31/01/2006

mardi ...

La capitale est bien connue pour ses encadrements et photos de mariages, princiers surtout. Je me demande pourquoi je pense à cela en m’asseyant au Boris ce lundi midi.

Je sais, il sort du cadre, celui qui vient de s’asseoir un peu avant moi, table dix. Clovis Noël, en 1986, est un homme âgé, rond et laid, avec un visage aux lèvres épaisses et aux paupières tombantes. Des yeux comme des billes de loto au regard laser. Il est fort et grand, considérable. Il est comme ces orages collés à la montagne au-dessus de vous, et qui ne se décident jamais à crever. Un proviseur de lycée ayant raté l’ange bleu, un ancien politicien, du temps d’avant-guerre, costume croisé jaquette et chemise empesée, gros pardessus, pantalons très larges. Pull ou gilet. Il est malade, il a quelque chose, il vit dans une petite pièce percée d’une lucarne ronde, un jardin de plantes médicinales est son horizon. Il a toujours froid, cet ancien baroudeur africain a besoin de chaleur.

2006, chez Boris. Clovis frissonne, il attend quelqu’un, Clovis a passé bien des heures à attendre quelqu’un.

Henri regarde vers la fenêtre.

05:34 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

30/01/2006

Philo du lundi

Alain, Armand, ... ... Thierry, Zygo et quelques autres belges, canadiens, français et suisses – assez nombreux à certaines époques, nous entretiennent dans leurs blocs-notes des faits politiques courant à gauche et à droite, sans trop queue ni tête ce qui est le propre de la politique, à mes heures perdues, je relis les catilinaires et je me console game boyise et big mario en relisant d’autres textes que Henri, mon papa, avait écrit, il n’y a qu’à changer les noms propres, le reste sale... 

 

Bien entendu, c’est toujours pareil, je n’ai rien appris, rien compris et me voici aujourd’hui emberlificoté dans la trame d’une enquête sur écrans – à la quelle d’ailleurs la môme Céline souhaite que je ne participe plus (élections communales obligent), sous tendue par la fuite de l’ami Dubois, qui comme chacun sait est un sérail killer. (Henri Lundentreux). On le dit à Ellezelles qui n’en demandait pas tant mais que l’on connaît depuis qu’Agatha y berça Hercule. Entre la rue Notre Dame et la rue Saint Mortier, il y a dit-on du remue-ménage.

07:52 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

27/01/2006

Restau...

Un mercredi matin, une pareille nouvelle ne pouvait que séduire Henri qui décida de son propre chef de rentrer à la capitale.  Au lieu de se rendre comme d’habitude au Boris où ses ennemis l’attendaient certainement, il alla déjeuner d’un ravioli de chèvre chaude et de filets de dorades en papillote chez les deux frères avenue Vanderaey à Uccle.

09:22 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

26/01/2006

Viser juste

A Visé, la Meuse coule de son pas tranquille et la plupart des habitants de la ville font le pont de la Toussaint.

Henri, en camionnette et en pull bleu longe les trottoirs, les quais et les parcs à la recherche d’un écran par ci d’un sac péemmecé par là, avant de se rendre là où le Boss l’a envoyé. Il ne perd cependant pas de vue sa mission et son chemin, sinon un court instant, ce qui lui vaut une radarisation immédiate, non seulement il a franchi le trente fatidique mais aussi la frontière bénéluxienne qui comme chacun le sait, faisant le joint entre Liège et la Néerlande, est fort surveillée.

 

De nombreux lecteurs anciens se demandent ce que sont devenus les habitants du 349, Henri Troyes, Henri Dubois et quelques autres. Perdu dans un dédale où la fusée Ariane ne trouverait pas son fils, les lectrices errent, désemparées, murmurant Henri, Henri, Henri ... prêtes à se dépoitrailler voire plus.

 

On peut dire qu’historiquement Henri Troyes est réapparu (c’est le prodige de l’informatique et du virtuel éternel ici et que Henri Dubois est peut-être Lundentreux, question souvent soulevée et qui ne se résoudra, il faut bien le dire, qu’à l’été lorsque l’on pourra courir tout nu. (On se souvient d’un tatouage critiquement placé !) (Voir Henri Lundentreux, le retour)

 

 

Face à l’établissement bien connu du centre de la ville, Henri trouva donc la boîte (il y a toujours une boîte morte dont se servent les honorables correspondants), plusieurs messages s’y trouvaient, aussi sibyllins les uns que les autres :

 

Zelda : Tu vas te retrouver avec le prisonnier dans le cachot d’Edmond Dantès si tu oses bouger d’un poil (http://carpet-airways.skynetblogs.be)

 

Armand : La succursale est ouverte mais les « affaires » ne me passionnent pas trop pour le moment, que des redites, je me garde un peu en réserve de la république... (http://annarmand.blogspot.com/)  

 

Bestes lecteurs en trices : la suite de « Halte au feu » seconde partie de la trilogie Alfort aura pour titre : « Le refuge du Requin » Parution prévue mars-avril 2006.

 

Céline : Et si les milices des croisades étaient les ancêtres des « fils de la lumière » ? La thèse agite et divise les historiens et nourrit les spéculations. Les rituels francs-maçons et les grades de leur haute hiérarchie empruntent en tout cas largement aux Templiers. Laisse tomber les écrans et enquête sur les liens secrets entre ces deux ordres, mais fait attention à Berose.

06:53 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/01/2006

Mercredi en quête

Henri pousse la porte d’un bon pas et trouve Giorgio attablé devant quelques canettes de Jupiler, un éclair au chocolat dans lequel on a mordu, un calice de péquet et un homme d’une cinquantaine d’année sans moustache.

 

L’homme ne se présente pas mais déjà Henri sait que ce comptable est un faux. Giorgio embraye :

 

— Tu sais que l'Empereur de Mons a carrément monopolisé les actions du coeur et du logement social, il a poussé la plaisanterie jusqu'à faire déposer sur son estrade un olivier ... signe de concorde et connivence a-t-il expliqué.  Un rassemblement futur des faux démocrates à la manière Bush à l'envers ?

 

— Bien entendu, je le sais, ils vont gagner surtout qu'ils savent où s'approvisionner en tiramisu, ce fameux gâteau qui sauve de toutes les grippes.

 

— Mieux que cela, on dit qu’ils essayent de récupérer les anciens PC pour y implanter des Mac’s. Henri, faut en savoir plus, vous êtes nouveau, ils ne vous connaissent pas, vous devriez pousser une pointe chez eux.

 

Sans mot dire, le gus surnuméraire vide son péquet et se tire par la porte de derrière.

 

Le mardi, Henri trouve un logement social dans l’immeuble trois de la Résidence fleurie des jardins de la Joie. Le concierge, devant le billet de deux cents euros qui traînait devant le pied droit de Henri, balaya tout de suite l’entrée, un hall fort convenable de deux mètres carrés et ouvrit les compteurs d’eau, de gaz et d’électricité.

 

— Pour l’eau, dit-il, il n’y aura pas d’eau chaude avant demain, on attend l’plombier, pour le Wc, faut aller à l’entresol, le déboucheur du vôtre est coincé dedans, on va avisé, pour le gaz, il est fermé d’office à cause des émanations.

 

— Merci, c’est très bien comme cela dit Henri en repoussant le bonhomme dehors et en prenant possession de douze mètres carrés optimalisés coin douche séparé et kitchenette équipée de son évier.

 

Henri plissa le front, soucieux, pourquoi ce concierge avait–il dit qu’il fallait aller à Visé ?

 

05:57 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

23/01/2006

Pression médiatique

Sous la pression des fannettes et des favinettes, Henri revient quotidiennement .

 

L’information était sévère et grave, elle rattachait peut-être à la disparition de Henri Sim dont chacun se demandait ce qu’il était devenu depuis tant de mois, on avait parlé de cancer, de loto, de fiancée maltaise, d’enlèvement par un groupe dissident de l’Armée du Salut.

 

Giorgio, le fils maudit, avait réussi dans la ferraille et depuis trois jours ouvrables, un jour avant l’arrivée de Henri, donc, il s’était vu imposer par « en haut » un collaborateur étroit ayant parfaite connaissance – était-il indiqué dans le dossier qui l’accompagnait, des méthodes nouvelles de délocalisation informatique.

 

 

            Henri, avait annoncé Céline, va falloir retrousser tes manches, ramasser quelques vodden en been, véhiculer de vieux tacots et surtout récolter des milliers de vieilles bécanes, des Mac, des Pc, des Unix, des IBM, des Dell’s

            Dèdelle ?

            Ne souris pas, nous soupçonnons une organisation terroriste de fomenter avec tout ce vieux fourbi un attentat terroriste. Il semble que leur meilleur homme soit sur le coup, dans le milieu on l’appelle Corean Rice.

            En sachet autocuiseur ?

 

 

C’est ainsi que lundi en fin de journée lorsque Henri se présente au bureau de la balance, le portier présumé innocent des vols domestiques qui ont lieu chaque nuit en son absence lui dit :

 

            Le Boss te demande, l’est dans la cahute numéro trois avec le nouveau comptable.

04:25 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

21/01/2006

Pour le lundi

Henri épicurien palabrait avec un eurocrotte, à l’entrée du Berlaymont que le monde entier envie aux Belges dignes de ce nom, la conversation s’annonçait difficile, le traducteur Kiswahili-Tournaisien étant absent ce matin (Il est normal que le fonctionnaire que vous souhaitiez rencontrer soit en congé justement, je dirais même plus : précisément le jour où vous passez). Enfin, Henri qui n’est pas né de la dernière pluie parvient à mener le discoureur sur le chemin de la discorde. La question était, je dois aller en banlieue où il y a, me dit-on, quelques carcasses à récupérer (Henri travaille depuis jeudi chez Georges Demonsin, un ferrailleur européen fort bien connu).

 

— Mais où est la banlieue, demande Henri, en désignant sur la carte émise par le GPS américain — que l’on va bientôt concurrencer, dit l’eurocrotte — payé avec mes sous pense Henri, bon, eh bien Monsieur, où en est-on, où traînent ces lumpenprolétaires qui, polygames, travailleraient en noir pour Armelor (fournisseur de tôles chez Volvic) ?

Ont-ils rangés les bagnoles entre le libéralisme le chômage, la misère, la paupérisation, l’urbanisme, le logement, le racisme, la discrimination, la loi du marché du vendredi matin place Saint Josse ?

 

— Monsieur, répond Aristide (le sous-ministre s’appelle Aristide), à Matongué sans doute, ici, entre les tours et le square Ambiorix, la police n’a rien trouvé, vous devrez aller voir autre part. Il faudra reculer un peu, et ce n’est pas de l’humour africain : reculer pour mieux sauter - au sens pyrotechnique du terme... Votre véhicule vient d’être dépanné par Radar Enlèvtout, le fournisseur de la police de Bruxelles.

 

Un gamin qui passait par là cria : Hé Lu ! et lança une balle à petits carreaux de cuir vers les interlocuteurs. Le grand Noir (navetteur Houelbecq - Gare du Midi) shoota sur le ballon. Une ovation monta du stade, dépassa les gradins, les vélum (comment écrit-on le pluriel de vélum ?), s’enfla en bondissant sur le drapeau blanc d’une organisation humanitaire (Avec votre GSM, sauvez les OGM !) (association 1921 sans but lucratif présidée par le président du parti jaune maoïste léniniste solidaire des peuples de couleur qui fabriquent sans racisme, quelle ironie, les puces électroniques et la peste aviaire).

 

Conclusion, se dit Henri, j’aurais mieux fait de trouver un autre boulot. Ceci était bien entendu un aparté à destination du garde civique qui avait orienté un capteur directionnel de détection immédiate de terrorisme. En lui-même, in-peto, mais cela ne se dit plus, Henri pensa que Céline et son nouveau patron l’avaient encore envoyé sur un coup pourri, un beignet fourré à vous en casser les dents. Quelle semaine ! Le mercredi casting, le jeudi engagement via Ranstad and Foutrebem limited comme commis voyageur en dépannage chez ledéjàcité Georges. Le vendredi palabre poto poto et autres manioqueries autour d’un brasero devant la communauté européenne des chaussetiers chinois immigrés.

 

Passent dans la venelle deux Turcs, en demande d’asile, et le Suisse Cide A., illustre hâteur à la recherche du personnage idéal. Un moment Henri pensa l’interpeller mais déjà il avait l’esprit ailleurs. Quand on boulonne pour Céline et son patron, un général jésuite, on n’a pas le temps de tirer une clope en catimini.

08:54 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |