23/06/2005

Le sablier du temps était coincé, bloqué.

 

Henri n'est pas resté longtemps avec moi. Il y avait, disait-il, du travail, il ne pouvait le remettre à plus tard.

Il a ajouté qu'il reviendrait rapidement. Céline, une de ses amies, devait passer. Il ne savait pas quand.

Elle avait beaucoup de choses à faire. Des gens à voir. Pour lui.

 

— Tu peux faire ce que tu veux. Il y a des livres dans la bibliothèque. Des journaux aussi. Mais surtout, ne te montre pas. Ne t'approche pas de la fenêtre.

 

Je lui ai demandé de ne pas s'inquiéter, j'avais l'habitude des secrets. Il m'a embrassée avant de partir. La porte a claqué.

 

Comment faire pour ne pas réfléchir quand on est seule ? Pour empêcher mes pensées se précipiter vers eux. Mes parents. Où étaient-ils ? Que faisaient-ils ?

 

J'ai essayé de me distraire, de penser à ce que j’allais écrire en septembre, vivre ... Les rêves éveillés sont les pires de ceux qui brûlent. J'ai visité la maison. Je l'ai fouillée de fond en comble pour ne pas rester sans rien faire. Chaque pièce, chaque recoin, chaque tiroir. J'ai même lu des lettres qui ne m'étaient pas destinées. Sans indiscrétion, sans chercher à comprendre ce que signifiaient les mots que je déchiffrais.

 

La petite horloge du magnétoscope clignotait 00:00 accrochée à son rythme, refusant d'accélérer les minutes et les secondes. Zéro zéro. Zéro heures.

 

Le sablier du temps était coincé, bloqué.

 


05:20 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

Commentaires

coucou je te remercie d'être passé chez moi et d'y avoir déposé un comm..je te souhaite une bonne journée

Écrit par : coco | 23/06/2005

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