30/09/2004

Elle avait donc vendu le magasin de vieilleries écrites qui

Elle avait donc vendu le magasin de vieilleries écrites qui avait fait notre bonheur autrefois et était devenue chargée de mission pour je ne sais quel organisme mystérieux, les femmes aiment le mystère.

J’étais quant à moi sur le qui-vive, ancien de Télévision Un et pas encore reporter nouveau, plus ou moins « free lance » comme on dit maintenant, pour plusieurs recruteurs d’académiciens.

Rentrée, Céline parla de son car, je compris ensuite qu’il s’agissait de Soccar, si c’était ce à quoi je pense, cela voulait dire que réellement Céline jouait désormais dans la cour des grands mais savait-elle qu’on s’y fait mal, Soccar est le nom du service public azerbaïdjanais chargé d’exploiter les ressources énergétiques de ce pays.

Céline était donc devenue une sorte de fiancée en voyage, une Louise, une Loïs Lane, devenue, à ma fréquentation et à celle, je le sus plus tard, de Guy Bourdon, une journaliste de première force, elle faisait effectivement irrésistiblement penser à Loïs, l’éternelle fiancée de Clark Kent appointée par le Daily express, qui sait qu’elle est aussi une espionne économique retorse dont la puissance sexuelle m’a franchement épaté. Loïs Lane alias Terri Hacher alias Paris Carver a fait l’amour avec James Bond dans un hôtel de Hambourg et avec Richard Simple dans une autre ville allemande, j’ai fait comme eux, plus simplement dans une chambre du penthouse que nous avons loué à Kleinburg, hier soir, elle est parfaite.

Les Américains lui ont même refait une virginité, elle a un beau passeport à l’aigle chauve de l’oncle Sam, née de père inconnu à Springfield, Ohio.

Elle a l‘âge indéfinissable des personnages éternels des feuilletons xianesques, ceux qui font frémir Berose qui y voit sans cesse de nouveaux hommes noirs, des Akpallus, des échappés de Rosswell.


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29/09/2004

Elle a trouvé un travail

Il paraît qu’aujourd’hui, c’est comme cela, mais c’était ainsi avant, je peux en jurer, enfin, si avant c’était hier, parce qu’avant-hier, bien sûr, je n’étais pas né. Donc pour le moment, elle s’est cherchée un job, , mieux une mission. Un instant j’ai cru qu’elle allait entrer en petites sandales et robe de bure mais un deuxième coup de fil m’a rassuré, elle restait femme de son siècle, elle allait faire un peu les magasins cet après-midi.

Alors que je reste perdu dans mes pensées, des rêves, des questionnements sur l’avenir, des réflexions sur le passé, les femmes et les hypocrites décrochent les boulots à 100.000 euros plus le treizième mois, les avantages sociaux et en nature, voiture de société, téléphone portable et mobilité permise.

J’ai pensé à Mélanie que j’avais connu quand elle était une jolie secrétaire, poste important, travaillant chez Polydor, emploi quitté pour un job plus sérieux, pensa-t-elle après avoir écouté les nouvelles qui faisaient mal au cœur. Le sifflement du poste de radio cessa brusquement mais au lieu de la musique attendue on entendit une voix de speakerine annoncer les bourdes habituelles, il fait beau demain, Winston Churchill est assez faible, la guerre de Corée s'oriente vers un armistice satisfaisant, un bateau est en perdition au large de Terre-Neuve. Elle fut donc distraitement engagée chez Universal Export dont tout un chacun sais que la bonne place est déjà prise par Monneypenny ?  Elle alla travailler un moment au bord du Nil, à Omdurman, ville du Soudan, en face de Khartoum; 300000 habitants en un temps que les blancs d'aujourd'hui ne peuvent pas connaître. Le Mahdi (Muhammad Ahmad) en avait fait sa capitale, en 1884. Lord Kitchener la reprit, en 1898, à son successeur Abd Allah. Mélanie apprit ainsi le Bahr el Ghazal et le Darfour avant que les médias ne s’en emparent.

— J'ai un document sensible à transmettre m’avait-elle dit, je devrais le relire, le photocopier et l'envoyer par porteur, mais je préfère m'en débarrasser tout de suite.

— Je dois avoir de grandes enveloppes brunes dans le compartiment gauche du secrétaire, avais-je répondu, cela s’était bien déroulé, j’ai posé du papier gommé pour sceller l’enveloppe puis nous avons conversé de l’Afrique, des missions humanitaires et de choses de moindres importances, un moment sa culotte fit obstacle mais j’avais moi-même, déjà, une certaine expérience de l’Afrique, et des secrétaires, ce qui fit que nous nous retrouvâmes au petit déjeuner du Shératon, elle en partance, moi en attente de Céline qui landait sur le tarmac et allait débouler de la gate cent huit, deux kilomètres de trottoirs roulants, elle arrive, ai-je bien nettoyé les cendriers, refermé le tiroir du secrétaire, utilisé la carte de crédit réservée à mes frais de voyage ?

  • En 1938, Hitler signe les accords de Munich ! (On en parle peut être d’ici quelques jours chez Domino)

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28/09/2004

Il y a tant de loups qui rodent

 

 

Ainsi donc, il a eu le culot de ne pas venir, me poser un lapin, à moi ! Un lapin. Pour qui se prend-il ? Ne sait-il pas que la politesse est l’exactitude des rois ou un truc à l’avenant. J’aime bien citationner, ça leur en met plein la vue, ça leur évite de penser que je ne suis là que pour montrer des bouts de peaux et des courbes. Parce que faire mon nouveau métier, c’est surtout cela, montrer une cambrure, laisser deviner une gorge.

 

Et on dit que le monde change et que les choses évoluent...

 

Évidemment, on aurait pu me dire que peut-être il était malade, accidenté, empêché, mal parqué, j’aurais pu penser à lui avant de me morfondre, voire même qu’un malin loup de Gubio était à la base de tant et tant de malentendus.

 

Ah les loups ! Ce soir, ils organisent une pegoulado à deux pas du centre culturel, comme une sorte de contre manifestation, je vais y aller. Je serai seule, tant qu’à faire, des loups, il y en tant et tant qui rodent.

Elle téléphona à Martine pour dire que son contact n’était pas venu, qu’elle allait rentrer, qu’Henri peut-être saurait quelque chose, on dit toujours qu’il sait tout.

— Ne mêle pas Henri à cela, répondit Martine.

 

A huit heures, l’ambassadeur américain regagna sa résidence pour se changer. Il était invité à un dîner regroupant les principaux économistes européens, pour, une fois de plus, les rassurer sur le yo-yo dollar, les profits pétroliers stables et la guerre en Irak. C’est au café, sur le coup d’onze heures du soir, heure à laquelle Melchior et le juif sortaient de leur sommeil comateux, qu’il croisa D’Avignon. Le banquier avait l’air absorbé. L’ambassadeur lui prit le coude et l’emmena à l’écart :

— Les choses ne sont pas faciles, semble-t-il ?

Le financier lui lança un regard méfiant.

— Baluba est en route pour Genève, mais le Département d’État est suffisamment inquiet pour m~avoir mis dans la confidence, précisa l’ambassadeur. Ne loupez pas nos amis, mon ami ! Ils doivent disparaître cette nuit. Imaginez que Poutine s’en mêle, ce serait la fin de tout.

D’Avignon grogna :

— Ils ne sortiront pas vivants de l’hôtel, je vous l’assure, mais ce n’est pas ici le lieu pour en parler, les mûres et mêmes les plus jeunes ont des oreilles. La croisière noire doit rester hors de l’actualité. Tiens, changeons de sujet, le saviez-vous, selon une étude menée par des scientifiques hongrois, les grands utilisateurs de téléphones GSM auraient 30% de spermatozoïdes en moins !

On allait pouvoir lire cela chez Nemo dans la journée.

 

 

Étais-je repérée ?  bah, j’avais tout de même appris quelque chose, j’allais le dire à Henri malgré la réticence de Martine.


05:12 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

27/09/2004

Solitude

 

Retour à la futilité, à la fraîcheur

Sait-on jamais où les vents nous mènent ?
Clap ! Clap ! Clap !

Je m’ casse

 

Le message chiffré était clair.

Il ne devait pas l’être autant que cela puisqu’il semble que j’aie raté le rendez-vous, passant peut-être à ses yeux pour un marlou, un loubard, un double inconstant.

 

 

Tant pis ou tant mieux, il est toujours compliqué d’écrire, plus encore de lire mais alors quand on songe que le lecteur ne lit pas ce que l’auteur a écrit, on n’en sort plus !

 

C’est pour cela que j’ai passé l’heure de l’apéritif seul à lire la presse économique, c’est encore la seule qui est écrite en un langage acceptable. Je n’étais pas à mon deuxième Dubonnet à attendre, je n’attendais pas, il me semblait que j’avais pensé qu’il fallait conclure que je n’attende pas, que l’on ne viendrait pas.

 

J’m casse, ne voulait pas dire à mon sens autre chose que va te faire foutre...

 

Hors donc, le bistrot me plaisant, jouxtant un mien stampkafeï face à la rue du relais, je m’y suis tout de même assis. Personne ne devait venir troubler mon apéro. J’avais acheté une gazette écrite (à la différence d’un journal parlé qui vous vend n’importe quoi mais que vous ne pouvez acheter).

 

Je sirote, je tremblotte. Je suis troublé, c’est un fait.

Tout l’avenir semble compromis, les socialistes enragent de défendre des entreprises privées qui murmurent délocalisation et autres chansons paillardes. En lisant la presse d’été c'était l'embellie, les marchés s'envolaient, la bourse enflait, et le pétrole stagnait, on en retrouvait, on n’allait pas en manquer. Sans parler des valeurs pharmaceutiques, des biotechnologies, de l'avenir des éoliennes à gaz, du plein-emploi.

 

La rentrée est passée sur tout cela comme la pluie d’automne sur mon rendez-vous, rasibus, on revoit tout à la baisse, mes actions s'écroulent, c'est la débandade, on décapite, on explose on prie dieu. On ne sait plus à quel saint se vouer.

Il s'agit bien de seins n’est ce pas, des beaux, des gros des siliconés, des qu’on croit et qu’on ne voit pas vraiment, qu’est ce que les gazettes peuvent en faire accroire ! L’état annoncerait des postes de travail à ne plus pouvoir prendre congé des années durant, les avions vont voler jour et nuit sans même prendre la peine de décoller ou d’atterrir.

Ce que racontent les spécialistes de l'avenir, c'est du vent, de l'illusion. On n'en sait rien. Tout ce dont on est sûr, c'est que ça va continuer comme ça, et que des seins on n’en saura pas grand-chose de plus quand on est un homme comme moi, peu observateur, se contentant de ce qui vient.

 

Justement !

Celle-là est entrée en se déhanchant comme si j’étais Jean-Paul Gauthier, et des seins, elle en avait, elle les montrait, d’ailleurs Ahmed qui prenait le thé au comptoir hoqueta.

— Bonjour, dit la mignonne, je cherche mon chemin.

 

Elle aurait chanté qu’elle cherchait fortune tout au long n’aurait pas déridé Momo. Momo, c’est Maurice, un bleu du quartier qui exilé du pont du Germoir n’en revenait pas d’avoir une clientèle plus chic, plus smart, voire même des égarés qui venaient prendre un pot le samedi après-midi après avoir été fleurir la tombe de bonne-maman qui nous a laissé un poêle à charbon et un armoise normande et qui repose dieu ait son âme. Ai-je dit que le café du coin n’était pas loin du rond point, giratoire sur lequel s’ouvrait grande la grille d’entrée du cimetière.

 

Dommage que ce ne soit pas la mienne, ai-je imaginé. Blonde fatale et bien portante, un soleil.

Un matin, on se lèvera : l’euro vaudra deux dollars et demi, et le soir, après une crise s’annoncera un lendemain plein-emploi, et la blonde allongée sur la courtepointe.

Demain, ce sera n'importe quoi qui n’arrive pas toujours, la blonde nue sous le drap léger, ombres et lumières, tout est dans le regard, pourquoi se jeter dessus comme un affamé, les temps ont changé, je chausse mes charentaises tandis qu’elle observe et je m’assieds dans le fauteuil, cliquant sur la télécommande qui va m’ouvrir le nirvana.

 

Non mais ! Que croient-elles donc ?

 


14:38 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

26/09/2004

Elle est dans ce pub.

Elle est dans ce pub. Elle est non loin du comptoir, tee-shirt justaucorps, pas de soutif, elle n'aime pas se sentir enfermée, alors mini skirt et jambes un peu folles, un pub, pourquoi lui-a-t-on flanqué ce nom ridicule, la taulière a jamais dû aller chez les Engliches, un pub, c’est distingué, chaud de transpiration et de ale surie. Le Gothic Pub, une baragouinerie, ce n’est qu’un café, un bistrot, un caboulot de quartier, une télévision sur un plateau mobile pour l’orienter vers les ouvriers qui viennent manger des frites et des saucisses grasses. Toujours dans la lune, Céline ! entrée par hasard qui paraît-il n’existe pas, un coude sur le comptoir, l’avant bras levé soutenant un vase à bulles. C’est crade, le verre a pas dû être ariélisé. Z’ont l’colback qui colle au glass ici. Un souffle, frôlement, y a pas assez de place pour circuler ou quoi ? C’est quoi c’te colle ?

 

Regard miroir, entre les verres, myopie de circonstance, plissement ridule patte d’oie, c’est quoi c’te gonze ? Faut que j’pisse, que je me désole, pourquoi j’suis entrée ici ?

 

Mais c’est quoi, ça, e’m’drague ou quoi ? Que les femmes acquièrent les privilèges des hommes, ça ne me semblait pas le plus intéressant. Moi, les hommes me faisaient un peu pitié. Je n’étais pas sûre que leur sort soit si enviable que cela. Je les voyais obligés d’être toujours performants, enchaînés à la réussite professionnelle à tout prix, ça, je l’avais lu dans Gala, une interview canon d’une nouvelle écrivassière. C’est où la toilette, j’d’mande à un Gustave planté au milieu du jeu de quille, gesticulant de vindicte sarkozienne.

 

— A gauche toute poupée, et bonne branle !

— L’est dingue ou quoi, pourquoi y m’dit ça ?

 

Souffle mots mal entendus, avance donc, Céline se dirige vers la petite porte vitrée à gauche. Y a la plaquette émaillée : Toilettes, c’est là, ça s’ouvre en soulevant un loquet comme dans les porcheries d’avant la grande guerre, corridor vert kaki, sale, carreaux de faux marbre, tuyaux, flèche, hommes, pourquoi les hommes d’abord, coup d’œil, et de nez, ça schlingue, un machin en tôle un mètre de long avec une sorte de gouttière y suspendue, un bout de tuyau, tout à l’égout, ça pue vraiment, on la pousse, c’est la grosse, ben qu’elle passe, on peut pas le corridor est trop étroit.

 

Ben quoi, moi aussi je peux sortir, où il est allé l’Henri durant deux jours ?

Et deux nuits ?

 

-- A quoi on joue là ? T'es bi toi ? Regarde c'est écrit là !  (NDLR : pour la bonne règle, faudrait qu’un lien établisse un droit d’auteur, que le lecteur sache que les filles ne sont pas toutes gouines, que la mode est à l’uniforme mais que l’individualisme gagne du terrain, enfin, que Céline déraille, qu’elle est en train, que voilà, c’est un transport commun, un coup de foudre un coup de fouet que des fois

comme ça

 ça se fait

oui, ben quoi

ça se fait.)

 

 

Deviens-tu bisexuelle comme disent les spécialistes ?

-- Pas que je sache...
-- Ah !

Elle se retrouvent toutes les deux dans les toilettes DAMES. Au-delà d’une porte disjointe et repeinte (au moins huit fois), une pièce éclairée par une verrière sustendue, couverte de mousses et autres algues verdâtres où un vieux truc en faïence grise se fait passer pour un lavabo, un lave mains, un on ne sait quoi surplombé d’un robinet s’égouttant. Une porte style Far-West saloon pour qu’on voit les jambes de celle qui est assise et qu’on puisse ouvrir la porte en criant coucou (style gai) ou en défouraillant sec, quatre bastos de quarante-cinq en une fraction de seconde, tir groupé sur la duchesse.

 

Elle a décidé de jeter sa culotte par-dessus les moulins, il faut bien s’y mettre un jour n’est-ce pas Henri.

Dos à l’évier, elle lance, agressive au bonbon rose qui lui fait face : Alors, on prélimine ou on élimine ?

 

Il n’y a pas de mot, la porte pourrait s’ouvrir, les sons portent, on entend Julio Iglésias qui se répand, une auto s’arrête dans la rue, c’est la rue de l’autre côté de cette basse-cour, la pluie commence à crépiter sur la toiture en verre.

 

 

On aurait pu commencer de dos, fioriturer, se coller peau à peau glisser des paluches, et le temps dans tout ça, on n’a pas le temps, on ne prend pas le temps.

 

Elle se laisse faire, laisse aller, laisse courir. Y aurait pas Iglésias, elle fermerait les yeux, mais celui-là, non, elle ne peut pas, t’imagines qu’il sorte de son haut-parleur, que le v’la, cata, Iglésias, t’imagines !

 

Zieux dans les yeux, puis haussement de sourcils, relever le bassin, laisser se tirebouchonner la jupette, des mains, élastique, culotte (faut pas rêver, avec une minijupe, la culotte, c’est obligatoire surtout si tu prends les transports en commun, sinon tu colles à la banquette), soie, glissement, se rejeter en arrière, se cambrer, écarter encore les cuisses, écarteler, va pas tenir le lavabo.

 

Imagine l’autre, là qui s’avance, regard par-dessus les tifs, elle a des pellicules.

Elle se pousse se cogne le pubis au rebord de l’émail, elles s'embrassent à pleine bouche.

 

 

Elle, l'autre, abandonne sa bouche, fait glisser ses lèvres sur son cou, pendant que ses mains font remonter le tee-shirt, puis descend jusqu'aux seins, la conne, on s’en fout, là, ça presse, je plaque mes mains sur sa tête, je la pousse vers le bas.

Elle a compris, elle est là pour tout comprendre, elle passe sa vie dans ce bistrot.

Là, elle, l'autre, passe sa langue à l'intérieur des cuisses de Céline, puis sa langue fouille son sexe.

 

"Pardon !", dit une femme qui vient de pousser la porte. Sans doute voulait-elle dire ‘scuse, y a rien à pardonner, le grand western s’achève, les grands manteaux se rabattent, l’image s’envole d’un équilibre précaire et un peu salace, une expérience ... ?

 

Une expérience couchée sur le papier, papier gras papier monnaie tout s’achète et tout se vend, retraverser le café, c’est une brasserie comme cinq mille autres entre Berlin et Madrid, les loufiats s’activent, des minettes gloussent, un coca light demande le petit gros qui mange un hamburger, a-t-il envie de cette femme qui passe rapidement, les vêtements un peu en bataille, pressée, une dame pressée.

— Un citron pressé à la trois, crie le garçon.

— Garçon !

 

Yves se retourne, il sait maintenant la vie, trois jours déjà qu’il bosse ici, donc c’était vrai pense-t-il en avalant sa salive, on peut encore siffler les chiens et crier Garçon !

C’est pas malin.

Et ça console de rien.

 

 

 

 


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25/09/2004

Vendredi, samedi.

J’ai raccroché songeur.

Il m’a dit «  Tu es un peu Tintin, non ? »

— Si.

— Alors Tintin n’a jamais peur, n’est-ce pas ?

— Euh,... non.

— Alors ?

 

Alors, c’est vrai, au diable ces phobies, jetons nos écharpes par-dessus les moulins, tintinabulons !

Tout en restant prudent, ce n’est pas à mon âge que l’on chope la grippe, ce serait bête puisque Pfizer et Roche ne cessent de vouloir ma bonne santé : « Vaccine-toi ! » m’a-t-on redit cent fois ; j’enfile donc ma canadienne, l’hiver arrive tout de même et être aventurier n’est pas courir à l’aveuglette, nu comme un ver sans diplôme sous la dent.

 

Oui mais voilà, cet ami de bon conseil a-t-il pensé à tout ? Peut-on quitter présent et passé et entrer cœur joyeux dans l’avenir ? Déjà, on ne peut se sustenter de l’air du temps, d’un faisceau de preuves alimentaires, de bonnes intentions contre l’obésité, il faut un peu de sous pour le resto du cœur et s’accommoder d’une vie simple au cœur d’une société où chaque joueur empoche allègrement millions d’euros, centaines de cadeaux... La redoutable armée du pape venait encore ce matin même (ceci a été rédigé un vendredi qui chez nous n’est pas plus férié que maigre), de me faire savoir que j’avais gagné, que mon nom était le seul à participer au tirage, que la maison de mes rêves avec piscine eau chaude et bidet était comme à moi si je commandais un tee-shirt, une série de casseroles pour les moules ou encore une armoire à linge en véritable bois d’arbre stratifié à odeur de pivoine.

 

J’ai donc dit comme il est d’usage :

— Céline ?

— Oui.

— Je descends chercher des cigarettes.

 

Et déjà dans l’escalier j’étais sur le canasson de Marlboro et de mademoiselle M réunis dont la passion pour la gent équidée est bien connue de tout un chacun.

Subrepticement, je monte dans la C3 immatriculée au grand duché de Luxembourg qui est moins cher à cause des banques et du grand duc, fatalement.

Chapeaux de roues (et même enjoliveur en fuite), où me réfugier un moment pour décompresser, évaporer, sangloter, je n’avais pas eu bonheur à retrouver Céline mouillée dans une affaire politique, la rédac'chef avait pisté mon gentil spécial mignon, (pourtant un simple Nokia sans fioriture), où est-il, je fouille la boîte à gants.

 

Pas de gants !

Non, je cherche le téléphone portable, qu’ai-je fait de ce mouchard, ah ! il est resté à l’appart, impec.

Crissement, juron, visage furibard crachotant sur le pare-brise, j’ai manqué renverser un bon monsieur bourgeois et son attaché-case.

 

Prudence, où vais-je, ah ! Thomas... Thomas pourra me recevoir.

Il a pu et même il y avait chez Thomas une Évelyne qui ouvrit la porte vêtue d’un petit tablier de soubrette de théâtre.

— Tu répètes dis-je à la ronde

— On relooke me dit la blonde, on a décidé de faire les soixante.

 

La décoration avait déjà fait son œuvre, sur des étagères dessinées par un Franquin ivre tremblaient des pin-up de plastique aux couleurs criardes, zizagant entre des Dinkytoys et des Matchbox, (comme je me demandais, en bon élève s’il faut écrire Matchboxes, le correcteur fou de rage tira un trait sous mon zizagant et le transforma en zigounette, il ne faudra plus me laisser dire que je ne pense qu’à ça, Billie aussi, comme Félicie).

 

Entre un fauteuil en skaï vert choisi par Tati pour poser son oncle et un très joli canapé aux pieds tordus, un mange-disque Teppaz hoquetait des scoubidous bidous ha, perché sur une pile de Buck Danny ; un Marsupilami en latex se balançait au gré d’un courant d’air. Baisse un peu l’abat-jour, dis-je à Thomas, ajoutant : Tu ne me présentes pas ?

 

— Heureux de te revoir, j’en oublie les bons usages de maître de céans, Poutchou viens voir qui est là, c’est Henri.

Poutchou interrogea quelque chose du genre on le connaît, je ne le connais pas.

— Poutchou, je t’ai déjà parlé de lui, c’est Henri.

— Henri ! Le voyage. Maurice Béjart.

 

— Ce n’est pas moi, dis-je un peu confus, bien que je vous aurais engagée comme danseuse sitôt vue.

 

Petit entrechat en arrière, petit fléchissement de jambe, appelle-moi Évelyne comme tout le monde, pas de voussoiement entre nous, les amis de Thomas sont mes amis.

— D’aquin.

— Taquin ? Elle fronça le sourcil et me tournant le dos s’en alla vers la pièce d’à-côté, autrefois la chambre bibliothèque salon de Thomas.

 

Dans le coin, des Tintin, l’Araignée de Raymond Jean de Kremer, est-ce de Jean Ray ? une pile de faux disques d’or de Johnny, un balais Swiftien, des cassettes vidéos, deux nains de jardin sans jardin... aux murs, des photos, des photos, des photos, Thomas photographiait tout depuis des lustres, des lampadaires, des femmes nues, de préférence, mais des peu habillées aussi, Thomas était resté sexe salsa et sport, il avait d’ailleurs l’air d’être à peine rentré d’une croisière en Atlantique, d’un périple autour de l’Anaconda ou encore de trois fois et demi le tour du cercle de Bruges.

— A quoi tu penses, mon vieux frère ?

 

Thomas s’était approché et avait posé la main sur mon épaule.

 

Je n’ai pas eu le temps de répondre, le timbre de la sonnerie de la porte d’entrée résonna dans mon dos et dans ma tête, je tressaillis.

Jean Claude, pensai-je, idiot, Céline me dis-je, m’enfin, je suis parti au hasard, non, pas la rédac'chef !

Évelyne retraversa le living et alla ouvrir.

 

C’était Pizza Yolo. Un jeune, habillé en rouge fluo avec plein de cheveux tirebouchonnés comme un rastafari, il suivit la fille jusqu’à la kitchenette dont la porte s’ouvrait sur notre gauche.

— Où la mets-je, hurla-t-il !

— Pas la plaine de gueuler, dit Thomas

— Il a un walkman, dit Évelyne

— Comment ne pas te mettre si tu te penches pour ouvrir le four, osé-je.

— Poutchou, dis-lui de débrancher ça sinon on ne le paye pas, éructa Tom.

 

— Ho Ho ! hurla le garçon, il ne fonctionne plus, c’est merdique pour venir chez vous ! J’ai pris le rond point de la rue de Visé dans le rétro, j’ai enfouraillé le scooter sur le panneau « attention aux piétons », heureusement j’ai rien, pas un hématome, merci de vous informer, c’est huit euros sans le pourliche et pas la peine d’en faire un plat des gonzesses à poil et des partouzard, dans le métier, on est blindé.

 

— Tant mieux, admit Poutchou, qui pensait aux bleus que le gamin ne s’était pas fait — et elle monta d’un ton pour ajouter que c’est pas la peine d’aboyer, on vous entend très bien !

— Pas ma faute, m’dame, j’suis devenu sourd, j’ai bossé comme apprenti dans une chaudronnerie avant d’être dans l’Horeca !

 

Évelyne le repoussa lui glissant un billet de dix, elle le raccompagna jusqu’à l’ascenseur.

— Remets ton casque, ne roule pas trop vite et rentre au dépôt directement ! Tiens, v’là qu’il pleut maintenant.

 

Nous avons mangé la pizza tous les trois parlant de ce temps qui ne fut qu’un printemps sans été sans automne sans arrière-saison, un moment d’entre deux, d’entre eux, les ceussent qui avaient fait la dernière guerre et les ceux-là qui n’en feraient plus jamais.

 

 

 

Évelyne fit tomber son petit tablier blanc festonné, ôta son slip, il n’y avait rien d’autre, et elle s’étendit en soupirant sur un transat où déjà s’étendait une Minnie grandeur nature (ou Daisy Duck, je les confonds toujours !), elle avait des seins volumineux et bien portants, ses jambes étaient de longueur extraordinaire, son ventre était plat poli comme celui des statues que l’on voit dans les musées praxitèliens où des générations d’étudiants viennent passer la main.

 

 

Évelyne n’avait pas le poids des ans mais la conscience tranquille et de jolis seins à regarder, elle s’endormit doucement tandis que Thomas me soutenait que non, bien sûr que non, je n’étais pas Tintin. Pas même un peu, Tintin, c’est un belge, comme Merckx et Brel, tu ne parles pas comme ça toi, me dit-il.

 

— Je ne sais pas.

— Tu vois, c’est le spleen fieu, à ton âge on a toujours un peu de spleen.

— Quand le ciel bas et lourd pèse comme un couvercle, affirmai-je.

— On se renouvelle tous un jour, on renaît phénix, regarde la plaque émaillée, on peut y lire Banania, ça peut vouloir dire cacao instantané mais aussi colonialisme, libération des esclaves, marché libre, voyages, photos, en ce temps-là, fallait des mille et des mille pour se payer un Zeiss Ikon avec optique 55 reflex.

 

Tintin, non, c’est sûr monologuai-je, tu ne me vois pas en commis voyageur des valeurs catholico-occidentales, déballant à l’envi ma bonne conscience caritative, ma bonne foi civilisatrice, tout le savoir de mes livres d’instituteur de village.

 

Je ne suis pas certain d’avoir passé la nuit à boire et à parler, avaient-ils les moyens de me faire parler.

 

 

 

La fille que je suivais s'est déshabillée, ne conservant que sa culotte blanche, ses chaussettes et ses chaussures de tennis qui ne venaient pas du Goum.

 

J'ai su plus tard qu'elle s'appelait Aïda, qu'elle était d'origine espagnole vivant à Moscou, militante communiste, elle suivait des cours à l'institut Lénine, elle payait son logement au-dessus d'une auberge en y servant les verres et les plats à certaines heures. Et elle aussi portait à sa petite ceinture dorée, une petite clé très découpée qui ouvrait une serrure dorée sur la porte en faux palissandre qui se trouvait à côté de l’entrée des toilettes « hommes ». L’accès à un cercle très privé pour officiers supérieurs du KGB.

 

C’est en venant ici, pour la première fois, qu’elle a été conquise par « un besoin de communisme », alors entre l’institut Lénine et le retour programmé en Espagne, elle s’est initiée à des jeux orgiaques qu’elle a découvert avec intérêt.

Après le communisme, l’orgie est un besoin russe naturel, lui a-t-on murmuré. On a bien vu que les vrais civilisés se livrent à l’orgie toutes les fois qu’ils le peuvent, en disent les adeptes en soulignant comme témoignage la coutume des seigneurs de Moscou qui se faisaient servir dans des appartements souterrains par des Géorgiennes toutes nues; les honnêtes femmes de nos capitales aiment assez ce genre de divertissement ajoutent-ils de même que les filles de nos innocentes campagnes. Toutes les coteries inclinent fortement à l’orgie et j’ai été plus d’une fois étonné en rendant visite à des amis slaves où se font des rassemblements secrets, de femmes qui n’étaient pudibondes qu’en apparence. Quelquefois j’y ai assisté, toujours surpris de la facilité qu’ont les femmes à oublier subitement toutes ces lignes de conduite morale qu’elles observent si régulièrement en public.

 

 

Je ne peux pas être Tintin. Jamais il ne se serait répandu avec fille aux seins lourds, même d’origine espagnole, il ne se payais que la Castafiore, comme étrangère, et encore, avec pianiste.

 

Samedi. Pour traverser les apparences visibles, il faut revenir aux déterminants économiques et sociaux réels des innombrables atteintes à la liberté de l’individu, à sa lutte légitime pour le bonheur et l’auto accomplissement, atteintes portées non seulement par les contraintes impitoyables sur le marché du travail et du logement, mais aussi par les jugements dans le secteur de la formation ou par les sanctions ouvertes ou les attaques sournoises dans la vie professionnelle. Sûr que Tintin n’a pas parlé comme cela.

 

Ah oui, ma reconversion, bon sang c’est bien sûr, il fallait que j’arrive chez Addeco ou Never more, je ne sais plus, le premier arrivé a gagné.

 

Les locaux sont définitivement javélisés, le personnel uniquement souriant, je vis des minutes de bonheur qui font que j'y crois, j’y suis, j’en suis, ils m’acceptent parmi les leurs, je ne suis plus un paria, un rêveur.

Le consultant arrive, il fait bien son métier, il va me poser des questions, ça va fuser, il va noter, j’aurai des notes, une bonne note.

 

— Présentez-vous.

Serait- il capitaine de compagnie, adjudant de servie, si sympathique ? dents Colgate, rasage au plus près quatre Wilkinson au moins. J'essaye de faire sérieux. Chemise repassée, cravate cadre supérieur un peu usée, mains calmes, regard direct, je dérape pourtant, je parle déjà trop de moi, le type comprend vite qu'il a à faire à l'un de ces guignols qui s'écoutent à défaut d'un public de croyants.

 

— Que pensez-vous de votre cv ?

Piégé, c’est un malin, il recrute des zombies, c’est certain, il a bien vu que je ne pensais qu’aux femmes, et encore, les fesses, les seins, faut-il penser à autre chose, comment que la terre tourne et tout ça, hier Evelyne et Tom, ah, oui, c’est une piste, et si je lui disais que je suis Tintin.

 

Il est vraiment sympathique ce chief-recruiter. Il continue à discourir, je caffouille, je déraille, j’embourbe, je parenthèse, je divague, je glougloute, j’entreguillemets, je me parle. Il recadre, il me demande si je rédige aussi bien. Il fait bien son boulot. Il m’écrira, un de plus.

 

Fin d’après-midi, samedi, peut-être est-elle attachée sur les rails du Paris Nice comme Tintin le fut par Bobby Smile, c’est pas le jour, je rentre et j’ai droit à une crise de jalousie mais je raconte ma journée et elle m’embrasse me serre contre elle je suis un héros et elle m’aime.


16:47 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

24/09/2004

Résurgences d’un vieux métier...

 

 Résurgences d’un vieux métier...

 

La Tribune de Genève.

 

Perpétuité pour Jean Claude : ainsi en ont décidé les jurés de la cour d'assises.

 A l'issue d'un procès de six semaines marqué d'un moment fort, ses aveux, le "serail killer" a été reconnu coupable des meurtres et viols de Pascale E, Catherine R, Elsa B, Agnès N, Hélène F, Magali S, Estelle M, et d’agressions à divers degrés sur une quinzaine de témoins-victimes.

 

La perpétuité a été assortie d'une peine de sûreté de 22 ans, qui relance le débat sur le suivi des tueurs en série et des délinquants sexuels, avec le risque de récidive.

(Henri Dubois, reporter)

 

 

Les Blogs font de la concurrence à la presse officielle -- Le gauchiste DailyKos fait plus d'audience que Fox news !!!  >>BLOGS COMPETITIVE WITH CABLE NEWS ON THE WEB [Online News 21.09.04] Chris Bowers reports that the ten most trafficked political blogs logged 28,000,000 unique visits during the 31 days previous to Sept. 8.  "FoxNews.com had 5.7 million unique users in May, compared with 22.3 million for CNN.com and 21.1 million for MSNBC.com," writes the Atlanta Journal Constitution's Caroline Wilbert. Bowers comments: "Particularly amazing is that Dailykos, with around 7 million unique visits over the past 31 days, now has a higher monthly website traffic than Fox News." http://www.mydd.com/story/2004/9/8/16488/22692

 

 

La Dépêche

 

Verdict attendu pour Jean Claude, condamné sans surprise à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d'une période de sûreté de 22 ans. Les jurés de la cour d'assises ont choisi la peine maximale prévue pour les sept assassinats de jeunes femmes dont le « killer » a été reconnu coupable.

 

La cour d'assises l'a condamné aussi pour la tentative d'assassinat d'Elisabeth O. en juin, le viol d'Annie F en janvier, et l'agression de Valérie L en octobre 1997.

Elle l'a en revanche acquitté de l'agression sur Estelle F. commise en juillet, la victime, qui ne l'a jamais reconnu formellement, n'était pas venue au procès. En entendant ce verdict joué d'avance, Jean Claude a hoché brièvement la tête, puis s’est écrié :

 

 Je t’aurai salopard, en montrant du doigt un journaliste de la presse internationale !

(de notre envoyé spécial Martin Deleur)

 

 

PAS DE MINUTE DE SILENCE POUR CES MORTS LA Dans le Golfe Persique, en pleine guerre Iran-Irak, l'armée iranienne accuse le Koweit d'aider militairement Saddam Hussein. Les pétroliers passant le détroit d'Hormuz sont régulièrement harcelés par des petites vedettes rapides. Les USA, qui soutiennent l'Irak dans cette guerre et qui craignent de voir se fermer les terminaux pétroliers koweitiens, envoient les croiseurs lance-missiles Montgomery et Vincennes pour escorter les bateaux et attaquer les bateaux iraniens. Le 3 juillet au matin la frégate USS Vincennes, commandée par le Capt. Will Rogers qui a une réputation de tête brûlée, se trouve illégalement dans les eaux territoriales iraniennes quand son radar repère un avion volant vers elle. Les rapports déclassifiés prouveront que dès le début le radar identifie qu'il s'agit du Boeing civil Iran Air Vol 655. Mais Roger donne l'ordre d'abattre l'avion, tuant les 290 passagers - et déclare à la presse qu'il avait pris le Boeing pour un F-14. Le magazine Newsweek révèlera les mensonges de l'armée un mois plus tard. Interrogé à ce sujet, le Président George Bush senior défendra l'armée coûte que coûte  "Jamais je ne demanderais des excuses pour quoi que ce soit qu'ont fait les  États Unis d'Amérique, jamais. (3 Juillet 1988)

 

 

La Rafale

 

Plusieurs familles de victimes de Jean Claude ont souligné que les assassins violeurs d'un enfant de moins de seize ans encourent une peine supérieure à celle infligée à ce triste sire pour sept assassinats accompagnés de viol, au moins ! : la perpétuité avec période de sûreté de trente ans. Elles ont déploré qu'il n'ait pu être condamné à cette peine. La plus jeune victime, Pascale E, n’avait pas tout à fait 19 ans.

(Suzanne Waktwoman, psychologue diplômée de l’université de Beverly Hills)

 

 

LA GENERATION GOLDORAK SOIGNE SES VIEUX MICROS [01net 21.09.04] Chaque année, la convention Vieumikro réunit à Toulouse les amateurs de la micro-informatique et des consoles des premiers temps. Une nostalgie qui contribue à préserver le patrimoine informatique. http://www.01net.com/article/251282.html

 

 

La dernière heure

 

Retour sur le moment fort du procès de Jean Claude.

 

Moment fort du procès, Jean Claude a avoué le 17 la totalité des assassinats dont il est accusé devant la cour d'assises, au cours d'un dialogue oppressant et surréaliste avec ses avocats, maîtres Fred Magnum et Ursule Alessi, juste avant sa confrontation avec Elisabeth O., victime rescapée.

 

Ainsi donc, lors de la cinquième semaine de son procès, Jean Claude est entré dans le box, décontracté comme à l’habitude, il était vêtu d’un jean et d’un pull blanc à col roulé, il a scruté la salle d’un regard froid, s’arrêtant plus spécialement sur les invités assis sur les bancs de la presse.

Son avocate, Me Ursule Alessi, avec l'autorisation du Président de la cour, lui fait d'emblée remarquer l’absurdité à ne rien vouloir dire sur les assassinats, en niant les agressions.

 

— Me Magnum : Pouvez-vous nous dire quelque chose de plus que hier ?

— Jean Claude : Non

— Me Alessi prend la parole à son confrère, elle évoque les victimes passées et celle qui va venir, ici, à la barre. Personne ne supportera votre silence, ni elle, ni les familles, ni nous. Si c'est vous l'agresseur, je vous demande de le dire.

— Jean Claude : Non, ce n’est pas moi, je suis innocent de ce dont on m’accuse, tout au plus ai-je voulu secouer l’une ou l’autre.

— Me Alessi: Pour votre famille, votre mère,votre père et pour tous ceux qui vous connaissent, vous ont aimé, vous aiment encore, pour qu'il puisse vous pardonner, dites-nous donc, dites-moi : Avez-vous agressé Mlle O.?

Jean Claude regarde fixement la salle, fixe un point que les jurès ne perçoivent pas, un point direct sur nous, les journalistes, puis, il se frotte les yeux et murmure : C’est bon. C’est moi, n’est ce pas, cela ne peut être que moi.

— Me Alessi: Avez-vous tué E ? - Oui. - Mlle R, c'est vous? - Oui. – Mlle B? - Oui. - Mlle N? - Oui. - Mlle F? - Oui. - Mlle S? - Oui.

Longue litanie qui ne semble plus devoir arrêter...

Et Madame M ? - Oui. - Annie F. ? - Non. - Valérie L.? : - Non. - Estelle F.? - Non.

Mais toutes les autres oui alors, déclare Maître Magnum reprenant le flambeau dans le silence total qui s’est fait dans le prêtoire.

 

— Oui.

 

Le président fait acter les aveux, et les dénégations.

 

(Cerbère, pour vous chez Thémis)

 

 

Au passage

 

"Les promesses n'engagent que ceux qui les reçoivent..." -- (Jacques Chirac 1988 - in Le Petit Livre Rouge du Président Chirac)

 

Deux vidéos abominables chez Némo, on peut passer les voir si on n’est à jeun.

 

 


05:30 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |