30/04/2006

Résumé

Résumé : L’opération a commencé un peu avant le référendum français à propos de l’Europe, elle se poursuit de place en place, particulièrement à Bruxelles. Objectif numéro un, la déstabilisation du pays qui accueille les institutions économiques et militaires. Nom de code : Walbanie.

 

Commanditaire de l’opération : Sippelberg (ou Spiderberg), brainstorming financier

 

Premier mort : André Clown

 

Personnages encore en vie : (C’est plus que dans Molière, mais c’est moins que dans Homère et ce ne sont que ceux dont on parle dans l’épisode)

 

Alfred, n’a rien d’un facteur

Betty Boop, dame aux belles jambes

Boris, peintre restaurateur

Cardinal Eugène Tailleur, chef de la diplomatie et du service de renseignements de la banque vaticane. Richard Simple, canadien professeur de français, agent bionique probable

Céline, amie de Henri

Cide A., Suisse, croqueur

Clovis Noël, résistant

Cousin, milliardaire sud-belgicain

Culifford dit Kew, fournisseur

Dewalle, inspecteur

Di Rupetto, empereur montois

Fabienne, thérapeute, judokate et politicienne

Flahaut, adjoint aux affaires africaines

France, espionne révolutionnaire

François Pignon, emmerdeur classique

Geoffroy de Gonneville, templier, fantôme probable

Georges Demonsin, entrepreneur aux écrans étranges

Georges Deubeuliou, important sur le devant de la scène

Jlefé dit Damwa, perturbateurtrice journaliste

Jolicarmel, procureur

Julie, rousse

Lauter Charles, feuilletonniste canadien

Le poète roumain, pété de négritude

Lesage, ex-adjudant de gendarmerie

Lulu, gardienne anti-freux

Madame Océane, convenable

Mademoiselle De Wolf, bigote

Massart, inspecteur principal en second

Micheline, agent de la sécurité suisse, membre du réseau Gladio

Mike Michael y Gondolfo, délégué du directeur

Miwa, agent Otan

Palumbo, gradé

Pédro compagnon sporadique

Petitguillaume dit Corean Rice, trafiquant d’écrans

Œuf de Pâques, œuf

Phil, adjoint du patron

Rey Ban, inspecteur principal, adjoint au commissaire politique de Sclessin

Sex Pistol, incognito

Sylvie Toplaisse, serveuse

Ubu, un ancien de Tashal

Vous lecteur et un professeur en retraite, un défonceur de pianos, une star évaporée, un dictateur bruxellois, un pilote de chasse de Bierset, une demoiselle de Coëtquidan, quatre cents députés fédéro-régionalisés belges et trois sommités françaises, quatre Sénégalais dont un de Saint Louis, un ancien judoka recyclé, une Juliette des esprits et une autre évanescente qui n’en finit pas d’acheter des fringues, un millier d’autres éwarés sans compter tout un monde interlope et permanent, ils sont là hurlant :

 

Et alors Henri ? Henri de Lavallière ? Henri Roadrunner ? Henri Cicéron, fonctionnaire du laboratoire d’Interpol ? Si c’est rond, ce n’est point carré.

11:18 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

29/04/2006

Chronologie est logique.

On va trouver sur U BLOG très prochainement le déchaînement d’un Henri Lundentreux... soupçonné fortement d’être un serail killer... l’action a été retardée pour des raisons ouaibiques mais cela ne saurait traîner, on apprend qu’une nouvelle victime a été retrouvée, nue, sous un chêne des marais. Ailleurs, sur Chimères, le sérieux l’emporte et à l’instar de Benoît Drèze, on affirme que, pour ce qui concerne la Belgique, le facteur principal de stagnation du marché du travail est la générosité du système social : « .../... on est un peu pourri par les allocations en Belgique.../... Là où les personnes issues de l’immigration s’empressent d’accepter un travail, les Belges comparent d’abord le salaire avec ce qu’ils perçoivent du chômage ou de l’addition du chômage et de ce qu’ils gagnent au noir… » (sic transit etc..., surtout à la Stib), sans compter la frilosité des décideurs face à la « flexibilité » (un anathème fatal sous nos contrées) et les vieux réflexes de l’époque industrielle. Le site se meurt pourtant comme les débats politiques ouverts, il n’y a aucun intérêt, mais alors aucun dans la campagne électorale municipale. Pas de débats de société, pas de volonté de modifier les choses « en l’état », plus de trou dans la couche d’ozone, rien que du silence bolkensteinien. Plus rien n'étonne personne dans ce petit pays d'héroïsme et de tartines patriotiques, Alidor a attrapé des crolles et Steeman recause de Tintin et de son papa. Il semble que la patrie ardente de Thijl comme celle des valeureux liégeois s’embourbe définitivement dans un Bruxelles très noir aux préoccupations multiples : plan de vol pour Nouvelles Frontières, bulles pour les bouteilles de Jupiler, amendes pour les crottes de chien, mosquée scharbeekoise, café musical pour Turn und Tassis, le Vlaamse blok deviendrait-il le deuxième parti quand le premier sera « Sarazin vainqueur ». Si la capitale de l’Europe en est là, que dire des  Sarko et Chichi qui seront peut-être apostrophés en fin de printemps. Le mystère n'est pas de se demander où trouve-t-on tant de jeunes français aussi cons et de flamands obtus mais de penser sérieusement que tout un monde devient las du grand cirque politique totalement inutile et incroyablement coûteux. Mais les idées des uns et des autres sont tellement surprenantes...

je lis une "cath.tiscali" qui écrit divinement : et moi j'attend l'égalité parfaite. Travail, salaire, droits sexualité...

 

 

L'égalité parfaite ? Quel monde ennuyeusement lisse ! Le diable en rit encore !

Pour vous abonner, envoyez un courrier avec  2 mots : abonnement Henri ( à Xian )

 

 

Combien d’Henri ? Henri Belle, stendhalien brode autour du sexe tandis que Henri Sim raconte le pont aux arches. Henri Hubert, judoka et officier de la Royale tente de comprendre Ketje Henri... Tout cela sous l’œil de Céline et Henri qui se font la part belle... Henri Belle retour à la case départ. Il faut se souvenir de ce que disait le biographe des Henri’s : La Chronologie est logique. Comment ne pas dire que la vie va trop vite. J'ai parfois à peine le temps de noter en synthèse les évènements sur mon petit calepin. Je mouille le bout du crayon et je note, ensuite je tapote l'azerty. Tout se développe, s'enveloppe, le récit s'étend. Suivre les pas de Henri, c’est ionisant, c’est surtout traumatisant, car que dire, que faire dire à un personnage multiforme poulpaculaire ? Vivre, c'est laisser des traces, le souci est que le métier sinon avoué du moins convenu de Henri est de n’en pas laisser. Au-delà des imaginaires, où trouver les signes ou les preuves de son existence propre ? Les questions se posent à un niveau plus philosophique, sur les sensations même de l'existence. Je me demande à quel point, dit Henri à son auteur, nous ne sommes pas tous conditionnés avec des fantasmes, des imaginaires et des pulsions primaires.

 

Pour le plaisir de ceux qui le souhaitent, Henri Troyes au long de son fil contribue au rétablissement de la vérité historique concernant Bill Boquet et les avatars des soi-disant guerres de religion. Que n’invente-t-on pas ? reprise intégrale...  ici et là …

http://grain-de-sel.cultureforum.net/viewtopic.forum?t=183

ou

http://liensutiles.forumactif.com/viewtopic.forum?t=9227

 

06:42 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

28/04/2006

globish

Le patron semblait être absent ou fort occupé et c’est l’ami Phil qui reçut Julie. Au lieu d’être pratique, il fut comme d’habitude austère et philosophe.

— Si je devais résumer ma vision de la société, dit-il, je la présenterais comme un moteur dont l'énergie est fournie par les inégalités sociales. Les citoyens sont motivés par le désir d'ascension sociale (et récompensés par cette ascension, que celle ci prenne un aspect financier ou non). Dans cette optique, supprimer les inégalités reviendrait à bloquer toute possibilité de changer sa situation, et donc, à ne plus alimenter le moteur. Le problème vient de ce qu'actuellement, ces inégalités ont atteint un niveau tel que les plus défavorisés n'ont plus aucun espoir de voir leur situation changer, et les plus favorisés sont en position de tout déséquilibrer. Ce qui fait que notre société ressemble à un moteur qu'on a voulu faire tourner trop vite et qui se grippe. Pris comme ça, la différence fondamentale entre la gauche et la droite se résume au choix du niveau de solidarité ou de redistribution que nous voulons. 

— Oui, oui, répond Julie très inattentive en train de se demander si l’information qu’elle a lu concernant le chocolat est une nouvelle cassandrerie ou une catastrophe sociale. Terrible, comme celle de devoir avouer qu’elle a perdu Henri de vue et qu’elle ne sait pas du tout, mais alors pas du tout où il est.

Tititit, sursaut ! mais qu’est ce que c’est ? ah oui ! c’est le portable que Henri a oublié dans ma voiture, que faire, décrocher puisque Phil me regarde avec des grands yeux d’ahuri.

C’est un message simple, je lis : Des bisous de 11h03. C’est dingue ça, signé qui, quoi, mais qu’est ce encore ? damwa ?

— Tu sais que c’est un dingue, un vrai dingue ?

— Damwa ?

— Qui ?

— Mais de qui parles-tu ?

— Zacharias

— Helmut ?

— Mais non, Zacarias Moussaoui, ce belge franco-berbère, a expliqué, en pur globish, que son couteau devait lui permettre «si nécessaire» de tuer des hôtesses, que ce n'est «pas très difficile de couper une gorge» et qu'il n'y a «pas besoin d'entraînement» pour cela.

— Ben, c’est vrai, non ?

— Oui, mais ça ne se dit pas, sinon, les compagnies aériennes vont avoir du mal à recruter.

— Déjà que chez Air France-KLM, on n’embauche plus que des suaves qui parlotent le globish et un peu de néerlandais. Pour tenter sa chance au recrutement, faut de belles jambes, une santé de fer et une langue de mouton écossais : «C'est la langue de l'aéronautique», insiste la direction. Le français a pris un coup de vieux le jour de la fusion Air France-KLM malgré qu’il demeure officiellement la langue du groupe, conséquence logique du fait que le holding soit français, dans les faits, les choses sont plus complexes. Le comité exécutif se déroule en français, mais le Strategy Management Committee, véritable gouvernement de l'entreprise, se tient en anglais et les directeurs sont tous des amis de Dave.

— Tu crois qu’on va devoir parler l’anglais, nous aussi ?

— C’est probablement le sort des Européens qui voudront du boulot. Tiens, ajoute un cinquante et un à ton courant de pensées. L'anglais n'était pas forcément inscrit dans les gènes du groupe Pernod Ricard, d'origine marseillo-marseillaise, né de la fusion de Ricard et de Pernod. En 1988 l'OPA amicale réalisée sur le groupe irlandais Irish Distillers, fabricant du whiskey irlandais suivant l’achat de Campbell, a amené le PDG d'Irish Distillers au poste de directeur général adjoint de Pernod Ricard, depuis, Patrick Ricard, le PDG, bilingue depuis ses stages de jeunesse chez le concurrent canadien Seagram's, en a profité pour imposer l'anglais à ses collaborateurs.

 

05:34 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

27/04/2006

un paquet de Tuc et des lokoums

— Au lit ? Fab ne savait pas encore comment ils en étaient arrivés là, à l’entrée de sa chambre, rue Saint Jacques. Jamais elle n’avait avoué à quiconque ce pied-à-terre, pas même à son grand ami peintre. Henri avait parlé, le monde avait disparu, enchantement, délice de mains posées n’importe où, chassées une fois, deux fois, tu te rends compte disait-il, autrefois, fut un temps où rien que l'imposition d'une seule des mains d’un archiprêtre sur un ventre rendait sa propriétaire béate et sereine, il disait des choses que personne n’avait dites. Vous en avez des amis qui le soir d’un grand soir qui ne devait qu’être banal vous disaient : mille sabords, on dirait que le chauffage est en panne, réfugions-nous sous la couette, la cuisine avait été envahie, plateau verres chocolats découvert un paquet de Tuc et des lokoums, où avait-il trouvé ces mâchoins mous ? Elle avait voulu lui dire un truc sublime, par exemple : Quand au cours du combat ta chair me submerge, je défaille dans tes bras, ivre de ton parfum, à moitié asphyxié, en fait, je reçois la vie et je meurs de bonheur, au terme de la lutte, je t’offre ma dépouille, celle superbe et désirable de la belle au bois dormant qui s’offre au prince des violeurs, me voila suprême gibier.

Elle sut plus tard qu’à aucun moment elle n’avait eu le dessus, même quand il s’était coulé sous elle. Avant de la quitter, à l’aurore du jeudi, il lui annonça simplement entre café et biscotte qu’elle ressemblait beaucoup à Cecilia Bell, un brunette de trente ans secrétaire polyvalente au bureau de la rue Baker, London. Fabienne se demanda si elle devait déprimer ou lui jeter un vase chinois rare à la tête. Il n’y avait pas de vase dans son appartement.Elle se demanda si elle allait lui annoncer qu’elle n’était plus qu’une motarde à l’ancienne : une piétonne.

06:30 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

26/04/2006

nous grignoterons au lit

 

Ainsi donc, elle avait dit : « je passe à votre insu et parfois même -sans doute - pendant votre sommeil, des moments fort agréables en votre compagnie », signal codé, folie précoce, dommages collatéraux d’une ancienne travailleuse ? Ce n’est pas un mot détourné qui va plonger Henri dans les affres de la psychotendance, action – réaction : A l’entrée du Churchill à 19 heures trente. Ce qui ne provoqua pas de suite immédiate genre, n’est-il pas mort ? Était-ce l’oncle de Marlborough ? Détestait-il de Gaulle ? Churchill est-il le nom du boule-dogue de Henriqué Carter Brison, ancien associé de Henri Sim ou, simplement c’est la devanture de salle de projection cinématographique au cœur de la cité ardente.

 

Boulevard. Stationnement interdit. Il fait délicieux et populeux à souhaits. Première soirée de printemps depuis novembre. Oui, se faire une toile avec un bon copain : Je vous trouve très beau. Là, Fab ne parlait pas de Henri mais du titre du film. À voir vraiment. Un film qui rend heureux sans être mièvre, c'est important, avait-elle dit en acceptant le rencart.

Je me demande si nous allons entrer au cinéma, ... et si on se promenait un peu du côté du fleuve... mais il n’y a que des autoroutes urbains. Une terrasse. Mais ne va-t-il tout de même pas pleuvoir ? Et si on allait chez toi ?

Prise de court, la grande Fab ! Elle qui aurait voulu en savoir plus, elle qui avait pressenti que le temps était venu de tenter de convaincre Henri de se laisser aller à quelques confidences, lui faire dire la relation qu’il avait avec ce qui ne pouvait être dans son esprit que le bureau de l’invisible, Henri était-il Jean-Gaston Vandel ?  Pédro semblait l’avoir cru quand Henri était passé, avant que la maison soit construite.

Pour l’heure, Henri avait tourné la tête, emballé c’est pesé, tu te rends compte, un film, une heure trente dans le noir alors que la soirée est si douce. Tout de suite, sur le trottoir, entre eux le désir fut présent, jamais il ne s'était trompé sur cette sorte de situation, toujours à la seconde même il savait déceler le désir de l'autre, parfois même avant que la femme elle même s'en rende compte. Nous achèterons une bouteille de raki chez Guiomar, il nous offrira des olives brunes, nous lui ferons trancher de l’Edam, du Chester et des fromages mi-durs que nous grignoterons au lit.

06:59 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/04/2006

La Ducati rouge avait disparu !

— C'est tout ?

...

— Un motard noir... soliloqua le représentant du roi, en regardant l’adjudant (de l’ancienne police) se rouler une nouvelle cigarette, en humecter le papier d'un bout de langue incisif puis, se tournant vers un quidam pensa tout haut : la moto ? quelle couleur ? quelle marque ?

La grande sauterelle que Henri avait remarquée répondit comme pour elle-même.

— Rouge ! Une moto rouge.

 

 

 

Fabienne Inégal judokate, politicienne, thérapeute, chômeuse s’appliqua au huitième prana d’hata dalaï lama qu’elle avait décidé d’ajouter à la série de huit fois sept positions qu’elle s'infligeait chaque matin après avoir conduit les deux gamins à l’école. Un moment plus tard, elle se déroula en une position civilisée, se regarda dans le grand miroir et se massa les seins. Pivotant à gauche puis à droite, elle constata non sans fierté que ni la graisse ni sa bonne quarantaine n'avaient prise sur sa silhouette.

Elle se dirigea vers la cabine de douche dont le baquet n’était pas encore parfaitement étanche, il allait falloir en parler à Pédro, et s'y prélassa un bon quart d'heure en alternant chauds et froids brutaux. Se sentant en pleine forme, elle tututa une théière de jasmin aux orties provençales qu’elle accompagna d’un petit pain sans sel et levain fourni par Pin et Beur, les frères boulangers marocains de la vallée. Elle conçut qu’elle ne pouvait sortir nue et regardant par la fenêtre, se dit que la pluie ne ferait peut-être pas le bonheur des cultivateurs aujourd’hui. A même le corps, elle enfila une tenue lastex catwoman et elle sortit au grand air. Passant devant les boxes de Mouloud et de Monica, un étalon et une jument alezans superbes, elle ouvrit la porte de l’appentis arrière et s’imagina déjà roulant à deux cents kilomètres heures sur la Ducati que venait de lui offrir son ex-mari. Elle passerait chez Jim Jungle, le peintre fauve logeant sur les hauteurs de My et ils iraient vagabonder de concert d’Ourthe en Amblève jusqu’à midi.

Le cadenas avait été forcé, la porte s’ouvrit presque au vent.

La Ducati rouge avait disparu !

 

04:29 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

24/04/2006

il a vu un motard noir

Dans les deux groupes, une question fusa en même temps :

— Vers quelle heure le meurtre, à votre avis ?

Pendant un moment, Henri s’abstracta, n’était-ce pas cette journaliste new wave signant « Jlefé » qu’il apercevait là, interrogeant une badaude ? Que n’avait-elle pas fait ? On s’y perd un peu dans les plumes 753, les Swarados, celle-là qui serait bien un coquin qui fait de la tartiflette au Maredsous et qui distribue des gros betches. Henri s’éloigne de la scène du crime et se dirige vers elle quand il remarque, quittant l’immeuble, une grande dégingandée fort bien formée. Elle fonce comme si elle avait un train à prendre et question de prendre, Henri l'imaginait déjà sur le quai. Il l’aurait serrée de près dans la foule des navetteurs, il lui aurait caressé les fesses et les seins comme un jeune détraqué ne comprenant rien aux femmes. Ça lui rappela qu’il avait rendez-vous avec la grande Fab ce soir à côté du Churchill. Il se demanda s’il allait lui laisser croire qu’elle pourrait l’entraîner dans ses filets. Toute approche de l'autre est subjective et peut-on penser à la gaudriole quand premio on trempe dans un bain de sang, deuzio on sait que Liège est une ville de drogués, les autorités locales l’ont confirmé sans jambages ou détours. Il est désormais impossible d’ignorer la ruse ourdie par les forces du déclin, ces partis politiques et ces syndicats que l’on avait cru rayés de la carte par l’avancée nationale socialiste repoussée au Coca-Cola et qui, fourbement, ont malgré tout continué à instiller leurs idées malsaines dans l’esprit de nos concitoyens les plus vulnérables : les enfants. Le plus souvent cette idée se heurte à une indifférence insouciante, le parti des Cons Pour l’Eternité est aujourd’hui bien réel, et le vecteur de ce nouveau danger porte un nom : le jeune. Paulette Pichard avait déjà enquêté activement à ce sujet. Elle avait même failli être violentée, ce qui manifestement est un abus que réprime le code de la route ou un autre, il y a toujours un code qui nous régit.

 

 

Je suis un peu barjot comme dit mon voisin, pensa Sex Pistol mais tout de même pas autant que ce poète roumain rencontré hier soir au bar du Bal nègre. Il avait pourtant raison, la petite black derrière le bar, hyper sexy, des petits seins comme je les aime et les fesses rebondies qui vont avec…  La situation est compliquée, il va y avoir du ravaudage, je ne parle pas de mes chaussettes mais de l’exercice équilibrite. D’un côté mon boulot, fini le congé, de l’autre ma passion, ma mission, mon devoir à accomplir… Je suis coincé dans les devoirs mieux que Patrice dans sa classe ou cette compagnie créole, moins aimée des jeunes, encombrée d’une maîtresse à tresses.

 

 

Le début de l’enquête judiciaire était conforme. On tentait de connaître l’heure exacte du crime en éviscérant le politicien, méthode qui paraît-il a fait ses preuves. La femme, qui n’était que la maîtresse avait été posée en morceaux sur un brancard et emportée vers un autre institut médico-légal, chaque service administratif voulait sa part d’emplois.

— A-t-elle une chance de s'en tirer ?

— D'après le médecin du Smurf, elle a été sciée en deux par la rafale, elle risque de ne reprendre ses esprits qu’auprès de saint Pierre, maugréa l’ancien adjudant Lesage en se roulant une cigarette malgré le mégot qui pendouillait encore à ses commissures.

L’inspecteur Massart se moucha dans un kleenex préchiffonné.

— Cela s’annonce délicat, marmonna-t-il, en jetant le papier vers la pelouse, une enquête politique, ce n’est pas rigolo.

— Cela sera très délicat, répondit le procureur.

— Des témoins ? enchaîna Rey ?

— Un habitant aurait entendu les détonations, il était en train de pisser dans l’évier de sa cuisine quand il a été dérangé, et quand il s’est penché pour écarter les persiennes de la fenêtre, il a vu un motard noir passer en coup de vent et foncer vers la bifurcation.

16:30 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |