30/04/2005

Normandie

 

On peut relire tous les textes Henri... et retrouver les personnages oubliés... Corinne, Céline, et autres Nadine dans les archives chez Henri. On peut même voir qui il est, où quand et comment ...

Le diable Henri encore !

Clique n’apporte que des pages blanches...

Déçues, elles s’envolent comme les flamants roses de mon ami Jacques.

Mais certainement qu’un grand pape de la technique va nous arranger cela.

Patience et longueur de temps font plus que force et que rage

Chili con carne, cela ne pouvait tomber mieux. Boris tu m’emmerdes, file moi de la vraie viande et des légumes verts du jardin des Hespérides.

 

 

Greta s’est assise à côté de moi. Greta architecte ou élève architecte est fille Van Geluwe.

— Viens dit-elle en poussant ma chaise, on se décolle, on fonce dans ma campagne de dunes océanes, à cette heure-ci on ne crabe pas encore sur la bretelle de Jabbekke, on cafetera à Furnes, on achètera des babeluttes, on emmerdera les syndicalistes qui voudraient nous empêcher de passer et l’on ira au Normandie.

 

Henri leva un sourcil.

— Il y eut d’abord la Péniche sur la voie royale qui, du Westhoek au Zwin, est bordée d’oyats. C’est ce Delamontagne qui, se disputant avec son propriétaire, fit construire en 1935 ce deuxième bateau échoué et décida de le baptiser Normandie pour y attirer les nombreux Dunkerquois et Lillois qui venaient prendre le grand air et l’iode.

Greta connaît tout des bâtiments classés de sa région.

 

— Le premier projet, conçu par l’architecte Combaz n’a pas été retenu, c’était une construction toute en longueur Ce sont les frères Bruggeman, deux architectes modernistes d’Oostduinkerke, qui dessinent le deuxième projet, adopté tout de suite. L’ensemble est symétrique et possède une base comportant des fenêtres rondes en forme de hublots.         
Pourtant l’entrepreneur modifiera le dessin original et ajoutera des cheminées inutiles et des détails qui cassent l’image générale.

 

Comme Henri rétorque qu’on ne va tout de même pas aller s’enterrer dans les sables d’un taudis, Greta explique que Normandie classé «historique» par les monuments et sites de la Région flamande a été rénové par ses nouveaux propriétaires, des habitués des salons de thé et de l’hôtellerie.

 

— Tu verras, dit Gréta, c’est joli, luxueux même voire coquin.

— Coquin ?          
Je croyais qu’on allait prendre un bol d’air.

 

— On laissera le hublot ouvert tout le week-end, dit-elle

 

 

Elle glissa du bout des doigts sur son sexe. Elle ne voulait pas faire semblant d’être amoureuse mais apprendre par elle-même, grâce à la liberté qu’elle trouvait avec lui, comment fait-on quand on aime. Elle n’avait pas peur qu’il la prenne au sérieux, pas peur qu’il trouve ça exagéré. Elle avait raison. Henri ne se laissait jamais prendre, parfois même on se disait qu’il ne donnait rien non plus et pourtant, il était toujours amoureux, il disait souvent qu’on devrait toujours faire l’amour comme des amoureux.

 

Que lui arrivait-il ? Il se mit à respirer fort. Greta lui révélait quelque chose, pour ne pas dire qu’elle le révélait tout court.

Elle retournait la main droite, paume vers le haut, et elle engageait les doigts sous ses fesses. Et il fondait comme neige au soleil, il pensa au réchauffement climatique.

 

Elle tapota les deux oreillers de sous sa tête pour qu’il se sente complètement tombé, abandonné, parti.

 

 


07:39 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

29/04/2005

Hmm, fit la gorge du policier

Je le disais encore hier à ma femme, annonça Palumbo qui tentait s’asseoir face à Henri.

Le lieutenant glissa d’une fesse sur le cuir du canapé, s’enfonça mollement perdit la cendre qui ne grésillait pas au bout de son mégot brunâtre.

 

— Voilà M’sieur Henri, le vif du sujet c’est Corinne, il y a des gens qui se demandent où elle peut bien s’en être allée, tout de même elle a bien dû donner de ses nouvelles. Peut-être vous a-t-elle écrit, téléphoné ou mieux, maintenant que l’on communique avec cet ordinateur.
Il est bien votre portable, il est très bien, un dernier cri, avec le WiFi ?

 

— Mon cher, ma situation ne me permet pas de me payer de ces magnifiques nouveaux engins, pour peu j’en serais encore à Olympia et autres Adler.

 

— Comme du temps de « Pêle-mêle »

 

 

 

Le regard d’Henri se fit un peu vague. Internet Internaute Ecrivonaute Henri serait devenu dépendant à sa chaise ?

 

Il regarda le policier aspirer désespérément son bout de cigarillos. Il pensa qu’il avait écrit à plusieurs Corinne, et à d’autres qui ne s’appelaient pas ainsi.

 

J'ai beaucoup réfléchi à tout ce que tu m'as écrit, j'ai compulsé les auteurs et les autres, avait-il noté pour Sophie, j'ai même relu attentivement " L'attaque du pot de miel " par Winnie l'ourson, un grand classique que tu auras j'espère offert à Nadine, elle s'appelle Nadine, ta fille ? Quel âge a-t-elle ? Joue -t -elle à ton instar à la vamp d'Internet ?

Revenons à nos moutons, je disais que cette affaire d'escalier avant d'arriver à un résultat était susceptible de beaucoup d'amendements, de modifications, d'aménagements et qu'il me semble toujours délicat de citer les grands esprits, un autre me disait récemment : On se montre avec les maigres on monte avec les fortes.

 

Alors, quand on est comme toi, quarante-cinq kilos toute nue avant le petit déj, répartis sur une grande longueur, méfiance et défiance, attention aux beaux parleurs, sans oublier les concierges, tu vois, avant de monter :

On s'essuie les pieds !

 

Ce sera tout pour aujourd'hui, je m'y roule, je veux dire à tes pieds, pas sur le paillasson, encore que ...

Sur le paillasson ?

et faire un peu le délicat à l'entrée,

     regarder comment cela se passe,

     jouer les timides, un moment ...

Je t'embrasse,

toujours sur le paillasson ?

 

et il avait signé Henri.

Il avait signé Henri alors que l’habitude était aux pseudonymes délirants, Sophie était médecin, elle signait Marie, il était Henri, il avait signé Henri, était-ce grave, docteur ?

Certes non, d’ailleurs, il se rappelait qu’il lui avait encore écrit...

 

Bonsoir Chère Marie, je veux dire Sophie, paf la gaffe, va-t-on me retirer mon permis de visite ?

Je rappelle que je ne suis pas n'importe qui, que j'aurai bientôt mes entrées, et qu'il n'était pas pensable que je pardonne (pardonnasse ?) une semaine d'inattention,

pour préparer des vacances !

C'est un comble,

Il y en a qui prennent des vacances quand d'autres se traînent du matin au soir, de café en café, à la recherche de l'île au trésor. En vacances ? Et où cela donc ?

La Martinique, Kourou ? Vierzon (qu’est moins surprenant que Saint Sauveur les Chicorées, mais qu'on atteint rapidement par le nouvel autoroute) le carnaval de Venise ? (mais c'est déjà trop tard, non ?) la Suède, oui la Suède ça ira bien à une bringue comme toi, dis-donc, tu me le dis tout de même le jour où tu t'en vas pour un bout de temps que je ne me demande pas si tu es aux urgences du mauvais côté.

Pardonner, non mais, tu me prends pour un frère jésuite, pour le confesseur de ces dames du couvent, à la rigueur,

oui, enfin

peut-être, il faut voir, et que ferais-tu pour te faire pardonner ?

.../...

 

Sophie

Ils s’étaient téléphonés, le téléphone existait déjà.

Ton histoire de vacances m'emballe terriblement, mais Henri, tu dois rester sérieux n'est ce pas, je ne vois pas comment on pourra présenter à ma famille que nous partons à deux en Provence. Il y a des bruits étranges dans le téléphone, que fais-tu ?

— Je suis allongé sur un Récamier, je pense tout le temps à toi. J'ai ouvert mon pantalon parce qu'il est très étroit, un jean mode moulant et ça me fait mal...        
....
Comment où ça mais à ma queue quoi...

 

 

Le majeur bien en place pas d'accessoire inutile, roulez casquette

Ils étaient partis en vacances ensemble.

C’était bien d’y penser en regardant le soleil monter dans le ciel derrière Palumbo. Son petit crâne rond à boucles noires se dégageait bien sur fond ciel azur mouton blanc et or semi-caché.

 

 

C’est elle qui était venue, avec sa grosse BMW, elle roulait prudent doux. Quelle direction prendre ? C'est tout à fait charmant, dit elle, ton costume, tu as beaucoup de goût, bien sûr ne répondit-il pas pensant qu’il avait de la chance, elle était plus belle que sur la petite photo qu’elle avait envoyée par courriel, il était heureux de l’avoir choisie désirée un bisou sur la joue une poignée de main elle reprend le volant, se couchera t'elle sur le dos ? Offrira telle son ventre impudeur abandon laisser aller médecin, elle est toubib, il est ingénieur pense-t-elle, cela suggère-t-il un corps d'homme arqué allant d'avant en arrière torse nu ventre dur creusé contre elle tendre organique gorge enflée douceur remuante, va-t-il l'abîmer forcer blesser violer, sera-t-elle inaccessible close va-t'elle se coucher à la fin des kilomètres, va-t-on s’arrêter dans une auberge sur la route, imagina-t-il.

 

Il pensa à Corinne.

 

 

— Hm hm éructa le policier.


05:53 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

28/04/2005

Jeudi

 

Des jeudis, il en a connu des masses, il y a inscrit des a et des o, a rouge, o vert et d’autres entre le cimetière et le château, c’est le long du mur où les premiers baisers fleurissent, elles ne posaient pas la question tu veux ou tu veux pas, on se regardait de travers, parfois on ne se regardait pas. Cela goûtait le réglisse ou le dentifrice des riches.

 

D’autres jeudis ont couché des blés naissants, des amis ont été fauchés par ce qu’ils ne voulaient pas être délocalisés, puis il y eut des jeudis bien durs, rigides, marche au pas soldat, devient fort camarade, le tourbillon des semaines a oublié de compter les jeudis, les billets de banque sont devenus le passeport de l’homme du week-end, esclave hebdomadaire à qui l’on offre un jeudi, tu vois que le patron est chic !

 

Dans sa chaise, sous la pergola, Henri pense que jeudi s’achève, le menu chez Boris était particulièrement délicieux. Ah ! Quand il s’y met, Boris est un chef. C’est beau de penser aux jeudis des autres parce que lui, depuis une éternité, il vit l’éternité, assis sur sa chaise. Il regarde ce jeudi Trenchcoat, le mangeur de chili, le suceur de mégots havane qui tourne une fois de plus lentement, il sait que pour celui-là non plus, il n’y a pas de jeudi de congé, il n’y a pas de premier mai, il n’y a pas de lundi de Pentecôte, d’ailleurs, il n’y a plus de lundi de Pentecôte. Il pleuvine puis soleil éclate, regard à droite, un pas clair sur des hauts talons rares, regard à gauche Ségolène Royal, qu’est ce que je raconte, une Vendéenne que Philippe n’a pas blousée... un peu de pleurs soleil renouveau tout neuf lumière avril se termine.

 

Soupir

Facteur courrier Redoute Yves Rocher Vitrine Magique sélection du reader’s digest, magnifique époque où les Henri reçoivent du courrier. Merci facteur. Un verre ? Le facteur ne boit plus, il pétrole sur une fausse Solex, c’est une blonde. Le facteur est une blonde, Henri soupire.

 

Henri n’a jamais déshabillé de facteur. En–t-il un remord ? Faut-il avoir tout fait ? Il remue un peu dans la chaise.

 

C’est parfois un peu long entre deux tournées, parfois le lendemain il n’y a rien, ou alors une facture. Henri s’en fout. Il ne paie pas ses factures.

C’est curieux que le facteur passe si tard. Parfois Henri se demande si c’est un vrai facteur, comme il sait qu’on se demande s’il s’appelle Henri, s’il est instituteur à la retraite, s’il a été capitaine dans le bled ou espion à l’ Unesco, ou tricard cheminot, syndicaliste véreux, chef de bureau.

 

 

Clac clac clac, d’autres talons, Henri entendait, ne se retournait pas, il savait que c’était une femme d’aujourd’hui, celle-là, comment serait-elle lorsqu’elle passerait dans son champ de vision (10 sur 10 avait dit l’oculiste, c’est bien pour votre âge !) Toutes les mêmes. Peut-être pas toutes, il ferma les yeux à demi pour revoir cette ophtalmologiste souple jeune bien que grisonnante mais il n’y connaissait rien en shampooings colorants. Non, elles ne sont pas toutes les mêmes, les bonnes femmes, pensa Henri, imaginant celle qui claquait de plus en plus près esclave ou princesse grecque, scénario imprécis, qui sait, elle est cette fameuse conquérante Viking, ou encore elle est dans le château de Godefroid au bas moyen âge puis, dans les rues de Paris avec les enfants de la Terreur.

Elle aurait au nombril un anneau, un pin’s un faux diam, et le même à la grosse lèvre, elle ressemblerait à la femme de Charles, la femme de Charles liée à la Maffia de la drogue, cela avait été un papelard qui l’avait rendu célèbre quand il avait été scoupiste.

 

Décidément, cela cogne pensa-t-il tandis que la chanson des talonnettes modulait, elle remontait l’allée qui arrive chez lui, audacieuse, une fortiche, qui mettrait moins de temps pour descendre sa culotte qu'il n'en faut à un beauf pour affirmer que les Arabes faut les balancer à la mer. Avec les pédés, les juifs, les bougnoules, les ritals, les pollacks, les chevelus, les hippies. Ça dépend des beaufs et des époques. Oui, elle aurait son franc-parler.

Redoutable et redoutée, comme la mère de Corinne, surtout dans la famille de papa. Qui ne trouvait rien à dire à ce genre de réplique. Juste à bafouiller que vraiment, il y a des fois où elle exagérait. Dire des trucs comme ça, devant moi, après il ne faudrait pas se demander pourquoi je grandissais si mal etc etc, retour au refrain. Pas si mal puisque j'avais tout de même réussi.

 

Et maintenant j’étais assis et elles venaient à moi.

 

C’est vrai qu’il était bien entouré, Henri, le voisinage en parlait souvent. Un homme de bien qui donne de la monnaie pour les marches parrainées, un gentil qui assiste à la fancy-fair et au chemin de croix, des femmes, certes oui, mais si l’on ne savait rien des étrangères, les autres étaient femmes de notables, la pharmacienne et madame Debeur qui est déjà grand’mère et puis aussi la femme du garagiste, Henri est un bon client, il ne sait pas bricoler, remplacer une bougie, poser une durite, mais c’est très agréable de passer un moment d’après-midi avec lui raconta la belle-fille de l’épicière qui était allée demander conseil pour les études qu’elle voulait entreprendre. Henri savait tant de choses, il était si gentil. Un ancien avocat.

 

Avocat ? Vous croyez ? Non, il a été juge en Afrique.

Juge ? Vous pensez ? Non, il était plutôt administrateur territorial d’après ce que je sais.

Et chacun savait quelque chose d’Henri.

 

Dans un bruit de ferraille qui se disloque, la 403 pétarada, tourna le coin de la rue en perdant son dernier enjoliveur. Un gamin le ramassa pour s’en faire un bouclier. C’était très utile pour finir ce jeudi après-midi.

 

 


05:31 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

27/04/2005

Ce mercredi

KC ? Ah non, s’il vous plaît, non...

D’abord, les cas, cela fait un peu peur, ne dit-on pas K comme Kangourou.

J'aimerais que tu sois un kangourou avec une poche pour que les petits kangourous s'y glissent.

(Virginia Woolf à Violet Dickinson)

En bref, un kangourou, cela saute sur la queue, moi j’ai peur encore plus en pareils cas.

 

Quand je croise par hasard un être d'exception, une voix, une odeur, un regard, des tétons, mes sens s'affolent et mon cœur se fige. Je succombe aussitôt à cette muse callipyge. Je minaude un instant en cherchant le détail ... (CY Young)

 

Non pas qu’elle soit ci ou là mais en réalité parce qu’elle est si ou là.

 

Sioux là, c’est le fameux lointain ouest, celui des grands espaces des immensités.

Comment encore rêver aux immensités pense Henri dans le rocking chair qui pourtant sous la pergola fait très coton belt esclaves noirs et soldats sudistes, Cornelius Ryan, Faulkner, Caldwell, les bayous, le Natchez...

 

Bâton rouge Dallas Fort Alamo l’or la ruée la Californie.

C’est autre chose que l’Europe, la France, les Nazis d’entre les guerres flamandes, les chanteurs qui sentent un peu le vomi.

 

Je viens de fermer la radio en attendant Solange qui doit venir, elle a fini tôt aujourd’hui. J’aime bien quand Solange vient, elle n’allume pas la télévision, j’en ai marre de ces intrus qui pénètrent chez moi, tiens, il y a cinq minutes, sur ce vieux machin super hétérodyne qui fonctionne encore et pour lequel je ne paie pas de taxes (les poulets et les huissiers n’osent plus passer dans mon quartier) l’animateur (sic) a annoncé avec un enthousiasme délirant un tube de Sardou.

Sardou j’aime bien, les Ricains, le rire du sergent, la java bleue, la Paimpolaise et le France, ah ! le France, la France, la France aux Français.

 

Ah. Sardou. Toute une vie de travail en emploi qui décline au son d'une France assez hypocrite et fière d'elle, de Bouvard en RTL, de Kersauson en Sardou. Il a de la voix, ça compte chez les gens du peuple, Chirac le sait.

 

J'ai donc oublié Sardou pendant au moins 15 ans, comme Bedos et Jospin. Je pensais qu’il avait confessé ses erreurs de jeunesse et crac, le miracle sans doute, le premier du paus Benedikt, voilà que j’ai entendu ce Sardoula chanter qu'il aime les Français. Et pas n'importe lesquels, ceux qui se mettent à genoux devant le christ, ceux qui invoquent les droits de l'homme pour tolérer les musulmans.

 

La bassesse. Ce serait un beau titre de chanson la bassesse, cela aurait plus de succès que la solitude sous le pommier à pommes. Quelle mise à prix ?

 

Heureusement, Solange va venir. Le mercredi, c’est son jour. Le mercredi elle n’enseigne pas aux enfants. De mon temps, avant, enfin, après que l’on ait tondu quelques unes, on allait à l’école le mercredi, les congés, ah ! les congés, c’étaient la semaine des quatre jeudis.

 

 


07:06 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

26/04/2005

Qui ?

Quelqu’une est-elle venue ?

 

La famille Onderkaas était installée en France où elle produisait avant la guerre, la grande, celle de 14, de la chicorée et de l’huile de lin. Mais Joseph, le fils de la famille, sentait bien que, face au café de plus en plus populaire, la chicorée n’avait pas d’avenir. Il se lança alors dans les pâtes alimentaires avec un atelier fabriquant du vermicelle à Roulers, en 1921. De France, ils ont gardé des bribes de familles, des cousins et cousines.

 

Alice est une nièce de la famille qui a travaillé avant son mariage dans une administration communale. Elle y a fait ses premiers pas de fonctionnaire future politicienne locale. Un corps de femme chahuté par un farouche désir de rester enfant mais aussi par quelques turbulences liées à ses interrogations, ses peurs, ses fantasmes pour la plupart sexuels. A cheval sur deux statuts, Alice, ses culottes Petit Bateau et son mal de vivre narcissique typiquement ado, s’en va-t-en guerre... Et voici une Alice surprenante, dont la seule idée est de montrer son pubis broussailleux, petit et étroit comme l’esprit de ces collègues fonctionnaires desquelles elle prend ses distances. Pas vraiment dégoûtée, elle s’est bien placée lors d’un concours local mais surtout, elle a rencontré Jean dont elle est tombée amoureuse folle.

Ils sont en « vacances  de pâques tardives» à Fleurville.

 

Jean avait lancé un regard un peu trop appuyé à la belle libraire qui avait un décolleté, enfin une sorte de blouse, une bande de tissus aérien et aéré qui ne cachait rien du tout. La rondeur jumelle et les pointes bien dressées avaient mis en émoi la petite verge de Jean et ça, ça, Alice ne le supporte pas ... (c’est raconté en long et en large dans les histoires de Jean et Alice ou d’Alice et Jean selon que l’on est puissant ou misérable)

 

C’était donc elle qui était passée hier, c’était cela qu’elle était venue me raconter.

Mais il n’y a pas qu’elle qui est passée, dans la rue, en reconduisant Alice à sa voiture, j’ai remarqué la 403 pourrie. Trenchcoat est revenu aussi.

Ça m’a donné des mauvaises pensées, j’ai nettement vu l’invention du docteur Guillotin et j’ai eu des souvenirs scolaires de Charles d’Angleterre, pas celui qui monte Camélia, l’autre, celui que l’ami Oliver Cromwell décapite, personnellement, à Whitehall, le 14 Novembre 1650.

Y penser m’a ouvert des portes comme de lire d’autres mots...

 

Sa jupe très mini, de cotonnade légère s'envolera au moindre courant d'air et quelques heureux consommateurs, assis aux terrasses verront qu'elle a des fossettes sur les fesses   C'est des roses

 

 

Un petit vent aigre traverse l’Ardèche et c’est de ma cache de résistant que je vous téléphone. J’ai enfin pu remonter la batterie au cadmium nickel qui avait défailli et m’empêchait de communiquer avec vous ...

 

 

Tous les matins, une image sur une page imaginée... sauf que l’image est vraie...

http://www.20six.fr/henrilauteur/weblogCategory/5mme0mvh9mjc

 


05:17 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

25/04/2005

Un lundi

 

Lundi matin, le baron, sa femme et ce fameux prince devraient sonner chez moi mais il y a longtemps qu’on ne sonne plus et l’allée elle-même est envahie de mauvaises herbes, d’orties, on ne circule même plus d’ans la contre-allée, les troènes ne sont pas taillés.

 

 

Pauline Jeuris devenue la bienheureuse sœur Amandine est morte pendant la guerre des boxers en Chine en 1900. Deux autres Amandine sont dans le mystère d’Henri, l’une est le premier bébé éprouvette, l’autre Amandine est la fille de Willy Brisons.

 

En 1998, Willy Brisons a prouvé qu’il était bien le roi du tapis vert en Belgique. En effet, c’est alors qu’on apprit que juge bruxellois Jean-Claude Van Espe avait ordonné des perquisitions dans une trentaine de lieux différents du milieu des jeux de hasard. Chez un certain Pierre W., on trouva cinq cent mille francs dissimulés dans des paquets de cigarettes. L’homme disait avoir reçu cet argent de Willy Brisons, qui confirma les faits. Tout deux furent inculpés de corruption et placés en détention préventive.

 

Jean-Pierre W. était un haut fonctionnaire du ministère des Finances, où il était chargé de préparer un projet de loi sur les jeux de hasard. Brisons, qui tâte aussi de la politique au sein des libéraux flamands, est à la tête de toute une série de sociétés. Ainsi, il a deux mandats de président, treize mandats d’administrateur délégué, sept d’administrateur et sept de directeur. Parmi ses principales socié­tés, épinglons Flanders lnvestment Company (FICO) et Euroautomat. Il est également actif dans l’horeca, où il propose des crédits par le biais de sa société Beroepskrediet. Henri aurait-il vendu des automates et des jackpots pour lui en 1968.

 

Amandine a une jumelle Clémentine et une sœur un peu plus jeune nommée Églantine.

Laquelle des trois passera ce matin ?

 

A moins que ?

Céline ?


06:31 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (5) |  Facebook |

23/04/2005

Trudy

 

— J’ai toujours aimé découvrir les petits sujets, annonce Henri à la jolie qui le pilote dans la toute nouvelle bibliothèque municipale.

— Vous avez eu une vie d’aventures n’est-ce pas, répond celle-ci

— Oh, pas vraiment, dit Henri en souriant, l’aventure c’est un grand mot n’est-ce pas.

— Oui, mais vous pourriez raconter tant de choses

— Oh, qui intéresseraient-elles ? Parler dans le vide étant bien la pire des choses pour un auteur...

 

Henri ferma les yeux. Il était ailleurs, il était debout. Vivre debout ! N’était-ce pas une chanson de Brel ? La pièce était immense, elle semblait lui rappeler un autre monde, Margot, la Seine, la Tour, Paris ? Des centaines, des milliers de livres. Senlis ? Chantilly ? Y-avait-il ici un château autrefois ? Plusieurs livres étaient présents en plusieurs exemplaires, d’éditions différentes, mêlés sans ordre. Henri se dit qu'il était au coeur d'une sorte de bibliothèque idéale. Où que la main se tende, elle touchait un cuir, une reliure, un éclat de génie. A part les murs couverts d’ouvrages dans des boiseries luxueuses, il n’y avait dans la salle aucun mobilier.

Il marcha.

 

C’est formidable de marcher ici, pensa-t-il. Il se rendit à une porte qui ouvrait sur une pièce encombrée d’une armoire normande, un lit à baldaquin.

Les portes de l’armoire étaient disjointes et il était tentant de les tirer, ouvrir une vue sur un trésor de robes de soies riches, de parures.

Henri plongea les mains dans les étoffes, se retourna vers le lit.

 

— Vous rêvez , dit-elle, poussant Henri dans le couloir 3 bis, allée 4 face aux rayons contenant les auteurs dont elle voulait lui parler, ceux que l’on avait lu dans les trains, en partant au travail le matin, en revenant fatigués du soir, en s’échappant en vacances, lits de sable, mer, montagne de cailloux, dame de haute Savoie et celle aux camélias, des mondes de livres, de femmes en toutes tenues même nues et d’autres chiourmes folcoches marâtres sorcières, elle vit Henri frissonner.

 

— Des putains de pogo d'enfer au Gaity à Lens, wwouuaaaaf, j'ai soif, un autre demi, c'est 25, poum t'en mettras quatre avant la new wave.

— Décidément oui, vous n’êtes pas avec moi dit la dame à Henri, qui soudain de profil crocheta sa robe.

 

— Une robe, dit-il, c’est comme un cadeau, c’est une surprise en ces temps d’emballage total et hygiéniquement proposé sous vide, à quand les cellophanes aseptiques pour la gent féminine ?

— Ttt, murmura-t-elle, nous sommes venus pour choisir des ouvrages, nous en avons parlé en sortant de chez Boris, vous avez oublié, dit-elle, manoeuvrant subrepticement pour être hors de portée des griffes du mâle.

 

Elle lui montra Docile mais il répondit que c’était dans sa vie, qu’il avait aimé Trudy, il parlait à Trudy derrière, dans la réserve, où il la regardait déplacer des piles de vieux livres pleins de poussière entre les fardes de cigarettes de contrebande, les cahiers d’écolier et des règles en plastique. En plastique. Trudy ne se doutait pas de la gloire que Tex était en train de lui préparer.

A cet âge-là, il n’y avait rien à espérer d'elle que des joies clandestines mineures, des regards coulisses, des seins entraperçus.

Elle est traductrice à l’Unesco, dit Henri, oubliant que la jeune dame qu’il regardait ne savait rien de Trudy, des jambes de Trudy, de la queue de cheval de Trudy, des mains de Trudy un samedi matin d’avril, Tex était en voyage ....

 

Non, Henri, ce matin-là, n’avait pas pensé au rasoir à acheter dans un de ces drugstores de l'ouest où l'on vend de tout.

 

 


07:52 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |