30/06/2004

Fin du secondaire ?

 

 

Jean-Claude reste impassible, le regard en apparence vide d’émotions, il est assis en tailleur, une fourchette emboîtable (couvert de camping, trente francs chez Feu de camp, rue de la Madeleine) à la main droite posée sur sa cheville droite. Marcel est beaucoup moins calme : Pas de panique, on s’en va puisque c’est chez vous ici. OK ?

Le plus petit de la bande des trois vient le saisir au revers en hurlant qu’il y compte bien, que les pédés vont s’en aller et que ce sera à coup de pompes dans les couilles. Oï !

Un autre s’approche de Jean-Claude, l'inspectant de haut en bas. Il se la joue sans le savoir l’acte un d’ouverture d’un flic particulier que Jean-Paul Belmondo a incarné au cinéma. Tes boots, mecs, tes boots, chouette tes boots, tu me les passes gentiment ! J'aurai pas perdu ma soirée. Il avance la main, le mot claque sec :

— Touche pas ! Cassez-vous !

Les trois skins sont sidérés. Vlan, Marcel se prend un coup de latte dans le ventre, il est poussé, jeté à terre. Ils vont me tuer hurle-t-il ! Les crânes rasés s'acharnent, négligent Jean-Claude redressé, poignard commando survie (couteau à lame large pour la chasse à l’antilope, mille deux cents francs chez Hecq Congo, rue des colonies) extrait de sa gaine cuir fauve naturel lacée contre le tibia droit. Helmut recule prudemment et précipitamment, décontenancé. Silence.

Silence.

On ne joue plus ? Les clairs de coiffure en oublient Marcel, qui en profite pour ramper derrière la boîte de choucroute. Jean-Claude avance, fais pas le con, on rigolait. Ah ouais, Fritz ?

Il est très calme, Jean-Claude avec son outil. Force Level Five. Tiens ! sont moins fiers ! La surprise se mue en peur sur les faces de rats.

Alors, on fait plus oï ? Les mauves et blancs sont relégués à la dernière place du championnat ? Jean-Claude sourit, fente avant geste élégant, le poignard de survie plonge dans l’abdomen d'Helmut. Bien profond, jusqu'à la garde, aller-retour de la lame, et allez donc. Treillis perforé, sang qui gicle. C'est toi qui te chie dessus maintenant, lui dit sobrement Jean-Claude.

 

Plus personne n'en redemande, oh non. Sur un signe de son ami, Marcel se relève et s'élance vers la sortie en boitillant furieusement. Jean-Claude lui emboîte le pas, jetant à peine un regard indifférent sur les deux skinheads tentant de consoler leur copain qui s’exangue en geignant.

 

Eh bien, laissons un moment les jeunes s’amuser pour riwaïnder à nouveau vers dix autres secondairement cités dans les aventures d’Henri. On découvre ainsi les dix snuls suivant encombrant les lignes d’une vie saine et claire.

 

Un Serge souvenir du 293, Willy qu’il fallait sauver, Julie la docte, une rouquine impitoyable, Jeanmi, Colas qui a fait l’Afrique et Barbara,

 

Et quatre autre donc pour faire la dizaine, les bons comptes font les bons amis : douze à la douzaine. André Zalinsky, Jean, Madame Laubez et François.

 

Au 293, Serge était assis à sa fenêtre, regardant en bas l'autobus avançant au pas entre les automobiles engluées dans les entrées et sortie du rond-point.

Il avait soif. Très soif. Une soif d'ivrogne. Une soif sans soif. Il lui fallait une bière, vingt bières ou n'importe quoi qui gonfle son estomac et puisse l'assommer une bonne fois. Il se redressa, se prit les pieds dans une couverture. Il s'étala sur le tapis, le nez éclaté. Les larmes qui jaillirent n'étaient plus de désespoir. Il se palpa la face et regarda sa main rouge et poisseuse. Il s'essuya et se réessuya jusqu'à n'avoir plus que des traces rougeâtres sur son avant-bras. Il s'enfouit le visage dans le tapis, lamentable. Il avait toujours cette foutue envie de boire lorsque le téléphone sonna. Enfin !

 

 

Karin Dor alias Helga Brandt est une excellente tireuse au pistolet et à d’autres choses ainsi qu’elle l’a démontré à bord du Ning-Pu. Elle travaille free lance pour les Russes et les Chinois.

Agenouillée au-dessus du cadavre de Somza, Helga lui caressait les cheveux en sanglotant. Paul avait ouvert le pantalon de Willy pour examiner sa blessure. Il se redressa et fit la grimace.

— C’est vilain, Willy. La balle a traversé la hanche. Remarque, t’as de la veine dans ton malheur.

Il eut un geste en direction du corps sans vie d’Enrique.

— Appelle Broomfiets, reprit Paul. Il doit y avoir une trousse de secours à bord de l’hydravion.

— Le talkie-walkie est resté dans le canot. Va le chercher pendant que je les surveille.

Paul s’exécuta. Il revint avec le talkie-walkie, déplia l’antenne et tendit le boîtier à Willy. Celui-ci tâtonna un instant avant d’obtenir la liaison.

— Allô, Grozozio? Vous me recevez ?

— Ici Grozozio. Je te reçois. Comment ça se passe ?

— Très mal. La femme n’est pas là. On est tombé sur un os. Enrique est mort et je suis très mal en point... Il faut m’évacuer, Grozozio. Je pisse le sang.

 

 

Julie était vêtue d’un bikini très ajusté. Elle sortit de la piscine en caressant les globes emperlés de gouttes d’eau de ses seins magnifiques.

J’avais assisté à ce spectacle avec le plus grand intérêt, il fallait bien que je dise quelque chose à cette intellectuelle qui me ravissait la parole chaque fois que c’était possible.

— Comment dites-vous «sexual evidence » ? qui est peut-être ce que je ressens, alors que je vous regarde, chère amie ?

— Je ne sais pas... Comment ça se manifeste-t-il exactement ?

— Eh bien, c’est très curieux. On dirait qu’une part de mon être s’exalte et se soulève, voyez-vous ?

— Je vois très bien, dit Julie en baissant les yeux. Une partie de votre être se soulève incontestablement !

Elle tendit la main et sans la moindre pudeur, empoigna ma virilité à travers le tissu de mon maillot de bain, devant tous ceux qui voulait nous voir, regarder,observer, depuis l’eau chlorée jusqu’au bar surplombant.

— Dites-moi la vérité, docteur. C’est grave ?

— C’est gravissime ! répondit-elle d’une voix un peu altérée. Seul un traitement d’urgence peut vous sauver.

— Alors je m’en remets à vous.

 

 

Jeanmi... Excuse-moi, mon vieux, je crois bien que je ne sais plus où tu en es. Si tu passes, fais-moi signe ! Colas, oui, d’accord, il a fait l’Afrique, et alors ? moi aussi, j’ai fais l’Afrique, et même le singe... et puis Barbara !

A son propos, j’aurais voulu écrire de longues lignes, faire un très beau texte, elle est la première secondaire qui aurait pu devenir principale, héroïne, que sais-je mais notre relation a toujours été électrique, les rencontres étaient courtes et se terminaient invariablement par : Epuisés nous eûmes quand même le temps de gagner son lit avant de sombrer tendrement enlacés dans un sommeil réparateur. Barbara c’est une croisière sur un bateau de luxe dans les mers Caraïbes, avec ses escales, ses têtes à bord, le soleil et la mer comme elle n'existe que dans ces coins de planète, avec et sans reggae. Paradis et enfer dans les années... n’était-ce pas en 1977 ? Toujours bousculés par une marée noire, des oiseaux englués, les « blancs » assiégés en Rhodésie. C'est le paradis c'est l'enfer. Des insensibles veulent transformer notre voyage en une terrible croisière atomique tout cela magnifiquement raconté par le biographe d’Hubert.

 

 

En ce temps-là, j’étais magasinier au grand hypermarché de Vitrolles, habitant la région pour avoir voulu y voir vivre Mireille qui m’avait quitté pour un beau docteur de l’hôpital Saint Jean.

J'étais en nounou chez une Marylène gentille, petit mouton bouclé de parents ritals et pieds-noirs. Elle travaillait dans un bar, rue de Rome. Nous avions  projeté de nous marier. Elle avait presque 19 ans., Une vieille !

Chaque mois, au sexshop Rive-Neuve, j'achetais une revue qui publiait de belles photos et traitait de couples et de l'échangisme. Je me masturbais avec violence et plaisir en lisant cette revue. Je n’avais pas de rapport avec Marylène. Elle était vierge comme il se devait, rien avant le mariage n’est-ce pas ! Le soir, souvent, je la raccompagnais chez elle, à la capelette, sur une mobylette Tchèque qui pétaradait bien fort. Un samedi du mois de mai, nous étions invités à une surprise-party, chez des copains à Martigues.

Lorsque nous sommes arrivés, la fête était commencée. Nous avons retrouvé tous nos amis. Nous nous amusions et buvions. J'observais Marylène qui dansait. J'ai vu André, qui papillonnait autour d'elle. Ils ont guinché ensemble. Cela a très mal tourné... je n’ai pas le cœur d’en dire plus. Oui, cela avait très mal tourné.

Alors, Madame Laubez et François ... resteront plus que secondaires.


05:55 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

29/06/2004

Hopital militaire

 

Xian sévices compris et Henri Dubois les deux font la paire : un reporter sur les traces d’un serial killer ancien agent secret à moins que ce ne soit un policier véreux, un politicien économe, un ancien prince hindou, un sénateur écolo...

Comme Némo le disait avec justesse, n’oublions pas le secondaire qui est important, il a donné Jurassique Parc, tout de même !

 

Retour dans le temps donc, facilement accessible grâce à la machine stockée à la Bôve en bordure de Seine et aux facilités historiques que nous ont permises les neuf boules.

D’abord, il faut inventairiorer, refaire un bout de parcours inverse, il est urgent de s’y coller puisqu’un ravalage de façade nous est promis en juillet...

 

Près du carrefour de Xida avenue et de Beida, magnifique boulevard à Xian se trouve un petit cercle privé où l’on ne cause pas beaucoup. Le Chinois ne parle pas trop et l’Américain rit trop haut.

La grand’route traverse la ville, de part en part, elle vient de Lianyungang et file vers le Kazakhstan qui est de ce côté-là, comme chacun sait.

D’inspiration florentine et joraelienne, le Xian nouveau a déroulé fastes et personnages, les premiers, parlons d’eux pour commencer étaient... qui étaient-ils, souvenirs, souvenirs, ah oui :

 

Eh bien, riwaïndons, on découvre ainsi les dix premiers snuls qui vinrent encombrer une histoire qui sans eux aurait été racontée en trois coups de cuiller à pot.

 

Un Charles à qui j’ai dit bonjour, une dame Duharent, infirmière cycliste, un Flup complètement piqûsé, un certain Jérôme assez bête, Boma, cela fait six, que nous développerons dans un instant, découvrant les vieux clichés.

Et quatre autre donc pour faire la dizaine, les bons comptes font les bons amis : douze à la douzaine. Bugs Dany pas toujours brillant, le Chinois et l’Américain ci-dessus, et une sacrée blonde à qui j’aimerais rendre service.

 

 

Lorsque ainsi l’on se décide à dévoiler les arrières du secondaire, on risque très vite de s’embourber, de s’égarer, de conduire lectrices et lecteurs sur des chemins de traverse où l’on reçoit sinon volontiers, du moins facilement une volée de mauvais coups. Tentons de ramener ces dix personnages, les premiers d’un millier au moins car c’est évident, sauf Livingstone qui ne rencontra que Stanley, nous côtoyons chaque jour des dizaines de personnes, chaque semaine les multiplie comme les petits pains aux noces de Cana.

 

Charles donc ouvrirait la porte du grenier à Il ou Elle, personnage qui se redresse et s’estompe au gré des réponses, s’appelait-il de Gaulle ?  Cela nous conduirait-il trop loin, 1890, 22 novembre, à Lille, naissance de Charles de Gaulle, cela ne doit pas être le bon Charles, qu’aurait-il fait dans la banlieue de ma grand ville près du rond-point menant à l’autoroute de la mer ?

 

Charles s’est arrangé pour que Caroline se retrouve le plus loin possible des hivers brouillardeux et des manifestations humaines totalement imbéciles. Il avait aménagé sa vie propre autour de plusieurs grandes amours dont une carrière d’officier de renseignements très hors du commun.

Charles avait solutionné quelques grandes énigmes politico-militaires des dernières années et avait mis fin avec brio à quelques trafics d’armes, de drogues, de devises.

Venu à Bruxelles à la demande de l’équipe action française résidente, il avait assisté à une minute près à l’explosion d’une voiture piégée à vingt mètres des grands boulevards. Il venait de passer deux jours au Novotel de Zaventem, en réunion avec les uns et les autres et il avait félicité l’équipe en place pour son excellent travail. On avait repéré un activiste du djihad, son contact à l’hôtel Métropole et une officine de voyages de la rue de Mérode tout à fait suspecte.

Charles situa le lendemain une correspondante de l’espion canadien soviéto-britannique, le sieur Hugh Hambleton. Vigor avait été confronté plusieurs fois en 1982 au personnage lors d’une enquête concernant les fuites à l’Otan. Le dénommé Hambleton devait être apprécié par ses chefs puisqu’il avait été personnellement reçu par Youri Andropov, alors chef du KGB. Charles était donc inquiet de la collusion qu’il semblait y avoir entre une correspondante du KGB et le djihad islamique. Collusion ou coïncidence, qui surveillait qui ?

 

Ce Charles-là, dans l’entourage d’un Henri incertain est plus plausible, n’eussent été les dates, on aurait pu imaginer que c’était le Charles Vigor déjà connu, dont l’heure reviendra.

 

Le but était de recoller secondaire et tertiaire, c’est mal parti, de nouveaux développements se dessinent, le monde, quel foutoir, désordre et compagnie !

 

Altière, rêveuse, curieuse, intrigante, chanceuse, ambitieuse, cultivée, experte en aéronautique, Dame Duharent pédalerait-elle pour Arc International, œuvre de bienfaisance ayant engrangé près de cinq milliards de francs français en l’an deux mille !  Elle roulait, indécise, serait-elle un personnage qui ne fait que passer, s’en relèvera-t-elle de sa chute ? On tombe toujours bas de la selle !

Tu as mal. Nous aussi, bien sûr, depuis tu joues les mystiques, les pythies, sache que tout pourrait aller mieux. La société dans laquelle nous vivons est une merde, un système détestable et aliénant : seuls les vrais fous l’ont compris.

Nos vieux dogmes occidentaux ont cédé la places à des religions, finalement toutes aussi déloquées de la cafetière, mais qui se disent, plus que nos croyances surannées, une avancée vers une pseudo reconquête du Moi, une investigation intérieure salvatrice, une vision tolérante, naturelle, durable et antinucléaire du citoyen moderne et fiché.

Mange bio et rase-toi le crâne, déambule qui dans une chemise noire, qui sous la burkha élégante, qui coincé des burnes dans un faux Denim et surtout, surtout ferme ta gueule.

 

Tandis qu’un Flup Moustache attend son tour dans le couloir, la toilette VIP va bientôt être libre, Laurette Onckelinckx à moins que ce ne soit madame le fantôme juge Doutrèwe vient de passer. Par le vasistas des toilettes, Anne-Marie Lizin regarde avec un sourire de satisfaction les changements qui s’opèrent.

 

A cause de Jérôme, on s’égare de Laurette en Pauline qui aurait vécu près de Saint Jérôme, le bien nommé, à Bethléem, où elle aurait fondé des monastères et mené une vie paisible, Les autres eurent des destins de martyres plus traditionnels. Pauline fut à la mode sous l’empire et connaît une vogue croissante depuis 1990, peut-être à cause de la pulpeuse qui se jogga au fond d’un ravin. La forme Paulette, à la mode dans les années 40, est assez désuète, peut-être à cause des paupiettes, et Paule, très rare nous éloigne autant de Jérôme que Paola, reine de Belgique, Paulette Merval, chanteuse, Goddard, actrice, Pauline Borghèse, soeur de Napoléon qui coucha Metternich, lequel introduisit la valse en France, de Baumont, l’hirondelle de Châteaubriant, Pauline Carton, actrice. Jérôme et ses petites lunettes rondes, on dit qu’il les a toutes eues, j’enrage !

 

Boma ! Ignorée superbement des fransquillons, Boma est autant enclave portuaire que grand’mère, marraine, grand’tante, fermière bouseuse flandrienne avec fichu et cruche à lait. Boma terrifia le petit Henri et il serait déflorant de raconter ici une histoire secondaire d’un personnage qui un moment tint le haut de l’affiche autant que le bas du pavé, l’entre deux-guerres et l’entrecuisses larges exposés aux fureurs teutonnes, on en redira des mots, des phrases, déclancha-t-elle d’ailleurs le fameux questionnement :

Voir sous les jupes des filles ?

 

Elles, très fières,

Sur leurs escabeaux en l'air,

Regard méprisant et laissant le vent tout faire,

Elles, dans l'suave,

La faiblesse des hommes, elles savent

Que la seule chose qui tourne sur terre,

C'est leurs robes légères.

 

Sept lignes souchonesques.

 

Bugs Dany, c’est autre chose, en ces temps-là, il écrivait des bêtises dans une sorte de fourre-tout électronique, beaucoup lui a été pardonné par homonymie, son ardeur aux blondes et sa ferveur à défendre la bannière étoilée. Les faces de citron en ont eu de beaux aperçus.

Il faudra bien qu’on en reparle, mais ces gens-là, je veux dire les secondaires cités, ne sont-ils pas trop effacés, ne doivent-ils pas laisser la place à des secondaires plus typés ou plus efficaces, de vrais méchants, mais aussi des amantes douces, des mantes religieuses, des antérieures et des antéropostérieures, des icelles avec l’arrière-train développé, les jambes comifaut et un langage autorisé, de bon ton. Oui, mais voilà, pour le moment, en principal, voici qu’on les martyrise un peu, voire massacre sinon sodomise, enfin, un peu.

 

Le Chinois ! Que diable pouvait donc être ce chinetoque, un restaurant de bonne cote en bord de Meuse à Wépion, un sien confrère en bord de Seine, côté place Fabien ? Est-il étonnant qu’un auteur xiannesque s’embarrasse d’un chinois, jeune fruit encore vert du bigaradier — que l’on conserve en Chine et au Japon dans l’eau-de-vie ou le sirop de sucre ou d’une passoire à grille très fine, de forme conique ?

 

Les Chinois parlent-ils italien ? Et ceux qui le parlent savourent-ils la vie différemment en dégustant les mutations culinaires de l'antique recette de leurs ancêtres, les pâtes ? Y-a-t-il des Chinois à Rome comme on en trouve dans Lucky Luke ? Et Lucy Liu m'aimera-t-elle un jour ? Attention ! Nous sommes bien loin du petit Chinois de Chine auquel il faut donner un franc pour le sauver de la famine que va combattre le vaillant jésuite européen. Li Ka-Shing est l’un des hommes les plus riches du monde, de même que Aw Boon Haw, l’inventeur du baume du tigre. Le Chinois s’exporte, se vend bien, devient estimé et fréquente les cercles financiers autant que ceux des dirigeants bien-pensants. Bien que dans beaucoup de pays, les communautés vivent repliées sur elles-mêmes, avec leurs banques, leurs commerces et leurs médias, les Chinois sont de bons communistes accédant à la richesse collective, une richesse dont les avoirs groupés hors république populaire et Formose, sont estimés à 400 milliards de dollars. S’ils étaient réunis en un État son PNB approcherait celui de l’Espagne. Certains états n’hésitent pas à freiner leur ascension. Ainsi, en Malaisie, il existe des restrictions d’accès à certaines professions. Le caractère mystérieux que revêt leur organisation financière, les huiguan ou triades, alimente la défiance des populations locales. De nombreuses capitales d’Asie voient donc en eux des agents subversifs, celui qui hanta un moment la vie d’Henri était-il l’un des leurs ou un Bruce Lee égaré dans le monde de Van Damme ?

 

Simon Bodybuild, agent de la CIA a bien connu l'affaire des missiles de Cuba : il venait tout juste d'entrer dans la grande maison.

Officiellement, Simon Bodybuild a travaillé à Washington puis à Langley. Il sera d’une action particulière en centre Afrique avant d’être un maillon classique de chaîne d’espionnage US. En 83, Bodybuild s'occupe des vétérans du Vietnam puis, le Directeur le parachute à Amsterdam où il prend la tête du poste Europe opérations. Il entre en action en 84 pour activer un réseau de contre-information et de bourrage de crâne par le biais d’actions populaires contre les sociétés informatiques européennes et surtout françaises au profit des sociétés US.

En 1984 il a cinquante ans.

Il a ensuite conquis ses galons en s’occupant de plusieurs affaires dangereuses et en acceptant de travailler régulièrement sur l’Afrique noire.

 

Simon, originaire de Seattle avait l'air d'un informaticien un peu éberlué d'être dans un monde d'humains, il s'habillait comme un vieux hippie avec des baskets toujours usées.

 

— Si seulement nous étions amants, cela aurait un sens, soupira Tania Mallette en regardant les paliers aux plaques d'acier riveté défiler de l'autre côté de la grille. Je veux dire, sourit-elle à la manière d'un ours blanc sur sa banquise, que c'est le genre de réflexion que vous comme moi pourrions au moins avoir en commun. C'est tellement ridicule de devoir prendre la navette tous les mercredis pour se retrouver dans cette foutue annexe alors que nous pourrions faire la pluie et le beau temps dans le monde entier depuis Langley. Tania Mallette devenue directrice des actions clandestines extérieures au département spécial de la CIA ressemblait à Tilly Masterson, celle qui avait donné du fil à retordre à Goldfinger et que tout le monde avait enterrée avec pertes et fracas, elle parlait ainsi à Bodybuild, un agent de haut niveau qui travaillait avec elle sur des problèmes eurafricains.

 

Elle expliquait à Simon certains points déterminants, notamment sur l’importance du mensonge dans toute stratégie politique et militaire, elle cita en exemple l’opération New Diamond greffée sur l’affaire.

Il était devenu un moment l’amant de Tania et peut-être l’ami d’un Henri.

 

Que dire d’une blonde quand tout à déjà été dit ? Y avait-il une blonde dans les dix premières minutes d’Henri au 349 ?

Souchonade.

Rétines et pupilles,

Les garçons ont les yeux qui brillent

Pour un jeu de dupes :

Voir sous les jupes des filles,

Et la vie toute entière,

Absorbés par cette affaire,

Par ce jeu de dupes :

Voir sous les jupes des filles,

La, la, la, la, la......

Que disait donc cet ami chez qui tout un chacun vient épancher sa verve ? le temps qui passe, le temps passé, ...

Georgiades et rodomontades...

Honte à cet effronté qui peut chanter pendant

Que Rome brûle, ell' brûl' tout l' temps...

Honte à qui malgré tout fredonne des chansons

A Gavroche, à Mimi Pinson.

 

En mil neuf cent trent'-sept que faisiez-vous mon cher ?

J'avais la fleur de l'âge et la tête légère,

Et l'Espagne flambait dans un grand feu grégeois.

Je chantais, et j'étais pas le seul : "Y a d' la joie".

 

Et dans l'année quarante mon cher que faisiez-vous ?

Les Teutons forçaient la frontière, et comme un fou,

Et comm' tout un chacun, vers le sud, je fonçais,

En chantant : "Tout ça, ça fait d'excellents Français".

A l'heure de Pétain, à l'heure de Laval,

Que faisiez-vous mon cher en plein dans la rafale ?

Je chantais, et les autres ne s'en privaient pas :

"Bel ami", "Seul ce soir", "J'ai pleuré sur tes pas ".

 

Mon cher, un peu plus tard, que faisait votre glotte

Quand en Asie ça tombait comme à Gravelotte ?

Je chantais, il me semble, ainsi que tout un tas

De gens : "Le déserteur", "Les croix", "Quand un soldat".

 

Que faisiez-vous mon cher au temps de l'Algérie,

Quand Brel était vivant qu'il habitait Paris ?

Je chantais, quoique désolé par ces combats :

"La valse à mille temps" et "Ne me quitte pas".

 

Le feu de la ville éternelle est éternel.

Si Dieu veut l'incendie, il veut les ritournelles.

A qui fera-t-on croir' que le bon populo,

Quand il chante quand même, est un parfait salaud ?

 

Pas même Georges...

 

Je le confesse m’avoua Henri, cette blonde bon sang cette-là ! Elle apparaissait régulièrement à l’aube, comme un dernier rêve qu’on fait. Cauchemar et étrange séduction, avers et revers, je m’éveillais en elle où se révélait à chaque fois ce qui m’avait secrètement attaché et me tient aujourd’hui encore dans la nostalgie et le remords, surtout le remords. Trente ans plus tard, j’en conserve le souvenir trouble suprême de docilité entre mes bras, plaisirs surgis du fond de l’obscurité, ultimes complaisances du corps, jouissances muettes ou au contraire baffles écrasantes d’aiguës en basses, mélodie du bonheur, cris perdus. Mary Poppins, Marilyn Monroe, grande déchirure de la tête et du corps dont j’ai encensé les friandises et les plats de chair, étendue et mise à nue, bouche offerte, langue guidance, doux frottement de soie contre soi qui nous rapproche de plus en plus.

Jamais je ne me suis autant haï, jamais angoisse ne m'a été plus douce. Tout à une fin, celle-là se conclut un matin où elle dit « il est mignon », parlant ainsi de mon magnifique zob en pleine expansion.

Bien entendu, elle était censée me complimenter de façon plus hyperbolique — gigantesque, grand, élevé, fort, élancé, promontoire, cime, crête, tribunes, même « gros » auraient fait l’affaire, n’importe quoi en fait, sauf « mignon » — et peut-être fut-ce uniquement mon lugubre silence qui l’incita alors à me caresser et à me branler avec une ardeur qui alliait le tournemain d’une courtisane à celui d’une trayeuse de vaches d’une ferme modèle.

 

 

 

La bille explose les bumpers et le ventre, sexe compris percute la machine pour dévier le choc des flippers, je le tiens, tous me regardent, putain vérolée, je l’ai, je l’ai, oui, c’est bon, super bon, schnock, clac, crac boum hue, ftac, huitième partie gratuite ! Chicote de vieille couille s’exprima fortement le supporter de gauche, un certain Marcel.

Encore un nouveau personnage, il naît je ne sais combien d’enfants par minute, surtout chez les Arabes et les Viets qu’iraient combattre ce prototype du parfait ordurier et ses fanfarons lieutenants de collège, redoublants perpétuels fatalement plus costauds que les autres.

Quatrième bille seulement, explosions de jolies couleurs, vacarme de tchouc tchouc bing bong pan et re-crac boum hue électroniques de la salle pas trop éclairée de la petite chaussée de Boondael, Jean-Claude est en train de faire un carton, secouant limite tilt soulevant tapant du poing sur la glace six cents francs quand on la casse, virtuose, réflexes à toute épreuve, le jeune homme blond au visage poupin abat sans faillir les armadas déchaînées de fireball. Extended Play ! Fired ! Shoot up ! Shut up ! Une boule déboule, et une autre et les trois qui étaient stockées dans le panier supérieur sur la coulisse chromée, la Force est avec moi, Level Force One au maximum, hahaha.

Vivats parmi le petit groupe de spécialistes impressionnés, super chiotte hurla le Marcel de plus en plus ordurier, menteur, voleur, gagne-petit et piètre camarade, son côté voyou charmait les filles en manque de père qu'il ne tarderait pas à engrosser pour répéter l'histoire et qu'on l'appelle Adolf t’inquiète, connais pas ! La politique se mêle de tout, rouges cathos ensembles pour un avenir durable de pognon dans les portefeuilles des pauvres édiles du peuple discrètement installés dans les coulisses du pouvoir par le suffrage universel, la plus conne façon de s’exprimer hurle à nouveau le petit Marcel qui est devenu grand. Il se la jouait.

Dans sa tête, le vide prenait les couleurs des spots successifs que le copain allumait sur le tableau de chasse Roller ball, bally’s for the live You play you win. Un modèle de pompe fric terrifié par l’ardeur d’un Jean-Claude en phase d’excitation trois.

Très dur d'arriver à un tel niveau. Boum, niqué le black devil. Une fois de plus, David affiche le hi-score.

Game over. Epuisées les parties gratuites. Les deux copains quittent les lieux.

Mains dans les poches, Jean-Claude et Marcel avancent dans le dédale des petites rues jouxtant l’université, passant de parcs en cimetières pour descendre vers les vieux bâtiments de l’ancien hôpital militaire.

Marcel se donne un genre, il affecte des manières d'aristo, mais ses vêtements d'une élégance élimée, trahissent sa condition de fauché perpétuel, papa maman n’ouvrent plus que très sporadiquement les cordons de la bourse. Il prétend appartenir à une vieille famille zwanzeuse aujourd'hui ruinée - pourquoi pas. Lui et Jean-Claude aiment jouer à se faire peur. Ce soir, ils ont l'intention de passer la nuit dans une ancienne salle d’opérations où l’on a dû traiter les Ulhans de quatorze, les furoncles de vingt-cinq colonels, la pédale douce d’un adjudant d’infanterie coloniale et mille blessures débouchant sur la sacro-sainte pension d’handicapé, le pactole !

Chouette coin déclare Jean-Claude en découvrant une table bancale près de laquelle Marcel a installé un camping-gaz.

Sous le plaid d’un Mirza, super cador, quelques boîtes de fayots piquées au Delhaize, deux J and B escamotées au Colruyt, de la choucrote  et des saucisses de Francfort, une lampe à pétrole dont la lumière orangée va bientôt faire osciller les murs.

Atmosphère intime et zarbi, Marcel a perdu une occasion de se taire : des bruits clopin clopant se font entendre. Des pas, des rires, des hurlements inquiétants. Sieg Heil ! Oï oï ! Mauve et blanc de l’avant ! Juifs et Arabes dans les fours ! Des voix mâles aux accents stellaires et jupilastiques. Des skins. Ca s'approche. Marcel regarde Jean-Claude, inquiet. Si ces malades débarquent, ils vont chercher la merde, c'est sûr. Marcel était le costaud de sa classe de petits, ici, il est l’inquiet qui sait qu’il n’y a qu’une chose qui sauve : la fuite..., et cette salle n'a qu'une issue, la porte qui donne dans le couloir d’où proviennent les sons cons.

Jean-Claude écoute. Ouais, ça ressemble à des conneries de skins, petites salopes nazies. Z'ont pas intérêt à venir foutre leur zone dans le secteur. Chut. Paniqué, Marcel souffle la mèche de la lampe. Les deux copains demeurent immobiles dans le noir, l'oreille tendue.

Une lueur balaye la salle d’op. Trois silhouettes à sec de tifs, front bas, sourcils menaçants surgissent du couloir, des cabochards grandes geuyes.

Petit moment de flottement quand ils découvrent les deux campeurs. Ils sont sur leur territoire, ça les contrarie d'y trouver des touristes. Marcel s’étrangle : Salut. On casse la croûte, tranquilles. Vous voulez une saussice, un mou de choucroute ?

Tandis que le troisième rétorque comme prévu que la saucisse on peut se la caler profondément, le premier ricane pouces crochés dans un ceinturon SS, le deuxième sourit à toutes dents, tous jouant avec leurs matraques, façon CRS avant la manif. Jean-Claude est resté assis, silencieux.

— Alors, le nul, tu te chies pas dessus, comme ton copain ? Pourtant, il pourrait vous arriver des bricoles ici. Ni vu ni connu, en plus...

Il commence à ajuster un poing américain.

Je me demande ce que Marcel est devenu. Il y a bien longtemps que je ne l'ai vu. La dernière fois, il se prenait pour une sorte d'intellectuel, de ceux qui confondent Nietzche et Cioran, n'ayant lu ni l'un ni l'autre, et cherchant des excuses à Céline malgré cette fameuse soirée ou elle s’écria à usage intime et seulement du général Dourakine et de l’intellectuel gauchiste : Ma Statue ! mon Square ! mes Esplanades ! ma Ville ! Célinegrad !.

Les modèles traversent plus sûrement la vie que les victimes innocentes ne traversent les passages cloutés des soirées alcooliques. L'ordure conserve, j'en suis persuadé.


05:08 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (4) |  Facebook |

27/06/2004

Ici donc, Henri rapporte du mardi au vendredi jusqu’au 10

Ici donc, Henri rapporte du mardi au vendredi jusqu’au 10 juillet, ensuite il se retirera pour prépare l’anniversaire familial du 14 août. Etait-ce le 14 ?


10:46 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

26/06/2004

T’es bezet dit-il, tandis qu’une grande dégingandée en

T’es bezet dit-il, tandis qu’une grande dégingandée encombrée de cartons à  noirs desseins essayait de s’introduire dans le passage.

En attendant, on peut lire la chronique martiale de juin de Xian chez le judoka, un envol vers une étonnante finale chez Isa, des photos et des textes bout à bout assez surprenants, et des nouvelles du secondaire au secrétariat à partir de ...., quand il y aura de la place pour empiler les dossier, peut-être demain, passez-y régulièrement pour savoir quoi !

 


06:31 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (0) |  Facebook |

25/06/2004

Le sas

Henri traversa le café, suivi du regard par cette blonde tapageuse. Comme les lieux étaient dessinés, il pouvait tout aussi bien aller vers les lavabos ou biffurquer à droite vers la porte de sortie donnant sur la grande plateforme.
Dans le sens, entre les deux portes, un homme était appuyé au mur, empêchant le passage.

07:29 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

24/06/2004

Place Keym

 

Hebdomadaire. Le Nouveau Détective, douze mars 1998, à la main, au marqueur on a écrit : pages centrales.

L'HORREUR est TOTALE !

(Des photographies sépia couvrent la double page où brillent les agrafes de reliure. Les manchettes de textes sont aussi hallucinantes que les images).

La victime était bien connue des services du commissaire Lemoux. (...) Les indices laissés par le tueur dans le jardinet public sont inexistants. Une dame nous explique : Je promenais Mirza quand tout à coup il a tiré sur sa laisse, vers la droite, c’est ainsi que j’ai vu qu’il léchait une cuisse. Un jeune homme passe à vélo et nous remarque, il vient spontanément nous déclarer, c’était prévisible, j’ai souvent remarqué cette pouf, je m’étais bien dit qu’elle allait se faire avoir par les skins qui rôdent dans le quartier. Des hypothèses, on peut en échafauder des dizaines. Le suppléant Frank Leboeuf, candidat aux prochaines élections nous dit qu’on a bien un vague profil des agresseurs de prostituées, mais qu'en déduire ? Que c'est un homme, qu'il doit être jeune et probablement détraqué mais cela pourrait être un vieux jaloux, un impuissant dans la quarantaine explosive, une femme bodybuildeuse, un mystique, une vengeance d’ado maltraité par sa mère alcoolique, un règlement de compte entre souteneurs ? Tout est possible. Rien n'est certain. (...)

 

C’est normal. Henri soupire, regarde autour de lui, regarde par la fenêtre, ici à deux pas habitait Dimitri.  Il tourne la page, un autre sujet, la mort, partout, toujours ...

Entre une image de la baie de Porto Vecchio où se prélasse une baigneuse nue et un rocher des calanques de Piana, une manchette et une publicité directe. Le préfet de Corse, Claude Erignac est abattu en pleine rue à Ajaccio par un commando indépendantiste. Pour tenter d'y voir un peu plus clair dans cette histoire, lisez "Pur Porc" de Jean-Paul Brighelli (Ramsay).

 

C’est normal. Henri ferme un moment les yeux. Comme le temps passe ! Il les rouvre tandis que la porte de l’établissement laisse passer une magnifique créature blonde, une bimbo dit-on aujourd’hui, qui s’ébroue. Une pluie fine descend sur la place et embrillante les carrosseries des voitures qui stationnent n’importe comment malgré la vigilance des demoiselles récemment engagées par le bourgmestre pour le bien de tous. La pluie mouille le paysage de janvier 1998. A l’instar des personnages énigmatiques des Cdécritures, Blinda Sutton passe les pages et les années. Agent action de la Central Intelligence Agency, Blinda est une très belle femme de quarante cinq ans, années que l’on porte aujourd’hui tellement différemment d’autrefois, surtout lorsque l’on est une femme.

Le monde évolue et les idées changent, peut-être parce que certains sacrifient encore des moments de leur vie à un idéal auquel ils croient.

Le torrent est écossais, il aurait pu être alpin ou bavarois, des Rocheuses ou haut Ruanda. Pascal Deinze tout en amenant sa mouche au-dessus d’un trou d’eau murmura :

— Des problèmes, Guil ?

— Aucun.

— Elle est là. Je veux dire la truite. Elles aiment l’oxygène. La vie.

L’ambassadeur se leva du petit pliant de toile et déplissa son pantalon. Où qu’il soit, quoi qu’il fasse, il semblait être tout juste prêt à défiler pour Saint Laurent ou Cardin. Il se voulait toujours très net, d’apparence très soignée.

— Ce n’est pas le cas de tout le monde, je suppose.

S’il détestait quelque chose, C’était bien de faire le travail de la CIA. Surtout le week-end., pourtant, il ajouta :

—Il y a encore des intérêts contradictoires, on dirait qu’on n’en a pas fini avec cette affaire de Melchior d’il y a une dizaine d’années, vous vous souvenez ?

Personne ne parlait de cette affaire et pourtant tous avaient des souvenirs…

Henri se leva, indécis. Besoin d’aller aux toilettes, laisser tout ce paquet de journaux et revues ?


05:56 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

23/06/2004

Jean-Claude

 

Baffe !

Et encore baffe, aller retour sec ! Foutre de gniasse, j’ai failli me laisser surprendre quand je l’ai empoignée par la tignasse. La truqueuse ! Elle avait une perruque, salope, plus que fausse blonde, une marocaine. Menteuse ! fourbe ! Soi-disant les prières, les frères, le châle, fallacieuse, fanfaronne, haro sur l’imposture, une mini anti-pape, des guibolles blanches veetées lisses et pures que ça bronzera mieux cet été que v’là qu’elles sont rouges. Dégueulasse.

Il y en partout de la cochonnerie, de la merde, de la pisse et du sang, m’a vraiment énervé, celle-là ! J’avais lu ça dans le dernier ouvrage de Daco, « Psycho du pauvre et de l’événementiel », paraît que c’est normal et plus féminin que masculin, une émotion grandissante, ça les fait pisser et chier dans le froc.

Oui, je veux bien le croire, mieux, je le crois, c’est du vécu, mais j’en ai plein les mains moi, grosse cochonne ! La perruque, tiens, j'empaume en souvenir. Et le porteur Chanterelle aussi, j'arrache, du beau linge hein pour une biscote ! Hop, dans le sac à dos, à côté de ma petite bouteille de Vittel avec bouchon à sucer pour vrai sportif. Super poilant, je lui fais pouët pouët, je tapote un peu, ça ballotte. Elle a aimé, et puis je m’en fous ! effrontée, mystificatrice, imposteuse, pétasse. Pétasse, j’en ris, oui, une extra super pétasse celle-là. J’ai pas arrêté d’en hilarer. J'en peux plus, je suis crevé. Ca pue là-dedans j'avais pas remarqué en la poussant dans le buisson de rhodos, des dizaines de malpropres doivent venir déféquer ici en cachette pour pas devoir donner son dû à la dame pipi du supermarché. Et puis les chiens, les chats, hé ! ça monte aux poumons. Quelle heure est-il ? Ok, j’ai le temps pour le dernier autobus sous Hermann Debroux.

 

Quotidien La Lanterne, sept mars 1998, à la main, au marqueur on a écrit : page sept, colonne une.

Faits divers.

APPEL à témoin : Le corps d'une jeune femme d’environ vingt-cinq ans a été découvert hier soir dans un buisson bordant le petit chemin qui sépare la station de métro du centre commercial Brico et Super, boulevard du Souverain. La police appelle toutes les personnes qui sont passées par cette sortie de métro entre 21h et 22.30h dans la soirée du 5/3 à se présenter au commissariat de la commune ou dans un poste de gendarmerie de leur choix.

 

Henri a déposé le petit paquet sur la table de la Brasserie, il a défait la cordelette tricolore « administration » qui était soigneusement serrée autour des papiers. Il a commandé un café-filtre et s’est entendu dire que ça n’existait plus, Monsieur peut avoir un normal, un déca, un petit, un capuccino, avec ou sans lait, sucré ou candelabrisé. Monsieur ?

Un normal.

C’est normal. Le second petit article lu, Henri soupire, regarde autour de lui, regarde par la fenêtre, ici à deux pas habitait Paul Delvaux.

Henri essaye de se rappeler mais à l’époque celui auquel il pense avait déjà disparu de la circulation, mort disait-on.  Jean Claude Cornélien, 40 ans en 1985, né à Jurbise. Dernière résidence connue : 15, rue Léon Daumerie, à Cabourg. Formation inconnue. A été mercenaire dans les troupes de Bob Denard. Considéré comme efficace et très bon tireur. Deux fois poursuivi avec non-lieu pour participation à des hold-up sanglants, l’un à Narbonne, l’autre à Rouen tous deux fomentés par l’ETA, soupçonné d’avoir participé à des actions terroristes pour le front de libération corse. Grand, la quarantaine, cheveux très noirs avec une mèche de cheveux blond près de l’oreille. Tireur d’élite. Dangereux psychopathe extrêmement habile du couteau, assez misogyne. Actions supposées pour l’Ordre noir et le Vlaamse blok.

Il a été payé pour abattre plusieurs politiciennes gênantes. Il est dans le collimateur de William Irish, détective privé et chasseur de primes. Auparavant, seize ans de Légion étrangère. Propriétaire de plusieurs bars à N’Djamena, et plaque tournante de petits trafics vers le Niger, le Katanga et le Centrafrique. Il a travaillé pour Marotte.

En 1986, vers le mois d’avril, il s’est fait bouffer par ses chiens, des dobermans qu’on avait rendus fous avec une drogue quelconque.

Son décès a été annoncé à Clovis qui a fait passer le message...


05:46 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |