25/08/2004

Viva la vida !

       Yakwa dans ton paquet ?

Là, je m’étonne, je me retourne, il n’y a personne. (On a dit plus tard qu’Isa en avait parlé).

 

 

Dans la cuisine, le jeune homme surveille la mise à bonne pression d’une boîte de véritables saucisses viennoises en repensant à ces cons de flics, putain comme il les a bien nargués, haha. Au salon, la télé est allumée, il abandonne les fourneaux et va s'étendre sur le canapé face au poste. C'est l'heure des Robin des bois, c’est chouette, ça décarre un peu des constipés, ça fait du bien pour descendre la tension. Sauf quand passent les rires enregistrés, ça gonfle un peu - surtout quand ce n'est pas drôle mais faut bien que jeunesse télévisuelle se passe, où irait-on si les gens riaient n’importe quand ?

Un flash RTL vient s’imprimer dans l’oreille s’incruster en bande vidéo sous passante, encore une assassinée. Quel pays ! Il n’y a plus que cela ! Prend pas d’vacances alors le tueur fou ? Car c’est sans doute du même qu’il s’agit, on en parle depuis un moment, même qu’un commissaire spécial a été désigné pour rassembler les morceaux, je veux dire les dossiers qui arrivent de différents arrondissements judiciaires.

 

La Chronologie est logique. Comment ne pas dire que la vie va trop vite. J'ai parfois à peine le temps de noter en synthèse les évènements sur mon petit calepin. Je mouille le bout du crayon et je note, ensuite je tapote l'azerty. Enfin ! C’est ce qu’Henri faisait écrire il y a un an, à Xian, après avoir poursuivi Monsieur K. Tout se développe, s'enveloppe, le récit s'étend. Le mieux, c'est compliqué mais pourquoi ne pas pimenter le jeu ! Mais voilà, ici, à Bornouan, ce sont les vacances, d’ailleurs, je crois bien qu’ici, « ils » sont perpétuellement en vacances, pas vrai Judith (Judith est nue à côté de moi, à côté de la piscine, ai-je dit que chez Philippe, il y a une piscine ?) Il est intéressant de relire les relations quotidiennes en y trouvant une foule d'éléments nouveaux, en pensant judicieusement, comme Monsieur J qu' idéalement ce texte se consulte dans l'ordre inverse, de bas en haut. (du plus vieux au plus récent pour les égarés). Qu’aussi, il est temps de le faire, car l’ami qui a retapissé va peaufiner son ménage et des textes entiers vont disparaître par pans.

 

       Yakwa dans ton paquet ?

Là, je m’étonne, je me retourne, il n’y a personne. (On a dit plus tard qu’Isa en avait parlé), j’ai failli répondre en me touchant le front : Y a pas marqué bécasse !

—Tu focalises sur les blondes en ce moment et puis en plus, pas de la plus belle manière,
un contentieux à régler ? Il y a quoi dans ton paquet ?

Rêvé-je ? Qu’entends-je ? Qu’imaginé-je ? Jeanne d’Arc ? Suis-je dans la région, je me retourne, il y a l’eau qui sort assez banalement du tuyau qui surplombe le bassin lavoir, le soleil a envahi le ciel, je suis tout seul, Judith est partie préparer les petits déjeuners de l’auberge, deux, paraît qu’il y a un locataire depuis hier soir. Le paquet, serait-ce le bouquin de Maia Mazaurette ? Mais...

 

Mais qui diable connaît mon adresse ? Je pense aux circuits multiples qui me traquent, les sans-papiers, les immigrés, les femmes battues, les recalculés de l’Assedic, les sans-logis, les Tibétains, Fabienne Egal, Thierry au grand pavois (1. Grand bouclier de forme ovale en usage au Moyen Âge. 2. Partie de la muraille d’un navire située au-dessus du pont.), je compte sur mes doigts (moins nombreux que mes dettes soigneusement calculées par la Société Générale), qui d’autre, qui encore ?

Un malin a écrit : Une vie d’homme est une fiction qu’on découvre à mesure qu’il l’écrit.

 

J’ai un peu la bite molle, est-ce normal ?

— Yakwa dans ton paquet ?

Là, je m’étonne, je me retourne, il n’y a personne. (On a dit plus tard qu’Isa en avait parlé), j’ai failli répondre en me touchant le sexe : J’avais tout oublié. Ou bien je ne savais pas, je n’avais jamais su.

Mais je savais ce qu’il y avait dans le colis, des feuilles.

Des feuilles soigneusement reliées, des A4 comme on dit, des photocopies d’un dossier complet. Avant, quand je n’étais pas en vacances, j’étais reporter, j’avais des dossiers, et des secrétaires. Némo, Némo connaissait-elle mon adresse ? Oui, certainement, elle sait tout ; Elle savait bien que ce dossier existait.

 

 

Plus de goût à rien pourtant des seins un cul des hanches tu en as ma salope !
— Thierry, ça veut dire quoi ? Tu devrais moins boire à la fin.

— Ta morale tu peux t’la tartiner au cul !

— Je n’aime pas que tu me parles comme ça.

— Je t’emmerde !

 

Et Thierry de reprendre la bouteille des mains de Jibee, l’intellectuel.

Dans l’appartement, ça fume, le voisin ne va-t-il pas appeler les pompiers ? Alors, on termine le ravalement ? On s’y met à quatre ?

Ouf, ils n’ont pas mon adresse, je me laisse aller, je ferme les yeux, je suis en vacances, j’entre à l’auberge ou Judith tripote le percolateur, je jette mon paquet sur la table.

 

— Yakwa dans ton paquet ?

C’est Judith qui apporte le petit noir. Je souris bêtement, derrière elle une publicité pour Banania hoche la tête. Max traverse la terrasse. Max, c’est un chien, c’est le chien du village. Il renifle le colis et me regarde d’un air dégoûté. Un chien, cela a-t-il du flair ?

Cling clong fait la pendeloque lorsqu’on ouvre la porte donnant sur l’allée droite (celle qui menait autrefois vers le château, plantée de marronniers séculaires). Joliette est entrée, elle prend rigoureusement son service chaque matin du mardi au samedi comme hôtesse d’accueil. Je sais qu’elle est rémunérée par l’association Vignerons et tonneliers réunis qui souhaiterait s’établir dans les anciennes écuries de la famille de Pestel, une famille rivale des de Bornouan de vieille souche.

Rhône Poulenc, bienvenue dans un monde meilleur.

Tiens ?


07:18 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

Commentaires

:) la suite !

Écrit par : imagine | 25/08/2004

je m'arrête et pour ta gouverne
je suis un non-sens

Écrit par : élise | 25/08/2004

Les commentaires sont fermés.