29/08/2004

Résolution

C’est décidé, demain j’appelle Jean-Guy et je lui flanque ma démission, fini tout ça, il me règle mes indemnités, les dernières notes, j’ai demandé à Judith de brûler tous les documents qui étaient arrivés ici, je jetterai mon portable et puis l’autre portable et puis le troisième portable, je veux dire, radio, pc et gsm. Mardi une petite fête d’adieu avec Joliette qui retourne, elle, sur la région parisienne, et ensuite, la route, l’aéroport, on ne prendra pas de bagage, on donnera des destinations au hasard, on va nous foutre la paix, on sera dans les îles.


06:48 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

27/08/2004

J’avais le droit de tout écrire, j’étais jeune.

 

 

Vais-je franchir le pas ?

Ou me retrouver mercredi matin premier septembre à la réunion d’autosatisfaction et d’admiration mutuelle convoquée et présidée par Jean-Guy ?

Réussite d’autofinancement satisfaction boursière épanouissement des administrateurs tirages en hausses lecteurs en masse réduction des coûts

Le syndicat n’y verra que du feu et la prime de fin d’année passera à la trappe, on va leur annoncer la délocalisation normale, l’imprimerie à Kouangtchéoi autrefois bêtement Canton, l’informatique à Jahalpur dans l’aile secondaire de l’ancien palais du maharadja reconverti, réduction des frais de repas et de route, pas besoin de courir la campagne quand on a le nouveau HPBergman avec minidump et Usb, le monde est à la portée de tous. Des filles en bikinis, du jeunisme moulant à la Leni Riefenstahl soutenu par du Montherlant olympien, du beau, du bronzé parce que c’est juste fini les vacances,  mais de l’obéissant, du discipliné, du formé en bac à ordures, du clean.

 

Vais-je rentrer dans ce putain de bureau,

Clean ?

Next...


06:52 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/08/2004

ne m'étais-je pas trop avancé ?


17:44 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

Gouverne

Gouverne

J’ai déjeuné sur le pouce, la tête ailleurs. On a remplacé Vania.  Ils font quoi chez Rhônechose ? Oui, je sais je ne devrais pas poser la question, le reporter c’est moi mais c’est vrai que l’on m’avait, depuis quelques années, confié plutôt des théâtres extérieurs, j’ai visité la Corée du matin calme et San Fransico qui tremble encore, j’ai dansé avec des filles déguisées sur les chars de la Nouvelle Orléans et j’ai chassé le buffle entre Lilongwé et ‘Ndola, je suis monté dans la tour de Singapour et j’ai dévalé les pentes de Tocorpuri, j’ai rencontré les Contras et flingué un Sandiniste qui menaçait une gamine. J’ai cherche Den’de après avoir relu Stany et Antinéa entre les désert de Juba et les vestiges du palais de Salomon. J’ai photographié une afghane qui remisait sa burka sous un GMC avant de s’enfuir avec un juif maghrébin qui s’était engagé dans les combattants de la faim du monde, j’ai traversé le Rio Tinto sous les fléchettes de Jivaros qui en voulaient à ma tête.

Tout cela n’intéresse plus personne, on se contente de petits mot-à-mots qui sont comme le goutte à goutte de l’opéré du cœur. On m’a balancé un gouverne. Comme je voyageais beaucoup, j’ai imaginé l’avion sans palonnier sans flaps sans radar, comme d’habitude avec les filles, je ne sais pas, gouverne m’a dit la petite Jeanne c’est une loc. mod. Pour votre gouverne...: pour votre information..., un non-sens.

Faut que je me recycle, tiens, là, cela fait un quart d’heure que je malaxe le sein de Judith et que je ne sais pas quoi en faire.

Quand sont-ils venus replacer une affiche ? Je n’ai rien vu, j’en parlerai à Henri de Bornouan, ai-je dit qu’il était tout ici, même président de la maison des jeunes. Il y avait réunion hier soir, ils étaient trois, juste ce qu’il faut pour une association. Le plus jeune avait vingt-huit ans. Tanguy ? Le mien volait au-dessus des nuages. On annonce un week-end rouge. Des attentats ? Un cyclone ?

 


07:40 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/08/2004

Viva la vida !

       Yakwa dans ton paquet ?

Là, je m’étonne, je me retourne, il n’y a personne. (On a dit plus tard qu’Isa en avait parlé).

 

 

Dans la cuisine, le jeune homme surveille la mise à bonne pression d’une boîte de véritables saucisses viennoises en repensant à ces cons de flics, putain comme il les a bien nargués, haha. Au salon, la télé est allumée, il abandonne les fourneaux et va s'étendre sur le canapé face au poste. C'est l'heure des Robin des bois, c’est chouette, ça décarre un peu des constipés, ça fait du bien pour descendre la tension. Sauf quand passent les rires enregistrés, ça gonfle un peu - surtout quand ce n'est pas drôle mais faut bien que jeunesse télévisuelle se passe, où irait-on si les gens riaient n’importe quand ?

Un flash RTL vient s’imprimer dans l’oreille s’incruster en bande vidéo sous passante, encore une assassinée. Quel pays ! Il n’y a plus que cela ! Prend pas d’vacances alors le tueur fou ? Car c’est sans doute du même qu’il s’agit, on en parle depuis un moment, même qu’un commissaire spécial a été désigné pour rassembler les morceaux, je veux dire les dossiers qui arrivent de différents arrondissements judiciaires.

 

La Chronologie est logique. Comment ne pas dire que la vie va trop vite. J'ai parfois à peine le temps de noter en synthèse les évènements sur mon petit calepin. Je mouille le bout du crayon et je note, ensuite je tapote l'azerty. Enfin ! C’est ce qu’Henri faisait écrire il y a un an, à Xian, après avoir poursuivi Monsieur K. Tout se développe, s'enveloppe, le récit s'étend. Le mieux, c'est compliqué mais pourquoi ne pas pimenter le jeu ! Mais voilà, ici, à Bornouan, ce sont les vacances, d’ailleurs, je crois bien qu’ici, « ils » sont perpétuellement en vacances, pas vrai Judith (Judith est nue à côté de moi, à côté de la piscine, ai-je dit que chez Philippe, il y a une piscine ?) Il est intéressant de relire les relations quotidiennes en y trouvant une foule d'éléments nouveaux, en pensant judicieusement, comme Monsieur J qu' idéalement ce texte se consulte dans l'ordre inverse, de bas en haut. (du plus vieux au plus récent pour les égarés). Qu’aussi, il est temps de le faire, car l’ami qui a retapissé va peaufiner son ménage et des textes entiers vont disparaître par pans.

 

       Yakwa dans ton paquet ?

Là, je m’étonne, je me retourne, il n’y a personne. (On a dit plus tard qu’Isa en avait parlé), j’ai failli répondre en me touchant le front : Y a pas marqué bécasse !

—Tu focalises sur les blondes en ce moment et puis en plus, pas de la plus belle manière,
un contentieux à régler ? Il y a quoi dans ton paquet ?

Rêvé-je ? Qu’entends-je ? Qu’imaginé-je ? Jeanne d’Arc ? Suis-je dans la région, je me retourne, il y a l’eau qui sort assez banalement du tuyau qui surplombe le bassin lavoir, le soleil a envahi le ciel, je suis tout seul, Judith est partie préparer les petits déjeuners de l’auberge, deux, paraît qu’il y a un locataire depuis hier soir. Le paquet, serait-ce le bouquin de Maia Mazaurette ? Mais...

 

Mais qui diable connaît mon adresse ? Je pense aux circuits multiples qui me traquent, les sans-papiers, les immigrés, les femmes battues, les recalculés de l’Assedic, les sans-logis, les Tibétains, Fabienne Egal, Thierry au grand pavois (1. Grand bouclier de forme ovale en usage au Moyen Âge. 2. Partie de la muraille d’un navire située au-dessus du pont.), je compte sur mes doigts (moins nombreux que mes dettes soigneusement calculées par la Société Générale), qui d’autre, qui encore ?

Un malin a écrit : Une vie d’homme est une fiction qu’on découvre à mesure qu’il l’écrit.

 

J’ai un peu la bite molle, est-ce normal ?

— Yakwa dans ton paquet ?

Là, je m’étonne, je me retourne, il n’y a personne. (On a dit plus tard qu’Isa en avait parlé), j’ai failli répondre en me touchant le sexe : J’avais tout oublié. Ou bien je ne savais pas, je n’avais jamais su.

Mais je savais ce qu’il y avait dans le colis, des feuilles.

Des feuilles soigneusement reliées, des A4 comme on dit, des photocopies d’un dossier complet. Avant, quand je n’étais pas en vacances, j’étais reporter, j’avais des dossiers, et des secrétaires. Némo, Némo connaissait-elle mon adresse ? Oui, certainement, elle sait tout ; Elle savait bien que ce dossier existait.

 

 

Plus de goût à rien pourtant des seins un cul des hanches tu en as ma salope !
— Thierry, ça veut dire quoi ? Tu devrais moins boire à la fin.

— Ta morale tu peux t’la tartiner au cul !

— Je n’aime pas que tu me parles comme ça.

— Je t’emmerde !

 

Et Thierry de reprendre la bouteille des mains de Jibee, l’intellectuel.

Dans l’appartement, ça fume, le voisin ne va-t-il pas appeler les pompiers ? Alors, on termine le ravalement ? On s’y met à quatre ?

Ouf, ils n’ont pas mon adresse, je me laisse aller, je ferme les yeux, je suis en vacances, j’entre à l’auberge ou Judith tripote le percolateur, je jette mon paquet sur la table.

 

— Yakwa dans ton paquet ?

C’est Judith qui apporte le petit noir. Je souris bêtement, derrière elle une publicité pour Banania hoche la tête. Max traverse la terrasse. Max, c’est un chien, c’est le chien du village. Il renifle le colis et me regarde d’un air dégoûté. Un chien, cela a-t-il du flair ?

Cling clong fait la pendeloque lorsqu’on ouvre la porte donnant sur l’allée droite (celle qui menait autrefois vers le château, plantée de marronniers séculaires). Joliette est entrée, elle prend rigoureusement son service chaque matin du mardi au samedi comme hôtesse d’accueil. Je sais qu’elle est rémunérée par l’association Vignerons et tonneliers réunis qui souhaiterait s’établir dans les anciennes écuries de la famille de Pestel, une famille rivale des de Bornouan de vieille souche.

Rhône Poulenc, bienvenue dans un monde meilleur.

Tiens ?


07:18 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

24/08/2004

Colis

 

 

Matutinal et courtisé comme un ancien baron d’Empire, me voilà debout, on ne peut m’imaginer, je pense que couché ou debout, debout pensant, l’aventure se lève à l’aurore, à l’aurore de chaque matin, le fou sonnant et trébuchant tire la corde, les vingt-et-un habitants du hameau sont réveillés au son de cloche (il n’y en a plus qu’une alors qu’autrefois cela carillonnait, on dit que ce sont les Allemands qui les ont emportées pour les fondre, il y en a qui ont de ces idées !)

 Vingt et un, mâtin ! tromperie, N’avait-on pas écrit dans le Badaeker que les vivants ici étaient cent dix-huit ? Oui, c’est vrai mais tous ne dorment plus au village, on le dit hanté.

Quand au sonneur, c’est, rappelons-nous en, Henri de Bornouan, un Henri, mais noble, dont la famille remonte à Charlemagne, dit-il, mais c’est un sournois et un bruyant, en plus il est secrétaire adjoint de mairie, socialisant, et facteur, c’est lui qui monte les paquet d’en bas.

C’est un personnage secondaire dont Némo devrait nous entretenir, tiens, un colis !

Le facteur dans sa tournée (lavoir, église, auberge, salle du conseil, auberge, caisse du château, auberge, chambre) a déposé sur la pierre bleue taillée un fardeau enveloppé de papier kraft et soigneusement ficelé. Des timbres oblitérés, pas d’expéditeur, le destinataire est bibi, abs Henri Dubois reporter en vacances à Bornouan.

C’est arrivé et on dit que l’administration fait mal son boulot !

C’est fou les on-dit !

 


06:32 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

23/08/2004

Pour demain

.

 

Mardi matin, Tarzan sa femme et son petit prince sont venu chez moi pour me serrer la pince, comme je n’étais pas là, ils ont demandé à ma concierge si elle savait quoi au cas où...

 

Concierge et kwaokaou deviennent rapidement des incompréhensions, le monde moderne communique plus à défaut de communiquer mieux, heureusement, personne ne put rien leur dire et me voici encore tranquille pour une semaine, le monde se passera bien de moi. A Bornouan le petit matin est frais comme le rosé, Judith désaltérante comme la rosée et mes mains enveloppantes.

 

J’ai quarante ans et de grandes oreilles, je m’amuse d’un rien et ramène la couverture que tire toujours à elle une Judith, toux nerveuse, elle n’a pas l’habitude des grands hommes, ai-je dit que je mesure plus que la moyenne.

 

J’ai toujours aimé dépasser la moyenne, et à force, ...

Me voici respirant l’odeur de Judith et celle du thym que l’on cultive dans le jardin de Philippe, le propriétaire de cette maison classée historique, qu’il me prête aussi simplement que si c’était un bouquin, une cassette de Super Dj ou un short chamarré.

 

Un moment, la moyenne chute, c’est la faute à Voltaire, à Rousseau et à toute une bande de cons qui vous entourent, bosser à la rédaction pour annoncer la victoire de Justine ne me tire plus l’œil, moins encore la plume, Justine se passera bien de moi tout autant que Sade. Une semaine encore sinon dix jours j’escamote le loyer à payer, la Jeep à crédit, les mensualités chez Trois Suisse et les ukases patronaux : « Alors Henri ! Fatigué ? Que pensez-vous des cinquante heures ? Tiens, en attendant, faites-moi donc un papier sur ces milliers de chômeurs qui attendent que vous libériez la place pour moins cher que ça ! » 

 

Ça va pas la tête ? Je roule sur ma droite, bloque mes pensées en même temps que mes muscles en rencontrant les fesses de Judith.

 

Un moment plus jeune, j’aurais pris plaisir à raconter tout ce qui s’en suit, lorsque les mains du monsieur rampent et que déjà son corps tout entier enroule entortille emballe une Judith qui n’en remue plus, attend, se laisse faire, grimper  sauter envahir, le petit matin

L’aurore

Tout va bien

 

Oui, tout va bien !

 

Esprit et corps libre,

Quoique,

Vérifier l’affirmation d’Asimov concernant la réalité du monde conçu dans la paperasserie et dédié au principe du formulaire en quatre exemplaires, constater le bon fonctionnement du lien de Némo.

Décompresser jusqu’à mardi prochain en libérant l’imagination de ces liens et en imaginant que la demoiselle a voulu écrire : je passe au lit.

 

Boum !

 

C’est Judith qui se lève, une matinale comme on n’en fait plus qu’à la campagne où  l’air est d’un pur indicible

Déjà un tracteur tirant une batteuse passe dans la vallée. Ai-je dit que l’on entend tout d’en bas, ici en haut, ai-je dit que la maison de Philippe est sur une sorte de piton rocheux où jouxtent une vieille église, un ancien lavoir, une auberge qui fut cotée, une tour médiévale, un vestige romain et un panneau de vingt mètres carré vantant les mérites de Vania qui protège encore mieux.

 

À mardi en huit ! Promesse de journaliste politicien : puisque le feuilleton quotidien sera le camarade matinal (du mardi au vendredi) dès septembre.

 

 


05:07 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |