard le chercher sans qu'il n'y ait rien de volé, laisser toutes les portes de la maison ouvertes, même ne pas fermer sa voiture et laisser le sac à main dedans, on se croirait dans le Sud. Gand, il y a donc la Fnac et des bancs publics... je vais donc quitter Villeurbanne, je vais suivre Henri qui s’en va, mais lui, il va à Marseille m’a-t-il dit.  ainsi s'exprime Sylvette.... 

 

 

Je crois qu'il faut agir de façon différente, de façon beaucoup plus compacte, et mettre un coup d'arrêt a cette production massive de délinquance.

 

Ce n'est pas Nicolas Sarkozy qui parle, mais bien Ségolène Royale. En visite à Bondy, en Seine-Saint-Denis, la présidente de la région Poitou-Charentes a fortement impressionné l’auditoire. Presque mieux que les larmes de Vancauwenmont. Il est vrai que les élections se profilent. La peur de perdre est actuellement plus motivante que l’envie de gagner. Un loup gris sur la liste rouge Onkelinx à Schaerbeek donne l’exemple : Murat Denizli, 34e candidat socialiste à Schaerbeek, est un patron de snack, ex-Président et administrateur délégué de l’Association culturelle turque qui regroupe les sympathisants du Parti d’action nationaliste (MHP, parti d’extrême droite turque), il est devenu un camarade damné de la terre depuis peu ...

Depuis peur ...

 

Le coût des soins de santé en forte augmentation et le Vlaams Belang gagne encore des électeurs...           
Toile bruit de fond...

 

Accoudé à la balustrade, je ne sais pas ce que je regarde, je ne vois pas ce qu’il faut distinguer, œil de lynx est-il devenu myope ? J’ai le spleen du Nord, aïe Marieke... Lijdt het licht tout est fini.

 

— Oh Mercédès !

 

Sylvette vient de rentrer dans l’appartement qu’elle avait quitté ce matin. Je ferme à cause du courant d’air. J’ai cru qu’elle m’apostrophait à propos de cette confortable voiture allemande dans laquelle roulait Hitler, pas du tout. Elle me parlait du roman de Connie O’hara qu’elle avait trouvé chez un bouquiniste et acheté à cause de la belle couverture cartonnée.

 

— Je connais bien dis-je. Mais, ce n’est pas ton genre, lui répondis-je.    
Terrible tu vois, ajoutai-je en riant, terrible le quiproquo constant quand je te parle littérature Sacha et autres romantiques. Je te dis je connais parce que ton gaillard du Fleuve Noir, c’est un faux américain type des années cinquante – soixante comme il y en a eu tant à la demande des éditeurs. Connie, c’est un gars que j’ai rencontré en 1956 ou 57, m’autographié mon programme et puis à minuit, on a bu des pots au Golden Saloon. Encore un peu, on mangeait des frites chez Gaston.     
Je n’allais pas manquer, à sa sortie au nouveau théâtre de Charleroi, la pièce « L'Année du bac » de José-André Lacour, tu penses ! (Né en 1919, côté Damwa que c’est à Gilly en Belgique et renvoyé dans la poussière de l’Oklahoma en 2005). Tu sais, le Fleuve noir, dans le coin, c’était une réalité, dis-je à Sylvette qui dépose le bouquin et un grand sac plastique sur le divan.

 

Suis-je en train de contempler Sylvette et de penser à Céline, m’avisai-je qu’elle dépose son sac à main à côté de l’accoudoir, qu’elle quitte le haut comme l’affiche de Jean-Paul Goude ? Le silence domine le bruit de la rue entrant à flot par la fenêtre grande ouverte. Suis-je en train de dévisager cette belle Guadeloupéenne et d’y superposer l’image d’une image, d’y voir le visage angélique de l’inconnue du Nord express qui m’avait dit : « Ces heures passées ensemble, ces heures passées comme allongée auprès de vous, je les vis comme un rêve étrange. Vous me faites vibrer, je suis vivante... Vous m'avez émue plus profondément que je n'aurais jamais cru l'être, vous me portez avec une force à laquelle je ne sais résister. Invitée du hasard, je ne voulais me faire attraper, vous m'avez enlevée, kidnappée, envoûtée, ensorcelée. »

Pas toujours simple d’être du pays noir, de regarder Sylvette offrir ses seins à la lumière, se baisser vers le sac déposé sur le divan, l’ouvrir, donc je la vois en sortir une paire de chaussures. Pas facile de changer d’habitudes ! Marieke avait écrit : « J'ai tout de suite apprécié vos mots, mais je commence à peine à connaître et reconnaître le plus appréciable : votre cœur et votre âme. Il faut peu de temps pour connaître et apprécier votre écriture, elle est simple et honnête, il en faut à peine plus pour en être épris, mais l'esprit qui l’anime il faut apprendre à le connaître. » Ai-je de l’esprit pense Henri en contemplant Sylvette debout sur d’invraisemblables chaussures roses, en jupe courte et torse nu devant le divan. C’est peut-être de là les habitudes de Henri, détective, espion, redresseur de tort, mandataire public honnête dans une ville noire, des gueules noires, des hauts-fourneaux noirs, des terrils noirs sur lesquels on va faire un GR, un sentier grande randonnée dans le noir, de terrils en terrils, y paraît, de Bernissart aux Iguanodons à Blégny les mines, les pauses, la cage, la coulée, les corons... le coke, les briquettes... Monsieur l’ingénieur...

Henri face à la noire, parle du noir.

— Dis-donc, tu m’écoutes ?

 

— Hé non, pas vraiment, t’en connais toi des filles qui écoutent les mecs ? Pourquoi je t’esgourdirais, t’as vingt berges de plus que moi, t’es blanc fromage de brebis, t’as des pompes pointues.

— Vais t’les foutre au derrière les pointes ! dis-je en m’élançant vers elle.

 

A des centimètres et trois poussières d’elle, elle m'attrape le dessus de mes mains, me les caresse et me les serre avec une infinie douceur, tout en me regardant avec tendresse… Je ne sais plus ou me foutre !

 

— Regarde mes chaussures dit-elle, tandis que de la main droite, elle sort du sac une paire de machins roses.

 

— C’est pour ça peut-être qu’il y en a des masses qui ne s’intéressent plus à la politique. Ce n'est pas par hasard, si de plus en plus de gens n’y croient plus. Les pouvoirs en place ont tellement menti et abusé qu'ils ont décrédibilisé tout l'état. Rien que pour ça, ils devraient être collectivement accusé de crimes contre l'humanité.

 

— Laisse l’humanité, continue avec tes grandes mains dit-elle, tandis que je laisse mes doigts courir sur ses poignets.   
Je croyais que ça te ferait plaisir : ce sont de nouvelles chaussures achetées rien que pour toi. Attention, pas du n’importe quoi, du Brandon pur cuir talons à douze centimètres, semelle compensée cinq centimètres et lanière rose transparent.

 

Elle lâche ma main gauche, se recule, s’assied, passe les savates à ses pieds. Elle ajoute avec un sourire ironique qu’elle compte bien les garder tout le temps.

 

Je ne vais pas pouvoir rester avec elle, elle ne pense qu’à la baise, simple et de bon goût.

— Terrible tu vois, dit-elle, je te regarde, tu bandes, on va faire l’amour, c’est ça le top.

 

Mais tout de même, mon année sabbatique, je ne vais pas la passer entre quatre murs villeurbannais à sauter Sylvette et à prendre des douches parce que moi, j’ai chaud, chaud du cul de Sylvette et chaud du temps qu’il fait, Douste va revenir avec ses aérosols, je le vois venir, va foutrement vouloir m’en fourguer un maintenant qu’on sait que j’ai vingt verstes à dégringoler pour arriver à la hauteur de Sylvette.

Je me suis reculé jusqu’à la fenêtre, ça pue un peu quand on l’ouvre mais si on l’ouvre pas, cela schlingue aussi. Je me suis adossé à la barre en inox toute noire de n’avoir jamais été nettoyée, tu voudrais tout de même pas qu’en plus que c’est un logement social on le nettoie, y font quoi les ouvriers de la Clutch ? (filiale de la Sonimat) Je me suis demandé quel avait été le but des fameux gauchos d’après la fameuse guerre de quarante en créant les logements sociaux. Avant, c’étaient les patrons qui maçonnaient les corons. Du pognon ... tu crois ? Je m’demande, tiens, je te raconte comment c’est arrivé en Belgique que c’est du pareil avec d’autres noms en France et partout dans l’Europe des travailleurs travailleuses, bossez pour nous ! Filérambot croit qu’on bosse pour les riches, moi, je crois qu’on bosse pour les pauvres. En fait, on bosse, un point c’est tout.             
Donc le coup du père Leburton, sachem gris würmien avant le Coême, la grande idée : Étatiser l'enseignement et nationaliser les profits les plus légitimes. C’était l'enfance de l'art marxiste. Mais il en faut toujours plus pour abreuver les mandataires sociaux. Leburton, ministre de la Santé publique, en son temps, a trouvé mieux, il socialisa le logement.   
Et comment ? devrait dire Sylvette qui s’est approchée, vacillant sur ses talons.          
En créant une « Société Nationale du Logement» qui put émettre des emprunts auxquels l'État souscrivit de 1950 jusqu'en 1960, 2 milliards 400 millions par an ! Depuis lors, mazette de pactole c’est vachement bien grimpé, on est dans les niveaux de revenus de Bill Gates.     
Elle n’en dit rien et se laisse pousser en arrière, culbuter sur le divan. Bon sang, elle descend la main comme si elle allait me prendre la queue. Le conseil d'administration de cette société est nommé et révoqué par le ministre, vous l’auriez cru, vous ce coup-là, imparable pour placer le copain qui cherche un emploi de directeur.  
Je la caresse partout, lui fait des baisers partout, elle aussi me caresse partout et me fait des baisers partout. Je la chatouille, la retourne sur le ventre pour essayer de tout éviter, comment ne pas soulever la jupette, descendre le slip rose, formidable, le slip est assorti au chaussures qu’elle a gardées, elle a du goût, moi aussi pensai-je en regardant ses fesses s’agiter.         
C'est donc le fameux ministre qui approuve les programmes de construction, détermine les conditions de prêts hypothécaires et permet même à cette Société Nationale de se substituer aux anciennes sociétés d’habitations agréées si elles ne se soumettent pas aveuglément aux ordres marxistes des fonctionnaires compétents. 
La Société Nationale de Leburton a ainsi créé de vastes complexes d’habitations sociales qui devaient comprendre des habitations mais aussi des commerces, des professions libérales, etc... et des immeubles ou parties d'immeubles d'intérêt social ou collectif: magasins, lavoirs, garages, salles de spectacle, crèches, écoles, plaines de sport. dispensaires, etc...  
J’avais posé la tête sur les fesses de Sylvette, excellent coussin ! Mieux que le Corbusier à Marseille, les locataires et acquéreurs d'appartements dans les termitières peuvent, dit-on, recevoir des prêts pour l'équipement mobilier de leur alvéole et ils bénéficient d'un service social d’assistance psychologique, c’est si pas du social, plus social que ça, tu meurs ! Tumeurs ! C’est pas fini ! 
Si tu n’as jamais fait un discours politique le nez dans la raie culière de Sylvette, tu ne sais pas ce que c’est la politique. Le choix permanent, parler au lieu d’agir, la tentation de Saint Antoine ou de je ne sais quel Prométhée, comment tenir, pour reprendre son souffle, la basculer une fois de plus, mais elle remue, la prise est incertaine, nous allons glisser, tomber à bas, qui sait comment font les femmes, on se retrouve toujours entre leurs jambes quand on n’est pas contre leurs fesses. Ce culot qu’elles ont de vous dire après que c’est la parité. J'arrêtai quelques secondes mais il fallait que je dise tout cela que j’ai sur le cœur, Marieke et Leburton mélangés, c’est dingue ce que l’on voit dans sa tête, la pipe du papa du pape Pie pue et des Magritte à l’infini, ceci n’est pas une pipe dit-elle en empoignant ma verge.   
Chaque fois que les « sociétés immobilières de service public» construisent un groupe d'au moins 25 « habitations sociales» l'État prend à sa charge les frais de voirie, les installations de distribution d'eau, de gaz, d'électricité et même... les plantations !  T’as pas un balle, t’as rien foutu de tes dix doigts, mais comme tu votes rouge vif, tu as droit à des centimètres carrés de pelouse gratos...... tout en assurant ainsi aux maires, adjoints, échevins et militants sincères socialistes un formidable outil de propagande ainsi que le moyen idéal d'endoctriner sans nulle fatigue ou déplacements superflus tous les citoyens aux revenus modestes agglomérés.

 

L’idée a fait son chemin depuis. Karlmarxkoningstad, capitale noire de Walbanie en sait quelque chose !

6

 

On note au vol, que les libéraux, ces défenseurs traditionnels de l'initiative privée, votèrent et approuvèrent toutes les mesures Leburton et qu’actuellement en France, le nain de jardin en chef est en train de fabriquer le même programme au lieu de favoriser les primes à la constructions de logements individuels, ce cauchemar des militants. Vers quoi va-t-on ? Filerambot disait Je me suis fait dernièrement la remarque que le système néolibéral, tel qu'il est en train de fonctionner nous mène à une situation similaire mais en pire, à celle de l'ex URSS.

 

— Non, mais tu te rends compte dis-je à Sylvette qui pense manifestement à autre chose.

 

— Remue un peu dit-elle !

 

Le jour était étoilé, quand il l'avait rencontrée. On a beau vouloir être n'importe où hors de ce monde, à vingt ans on y est pour toujours : elle a pleuré de le voir si réel ce bas monde qu'elle imaginait si haut . Elle a pleuré plus tard, dans sa chambre aux poupées, les poupées étaient quatre, deux Ken et deux Barbie. A quoi a-t-on encore droit se demanda-t-elle en les vouant aux gémonies, leur sexe et eux, aïe Marieke. Oui répondit-il enfiché en Sylvette, remuant, s’agitant, gitan, musicien des doigts, explosion, tristesse.

 

 

De mon sixième gauche face numéro 218, je ne suis même pas sûr du numéro, je retourne à la fenêtre, vais-je habiter une fenêtre ? Je regarde la France d’en bas. Des institutrices et des immigrés. C’est ça, nous sommes dans le monde du tiers-monde qu’il faut civiliser, pour de vrai, on a remplacé les curés et les militaires qu’on envoyait « dans les colonies » par des colonies multiformes encadrées d’institutrices et d’agents spéciaux de l’Anpe. Pas certain que cela va donner de très bons résultats. Les nouveaux arrivants veulent bien baiser les professeuses des écoles mais pas se faire baiser à être cadenassés aux machines-outils ou dans des bureaux paysagers, au mieux. Si tu te sens si exploité, c'est peut-être parce que tu n'es pas conscient des déséquilibres qu'il a fallu créer et entretenir pour que ces pays soient pauvres pour que nos pays soient riches disait Filérambot, me prennent tous la tête, je descendais dans le Sud pour ne plus entendre parler de cela, de Mike Gondolfo, de l’opus déi, de Lulu la cochonne, de l’imaginaire des dessinatrices et des dessins des poétesses. Je parle des désastres économiques causés par les politiques du FMI et de la banque mondiale ajoute sans pitié Jimmyni Cricket qu’on sait même pas comment ça s’écrit, putain de monde, pourquoi le Nord me rattrape-t-il ? Le Sud, le Sud, je veux descendre, je veux comprendre.

 

 

— Tu m’aimes plus demande Sylvette ? se sentant délaissée par des idées et des opinions inusitées dans la ruche.

 

— Mais non ma chérie, mais tu vois, terrible comme tu dis, je vois des milliers de gens qui viennent de partout pour s’installer ici, je me dis, mais que viennent-ils chercher ? Et c’est pour le savoir que je suis venu ici et que je vais continuer le voyage vers le Sud. On m’a dit, ils viennent du Sud, c’est l’affaire Sud-Nord, je connais bien, de la gare du Nord à la gare du Midi, j’ai fait cent fois le chemin, à pied, à vélo, en auto, en tram, en métro ... l’omnibus, le tram trente-trois, alors, je croyais connaître ... je ne sais plus rien, je ne comprends plus rien ... On m’avait dit : tu bosses, tu touches, tu deviens chic, il n’y a plus que du chômage, alors, ils viennent faire quoi ? On bosse plus. Enfin, c’est ce qu’on dit à la radio, mais il paraît qu’il y a des caves pleines de caves qui bossent, peignent, tissent, enfilent, il paraît que le noir augmente. Je l’avais remarqué, porte de Namur, c’est noir de monde, c’est noir mais, si tu dis quelque chose, on t’excise, on te cannibalise, on te dit retourne dans ta campagne, les grandes villes, ce n’est plus pour toi.           
Alors, on me dit qu’ils vont en Espagne, les fils de pêcheurs que la pêche ne nourrit plus, les voilà en route pour Barcelone que déjà les Flamands y étaient tous allés et même aux Baléares et à Ibiza. Barcelone, porte de l’Europe, ça change pas de Soliman le magnifique et de Charles Martell trois étoiles vingt ans d’âge. Le racisme s'enracine dans les classes populaires, notamment parce que le FN rend sa fierté à une partie de l'ancien peuple de gauche, la nationalité assimilée à la «race» étant désormais la seule identité possible des oubliés du système.

 

Sylvette s’est levée, nue désormais comme d’habitude, s’est approchée, s’est saisie de ma main et l’a posée sur son pubis.

— Ma parole ! Terrible tu vois quand tu parles comme cela et tes mains en même temps qui semblent ignorer tes idées... ! Je vois bien que t’as les boules, qu’est ce qu’il te prend, t’en veux à qui là, pourquoi tu racontes tout ça ?

 

— Ché pas, je cause, c’est tout ce que j’ai envie de faire pour le moment, je vais descendre plus bas, à Marseille.

Les mains de Henri descendent plus bas, caressent des zones inavouables tandis qu’il parle, le regard perdu vers le ciel ou la rue, comment savoir ? Là-bas, même les pauvres vont pouvoir voyager, comme à Gosselies.  Ryanair a choisi Marseille pour implanter sa première base en France, où est l’erreur ? En car le voyage coûte la peau des fesses quand on n’a pas d’argent pour le payer. Tandis qu’en avion, tous les pauvres viennent d’Afrique centrale en avion et les pauvres de Marseille vont pouvoir aller à Pise ou à Carcassonne voir si j’y suis écologiquement parlant, tu sais ce que coûte un voyage en zinc, le carburant pour mille bagnoles, me parle plus des écolos ! me parle plus des pauvres ! me parle plus de ceux qui veulent organiser ma vie en piquant mon pognon, me parle plus que de tes fesses, tu as raison... encore que, je m’demande, tu voudrais pas piquer mon pognon ? Viens un peu plus près toi !   Était-ce lui que Marieke désirait, lui, le vieil Henri, faux grand, faux mince, l'œil sombre  la lèvre cynique et sensuelle, ancien baroudeur en train de rejeter ses idées comme il avait renoncé à son empire taillé dans l'informatique et les médias, le désir chez elle était il sincère ou seulement celui de l'homme, la peau de l’homme, mais ce désir-là lui-aussi pouvait être faux, inventé n’être que souhait, d'être désirée désirable désirante besoin d'un coup de cirage, de brosse à reluire.

 

— Je me demande ce que tu as vraiment en tête, mais tu as mangé du mouton enragé ou quoi ? Même, je me demande à quoi tu penses, là, en me tripotant les seins. On dirait un malade maniaque ou un polisseur de meubles, à quoi, à qui tu penses, là, maintenant, tout de suite, demande Sylvette ?

 

— Oui, je me demande aussi, notre vie est une multitude d’autres à peine croisées, et je suis même convaincu que le charme diffusé par certains corps tient beaucoup au fait que nous ne sachions rien d’eux. La projection est essentielle. Le rêve est vital.

 

— Ça veut dire quoi cela, que tu veux baiser avec 3615 pinocu ou taper miches 3224 plutôt que de passer du bon temps avec moi ?

 

— Mais non, qu’est ce que tu penses, là ?

 

— Je pense que je t’ai vu, tu tripotes sans cesse ton portable, tu chattes, tu jactes dans le vide, tu baises par procuration depuis le début de la semaine, c’était quoi ce fameux logiciel AIDAVOCAT Modules Diona – Thetya de Fabienne LEFLEM à 85 euros ?

 

— Je ne sais pas, moi, je t’ai déjà dit que c’est une pub que j’avais lue, un stage ou un truc comme ça, à Paris.

 

— A Paris ? Tu veux aller dans le Sud et tu parles de Paris !

 

— Ils m’ont tous foutu en rote tu vois, même Lorang, il m’a écrit un mot de Lincoln.

 

— Il n’est pas mort ?

 

— C’est vrai que tu changes pas !  «Vous ne pouvez pas créer la prospérité en décourageant l'épargne. Vous ne pouvez pas donner la force au faible en affaiblissant le fort. Vous ne pouvez pas aider le salarié en anéantissant l'employeur... Vous ne pouvez pas aider le pauvre en ruinant le riche.» Ses recommandations restent plus que jamais d'actualité. Il reste à en tirer des conclusions.

 

— Dis-donc, t’es pas en train de me faire payer tes déboires d’avecque une autre toi ? Si tu me chambres, je te vires, t’es là parce que j’ai un petit devoir envers Grandjean qu’est ton copain et le mien, les amis de nos amis sont nos amis...

 

Contre l’accoudoir du divan, son sac à main émet soudain un air de Beethoven à la Marie Paule Belle. La marie Paule était un beau bateau. Steak de thon. Sylvette Caro se retourne et se jette vers son sac. C’est d’une beauté totale, mon désir d’elle s’immense.

— Laisse tomber, dis-je…

 

Allongée sur le ventre, le haut du corps sur la banquette, elle farfouille dans son sac.

C’est probablement important, terrible tu vois qu’on m’appelle quand je te regarde devenir géant, ça doit être important.

Elle sort son téléphone portable et le porte à son oreille : « Allo ? »

Un peu estomaqué par la rupture de ton, mais parfaitement excité, je lui embrasse les fesses à nouveau pendant qu'elle écoute le message. Je remonte les lèvres et la langue le long de sa colonne vertébrale, quelques gouttes de sueur sur la soie naturelle courbe d'une fesse et nous voilà dans l'univers du plus simple appareil, elle et moi, nus, elle et moi, moi et Sylvette qui écoute, j’écoute les battements de mon cœur dans mon pénis écrasé contre elle, je remonte la langue au haut de son dos, elle se secoue, elle me repousse.

 

Au bout de quelques secondes, Sylvette, toujours silencieuse, se redresse et me repousse de la main. Toujours d'humeur joueuse, je fais mine de revenir à la charge, elle me repousse encore, cette fois avec le visage dur, le cornet du téléphone qui n’est plus un cornet collé à l'oreille. Je me dis que, certainement oui, ça doit être important. Je me redresse à mon tour, et l'interroge du regard.

Sans avoir dit un mot, elle raccroche et me regarde en silence. Son regard dur s'adoucit et puis : « Il faut que je rentre à Paris. »

 

J'ai diablement envie de twa...avait dit Marieke, je débande, je m’estompe, j’esquive, je me tourne, je ramasse mon slip. Je pense à Delphine, je pense à Hélène, je hoche la tête tandis que Sylvette se déchausse, je vois sa petite fente, je ne bande plus, je ne ris plus, je sais qu’il y a des trafics d’ouevre d’art, que la Walbanie est confrontée à des tueurs en série, des pédophiles relaxés, des politiciens corrompus, chimères et démocratie.

 

La porte de l’appartement claque.

Me calmer, pleurnicher un peu, trouver deux bras qui m’enserrent. Penser aux pauvres esclaves qui courent à Berlin pour la suprématie de la race. C’est difficile de savoir vivre l'instant présent tel qu'il nous est offert sans se poser de questions Quand on respecte l'ici et maintenant, et qu'après on gâche le plaisir en ruminations incessantes d’insatisfaction, on se manque de respect par cogitation impulso-compulsive ! C’est dommageable !

 

Demain Marseille ou Saint Laurent du Var ou la Tour d’Aigues, j’irai chez Manon ou chez Mireille. Le sud ! J’approche !

 

J'veux écrire une chanson dans l’vent

 

Un air chic et entraînant

Pour faire danser dans les soirées de Madame Durand

Et partout dans la rue

J'veux qu'on parle de moi

Que les filles ... qu’elles soient nues


Qu'elles se jettent sur moi

Qu'elles m'admirent, qu'elles me tuent

Qu'elles s'arrachent ma vertu

Pour les anciens de l'école


Devenir une idole

 

 

Je m’appelle Henri

 

05:47 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

27/06/2006

Juste pour dire ...

 

 

Terrible, me dit Yolande, on ne dit pas

" un enfoiré ", mais " une année de perdue ".

 

 

09:31 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/06/2006

Est-ce le dernier lundi de juin 2006 ?

Terrible tu vois, c’est lundi, c’est la fin du mois de juin, les blocs-notes de Xian vont bientôt se mettre en vacances.

Faudra bien ça, un mois de répit, la moisson tu vois, terrible et puis le grand air, le festival, le club, la plongée sous-marine pour ne pas penser, descendre plus au Sud, pour rencontrer les gens du Sud. Transhumances tu vois, les bouchons des gens du Nord, les avions bondés, découvrir la Croatie, la Libye, le Darfour, safaris et grandes murailles.

 

08:08 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

24/06/2006

Terrible, les riches !

 

Terrible tu vois, j’ai adoré lire : Je pense qu'il faut le dire : j'aime les riches ! J'aime les riches et je les envie et un jour j'espère être comme eux ! J'aime les riches, mais n'allez pas croire que je n'aime pas les pauvres, au contraire je les respecte et je les comprends, mais quelque chose leur empêche d'être tout à fait à l'aise avec nous - peut-être est-ce le venin de l'envie distillé dans leurs veines par le socialisme ?

Tu vois, terrible parce que c’est mot à mot ce que Blackbelt avait écrit en 1979 pour l’ami André... Terrible, tu vois, parce que c’est à cause de ces mots-là que mon écrivain préféré a été se fourvoyer en politique ...

 

11:27 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

23/06/2006

Vendredi, jeregarde le monde depuis mon lit.

Terrible tu vois, écrasant, D’après quelques journaux non gratuits et même de sources libanaises qui sont pourtant le plus souvent polluée, le Hamas serait prêt à reconnaître Israël et son droit à exister. Certes, il n’y a pas de quoi fouetter un chat ou en parler à la RTBF ou sur France-Info le matin, mais nous espérons que cela permettra à la coupe du Monde  de se terminer sous les meilleures auspices.

Terrible, tu vois, la menace iranienne existe encore et l’Australie a éliminé la Croatie, qui aurait cru cela d’un pays de kangourous et d’aborigènes ? Un nouveau crime contre l’humanité ?

 

 

 

Impasse du moulin à vent, Zoubeida se rendit compte qu’un voisin était bien curieux de ses faits et gestes. Comment peut-on être voyeur songea-t-elle, même dans ces petits quartiers tranquilles, et elle pivota sur elle-même, ne tirant pas les rideaux, elle se dévêtit totalement devant le grand miroir de la petite salle de bains dont la fenêtre arrière donnait sur l’envers de bâtiments plus ou moins industriels de la chaussée de Haecht.

 

Celle-ci serait-elle Afghane ou Yéménite, je n’ai pas vraiment cherché à le savoir, ayant gardé de celles-là le mauvais souvenir d’une nuit à Dar Es Salam ou en face dans un de ces endroits bousculé par les effets pervers du colonialisme où elles se démènent en criailleries et peines perdues.

 

Tout ce que je sais c’est qu’elle était devenue ma voisine par hasard comment tu parles belge me dit-elle alors qu’Henri grand style, tu vois, je la laissais prendre l’ascenseur avant moi lui tenant la porte que si tu la retiens pas, elle te rabat la tronche vite fait t’écrase les doigts, les colocs se sont réunis, ils ont écrit la liste Schindler pour qu’on répare cette putain de porte !  Mais la réunion des pariétaires a tourné court ! Ce sera pour l’an prochain quand on votera pour un nouveau syndic, l’important, c’est ça, c’est notre droit à voter pour un nouveau syndic si on veut.

 

C’est superextra la populocratie. En attendant, on va repeindre la cage. Enfin, on en parle. On va faire venir un spécialiste des peintures pariétales.

 

En attendant le retour de Chirac de Bruxelles où il est allé pour la grande réunion des 6 devenue 12 puis 15 25 enfin plus la Croatie ou la Slovenie, on ne sait pas au juste, la Syldavie , des nouvelles belgolaises : A propos de la politique d'immigration et d'asile, une interview matinale accordée par le Ministre Patrick Dewael sur les ondes de Matin Première et dont le podcast est disponible en ligne, « Les syndicats sont plus réservés pour faire ce choix là (ndlr: la libre circulation des travailleurs venus des pays de l'Est membres de l'Union Européenne), mais ils sont très généreux pour donner des papiers à des gens qui sont dans une situation illégale ».

 

A Bruxelles, lorsqu'on dit "je suis au CPAS", il faut désormais distinguer ceux qui profitent du système et ceux à qui le système profite.

 

 

 

 

 

 

Bon c’est décidé, je vais faire un effort pour que ces news ne soient pas un simple signal de départ en vacances. Un scoop ? La France ne va pas gagner le Mundial et d’abord, le Mundial on s’en fiche royalement et que royal c’est pas français disait encore hier une députée socialiste républicaine. Le Sud est proche, Lyon quelques jours encore et puis Marseille, ah ! Marseille, son savon, Notre dame de la garde, le métro que n’a pas connu Pagnol et d’autres idéesà venir que mes interminables colères rentrées qui tournent à vide, rien ne change, je ne vais tout de même pas devenir le Maïté du politiquement incorrect, l’est pas marqué bécasse ici, le gai Luc repoussant de l’inamovible Michel, le monsieur “c’est d’la merde” de la note hebdomadaire alors que déjà Sylvette me répète :Tu vois ! terrible ! et que réellement, c’est terrible, la faim dans le monde et les pubs du p’tit Chavrou, les dollars qui coincent le pétrole et la hausse des ventes de 4x4, je crois que marre, dans les Henri précédents j’ai fait un bout de chemin dynamique avec des espionnes aux belles fesses qui ont dévalisé Coldcream, la banque des nases, j’ai dit des vérités enrobées de fictions, j’ai cité Eliot Ness et les malheurs de la sodomie fiscalisée tout en conservant de l’amitié pour le gazon maudit, je suis politique quoi.

 

Je vais à Marseille, je vais boire des pastis, je vais respirer l’air des mobylettes et déboucher la sardine, je vais dire mes vérités en provençal ou en algérien, ils vont peut-être bien m’écouter là-bas, ici je ne rencontre que des pleurnicheurs, des marcheurs pâles, des zémus et des zélus qui se congratulent. On cherche à m’avilir, on me dit obsolète, je sens que je vais rebondir. Je m’appelle Henri, ce n’est pas pour rien. Je f’rai garçon-coiffeur, je r’ferai des études, on me recevra à l’Anpe, je tiendrai la hampe, je serai reformé, réformé, je me convertirai luthérien, je signerai des chèques.

 

Laura Bush aurait été vue dormant à l'hôtel proche de la Maison Blanche après qu'elle ait claqué la porte du domicile conjugal, furieuse d'avoir découvert la liaison adultère de son mari avec Condoleeza Rice. Voilà qui est très significatif, dis-je en attrapant Sylvette par la cuisse, viens poussin que je te montre la différence entre le rêve et la réalité. C’est vrai ça, je devrais m’intéresser à des choses beaucoup plus importante que la guerre en Irak. D’abord, il n’y a pas de guerre. Des mémés de banlieues et de salons se sont offusquées d’entendre : « Quand nous faisions des opérations nocturnes, fouillant des maisons, nous sortions tout le monde dans la cour, on les faisait se mettre à genoux et on les ligotait. On commençait par poser des questions à l'homme de la maison. S'il ne répondait pas comme nous le voulions, on tirait une balle dans la tête de son plus jeune enfant. Et on reposait la question. » Merdalors ! pensé-je in-peto, il y a donc des gens qui imaginent que Irak, Afghanistan, Somalie, Congo, Corée, Bolivie et autres sentiers lumineux où on pète Tamoul, ce sont des jeux vidéo. Surprise Surprise et vidéo-gags, îles de la tentation et fermes écologiques cela se joue avec des balles dum-dum qui font boum dans la vente chez les Rumsfeld et autres FN, Giap, Beretta et Kalachnikov, actions cotées en bourse et en hausse (soutenues par les fonds de retraite des travailleurs), des autobus d’écoliers qui sautent de joie, des féministes qui y gagnent depuis qu’Aïcha est devenue porteuse de bombes. C’est une bonne promo sociale par rapport à son ancien statut de porteuse d’eau et faut bien, comme de l’eau, il n’y en a plus beaucoup, se recycler dans l’explosif c’est plusse payant. Tout le monde ne peut pas gagner des millions chez le père Foucault où sur la terre battue (héhé) de Roland Garros.

Je m’appelle Ben Slimane.

Je crois que ça ne payera plus longtemps non plus, ça. Maintenant faut être Dalaï Lama ou mari de Tom Cruise.

 

Je m’appelle... Henri, c’est mieux, plus personne ne s’appelle Robert aujourd’hui, ça fait français.
Je m’appelle Henri et j’ai mal aux yeux... 

 

On est souvent surpris de la violence du torrent qui déferle car on s’interroge rarement sur la violence des rives qui l’enserrent.

( un ouvrier communal)

06:17 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |