29/02/2004

Le bien le mal

 

Pour notre bien

 

Pour notre bien, un beau jargon, un philosophie qui ne doit rien au langage, une languette savoureusement simple, l’auteur du texte a une bonne lavette, sa menteuse est parfaite, retour à hier et c’est ce qui a mis la puce à l’oreille de Céline.

Ce n’est pas Pierre Martin. C’est un zombie, de quoi me parle cet égaré, c’est un test, y-a-t-il même un manuscrit ?

— Vous ne m’écoutez pas, je vous dis que je n’ai pas fini de le photographier, qu’ensuite je pourrai vous le montrer, que celui qui me l’a confié est intéressé à le vendre, si, si, mais bien sûr il espère que l’intermédiaire professionnelle aura un amateur aux reins solides.

Les reins solides.

Pierre Martin, Philippe Martin, Martin... Martin, je suis certaine qu’il ne s’appelle pas Martin, je suis certaine qu’il n’est que façade, les photos sur le mur octogonal ne sont pas d lui, il n’y a qu’un bonhomme qui a fait celles-là, souvenirs, souvenirs, je suis en danger, c’est certain, certain, martin, martin, l’ours martin, frère marin, le femelle martin du fameux procès qui commence demain. Pourquoi parler de cela, qu’y-a-t-il à en dire ?

— Oui, vous comprenez, nous ne pourrons plus nous rencontrer avant le printemps, ceci n’était qu’une prise de connaissance, donc vous avez un acheteur, moi, dès demain je couvre le spectacle belge du siècle, nouveau théâtre d’un milliard en fumée béton et verre, beaucoup d’argent en jeu pour les témoins anonymes, les vampires cachés, les ministres de commissions à arroser, les policiers véreux, les avocats douteux.

— Les bijoux de la Castafiore ?

— Comme vous y allez ma chère (il me donne du ma chère, ce n’est pas Martin, c’est un faux Martin il est piloté drogué tétanisé) les bijoux de famille, mais pas de mauvais jeux de mots, un certain Pajojo s’est déjà fait fustiger en 1999 en donnant le résultat des courses , le jury a déjà décidé n’est ce pas ?

— Quel jury ?

— Enfin, d’où sortez vous, votre voyage à Marseille récent vous a–t-il fait devenir fada ?

Comment sait-il cela

— Demain je suis accrédité comme photographe au procès Dutourd, vous imaginez bien que cela ne peut se rater, des photos par milliers à faire de cloportes de tricoteuses de baveux défendant à coup de manche l’épaisseur de leurs honoraires.

C’est Wyat ( prononcez ôô ), je suis en danger, ressourçons nous, Je sais que dehors sur le seuil m’attend Henri, plus loin, Palumbo veille mais qu’y peut la police ?

Que fait la police ?

Dormez bonnes gens le procès du siècle vous éblouira, l’enchanteur sera de service, on dit même qu’un cardinal dévot s’est fait brancher une ligne directe pour prier pour l’âme des mécréants.

C’est Wyat, il n’y a que lui qui avait fait des photos de Henri K en train de négocier la paix en Israël contre la peau du Shah. Il n’y a que lui qui a pu prendre la photo de Jean-Pierre Henri à la manifestation des agriculteurs en colère, la main sur le gourdin, le corps de Germaine ensanglanté sous les piétineurs qui marchaient à la rencontre du ministre à part s’occupant des causes perdues, une languette de terre du bon dieu qui parle français, il y en a un. Il dit la bonne parole.

 

 

Palumbo connaissait un peu l’Henri, fantasque mais solide, il n’eut pas de remord à s’égarer de pages en pages dans la gazette du jour, les potins de la commère, le résultat du Lotto, celui des courses à Enghien.

A l’intérieur de l’immeuble, les choses étaient simples, chacun pensait en son for intérieur à une situation plus agréable, Henri tourna la tête, un délégué de la Kodak international lui délivra un gnon en ultra flash color.

 

Celui-là il m'aggrave la douleur, pensa Henri estourbi et sombrant.

Sous le joug de l’homme, on peut dresser un animal, le rendre plus féroce ; les coqs, les cochons, les chiens, font les frais de ces expériences. Il n’est nul besoin de dresser un homme, il suffit de le placer dans les conditions adéquates. Il n’y a jamais eu de pureté. Au gré des circonstances, l’homme suit la pente glissante de la violence. Dans les situations extrêmes, son humanité le quittera, le représentant de la Chrome company avait suivi les ordres, si un homme s’introduit derrière la femme, tu le poignardes, tu le ligotes, tu le descends à la cave, tu le surveilles. Si c’est une fille tu la mets dans le trou.

Le sbire n’avait pas tout compris, surtout la partie explicative sans mode d’emploi concernant fille et trou mais il n’en avait pas moins assommé Henri.

 

Mon nouveau comptable m’informe que soixante six pour cent des feuilletonneux sont Belges, ceux-là donc ne peuvent ignorer les avatars des policiers carolorégiens, des juges chestrolais et des procureurs liégeois. Quelques uns ont également repéré Boris, celui qui tient le « Viande à toute heure » où Henri et moi prenons souvent le déjeuner voire le souper, mais peu se souviennent de ce Boris-ci. Boris Wyat fut un photographe célèbre, on a tous son heure de gloire mais qui s’obstinant à luter contre ce qu’il ne faut pas , des clichés de princesses décédantes dans des Mercedes, des images de politiciens sur les genoux de péripatéticiennes slaves juste sorties d’un centre fermé, que sais-je encore, une feuille d’impôt thuringienne ou dinantaise à défaut de celle d’un marchand de tapis courtraisien. Boris donc, Wyat pour l’état-civil, kèsako ? avait disparu depuis des lustres de la page d’avant-garde des revues importantes Point de Vue images du monde et autre éventails.

 

La Peugeot fut secouée d’un soubresaut, un curieux feuilleton à moins que ce ne soit une nouvelle faisait bouger Palumbo, faudra-t-il qu’il en parle à sa femme ? Elle était vraiment furieuse et je ne voyais que ses lèvres. Pulpeuses aurait dit l’écrivain. J'insinuai une main sous la robe de Gwen, venue des États, comme on disait lorsque j'avais vingt ans - et j'avais vingt ans il y a bien du temps - et le temps et le temps et le temps et je la renversai sur le dos. Elle se débattit avec rage et je mordis ses lèvres jusqu’au sang et tout ceci a comme un goût de remake.

Plus loin, la Déhache du matin donnait la météo, l’horoscope, enfin toutes choses plus simples et que la police peut facilement contrôler.

 

 

Tous ses ganglions vibraient, il étouffait dans sa tête et dans son corps, Marina derrière le comptoir est très belle et Boris n'est qu'une larve, un misérable organisme irrémédiablement esclave de ses pulsions génitales, capable de souiller un enfant de cinq ans quel que fût son sexe, pratiquement prêt à se livrer au coït avec la chienne d'à-côté, un canard avec un chapeau, un animal vivant au sang chaud. La tête toujours dans les étoiles dessinées sur le brillant de la table, Boris laisse le trouble de son regard se perdre sur les formes de Marina et sa main descendre sous la ceinture débouclée de son pantalon, son sexe gonfle et il le serre, se masturbe, là, dans le café. Il se moque qu'on le voie, qu'on le sache, la honte c'est pour plus tard.

La honte n'existe pas lorsque bière et alcools ont envahit veines et artères. Le désir impérieux, fiévreux, puissant et irrépressible fait monter et descendre la main à une vitesse surprenante, précision du geste mille fois renouvelé.

Mais soudain et avec un zèle viril qui le fit sourire, il redressa le buste, rangea ses mains à hauteur décente, cria un mot à Marina et flou toutefois, quitta la table, le bistrot, le trottoir. D'un pas plus assuré qu'un horse guard devant Buckingham palace, il s'avança joyeusement vers l'immeuble où au cinquième étage, dans l'appartement de gauche, Swap et Poussin devaient l'attendre.

 

Il eut un moment de retenue au coin du square, mesurant peut-être la nature tragi-comique de la passion qu'il vouait à Swap dont il ne distinguait le visage qu'embrumé par, les yeux de Myel, le sourire de Brigitte, la chute de reins de Gina, comprit-il un moment que seul un drame pouvait conclure les contorsions et convulsions d'une passion aussi ridicule. Il ne pouvait ignorer que ses misérables rêvasseries frustrées pouvaient, par la somme de leur désespoir, finir devant les portes citées, celles de l'enfer, voire le tribunal des hommes.

 

Dans la chambre du 5/2 bis, le professeur eut un coup de chaud et devant le miroir se posa quelques questions, il avait fait des études, des recherches et encore des thèses, il avait lu Stendhal et les Trois mousquetaires, et même Madame Bovary, il savait le danger des rêves, lui aussi.

Allongée sur le lit, Swap s'efforçait de ne pas trop le plaindre ou l'admirer. Il était nu comme il aimait vivre depuis qu'il l'avait rencontrée, elle ne s'était pas attendue à moins, naturellement, et, à la lumière du feu d'ambiance, des fausses bûches au vrai gaz de ville, elle pouvait distinguer son visage empourpré, et ses cheveux châtain roux, qui commençaient à se faire rare sur le dessus, tombant en bataille sur ses yeux qu'il gardait baissés comme s'il n'osait pas les lever sur elle, son organe, qu'il appelait joyeusement Prince d'acier, était rigide

 

— Chouette ton zob, dit-elle ajoutant que c'est comme ça que l'appelle Boris. Comment dites-vous par chez vous ?

— Parfois on dit une bitte, chuchotai-je. Dans certains coins, ils disent une trique ou une queue ou une pine, un dard, le zizi, le machin, la pendouillette, que sais-je. Il te plaît, le mien ?

C'était à peine si je m'entendais parler.

 

L'ambiance l'incita alors à le caresser et à le branler avec une ardeur qui alliait le tour de main d'une courtisane à celui d'une trayeuse de vache. Ce fut exquis : il l'écoutait soupirer à petits coups rapides, il soupirait lui aussi, et quand elle murmura : Mets-toi sur le dos, Chéri, lui traversèrent l'esprit en un éclair les images des insatiables fellations qu'elle administrait à Boris et qu'elle lui avait décrites avec franchise. Bêlant de détresse pareil à un bélier sous le couteau, il sentit ses paupières se crisper brusquement et, ouvrant toutes grandes les vannes, il lâcha un torrent palpitant. Puis il mourut. Il va sans dire qu'en cet instant de détresse, elle n'aurait pas dû pouffer de rire, ce que pourtant elle fit.

 

Quelques minutes plus tard, cependant, elle devina son désespoir et dit :

— Il ne faut pas que çà te rende triste

Il resta prostré là, chiffonné comme un sac à provision détrempé, les yeux hermétiquement clos, tout à fait incapable d'affronter l'abîme de son échec. Une escouade de lutins diaboliques ressassaient d'un ton railleur la formule d'amour au fond du puits sombre de son désespoir. Plus il ne pourrait rouvrir les yeux pour affronter le monde.

 

Il l'entendit pouffer de nouveau, risqua un coup d'œil.

— Regarde, Chéri, disait-elle, c'est bon pour le teint.

Il vit cette folle d'amour masser doucement son visage pour imprégner sa peau avec le jus que Prince d'Acier avait envoyé.

 

— Comme dit toujours Boris, le foutre c'est plein de merveilleuses vitamines, dit-elle.       
Pas la peine d'avoir l'air si tragique, Chéri. Ce n'est pas la fin du monde, ça peut arriver à tous les hommes, surtout quand ils sont jeunes et forts comme toi.

 

Viens près de moi, je m’en fous, moi, c’est ça que j’ai sous la main, dis-je en lui prenant les seins à pleines mains.

 Ce n'est pas parce qu'Henri Lundentreux s'évade qu'ils partiront tous, j'en tiens quelques uns en laisse, je les appâte, j'ai mes chiennes ...

Corinne est une chienne.

Parce que j’avais l’air un peu noir et que je chantonnais, elle m’a traité e salvadorien, qu’est-ce, comment  est-ce possible de quoi on cause ici alors que manifestement je ne pensais qu’à lui donner du cœur à l’ouvrage, lui montrer mes bonnes intentions.

Je lui ai collé une baffe.

Elle a souri la souris et stupéfait, je suis resté figé sur place.

 

 

Palumbo n’y comprend plus rien, il a fermé les yeux et même tourné le miroir de courtoisie, basculé le rétroviseur intérieur, il pense, il pense donc il suit, il suit à la piste, il piste le chien, le chien en parler à ma femme. Henri, lequel est-ce maintenant, ils font tout pour brouiller les pistes, je vais reprendre le fil d’Ariane, encore un personnage, la pièce devient folle le conte s’emballe le comte y compte bien encore des recettes pour d’Avignon, faut-il une apostrophe un apostrophe que dit Julie Larousse ? Un vingt neuf févier, on peut tout dire, la suite ne viendra que dans quatre ans, on a le temps de remettre ses idées en place, on a cru voir passer une journée qui ne sera pas inscrite sur le livre de bord, d’ailleurs, comme il se doit, Palumbo fouillant dans la boîte à gants n’y trouve qu’une paire de mitaines, un croque-monsieur moisi d’une planque ancienne, des vers d’Alexandrie, un Poelvoorde démoniaque, NH3, c’est quoi ce foutoir, où sont les lecteurs, personne dit rien alors, on dérape, on s’égare, on s’esquive, l’auteur pourrait-il placer ses personnages là où la morale le réprouve, une belle sous couverture, un autre en première page le monde évolue et les choses changent.

Dans la Peugeot l’ordinateur de bord cliquote :

Mon cher Martial,  sans doute n'intellectuellisions nous pas trop entre 50 et 60...  en ce temps-là le monde était divisé en jouyeux drilles ( nous) et les autres ...  maintenant les autres essayent de nous parler, de nous convertir...à Tintin.  Ils n'ont pas compris que nous étions Tintin.  Xian

 

Ce message ne m’est pas destiné pense Palumbo, tu m’étais destinée chante Paul Anka dans le Philips à commande pouce index subtil, le policier se prend la tête et son imperméable sur la banquette arrière pensant à tout ce que cette banquette avait vu dans sa jeunesse. Ah le bon vieux temps, il sort du véhicule les yeux obscurcis d’une émotion rare, l’avenue du vieux temps lui donnait le cafard était–il en mission, que faisait il dans la police, le trottoir est boueux ce n’est pas de la boue.

C’est de la neige de la neige : le vingt neuf février, la planète se réchauffe, faisons quelque chose un truc insolite.

 

Palumbo se place contre un marronnier séculaire, déboutonne (une ancienne coupe) sa braguette, farfouille ( la foire à la farfouille, il sourit) dans un Dulcia supercoton croisé poche kangourou que c’est jamais possible de la sortir par où il faut, il urine contre l’arbre.

 

Vingt neuf février 2004, un policier en service pisse contre un arbre classé !

La nouvelle éclatera demain dans ls presse.

 

Il faut que le lecteur ait son content chaque jour.

 


07:13 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

28/02/2004

Idées générales

Mettons-nous autour de trois, quatre idées générales qui devraient devenir le moteur de planification d'actions communes pour en arriver à effectivement changer les choses, disait Céline, intello pire que ça tu meurs, à ce macho de Pierre Martin qui l’avait assise dans ce célèbre fauteuil d’osier qui avait contribué un moment à la relance de l’économie, d’Ikea et des planteurs de saules.

— Tiens, remarque-t-elle incidemment, vous avez également participé à cette campagne de pub pour les laiteries ? en pointant du doigt une photo sous laquelle le slogan de Jump s’étale en lettres blanches sur fond de campagne biologique «  Je la lie, je la fouette et parfois elle passe à la casserole ».

Pierre Martin sourit et ajoute suave, fixant les seins de Céline, un peu poussés vers l’avant, à cause du dossier trop droit du fauteuil : "On peut tout oser avec Babette ! 69% des Suédoises font des choses incroyables avec les mains" ou "82% des italiennes le font régulièrement à leur mari"

 

Ainsi donc voilà votre contentement de réflexions pour tenter de comprendre ce qui se passe et pourquoi Henri K retraité va bientôt reprendre du service avec la belle Céline pense un lecteur avisé qui attend lui-aussi que le photographe ou son assistant daigne s’occuper de lui, mais le monde est ainsi fait que l’égalité se perd au grand dam des matheux. Plus il y a de paires de nichons dans l’angle de vue, moins il y a de chance que le chef s’occupe des candidats subalternes.

Céline jette un coup d’œil vers l’extérieur, un beau jardin de ville soigneusement entretenu par Raymond, un décorateur bien connu qui vous pique un rosier, vous effeuille une marguerite pétalisant de jaune une violette une pensée, un bégonia. Cela doit côuter cher en chauffage pense Céline qui lève les yeux, le soleil qui éblouissait un peu s’est voilé et le ciel est devenu de neige. Dans une heure tout sera blanc sur le toit, sur les toits, quelques photographes de la ville en feront de joli cliché, peut-être Hollinx saisira-t-elle un pigeon traversant un flocon, Céline sourit pensant à son Henri qui n’aurait pas hésité à dire le contraire, horrible va, se murmure-t-elle en frissonnant. Où peut-il être, elle l’avait quitté hier soir fâchée, comment pouvait-on se fâcher avec un Henri aux douces mains, aux lèvres vagabondes...

 

Henri fait la grue dans la tourmente neigeuse qui s’abat sur la grand’ville. Il pense qu’il aurait mieux fait de rester à la Grande Motte, à l’Acapulco, beau bâtiment construit en 1969 sous l’impulsion du général de Gaulle qui s’y connaissait en bien-être, lui qui avait dû quitter l’Elysée pour cause de plafonds trop bas. Ils étaient arrivés Céline et lui fin août l’année dernière pour terminer quelques affaires divergents et communes, Céline guidant avec soin le véhicule étonnant qu’elle avait alors et se laissant volontairement suivre, n’est-ce pas une habitude féminine ? La cohorte était donc venue s’installer qui sur le parking extérieur, qui dans le garage souterrain, quatre jolies voitures de feuilleton télévisé, manquaient plus que Starky et Hutch et un ami de James, shérif, pour basculer une Chevy dans l’étang de Mauggio.

Un quart d’heure plus tard, Céline et Henri dans la piscine privée collective des locataires et propriétaires d’appartements, regards de quelques faméliques qui passent pour aller à la plage, aujourd’hui, le monde est divisé en deux, les branchés et les autres, ceux qui n’ont pas de cartes d’appel, de crédit, de passe pour ouvrir la chambre meublée.

 

Elle n’écoutait pas, Céline, elle était peut-être elle aussi le long d’Aigues-Mortes, se demandant si le jour était venu de décider d’Henri ou de repousser un homme pour en tâter un autre, un melon, c’est comme les melons disait Isabelle, à l’école de la Providence, en présentant son millième fiancé.

Un jour enfin, il faut bien en arriver là, mais chaque jour ne se doublait-il pas de cette présence rêvée et cela avait été si souvent ce jour que je me retrouve devant des souvenirs à trier. Et j'ai bien peur de choisir au nom de la réalité l'image la moins réussie, comme s'il convenait de protéger le rêve, le taire. Un jour enfin, rien ne le distingue a priori des autres, ceux qui le précèdent aussi bien que ceux qui le suivront, ce jour-là, couchée sur le ventre, nue, bain de soleil quotidien sur une plage déserte, je réinventais le monde. Le monde c'était lui. Le front sur mon bras replié, le nez à ras du sable, une fois de plus je l'imaginais debout derrière moi. Son regard me brûlait des reins à la nuque, zone du corps la plus sensible au soleil. Son regard m'écrasait contre le sable. Cela devenait intolérable, j'allais me retourner, dix minutes pile, dix minutes face, ainsi règle-t-on les rôtissoires, quand j'entendis sa voix. Oui, j'entendis. Mon cinéma était muet. Je pouvais rêver à rebours, à répétitions, couper les images, bloquer un geste particulièrement apprécié, mais s'il parlait c'est qu'il était là !

Lui, qui se disait écrivain dans le Sud était derrière moi, devant moi. Écrivain dans le SUD.

— C’est donc un scénario basé sur un écrivain du Sud, mais nom d’une pipe dit Pierre Martin, en élevant la voix, passez-moi l’expression, le courroux, vous n’écoutez pas ma chère ! 
Vous avez l’air inspiré d’un vieux colonel de l’armée des Indes sirotant un cognac bien vieilli qui réchauffe les entrailles dans une culotte de velours.

— Un whisky

— ????

— Oui, un colonel de la Queen ne boit pas de cognac, ce serait crime, lèse-majesté !

Céline était perturbée par toutes ces images, photographies et affaiches ornant les murs, l’antre du photographe Martin l’avait plus surprise qu’elle l’avait laissé voir, tout concourrait à frapper l’imagination, à rendre le maître des lieux suave et omnipuissant. Il avait repris son discours, peut-être même parlait-il du manuscrit, du tapuscrit, du livre qu’elle était venue examiner, elle n’entendait pas vraiment, un filet de voix, ce coin-là ressemblait à une salle de torture, l’autre à un tribunal ou la table de l’échevin et du maire qui vous marient, un démon la regardait affichant un large sourire sur son visage immonde. A ses cotés se tenait un homme, probablement un vampire étant donné la pâleur de sa peau.

« Que se passe-t-il ici ? » elle fonça tête baissée et abattit son pied sur le vampire qui para avant d'étaler son véritable visage. Il frappa la tueuse au visage, laquelle avec la maîtrise apprise chez FanT’cheu pulvérisa le pustulant.

Que disait-on ? Où en était-on, tétons, mais c’est fou ce type, il ne fait que regarder mes seins ! Ce qui provoqua la réaction convenue entre eux et elle, les pointes duricirent, s’affirmèrent, se poussèrent du col, titillèrent le vêtement léger attirant le regard inquisiteur plus encore.

 

Je monte les marches pensivement. Je pousse la grande porte semi-vitrée, cuivre métal selon Horta, l'immeuble me tombe sur la tête. Quatre types surgissent et me démontent méticuleusement le portrait. Ça pleut de tous les côtés. Des coups de poings, de têtes, de pieds. Je n'ai pas le temps d'esquiver. Je suis à terre presque évanoui. Les coups de pieds continuent de me briser les côtes tandis que des doigts me fouillent et me dévalisent. Un dernier shoot à la tempe et je perds connaissance, cela devient une habitude, il faudra que je dépose un brevet.

 

 

Un vampire, pensa Céline, heureusement j’ai plus d’un tour dans mon sac (un Louise Fontaine, croco serpent). Elle apparut devant Pierre Martin, elle ne portait pratiquement rien, juste des sous vêtements noirs qui luisaient à la lumière de la lune, taillés dans du cuir de Hongrie véritable.

Elle s’approcha lentement du trétaux style inquisition jésuite d’Ignace de Loyola, en se déhanchant, Martin sentit un puissant désir l’envahir, la petite fouineuse d’archives était des plus délicieuses. La voici enjambant la poutre de chêne et commençant à s’avancer à quatre pattes vers le vampire lui dévoilant une grande partie de sa poitrine, elle continua lentement et caressa l’entre jambe de son « prisonnier » en passant à coté.

Je délire, cette fille me fait délirer pensant le photographe en secouant un peu sa tête de gauche à droite pour se remettre les idées en place, nous sommes en ville, au vingtéunième siècle, il y a des autos sur le trottoir, des piétons dans la rue, un tram nouveau modèle qui traverse l’aiguillage, ma secrétaire qui tapote son téléphone et Raymond qui aspire l’herbe plastique du jardin. Tout à l’air normal, je suis normal. Si je buvais un café !

— Puis-je vous offrir un café avant que nous parlions de ce qui nous occupe ?

Dehors, dans son automobile, Palumbo lit le dernier communiqué de la police municipale rénovée, prend une valda pour la toux dans la boîte à gants, s’occupe en lisant pour la troisième fois un petit article amusant dans le Passe-partout qu’il a emporté en sortant de chez lui :

 

ELLE ÉTAIT BELLE LA VIE

L’article n’était pas signé, un hurluberlu de plus sans doute mais amusant, un survivant.

Les survivants!!!  

Message personnel à tous ceux nés avant le 3ème millénaire. Les autres ne pourront pas comprendre !   L'enfance des années 50, 60, voire 70.     En regardant en arrière, c'est dur de croire qu'on ait réussi à survivre   si longtemps.     Lorsque nous étions enfants, nous nous promenions en voiture sans ceinture   de sécurité ou d'airbags pour nous protéger.     Nos chambres étaient peintes de couleurs vibrantes au plomb et nos maisons   étaient isolées à l'amiante.   Il n'y avait pas de couvercle de sécurité sur les bouteilles de   médicaments et de produits toxiques ni de serrures sécuritaires sur les   armoires. Et lorsque nous partions faire un tour de vélo, on le faisait   sans casque!   On allait seul en ville chercher le pain, le lait dans un broc en   aluminium à peine fermé.   On buvait même de l'eau directement des tuyaux d'arrosage. Quelle horreur!   On se faisait des petites voitures (caisse à savon) avec des vieux patins   à roulettes et des planches en bois pleines d'échardes et on se laissait   aller dans les descentes, sur le trottoir bordant la Nationale, pour   s'apercevoir trop tard qu'on avait oublié de mettre des freins.   Après être rentrés dans les buissons ou les clôtures à quelques reprises,   on solutionnait le problème.   On quittait seul la maison tôt le matin pour aller à pied à l'école et on   revenait souvent au moment où les lampadaires de la rue s'allumaient.   Imaginez donc, pas de téléphones portables, personne ne pouvait nous   joindre de la journée.   On mangeait des gâteaux secs, du pain et du beurre et nous n'étions pas   obèses, ....,il faut dire que nous jouions presque toujours à l'extérieur.   On buvait souvent à quatre ou cinq dans la même bouteille et il n'y a   jamais eu de décès à cause de çà.   On jouait à des jeux dangereux et souvent, on se faisait mal. On grimpait   dans les arbres, on enjambait les murs des voisins. Parfois, il y avait   des chutes, avec des coupures et des os cassés, mais personne n'était   blâmé.   C'était l'apprentissage de la vie.   Parfois, on se battait entre nous, on avait des bleus, mais on apprenait à   passer par-dessus.   On n'avait pas de Nintendo 64, de Playstation 2 ou de X Box, sans compter   les jeux vidéo ou même les 99 canaux de la télévision, les magnétoscopes,   les ordinateurs personnels, etc. etc...   Mais nous avions des amis et si nous voulions les voir, tout ce qu'on   avait à faire, c'était de sortir et se rendre chez eux, sonner et entrer   pour pouvoir leur parler. Imaginez ça, sans même demander la permission à   nos parents !   Comment faisait-on tout ça, sans gardiens, dans ce monde cruel ?   On inventait des jeux, avec des bâtons et des balles de tennis, on   mangeait toutes sortes de choses, mais contrairement à ce qu'on nous   disait, rarement quelqu'un perdait un oeil ou était infecté d'un virus.   Certains écoliers n'étaient pas aussi futés que les autres.   Parfois, ils manquaient leur année et devaient redoubler. Les classes et   les examens n'étaient pas encore ajustés pour compenser ces différences,   qu'elle qu'en soit la raison.   Nos actions étaient les nôtres. Nous en supportions personnellement les   conséquences. Personne pour nous cacher. L'idée de se faire protéger par   nos parents si nous commettions une infraction était impensable.   D'ailleurs, nos parents étaient du côté de l'autorité, c'est t'y pas   effrayant?     Mais cette génération a produit les meilleurs preneurs de risque,   solutionneurs et inventeurs. Les dernières 50 années ont été une explosion   d'innovations et d'idées nouvelles.   On avait la liberté, la responsabilité de nos succès, ainsi que celle de   nos défaites.   Le plus important, c'est qu'on a appris à vivre avec tout çà.   Félicitations, car tu es de ceux là.   Pour ne pas oublier, transfère ces quelques lignes à quelqu'un qui, comme   nous, a eu la chance de grandir avant que les avocats et les gouvernements   se mettent à réglementer nos vies... pour notre bien.

 

 

Tiens, pense Palumbo, Henri rentre chez Martin.


06:57 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

27/02/2004

Dans le fauteuil d’Emmanuelle.

 

 

« Je n'aurais jamais cru qu'ils goberaient cela ; mais ils gobent, ils gobent, les imbéciles… Bientôt, comme dab, je serai même plébiscité. Mon problème, c'est que je n'ai pas encore trouvé de coffre assez grand pour contenir tout ce que j'ai maintenant ». Ainsi s’exprimait en lui-même un Henri fougueux que nous avons déjà rencontré, subtil fantôme, prix poubelle de l’année, excusez le défaut de présentation mais il pourrait s’y croire, il remue, on le sent bien, est-ce sur les traces de l’un de ses ouvrages que je marche, pense Céline qui n’est plus sûre de rien, c’est le début de la confusion.

La confusion dans la clarté disait Charles, un ami de toujours !

Il va bien falloir enfin, après une énigme non encore résolue, une de plus après l’ami Mendez, le fameux Clown André et Wellenstein que l’on prit même pour un manipulateur, un mage ... , je disais qu’il allait falloir entrer dans le vif du sujet pour l’après-pâque juive, qui est comme on le sait une bonne date pour prendre de nouvelles résolutions, il va bien falloir que les choses se mettent enfin en place, qu’à l’instar des chercheurs de boules, je me trouve un compagnon plus stable, un appartement plus grand, des boulots moins précaires, des aventures moins dangereuses et dont on pourrait raconter tout sans se faire fustiger par le fameux Skybeans, grand juge du ciel et de l’Ouest !

Pour celles et ceux qui arrivent par le train d’onze heures, je résume, je m’appelle Céline, j’habite un chouette appart bloc 349 près d’Orly d’où je vois décoller les grands oiseaux de nuit de la Déhachelle, je siffle les marchés de Provence et après des études plus fouillées qu’on ne l’imagine j’ai obtenu d’un prof de philo une peau d’âne qui me permet de faire un peu ce que je veux grâce à l’héritage de l’oncle Joseph, celui qui était parti avec Djiji en Amérique, la génération passée, quand l’Amérique c’était moins loin...

Je tiens une bouquinerie presque sur le coin d’une rue renouvelée sans cesse, tramway, pas tramways, bus, trolleybus, métro, taxi, piétonnier, au gré des humeurs de l’échevin élu démocratiquement, je jouxte un petit grec qui pittasse et en face l’entrepreneur Sicilien travaille avec des Noirs, un quartier de ma grand’ville avec odeurs et senteurs, avec langues vivantes et matrones en boubous, la dauphine de Gil Jourdan est garée sur le trottoir ce qui va lui valoir des ennuis mais il paraît qu’un Japonais subtil a inventé un réducteur qui permettra aux citadins de raccourcir leur voiture ou alors Monsieur Kub va rembourser les autos actuelles et tout le monde recevra une Smart, ainsi pendant quelques mois, il y aura assez de place pour se garer.

Une autre idée est que chacun à son tour se gare à l’aéroport d’où le ticket pour Pise ou Carcassonne est moins cher que pour la porte d’Auteuil ou le stade du Heyzel, tant il est tellement vrai que l’herbe est plus verte ailleurs et que Pise mériterait mieux comme architectes que ceux de la place Saint Lambert et que Carcassonne, ah ! les remparts, Varsovie, une place peuplée de pianos, je rêve, je voulais dire que le Heyzel, c’est infréquentable depuis le fameux match Angleterre-Italie, 45 à 0.

Alors, oui, bon, c’est simple au lieu de se garer n’importe où, la cage à roulettes est bien logée sur son petit parking gosselien et vous êtes illico dans une autre ville où d’autres gens se demandent où parquer leur automobile, vous leur expliquez le truc simple, téléphoner à Kub ! C’est donc pédibus cum jambis que je me suis rendue à l’adresse renseignée pour y consulter un manuscrit qui me tient à cœur, je fouine, je déniche je consulte je copie je vends je vis ma vie de femme d’aujourd’hui sans tricoter.

Avoir un ami politique, cela aide ! Cela ne m’aidait pas dans la conversation avec Paul Martin photographe attitré du Poids des photos et du chocs des mots, Voici, Voilà, Gala et Flair réunis, je t’achète un cul de princesse, tu me vends un génocide et ainsi de suite, le monde est d’une continuité aussi étonnante que ce feuilleton dont je disais, au début, au début de la page que le grand tournant se profilait.

Palumbo n’avait pas pu coincer l’ami JPH dont il était certain qu’il avait assassiné sa huitième femme, après avoir rasé sa barbe, il tournait en moustique affolé autour de HK, de Lundentreux et de mon Henri à moi, un gamin de rue trouvé dans le caniveau dont j’avais fait mon chauffeur et qui m’avait bien aidé dans l’affaire des bouillons de culture dont je vous dirai un mot un peu plus tard, pas la peine d’ébruiter que la maladie qui n’existait pas avant 1980 ( le Syndrome imuno machin etc...) est fatalement née quelque part, fatalement dans un laboratoire très commerçant et politique et que les jeux à la Fabius n’avaient rien de romains ou d’antiques, vérification simple, sur cobayes, de la petite source de profits épatant pour l’industrie pharmaceutique et les chercheurs associés mengeliques.

 

Tututut le klaxon de la censurette tintinnabule, sujet tabou, le voile le cul et la piqûouse, trop d’argent Céline, trop d’argent... mais alors, Monsieur Martin, le grimoire, un simple cahier de recettes ? Rien de si vieux mais bien explosif , parlons-en donc

       Asseyez-vous dit-il en me montrant la bergère d’Emmanuelle et en détaillant mes jambes, mes hanches, mes seins comme un photographe très pro, comme un boucher avant la découpe...

 

 

Avenue du grand théâtre, l’Henri piétinne devant la porte de l’immeuble classé, il observe. Pour la première fois depuis longtemps, il se sent bien.

Une grosse pouffiasse me fait de l'œil. Je lui tire la langue. Elle prend ça pour une invite. Elle s'accroche à moi et je lui jette mon regard d'oiseau. Elle m'insulte et s'éloigne. C’est la ville habituelle, je piétasse, je ne suis pas le seul, le type n’est pas sorti de sa  403. Est-ce moi qu’il observe vraiment, voilà que son regard suit la grognasse, je pourrais même lui dire que je la connais, elle turbine pour le Boule qui tient un bistrot près de la chaussée de Charleroi. L’était parti à Anvers et dans les îles un moment. Revenu à la vie naturelle il bifteckait deux trois cocottes qui montaient de Louise à la Bascule et inversement, un bon coin avec des Hindous du Mayfair et des ouvriers de la rue du Mail, faut de tout pour faire un monde et une bonne recette.

J’ai voulu saisir mon phone pour dire au flicard pas la peine de la suivre on peut la trouver chez elle à quatre heures après qu’elle est allée chercher sa gamine à l’école communale mais je me suis rappelé les aventures un peu sottes de ceux qui faisait le zéro... (le troisième roman de Raphaël Korn-Adler, médecin et écrivain né en Belgique (de parents roumains), résidant au Brésil depuis l'âge de 18 ans.) mais qui ne vous répond pas quand on l’appelle, il est vrai que là-bas, c’est l’été, en plus c’est le carnaval !

 

Tout cela nous a mené bien loin du scénario : tandis qu’on monte à Copenhague pour faire le tour du monde de l’amour, les malfrats suivent Céline à cause de la drogue planquée dans la camionnette. Un incident par jour étonnant. Cela se passe là où ils sont. Nous v’là rendus et les aventures se sont banalisées, politisées, syndicalisées, polissées.

Il y a même des lecteurs qui sont passé chez Pêle-Mêle, c’est l’enseigne de chez Céline pour tenter de la recruter altermondialistement en lui faisant diverses propositions concernant l'éducation, la politique agricole, l'annulation de la dette, les marchés financiers et le rôle du capitalisme industriel, la destruction de l'environnement, le développement durable, le rôle des femmes,...

On ne peut pas dire que l'on n'a pas accumulé un bagage assez riche et assez détaillé en termes d'analyses et de propositions. Mais au plan général, l’action se passe plus simplement, deux bombes sur la gueule et quelques mariniers pour le décor...

 

Ah ! Palumbo remue dans son aquarium, la porte du 235 s’entrouvre...


06:03 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

26/02/2004

Avenue Molière

 

 

Me v’la donc sur la bordure, comme un maque a regarder pénétrer la Céline, je m’demande bien ce qu’elle michetonne encore. Hier soir, j’ai bien vu qu’elle faisait semblant de chercher quelque chose au hasard dans l’annuaire, le hasard, c’est rien chez elle qui à les deux pieds sur la tête et pas un sac devant les yeux, elle compte tout, elle bascule des cubes et des logarithmes au gré du vent, ho hisse le foc et la bôme, et je te fonce en ayant tout calculé, heureusement, cela m’a sauvé la vie, deux fois, il faut bien le dire, j’avais l’air d’un con...

J’avais l’air d’un con, ma mère, le Georges me fredonne un air du passé...

A l’atelier Oklahoma, elle m’a relevé de la poussière où j’étais les bras en croix, elle a boxé un docteur en médecine qu’était pourtant pas manchot et elle a estourbi Lucette d’un bon coup de savate, un coup de chausson à une danseuse, fallait le faire.

On s’est taillé dare dare, j’ai rejoint les troupes plus la peine de se faire mousser, j’ai laissé la Cad devant la porte du huit, presque sur la place du marché et Céline a fait vrombir les douze cylindres tandis qu’elle jetait négligemment la mallette sur le siège transversal.

— C’est quoi ?

— C’est cent mille dollars.

Tronche, t’imagine, pas moi j’imagine rien, cent mille verdâtres c’est nimaginable, revois ton jargon j’y dis !

— S’y tu n’y crois pas, tu ouvres la valise, si tu ouvres t’es un homme mort.

Elle a dit ça comme on vous pousse une valda, un ton monosyllabique de fantôme du château de Transylvanie avant l’halloween. Congelé le pépé, vert l’Henri, poireau et vroom elle passe la troisième, la surmultipliée qu’est l’overdrive qui vous propulse seize litres de vrai carburant avec soufre plomb et chevaux en pagaille. On s’est retrouvé sur l’A10 à cent trente, juste pour bloquer pile au péage qu’ici on ne paye pas, on reçoit un petit carton à tendre à la sortie.

On a roulé plein pot jusqu’à ce que je me risque à demander : et mes plaques ?

— T’occupe ! Elles sont en sécurité dans la Peugeot.

— La Peugeot ?

— Celle qui ne nous lâche pas le train.

Je jette un œil délicat subtil à le récupérer, faut pas laisser traîner ses affaires personnelles partout, derrière nous, à aussi bonne allure, une 403 d’avant le Vietnam, toute capote dehors et même avec un phare cabossé. On ne distingue pas bien le chauffeur qu’à l’air de chauffer tout seul. Arrêt pipi, tandis que Céline se tortille pour faire glisser son petit linge bleu, je vérifie le train, nous sommes trois, peut-être quatre à vouloir grignoter de l’asphalte pour dépasser Millau, virer sur la grande bleue, amerrir dans le Listel et les salins.

L’ambulance, la 403, une Ds qui respire, une grosse allemande aux vitres teintées qui roule doucement vers une poubelle touristique.

Ma grande jacasse revient me questionne, ai-je un besoin, besoin de rien, vroom, c’est reparti comme en quatorze, oui, on a les Allemands aux fesses... je n’ose pas croire que c’est depuis Lübeck, juste comme le metteur en scène allait gommer le petit côté où tout est bien expliqué.

 

 

Sur ma tranche de rue encombrée de voitures qui ne savent pas encore que c’est un délit grave de stationner sur le trottoir, passent un de ces habitants de la ville qui ne ressemble pas aux autres. Tout va bien dans ma grand’ville sauf des fois, entre un ancien Roumain et un philosophe grec, entre une marchande de tee-shirts issus du commerce équitable et un clampin qu’a piqué la moto de son cousin, un type à l’oeil sournois, un regard en coulisse, une tête un peu de travers à moitié occultée par un passe-montagne, d’usage on le sait restrictif (hold-up, prises d’otages, outrages aux mœurs en camionnette). Même le matin, la cité est donc de moins en moins sûre, où sont les vigiles, que fait la police, le gouvernement s’occupe-t-il des citoyens ? Cela doit être un étranger, je l’ai lu dans le Mosquito’s, il y en a de plus en plus et que font-ils ? Partons des réalités, le cas échéant affrontons-les, mais dissipons les fantasmes. La délinquance se mesure à partir des statistiques de la police et de la gendarmerie concernant les crimes et délits et les personnes mises en cause, et à partir des statistiques de l'administration pénitentiaire. Et question travail informatique pour statistiquer, les nouveaux policiers deviennent de plus en plus compétents, ils ne rédigent plus que cela – et des procès verbaux pour notes de frais impayées.

Un peu plus loin, une dame sort d’un jardinet en façade de l’immeuble. Une Tchétchène sans doute, un manteau élimé, un fichu sur des cheveux filasses, un cabas en plastique d’où dépassent des fanes de carottes. Un alibi ! Face aux organisations criminelles et aux milliers de femmes majoritairement poussées à se prostituer par la misère, les réponses de l'Europe occidentale apparaissent très mal adaptées, peut-être va-t-elle se faire interpeller, une limousine au sigle officiel passe lentement dans l’avenue.

Dans l’autre sens une Peugeot 403 tente de se garer en triple file entre un camion de laitier et un débardeur de mazout, cette huile grasse qui pue et pollue la chaussée, fait attention avec ton tuyau, mais qu’est-ce qu’ils ont appris à l’école, un facteur pousse son vélo, incroyable, je les croyais tous motorisé, peut-être la nouvelle tournée de celui-ci est-elle reprise sur le Gps du Ps qui organise tout. On s’égare avec tous les mouvements de la ville qui s’éveille, un peu tard, mais c’est le privilège des beaux quartiers.

 

De la vieille conduite intérieure française se décroche un mou en imper, tout agaga comateux qu'il avait l'air, je sais par expérience qu’il a bon pied bon œil faudra que je vous explique pourquoi il est derrière Céline, encore qu’avec le châssis qu’elle s’offre, j’en connais des masses qui se presseraient pour être derrière et contre et dedans. J’observe la porte du 235, c’est là que ma grande est entrée, je l’imagine en larges enjambées, foncer dans le couloir, boumer les portes, le battant, déboucher dans l’arène.

D’après ce que j’ai compris, elle serait venue ici suite à une petite annonce vlanique offrant un vieux Ronsard pour le prix de deux. Ma bouquiniste préférée, je le sais maintenant, ferait tout et plus pour étaler dans sa vitrine des ouvrages qui ramènent le monde à sa juste valeur !

 

 

Tandis qu’Henri mauvais réfléchi, la bonne Céline orange a suivi le fessard gauche droite gauche droite jusqu’à une grande verrière, par là, vue sur jardin, côté lampions de la fête mais c’est pour travailler, une grande pièce ouverte sur la gauche, l’atelier.

L'atelier était agréable; le premier que je voyais en réalité. Paul Martin, c’était le propriétaire des lieux et l’organisateur ici, avait d'ailleurs dû voir les mêmes films que moi, tout concordait : des décors Babybel, un camion grandeur nature, des floods et des loupiotes colorées, des trépieds avec des Nikkon, des Pentax, tout à l’ancienne pas d’électronique, de l’art.


05:37 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

25/02/2004

Trottoir de la grand’ville.

 

Céline avait affuré ce dingue, tout ce matériel, elle avait commis je crois folie encore plus grande que moi, comment en arrive-t-on un jour à vendre son âme au diable, seule Marguerite peut y répondre, et encore, ne se contente-t-elle pas de se voir si belle en son miroir ? Il faudra bien que j’ose vous expliquer avant la fin du feuilleton ce que contenaient les bouteilles thermos, l’avais-je narré, Céline plus fine qu’un colibri avait transporté deux bouteilles isolantes identiques, le contenu de l’une provenait du laboratoire de l’étrange Vankervel, la seconde achetée chez le même quincaillier de Rixensart, identique en forme et couleur, contenait du bon lait Carnation mélangé à une goutte d’infusion de Verveine Lepton sans sachet. Personne, pas même moi, ne pouvait imaginer la douce Céline à double face, tous les hommes ont oublié la leçon d’Ève et Adam, et Caïn, et Sem, ils furent nombreux tandis qu’elle était seule, aussi bien y-a-t-il trois chemins qui mènent au cœur de la femme.

Vous pigez tout mon idiolecte, là ?

Dans les chaumières, on décriaille le plus souvent les bonshommes, oubliant avec sincérité l’évidence, celle qui offre une belle pomme est reine et sorcière. Du populo, les vendeuses de chapeaux et les pouceuses de charrettes à moules et à citron, les quat’saisons, s’en jutent. Elles en bavent, en déchargeant à l'unisson des pleins d’éprouvettes de pustules et en remettent pour l'hygiène, morale sacrée de l'entourle, une orgie d'enflures au boxon de la vertu. Il n’y a que bonnes gens en ce monde, enfin nous, n’est-ce pas, lectrices de Marie-Claire et de Paris Ici Dimanche, Flash Terminal et Nation royale, toutes saines lectures qui vous remettent les idées en place, le Rainier en chef maquereau, l’Albert en dévergondé, l’Halliday en cajoleur de petites filles immatures, tandis que les belles exhibent seins et fesses, autrefois sur les plages, maintenant sous démarches modiques. Qui n’a pas encore la robe qui dévêt plus qu’une toile d’araignée étirée posée sur le sein gauche, le droit restant celui du bras de la justice qui est une belle femme marmoréenne comme il se doit, aucun homme n’aurait songé à se prendre pour un dieu et rendre les lois.

 

Un homme, cela jacule sans défrayer la chronique sauf le héros belge que l’on va juger, qui a-t-il à juger alors que seule une condamnation optimale remettrait un peu d’ordre dans les chaumines. Mais il est bien d’avoir des têtes, des pères fouettards, c’est facile de se réfugier derrière un éducatif, si t’es pas sage, tu iras en vacances chez Vandeput !

Les Québécois qui parlent plusieurs langues bien chargées n’ont qu’un peu de peine à suivre, quant aux amis hexagonaux, est-ce tarte, qu’y comprennent-ils donc ?

 

Céline n’avait donc pas accroché une pancarte « De retour à midi », elle avait planté un subsidiaire dans la boutique et moi sur le trottoir, les pavés ruelles et les belgian kasei, j’en avais maintenant des mille dans les jambes, elle m’avait repêché l’âme dans un garage tourangeau, j’allais la sauver dans un immeuble du dix-huitième bruxellois. Enfin, je ne le savais pas encore, c’est ça qui fait le sel de la vie, on se lève le matin et rien n’est certain, le chef de bureau est peut-être décédé la nuit, le viaduc s’est écroulé, les cheminots font la grève, les Pakistanais ne mangent pas à leur faim mais ont fabriqué quelques bombes atomiques pour s’enlever les soucis quotidiens.

 

J’ai donc foncé sur les traces de Céline et sans ménagement puisqu’à partir de la semaine prochaine, finito la comédia, la dame Durandeau a mastiqué la loi qui vous condamnera à de lourdes peines si vous courrez trop vite. C’est vrai cela, on ne peut pas laisser les gens faire n’importe quoi, tiens, la semaine dernière, un fauchard qui a assassiné une mère et sa fille distraitement a été condamné à quatre cents heures de travaux d’intérêt général, important, cela, l’intérêt collectif !

Quelques instants plus tard, j’avais perdu mes dernières illusions et remarqué l’omniprésence de Palumbo, reconnaissable à un signe distinctif ostentatoire, sur le trottoir de la petite rue passant derrière ma Campagne.

Mais l’aventure prenait un tout autre tour, et je perdais petit à petit toute idée de sentiment de ce qui est juste ou non, sans doute dans un petit nombre de semaines on allait donner à un homme comme ce Ducreux une petite tape sur la main pour tout châtiment. L’important avait été de faire vivre des centaines de cloportes, de financer des télévisions, de construire un palais de justice où l’on allait pouvoir fustiger quelques délinquants graves qui avaient fumé en rue.

Les femelles de Brassens se lanceraient à l’assaut d’un qui avait déjà purgé plus que sa peine, c’est le fond qui manque le moins, On s'élancerait tous à l'assaut ! et à la ballotte !... au feu ! au feu , circulez y a rien à voir, je marche derrière Céline que c’en est plaisir de voir monter et descendre ses petites fesses, qu’est ce que ce discours dans la tête quand une paire de guiboles vous précède dévoilant tour à tour un lopin de chair qu’on courrait bien plus vite pour s’en saisir, en manger. Cela me donne une envie.

Tous les circuits dans mon cerveau se coincent comme des voitures prises au piège du plus grave embouteillage du périphérique Nord de Charleroi depuis la création du métropolitain, t’as vu ma causure !

Je me planque provisoirement à l’auberge de la chaussée de Waterloo, tant qu’à faire, autant se taper une frite, l'héroïne sonne à la devanture d’un building d’époque tandisque déposant des cents sonnants et trébuchants sur le zinc et l’alu, je me fais servir un Mora y Aragon saucifflard que même la chanteuse en était restée sans voix !

Je glisse un peu la peau du cervelas et je trempe mes doigts dans la mayonnaise, c’est un principe. J'ai même la faiblesse de penser que lorsqu'on énonce des positions de principe, on ne convainc jamais personne. On rigidifie dans les leurs ceux qui ont des positions différentes, on (ré)conforte ceux qui ont les mêmes mais n'ont pas la possibilité de les exprimer.

Sur le trottoir en face de Céline qui grelotte, un gus dépose des documentations intéressantes dans les boîtes à lettres, de la lecture pour les concierges, c’est fou, il n’y a plus de concierge, il n’y a même peut-être plus de cierges, les toutes boîtes c’est dit-on aussi dérangeant que des qui fouilleraient ton intimité.

 

Nous revla dans un décor traditionnel, le Palumbo, la Céline en avant-première, une dame qui trottine, la caissière qui entre dans sa supérette pour la journée, des bagnoles, le bruit et son soleil au-dessus des arbres qu’ont l’air morts dans l’avenue d’un grand théâtreux.

 

Et moi, l’artiste !


05:46 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

24/02/2004

Henri démarre la semaine

 

 

Fatal ça gaze, le plombier est passé, l’a reloqué les tuyaux, l’a graissé l’entrée, déposé du glissant sur le filet, serré l’écrou. T’arrives de la grande manif mondiale où les pauvres retapent les cartes et disent aux riches fini de danser dans les corridors, rentrez chez vous y a rien à voir, de la vache folle on continuera à la bichonner pour Mac, le grand écossais.

Xian qui est bien poli a répondu au visiteur un peu étrange qui lui conseillait de voir chez les Grecs, quand à Céline, la voici en train de raconter à l’étrange personnage qui vient d’entrer dans sa boutique la suite du périple caniculaire de l’été 2003. Le voyage connu et les routes poussiéreuses non encore décrites vers la Grande Motte, Marseille, Cassis, Saint Tropez et plus loin et même retour dit-elle en riant à ce personnage que nous ne connaissons pas encore. C’est fou ce qu’il y a du monde au magasin !

 

Henri Lundentreux peine, attendant son tour, il estime que le pensum d’Ublog le sauvera et qu’il sera de retour ici, chez les étoiles stellaires, vers Pâques, car tout de même, il faut bien que le récit de voyage se conclue.

 

Conclurer ! Encore un de ces mots bizarres, vous avez dit bizarre, dirait Henri.  Ah les mots que de maux, avez-vous tapé Tropez avec Macdico, il vont répond dropez. Et la grande ?

La Céline toujours très affure ! Ça fait que jouir et pleurnicher... affolante affolée ! jamais paumée, une vraie fille de son siècle avec des fesses qu’on écarte et qu’elle resserre, des nibards qui durcissent quand on les touche et qui vous font durcir l’aime que vous en devenez un Pol Poth en action, un envahisseur un fonce devant.

 

La voilà qu’elle demande à ce zigue de garder boutique tandis qu’elle fonce à l’adresse que lui avait donné le fameux docteur, je veux dire qu’elle avait extorqué à Destouches, me laissant pantois sur le trottoir où que je venais juste de déboucher. Me prenait-on pour un rombier, un autre plombier, un mécano du système ?

 

Une belle demeure dans l’avenue Molière, une de ces maisons de deux siècles où l’on tourne avec des Adjani de vingt ans. C’en est une d’ailleurs qui vint répondre à mon coup de sonnette.

Elle ne s’était sans doute jamais sentie mal dans sa peau, celle-là, pas besoin d’Oréal qui vous égalise ou de longueurs et pointes qu’on peut bleuir ou roussir au gré de la saison et de l’humeur du jour, du petit bijou qui vous coulisse entre les seins : Plus d'un mètre quatre-vingts; mieux que la belle Margot, plutôt un genre d'amazone au visage de poupée Barbie des années cinquante où s’qu’on pouvait être blanche et blonde, aux rondeurs affolantes sans devoir faire une prière à Marie comme avant ou se tisser un fichu pour Allah comme on souhaite aujourd’hui. Elle portait des culottes de cheval et une chemise rose, ouverte jusqu'au nombril. Le pantalon Jodhpur, pas celui qu’il faut gommer chez Docteur Maboul et ses multiseringues, le ventre comme celui qui se demande si c’est possible qu’un autre soit le centre du monde, un coup à devenir super bisexetile ! Je dus faire « Oaouh !... » sans m'en rendre compte, ou peut-être répondit-elle seulement à mon regard trop éloquent.

— C'est un don du ciel, ma petite. J'y suis pour rien. Je montre ce que je peux pour être un jour emballée par le type qui pourra m'offrir un million de fafiots nets d’impôts. Qu'est-ce que tu veux poulette ?

— Je cherche un certain Jamy, un gros m’a-t-on dit qui devrait habiter ici.

Le sourire que se paya la greluche était à peu près aussi sain qu'une assiette de quacker baignant dans le lait nouveau à l’actiplus comme le shampooing, ce qui ne m'empêcha pas de regretter d'avoir cessé ma gymnastique quotidienne pour devenir belle et les cours de psychomotricité de Fan T’cheu.

Un Roumain de cinquante-six ans habitant singeville en serait resté comme paralysé devant une banane qui s’autopèlerait ! Henri l’aurait pas même vue, seulement sentie, pressentie, il n’aurait plus pus se sentir, se tenir il aurait bambiné les mains partout pour voir la mousse sentir la peluche vouloir téter la doudoune qu’est pas seulement pour les mains mais pour les lèvres, dis-donc, j’étais-où, là, ici ?

 

Pascale déboutonna un peu son chemisier et elle ouvrit une fenêtre sur la campagne sans limite, enfin, juste l’horizon au bout très droit très pur et elle sentit la tiédeur du soleil l’envelopper, elle rêva comme cette autre qui avait deux ou trois doigts dans sa petite chatte ouverte.

Comment et quand tout cela a-t-il réellement commencé ? A quel moment ?

 

— T’occupe annonça la belle, c’est dans le texte, ici, on tourne, on est chez Paul, le grand photomateur qui fait des calendos, des pubs pour Omo, des couvertures de magazines pour homos, des affiches pour Millequet. Entre un peu a la casa !

Une Italienne sans doute, j’allais devoir bien écouter, faire attention, elles parlent toujours trop. Déjà, au XVIe siècle, à une époque où l'on faisait beaucoup d'emprunts à l'italien, surtout à la cour, le roi, toujours au nom du souci manifesté en haut lieu de la protection de la langue par rapport à ce qui pourrait venir la corrompre de l'extérieur, avait sollicité l'humaniste Henri Estienne pour qu'il écrive un éloge du français. Il s'agissait de faire ressortir son génie propre face à tous les italianismes qui l'encombraient. Un Henri pour faire ressortir le génie des Céline.

Ce n’est pas tout ça, j’entrai.


06:46 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

23/02/2004

Sun and ...

Évidemment, y a un problème et Henri n'est jamais là...Bon, j'ai pris les choses en main...j'ai appelé Monsieur Courtois, il veut bien venir aujourd'hui...à condition de régler sa dernière facture. Et que tu mettes au moins un peignoir...sinon ça le trouble trop ce pauvre homme...

J’ai lu ton mot trop tard je ne portais pas de peignoir, je n’ai pas osé raconter.

Le lundi...

Henri, le lundi au soleil ....

Pfuit fuit ou pop om pom pom popom...

Frisquet mais heureux, youp la boum, ca gaze, et vous ?


12:14 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |