26/12/2005

dernier lundi de l'année

26 décembre...

 

26 DECEMBRE 1893

 

       Un tremblement de terre marque la naissance, dans la province du Hunan en
Chine, d'un garçon portant le nom de Mao Tse-tung.      

26 DECEMBRE 1985           

Au Rwanda, la biologiste et militante écologiste Dian Fossey, célèbre pour
son ouvrage "Gorilles dans la brume" est assassinée par un braconnier. Le
commerce clandestin de cendriers en main de gorille peut reprendre de plus
belle...

 

Il y a encore des fumeurs, il y a encore des Chinois, oui, le monde tel qu’il est surprend encore Henri...

 


06:41 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (7) |  Facebook |

19/12/2005

 

Dans « La Colo » que l’on peut commander dans son intrégalité en émilant à Xian, on apprend qu’un certain Henri est colonel. Serait-ce notre Henri ? Notre bonne en rit encore !  Henri colonel, pourquoi pas tambour-major ?

 

Faut tout de même dire que depuis six mois, la plume d’Henri s’est un peu émoussée mais les amitiés particulières, les puces de Fléa, les questions de navigateurs invincibles dans les aventures d’Henri ont remis un peu d’huile sur le feu... il semble que cela va péter, enfin, c’est le planteur de haricots qui le dit.

 

Tout ceux qui ont demandé des infos ou des textes seront servis avant NoÊl, qu’on se le dise et si cela n’est pas arrivé dans votre boîte, faut retenir les étrennes du facteur et ré-émiler après l’an neuf – pas avant, les boîtes sont encombrées...

 

Oui, il y aura un « long texte » dès Pâques, oui, il y aura des blogs et des aventures remises en selle, avec ou sans jument verte... laissons passer Noël et à lundi... et si vous n’avez rien à faire, penser aux infos et aux intox ... à la vie aujourd’hui et demain, ... et si vous n’avez rien à faire, portez donc plainte pour quelque chose, c’est vrai que ces feignants de magistrats se tournent un peu trop les pouces, cela permet de lire des nouvelles réjouissantes dans les journaux des tribunaux, comme celle-ci :

 

Selon le tribunal correctionnel de Paris, cette insulte "largement repandue" peut etre utilisee entre deux personnes de meme origine. Le parquet a fait appel. Le tribunal correctionnel de Paris a estime que l'insulte "Encule de ta race" n'etait pas raciste, dans un jugement qui considere que cette injure "extremement grossiere" ne stigmatise pas l'origine de l'autre, a-t-on appris mardi 28 juin aupres du tribunal. La 17e chambre du tribunal correctionnel avait a statuer sur la plainte du president de l'association des commerçants du marche des Puces de Paris (18e arrondissement) David Chekroun, pour injure a caractere racial apres avoir ete traite d'"Encule de ta race" par un autre commerçant, Omar Hatem. Dans ce jugement rendu le 23 juin, le tribunal a d'abord releve que cette insulte "est assez largement repandue dans certains milieux, notamment chez beaucoup de jeunes gens, quels que soient leur 'origine' ou leur sentiment d'appartenance".            

"Ta race', "fils de ta race", "putain de ta race"...  


Sa portee sémantique ne peut etre appreciee sans se pencher sur ses conditions de formation et d'usage, fait remarquer le tribunal qui se livre ensuite à une veritable leçon d'analyse lexicale. "Exprimant generalement un violent depit mele d'un incoercible colere, elle est indifferemment utilisee sous forme d'interjection -la presence d'un tiers n'est pas indispensable- ou d'insulte particulierement blessante, l''origine' du tiers victime n'etant alors nullement determinante", selon le jugement. En effet, "comme d'autres insultes de la meme veine, desormais devenues courantes -sinon communes- telles que 'ta race', 'fils de ta race' ou 'putain de ta race', l'expression poursuivie ne stigmatise par l'origine particuliere ou identitaire reelle ou supposee de l'autre en le renvoyant a la 'race' imaginaire de tous ceux que le locuteur entend, a cet instant, distinguer de lui", a estime le tribunal.

"Propos performatif"
"En renvoyant son interlocuteur a une 'race' -mot a tres forte charge emotionnelle et unanimement proscrit- non autrement qualifiee, ni precisee, le propos se veut performatif, faisant naitre sur l'instant la 'race' metaphorique et indistincte des geneurs et des facheux a maudire", a souligne le tribunal qui a remarque d'ailleurs que "le spectacle de la rue ou sa transcription cinematographique ou litteraire" demontrait que cette insulte pouvait etre utilisee entre deux personnes de meme origine. Pour le tribunal, "ni la legitimite, ni la necessaire vigueur de la repression du racisme et de l'antisemitisme ne sauraient s'accommoder de tenir pour raciste ou antisemite une injure publique qui ne l'est ni intrinsequement, ni au regard des circonstances dans lesquelles elle a ete proferee". De ce fait, Omar Hatem a ete relaxe. Le parquet de Paris a fait appel de ce jugement, a-t-on appris de source judiciaire.

 

Comme je l’ai dit ailleurs – et c’est pour cela que j’ai ralenti un peu l’écriture, faut chercher un peu de réjouissances. C’est vrai qu’il y a un bout de temps que je marche les yeux grands ouverts (et parfois la gueule aussi), ...

Il n’empêche que je frémis encore quand je vois conduire les veaux à l’abattoir...

 

J’ai vu l’Algérie et le Congo, j’ai aussi vu Miami et New York ... les premiers disent que je n’ai rien apporté de bon, les autres rient de moi qui ne me laisse pas consumériser...

 

Ben non, je ne suis pas prêt de renier ma culture, mes opinions, ma foi, mes espérances, et je ne suis pas encore fatigué de défendre tout cela contre des prédateurs, des Attila, des fous de dieu, des ensemenceurs chimiques, des saxophonistes blouseurs, des constructeurs d’HLM.

 

Il n’y a jamais de bonnes nouvelles dans les « médias » puisque seul le malheur des uns intéresse les autres... et pas n’importe lequel, le raz de marée exotique n’a trouvé aide internationale que parce qu’il a saccagé quelques hôtels de tours opérators bien financés... les autres, qui sait les autres, ceux du Soudan et de Namibie, ceux de Colombie et d’Azerbaïdjan, ceux d’hier au Nord d’Islamabad (que l’on aide un peu avec des hélicoptères américains – beni soit l’Oussama qui se cache par là !) ceux d’ici, surtout ceux d’ici... quand regardera-ton chez nous, chez soi ... déjà regarder et voir... ne pas s’inventer des charités du bout du monde ... ne pas se poser de questions de pourquoi ‘ils » sont là, les voir... leur parler, savoir que eux et nous, c’est le même bateau... alors un jour peut-être ...

 

D’ici lundi prochain, bonne semaine à tous et bonne fin de semaine et vivent les chrétiens qui fêtent Noël, pourvu que leur message de paix soit entendu ! ...


05:59 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

12/12/2005

Premier lundi

Le lundi donc des nouvelles régulières, était-il indiqué la semaine dernière, une semaine déjà, encore un lundi et je n’en ai pas tiré une ligne.

 

Et voilà, le temps file, qu’ai-je donc fait, des courses que j’appelais autrefois commissions, le cabas est remplacé par un chariot que l’on doit nommer caddie, l’épicier est devenu directeur du magasin à rayons multiples et je n’ai trouvé ici aucun élément pour faire avancer l’une ou l’autre des aventures d’Henri.

 

Ce qui est pire, c’est que l’on me pose moultes questions le concernant, certains continuent à le croire à moitié mort, d’autres le disent à moitié ivre, une évanescente se propose de le ranimer.

Voilà qui est effrayant, n’est-ce pas, où peut-on bien être tranquille ?

 

L’arrivée rapide des neiges m’avait laissé penser que la construction d’un igloo, mais pour cela aussi il faut un permis. Pourquoi ne faut-il aucun permis ? Puis-je aller boire ?

Un bock à la brasserie Dauphine étanchera ma soif. Un agréable fumet de matelote titillera mon estomac, mais je me contenterai d’une bière. J'ai encore tant à écrire, et pour cela, les plats en sauce ne sont pas recommandés. L’air policier jambon - beurre va-t-il me permettre de faire avancer Henri Sim ? Ne dit-on pas plutôt bœuf – carotte ? Où diable peut être enfermé Sim... mais l’est-il encore, ne s’est-il enfoui avec Hélène, joyeux Pâris se fichant pas mal des Ménélas que nous sommes.

 

Une fugue, un enlèvement, pince-moi, je rêve... murmura l’évanescente énervée. Et Henri de s’exécuter à sa façon, pressant ses lèvres contre sa bouche, copie du retour vers le passé.

 

En fait, une tribu d'internautes abonnés à la lecture quotidienne et néanmoins gratuite des aventures d’Henri a bien cru lire que la catastrophe était arrivée, le mot annonçant la mise en quasi-veilleuse de leur lecture préférée. Il s'est finalement avéré qu'il s'agissait d'un mirage et que l’hebdomadaire remplacerait provisoirement le quotidien, Juliette qui déjà se levait le colt du suicide s’amusa d’un simple coup de cold cream à la Crouton et se dit que le Xian feuilletonniste en prenait à l’aise des lecteurs...

 

Par rapport au feuilletoniste toujours à la bourre, le romancier est un type peinard ou une ménagère anglaise de type Harry Poteur. Il ou elle écrit dans son coin, empile les manuscrits, les relie soigneusement, les tiroirise.

 

Le feuilletoniste, lui, ce n’est pas ça du tout ! Pas de chance mon gars avait, déjà en son temps, dit Lauter Charles de son prénom, canadien et néanmoins civilisé, à Xian ébahi : le feuilletoniste est observé quotidiennement par une bande de malades avides, des buveurs de café matinaux aux troncheurs de Johnny Walker nocturnes en passant par les liqueurs douces bleu colbalt cointresques, vert véronese bananières, un professeur en retraite, un défonceur de pianos, une star évaporée, un dictateur bruxellois, un pilote de chasse de Bierset, une demoiselle de Coëtquidan, trois Sénégalais dont un de Saint Louis, un ancien judoka recyclé, une Juliette des esprits et une autre évanescente qui n’en finit pas d’acheter des fringues, tout un monde interlope et permanent qui t’ausculte, te microscopise, ils sont là hurlant :

 

Et alors ?

Bien entendu Henri le sauveur, martiniquais (ou de par là...) avait déjà donné une réponse pour ainsi dire suffisante en appelant à la rescousse le héros du roman de l’Américain Johnston McCulley The Curse of Capistrano vengeur masqué habile au fouet et à l’épée, dont il se sert avec une habileté diabolique pour signer Z.

Plîze, ne téléphonez plus, ne essaimisez plus, Xian se concentre, Xian cherche un Henri du côté du musée de l’homme, en 1941... les autres se baignent aux bains turcs, se vautrent dans des lits de filles de joie, vous regardent en rigolant ...

Allez bande de gniouf, au boulot !

 


15:41 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

08/12/2005

Notice ambigue

Et si je me faisais prendre en flagrant délit, je ne pourrais être sévèrement condamné pour m'être baigné et avoir volé une cuisse de poulet, de la Marie Brizzard glacée et un flacon de gel moussant pour ma consommation personnelle. Il n'y a pas eu pénétration dans cette maison avec effraction. Le soupirail par lequel je me suis glissé avait un barreau à moitié descellé… Et si je suis condamné à une peine, elle sera légère par rapport au plaisir que j'éprouve en ce moment divin. Je me sens bien dans la mousse ...et ... et le téléphone sonne…

Dans la colo : Le rasoir s'approche de la gorge d'Anouar. Tu n'iras rien rap­porter aux flics, coco, dit le plus grand. En refermant la lame sur le manche, il porte ses pas vers une cabine.

- Allo, Mémène accompli je vais me...

Au bout du fil, l'interlocuteur entend une détonation.

- Bonsoir, dit une voix, pas de chance votre gars. Il ne pourra plus couper son lard. Je lui ai confisqué son outil. Je ne sais pas encore qui vous êtes. Mais ça ne tardera pas. Le cornet est reposé brutalement.

 

Henri est-il le Poulpe, la question restera ouverte un bon trimestre suite à l’annonce publiée par les Éditions du soleil.

 

La décision est d’importance ...

Le poète roumain a eu raison de la versatilité...

L’ensemble des blogs de Xian seront mis en sommeil jusqu’à la publication de la suite de

« Halte au feu »

Cette seconde partie de la trilogie Alfort aura pour titre

« Le refuge du Requin »

Parution prévue mars-avril 2006.

 

Comme il n’est pas possible d’être aux champs et au moulin, sans compter chez le boulanger et sur la route pour vendre les pains, le présent « blog » - carnet de notes, est suspendu jusqu’aux Pâques prochaines.

Des nouvelles régulières des personnages de Xian, dont particulièrement celles d’Henri seront publiées, (en principe chaque lundi matin).




06:30 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

07/12/2005

Dan Brown

Eh bien non, ou enfin, il n’est pas possible de répondre à la question de cette manière, peut-on dire Ketje Henri est Tintin ou encore Blackbelt est Xian ou que sais-je... Si Henri est Gabriel, qui est Marie ? Et peut-on, ose-t-on écrire que même Tintin fait caca.

L’action de « La colo » se passe dans l'enfer des magasins et explosent des bombes à Paris, mais il y a toujours quelque chose qui brûle à Paris, une petite voiture ( les garagistes sont contents) et  Vigor a-t-il démissionné ?       (http://perdumonnom.skynetblogs.be/). Il est l'amant de Jennifer, mais elle pense qu'il est aussi l'amant d'une autre femme qui n'est pas sa copine Domi.

 

La navette part au loin elle explose ? à cause de la septième boule ?          

Toutes ces questions seraient superfétatoires si un certain Dan Brown n’avait relancé les polémiques.

 

Nous écrivions tranquilles, chacun dans son coin lorsqu’est arrivée la publicité Harry Porteur et celle de la Joconde, belle femme, me dit-on, dont je n’ai cependant jamais pu retenir le sourire. Un certain Brun, restons Français, s’est fait porter aux nues et tout un chacun d’oublier Dumas et autres Balzac qui avaient déjà si bien décrits de nombreux sites qui se transformèrent en réalités historiques, l’auberge de Meung, la cellule de l’abbé Faria sans compter plus près de nous l’aiguille creuse d’Étretat.

 

Le phénomène question - réponse télévisuel est entré dans les mœurs  et depuis quelques mois – cela s’amplifie, les émiles de Xian sont inondés de « Je sais qui est Henri » « Je sais où habite Céline » « Qui est le caporal Lamourette ? » , «Le château de Saou est-il celui qui a appartenu à ma famille dont voici l’arbre généalogique »... et toutes ces sortes de choses...

 

Borges a une amie dentiste installée à Ixelles.  Borges est actuellement parti en Guinée.  Borges est-il le poulpe ? Mais alors Henri ? Est-il bien que des réponses figurassent (cela se dit-il ?) sur ce qui se nomme blog simple carnet de notes ? D’aucun me disent qu’il faut communiquer, je ne fais que cela depuis mon premier vagissement, j’ai même appris le morse, les fanions de couleurs et le sémaphore du type qui a une tour quelque part en Alsace du côté de Haut Barr – et non, l’auberge citée chez Domi n’est pas une invention, on y mange très bien sinon des plats étoilés, une bonne choucroute, du coq au vin et d’autres délices pour palais délicats.

 

Comme ce fut le cas lors d’une confusion de Xian avec Xian, ou encore d’un amour platonique étonnant, il convient donc de remettre pendules à l’heure et Tournesol dans la lune. Oui, on a marché sur la lune. Oui, les personnages cités dans la plupart des ouvrages écrits par Xian ont existé, oui les lieux sont le plus souvent encore en bon état, sauf bien sûr la caverne d’Uzès ou le fort de Marchovelette.

Les lieux cités ont-ils été le témoin des faits rapportés ? L’ouvrage concerné étant une œuvre de fiction, qu’en penser, quand penser, c’est la bonne réponse à tous ceux qui courent derrière les information de Dan Brown, (Lebrun ?) et qui ne voient pas où la fiction ( l’imagination de l’auteur) et la réalité se confondent. Tout qui (policiers, juges, curés) interrogent un « témoin » connaît la difficulté de faire faire rapport. Bien entendu nous disons, Xian en tête, toujours la vérité ! Notre vérité, ma vérité, la vérité est-elle la réalité ? Le débat est ouvert ...

 

Faut-il se croire poulpe pour écrire : Je suis assailli de questions, et c'est seulement maintenant que je m'aperçois qu'elle a dégrafé sa veste de tailleur. Son chemisier blanc est presque transparent et l'on voit parfaitement se dessiner ses seins. "Je rêve où les bouts sont durs ? Non, Henri arrête de te faire des idées ! ...

Ou encore ...

Sa voiture était devant la porte. Je m'accrapotai sur le siège près d'elle, mal éveillé, je me serais même rendormi si je n'avais constaté que nous quittions Paris. L'anxiété me reprit. En vérité j'ignorais tout de celle que j'appelais Céline : Où m'emmenez vous ?

La main souple gantée d'okapi quitta le volant et se posa sur ma cuisse de façon rassurante, provoquant un redressement de situation immédiat.

— Détendez vous, dit elle, ayez confiance !

 

Bon d’accord, tout cela devient philosophique et je suis en train, c’est plus terre à terre, de me demander si la baignoire ne déborde pas, l’ai-je dit, j’étais en train de me faire couler un bain. Oui, je viens de m’évader dans les personnages et les lecteurs qui le plus souvent ne font qu’un et j'ai laissé l'eau couler. La baignoire est pleine. Morne ? Allais-je oser ? Mon envie luttait désespérément contre mon manque de courage, la peur de me sauter dans l’eau, éclabousser les murs et miroirs. De toute façon, l'eau est trop chaude, je me serais ébouillanté. En attendant qu’elle s’évapore un peu en prenant le tiède (j’ai ouvert la fenêtre), je suis retourné dans la cuisine pour voir la pendule. Il est neuf heures passé. Céline va arriver, elle va dire : tu n’a encore rien écrit de positif. Depuis l’été, tu glandouilles !

J’ai ouvert l’armoire frigorifique – on disait le Frigidaire, chez nous bien que ce soit un Philco ! et j'ai regardé dans le congélateur. Une bouteille de Marie Brizzard m'est apparue comme le nectar qui pouvait vaincre mes appréhensions et me faire digérer la biscotte sèche que je venais de manger avant de venir exercer mes doigts sur le clavier. Dès la première gorgée, j'ai éprouvé le bien-être et à la quatrième, je m’en suis retourné à la salle de bain, j’ai versé un flacon de gel moussant et plouf (disons splatch) dans la baignoire. L'euphorie m'envahit. J'ai l'impression que ce bain va me laver de toutes les questions qu’on me pose, ah ! écrire toutes les réponses pour que cette bande de lecteurtrices ne posent plus de questions.

 

Ce bain me régénère. Je vais y retrouver la force d'affronter la vie, de me défendre contre l'inertie qui s'était emparé de mon esprit, de chasser mes craintes et de recouvrer toute ma volonté. La situation dans laquelle je me trouve est certes assez scabreuse : nu comme un ver dans la baignoire d'une maison où je me suis introduit comme un rat…


08:41 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

06/12/2005

mardi un peu fou

— Oui, dit-il, la maison est vide et l’affichette Garage sale est là depuis longtemps, mais je ne crois pas qu’elle soit à vendre, je parle de la maison, pas de l’affichette.

 

 

Plus tard dans sa tournée, Alfred, facteur, repensa à l’étrange rencontre qu’il avait faite. Il ne s’en était pas aperçu et pourtant, debout à côté de son vélomoteur, dans le blizzard à peine apaisé par la visière de son képi, il avait parlé plus d’une heure. Drôles de pèquenots, que faisaient-ils ici ? Elle s’appelait Céline aurait-il entendu...

 — Céline, on s’en va, avait crié l’homme après avoir baissé la vitre en portière de voiture.

 

Ne lui avait-elle pas dit qu’elle cherchait une maison tranquille pour l’hiver, qu’il était écrivain, il n’avait pas une tête d’écrivain, mais il y avait de la buée sur la vitre, avant qu’il la descende.

On écrit parce qu'on est malheureux. Votre monde dévore tout le reste. Vous êtes seul. Et soutenu par le style. Les poètes n'ont pas de vie intérieure. Les écrivains sont en général des bafouilleurs.

 

Ai-je bien compris ce qui fut dit ? Céline disait :

— Le roman nous endort, nous abrutit, nous traite comme des chiens : la chaîne mesure trois mètres, chacun peut faire librement le tour de sa niche. Le roman défend et illustre l’ordre des choses qui est une tyrannie stupide et sanguinaire. Il consent même à ce qu’il dénonce en prenant l’homme tel qu’il est au lieu d’inviter sa pensée à des aventures vertigineuses qui le transformeraient. Le romancier est l’âme damnée de Dieu, un apparatchik, un fonctionnaire, un administrateur, membre de l’appareil et zélateur actif du système en vigueur — cette terminologie désuète est la seule qui convienne pour évoquer justement ce vieux métier de romancier. Au mieux, ce dernier écrira-t-il un livre de compassion pour le genre humain, manière généreuse de s’apitoyer sur soi-même sans compter.

 

 

L’homme dans la voiture, s’appelait-il Henri ? avait-elle dit :

— Henri, fais tourner le moteur et met le chauffage.

 

Cet homme avait tourné la tête et juré qu’il n’allait pas écrire de roman, qu’il s’était planté, que l’ami Sim allait mourir avant la fin de l’enquête et que c’en était si malheureux qu’il n’osait pas placer cette suite où elle devait inéluctablement finir. Et que, ajouta-t-il, le Bel Henri, en voyage à Colmar, n’allait pas revenir l’emmerder et pas non plus tous ces Henri de pacotille.

 

Il n’avait pas une tête d’écrivain, il ne parlait pas comme un académicien.

 

— C’est vrai, ajouta Céline. Le roman s’inscrit de trop bonne grâce dans le temps. Il n’est pas moins unidirectionnel et irréversible. Il célèbre cet ordre comme il célèbre les autres lois qui nous contraignent (ainsi la loi de la pesanteur : le roman qui vous tombe des mains vous écrase l’orteil). Ce n’est pas pour rien que l’on vante souvent la minutieuse horlogerie de tel ou tel roman. Moi, il ne me plaît pas de vivre à l’intérieur d’une montre, on n’a pas une seconde à soi — en plus, c’est plein de petites roues dentées pareilles à des scies circulaires. Même les romanciers qui ont l’audace de s’écarter de la narration linéaire pour jouer avec la chronologie ne font finalement que tourner et retourner le sablier entre leurs doigts : ça va bien cinq minutes.

 

Assis dans la voiture, l’homme alluma une cigarette, était-ce la Marlboro des grands espaces farwestern ? Il ajouta :

— Le roman est la littérature de l’homme seul au monde. Il accrédite cette utopie sinistre. Ni hyène ni fourmi ni hérisson ni poulpe.

 

Voilà pensa plus tard Alfred, facteur ou pingouin, voilà le mot, voilà : le poulpe. J’aurais dû y penser quand il a décapsulé la canette de Jupiler. Le poulpe. J’ai rencontré le poulpe.

 

En réalité, vous l’aurez compris, Alfred n’a rien d’un facteur et sans doute y-a-t’il illusion confusion invention invasion imagination... Hier, c’était lundi, et le-dit Alfred se trouvait à Paris pour un rendez-vous professionnel. Ayant quitté Béziers le dimanche soir, il était parfaitement préparé pour l’interview.

Dans le Train Généralement Vide, pour cause de folie automobilistique, il se trouva pourtant que la place 342 côté fenêtre, en face de la sienne fut occupée par une charmante femme d'une quarantaine d'années. Élégante, maquillée d’un peu de vert au-dessus des paupières accentuant des yeux déjà immenses et de rouge soulignant les courbes parfaites de ses lèvres. Une suceuse pensa Alfred qui vous l’avez déjà compris ne s’appelle pas Alfred, ceci n’étant pas un roman et le fil conducteur ne devant être que la pensée du narrateur précédant celle du lecteur. Cette femme a une bouche à sucer des babulaires, des lokoums, des queues, pourquoi serait-il malsain de penser cela et de l’écrire, voilà qui va en ravir quelques uns et quelques unes, fini la rigolade et les aventures, Henri va dire ce qu’il pense et si d’aventure en aventures, bon, cela déraille, c’est mardi, le facteur n’est pas encore passé, d’habitude il sonne deux fois... trois ? Il sonne toujours. Cette fille là était vêtue d'un tailleur bleu foncé lui donnant un air strict, une prof qui prend service pensionnat en fin de soirée ?

Le train s’ébranle, prend de la vitesse, Alfred se plonge dans la lecture d'une des aventures du Poulpe. Il en oublie sa belle voisine, jusqu'à ce qu'un de ces pieds le touche lorsqu'elle se lève. Elle s'excuse au milieu d’un sourire rayonnant. Alfred,  - enfin, celui que nous croyons s’appeler Alfred et qui comme chaque lecteur l’a compris s’appelle autrement parce qu’il n’est pas facteur et que nous sommes au temps des imposteurs, mais qui voudrait être facteur ? a toujours eu un faible pour le femmes mûres.

 Il la regarde s'éloigner, attardant sur ses jambes et ses fesses un regard maquignon.

En la regardant remuer les hanches de droite à gauche, il commence à bander, et se met à rêver qu’il la suit dans ces toilettes mystiques et métalliques.

 

On pourrait écrire que le héros en second se déroule, suit l’action de couloir referme l’huis enlève la culotte, on pourrait ...

Mais à la page trente-deux, le Poulpe s'envoie justement en l'air avec une femme de 45 ans en mal de sexe.

 

Alfred se débarrasse rapidement de son uniforme où il n’est pas marqué bécasse et se dirige vers le robinet. Un bol d’eau, réservoir du perco, glou glou égouttage café noir sans sucre.

 

Un type qui fume et qui se tape une Jupiler en  attendant une nana enneigée qui parle à un inconnu, c’est bien le Poulpe, j’ai accompli la mission que m’avait confiée l’Agence Nominale Pour l’Esclavage pour laquelle je travaille depuis quelques heures.

On va consigner toute cela sur papier et ce n’est pas du roman... quelle affaire dans le Landerneau quand on saura que cet Henri est Gabriel !

 

 


08:51 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

05/12/2005

lundi

La lavasse cessa et Céline descendit de la voiture.  Je lui dis d’aller y voir seule, le tour du propriétaire, très peu pour moi, d’ailleurs, j’avais une semelle trouée.  C'est ici qu’on nicherait notre amour, je le lui ai dit aussi. 

Demain, elle irait à l'agence immobilière.

Un petit bruit métallique la fit se retourner, mais ce n'était qu'un facteur à vélo qui allumait une cigarette.


09:25 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |