31/12/2003

Oh Ho non, Ho ! Oh.

Ho !

Ho ! fais-je.

Sur un ton qui n’en démord pas. Mon éructation bouleverse le silence, trompettes, Harry Miles, qui a tué Harry, bagnole pétaradante de l’autre côté du Saint Gobain six millimètres avec feuille mica incorporée et kevlar anti-douleur, plop plop plop d’un ballon suivi tout de suite par le tagada d’Adidas défoncés sur le pavage en losange, un môme qui bouscule le garde du corps stationné devant l’entrée principale de l’Americandog, pour peu, il lui commande un Ola de chez Miko qui fond sur les doigts et un peu dans la bouche, c’est mal parti, les choses de la vie au ralenti total fina, à quelle heure explose-t-on ?

Tîît-Tîît. Auto flagellation interrompue par un SMS, serait-ce de l’égoïste ? Comment savoir sans faire le geste maladroit qui verrait l’apparition d’un Beretta (fabrique de pots d’échappement en région milanaise), un Browning (fabrique de clubs de golf en région liégeoise) qui sait un bon vieux Lüger ergonomique qui vous balance sans tressauter un pruneau d’Agen ( Airless ferraille et Luchard réunis, usine moderne huit cents travailleurs à la pointeuse, région défavorisée centre  Ouest France avec subsides européens ).

Oh oh ! refais-je, tandis que Patsy se redresse, comme Jane Fonda après huit minutes trente d’aérobic.

 

Tîît, et retîit, c’est le jour ? à qui ai-je communiqué le numéro, la dame habituelle ne peut-elle pas leur suaver qu’il n’y a pas d’abonné ? Mais comment je vais procéder, avez-vous compris la scène, nous ne sommes pas douze, je ne suis même pas certain qu’il y ait un Judas mais entre la porte des toilettes et mon besoin pressant, il y a Patsy, il y a une table mal placée, il y a la petite porte de la kitchenette avec l’affichette US go Home qui pivote et découvre un nouvel assaillant.

Où me mets-je ?

Ça vous inspire, vous, les troulecteurs de romans russes, filandieux, anguleux, mériqueux, plagieux, anti-vous ! vous dégueulerez vos trahisons !

C’est d’la bonne année !


07:05 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

30/12/2003

Des Dupondt du FBI ?

 

 

Regard en lousdé sur la gauche, pensée pieuse à Céline, c'était avec l'autre Henri, celui d'avant. Celui si lointain, si étranger. « On se ressemble, on est fait pour s'entendre », disait Céline. J’ai eu comme honte de ces souvenirs médiocres et je les ai chassés avec agacement, ce n’est pas d’un type comme ça qu’on parlera dans la Dépêche.

 

Pivot sur la jambe gauche, chasser des reins sur la droite pour saisir la valseuse, position des mains pour le tigre de la lune (troisième principe du maître moine du Tibet), le flingue est dans la Cad, la Cad est dans la rue, la rue est derrière les types qui viennent d’entrer.

Flash. Rosny n’était pas un travailleur solo.

 

Une tête à claque, une gueule de Texan. Le miroir avait déformé, doublé Schwartzy, pour mon cas perso, j’aurais plutôt penché Sinatra mais aujourd’hui, on engage des mercenaires de partout.

Et encore une ombre, derrière la vitrine, le bouillon d’onze heures, le coup de feu comme ils disent.

 

Poussière de l’Oklahoma, qui a mis une thune dans le juke-box ? Lequel prendra ma tronche dans le plexus, ça va les déboulonner.

Ambiance d’acier, chaleur de plomb, prunelle Folcoche.

Silence.

Aposiopèse.

 

Ce ne sont pas des belliqueux en uniformes – d’ailleurs ceux-là étaient de repos aujourd’hui, lendemain de défilé. Ce n’en est que plus dangereux, des soudards froids comme des harengs congelés. Merde, ça ne se passera pas comme ça.

 

Flash. Rosny n’aura rapporté qu’à propos d’un manque, vont donc pas défourailler, juste m’embarquer, j’irai pas.

 

Pivot sur la jambe droite, rétablissement furtif de l’équilibre, pas de geste disgracieux vers les poches ou la ceinture, voix d’ange du ciel comme qui dirait M’sieu dame your attention plisse, la température extérieure est de vingt-neuf degrés.

 

2003 année de la clavicule !

Transpiration, vision de gauche, une nana qu’est entrée d’on ne sait par où, il y a une autre entrée à l’American dog, un gamin puant et une merdeuse à couettes, la mère écarte ses jambes, je distrais, retour à la normale, vision du cul de Patsy, qu’est ce qu’elle fout ?

 

Devant moi, la préposée penchée fort dangereusement pour le lumbago ramasse une pile de serviettes en papier qui s’est écroulée sur le lino reconstitué façon tomettes provençales, Macromoquette Saint Cloud, huit euros le mètre carré.

Je me lance....


04:31 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

29/12/2003

Vision

 

 

J’allais tout de même pas jouer les boucs hémisphères et comme champ d’honneur, ça se posait plutôt mal ici entre le bocal à oignons méthode grand’mère et l’enfilade de sauces Mora y Aragon vantées par cette Italienne blonde qui s’occupait entre deux galas.

Toute ma vie y est repassée dans l’instant, paraît que c’est toujours ainsi.

L’oncle Arthur qui est mort trois fois dont une sous les balles de l’ennemi (il avait été quart d’aile du temps où cela ne se jouait pas sous un dôme et que le basket c’était dehors par tous les temps), il l’avait bien dit, on revoit tout et même on regrette.

Dans l’instant j’avais compris tout cela en voyant les silhouettes monstrueuses se rapprocher de mes arrières.

Comme remord j’ai vite construit une litanie genre qu’on fesse, morale où il me semblait être crédible, comment dire au Simper qu’on n’a voulu belotter en douce les fesses de Patsy mais qu’elle était trop occupée derrière son rade à préparer des vrais jus de fruits à base d’extraits de vrais jus de fruits. En tous cas, foutu pour le cinoche, la toile que j’avais projetée pour fin d’aprem avec Céline s’estompait vitesse tgv dans l’ampleur du mouvement se dessinant.

 

D’après l’ombre, Hoppalong Cassidy allait défourailler sur ma droite quand je me retournerais et Bud Weiser allait exploser en inondant la gauche qu’était mon bon côté suite à la chute que j’avais faite à moto (en ai-je parlé, une magnifique Ducati qui m’avait échappé des mains quand j’avais vu le barrage de poulets de ferme entre Leuven et Kortenberg).

 

C’est Didier qui s’en donnera à cœur joie, dans le journal fluvial le mieux informé. Juste les faits ! écrira-t-il, pas de coups de barate !.Radar était là, chers lecteurs, en cette chaude fin de matinée caniculaire, un truand de bas étage a créé dans notre bonne ville un fort Chabrol. Il me casera entre ceux qu’il a déjà épinglés :

Boucher agressé par balles.

Un boucher de 45 ans a été blessé par balles aux jambes, dimanche midi dans son établissement derrière les anciens palais des Princes - Évêques par un homme cagoulé qui a pris la cuite. Le boucher dont les jours ne sont pas en danger a été hospitalisé et le service départemental de police judiciaire de la nouvelle police locale sous les ordres du bourgmestre et des syndicats italiens a été chargé de l’enquête.

Ivresse et chute mortelle.

Un quadragénaire en état d'ébriété avancée a fait une chute mortelle, vendredi, après avoir escaladé un immeuble, rue Jonquière.

Xavier P. 40 ans, a sonné vers 3 heures à la porte de l'appartement de son amie, oubliant qu'elle était partie la veille en vacances. Il a donc grimpé aux murs depuis la cour intérieure et est tombé du deuxième étage, se brisant le crâne. Son corps sans vie a été découvert neuf heures plus tard par la concierge de la cure voisine qui venait de secouer les carpettes par la fenêtre.

Sans-abri poignardé

Un sans-abri polonais, pourtant déjà en ordre, autorisé à vivre puisque porteur du document administratif C4 a été retrouvé dimanche après-midi tué à l'arme blanche dans la petite rue derrière le parc de la Boverie. Touché à la tête et au thorax, Jacek âgé de 45 ans, a été hospitalisé à Bavière dans un état désespéré vers 17 heures avant de décéder une heure plus tard. La première division de police judiciaire réformée localement selon l’évangile Duquesne privilégie l'hypothèse d'une " querelle d'après-boire".

Ses agresseurs, au nombre de deux, sont activement recherchés.

 

Le reste à l’avenant selon que le rédac'chef’chef lui laisse un peu de couvrance, cela dépend de si le grand bushman a encore fait des conneries ou non et si l’Ardennais a encore mis une route en chantier, si le budget est au frais si les ministres ont passé la nuit, si le réchauffement global est en déperdition, faut de la note en pâture, déjà que les lecteurs se défilent pour se planter devant l’abbé Troye !

 

Tout y r’passe je vous chante on revoit ses premières dents en entendant le déclic, l’oreille d’un James Bond aurait reconnu un Walthéry pépé quatre, Fantomas aurait bondi à travers le mur qu’aurait tourné, putain de comptoir en alu, un mastodonte à brancarder, je vous dis ! Les tresses de la maîtresse qu’étaient que du rêve vu qu’il s’appelait Jean-Jo et fpoutait des torgnoles à revers de mieux que Washer et Brichant, les premières clopes qui faisaient pas encore tout ce tort-là, des pintes en douce pour des instants de compilation, des quarante-cinq tours à gros trous chapardés dans la caisse six du brocanteur des puces tandis que la Marylou lui montrait ses jambes, une vie défile...

Comment qu’ça fait que dans cette banlieue cannoise, cette taule existait, pourquoi que le rencart avait été comme ça, qui s’qui pousse les mecs à s’entasser aux portes, comment quelles existent ces zones secrètes, pas dans le Michelin, pourquoi y a du monde dans les bistrots d’alentours et qu’une famille simplifiée reconstituée dans celui-ci et moi debout dos tourné à la porte ouverte et eux dans mon dos, sont-ce des pros ou est-ce de cette main d’œuvre sans qualification, de ces rachitos, qu’on recrute dans les bidonvilles.

 

De Céline, j’emporterais le souvenir vif qui m’aiderait dans l’enfer éternel. De l’humour aimable dont elle nimbait un esprit caustique; de son humilité qui cachait une culture encyclopédique; de sa souffrance d’enfance, visible malgré la pudeur; et de la tendresse, surtout, qui nous liait, une de ces tendresses agréable où les mains violonnent, les bouches entubent, les peaux se rencontrent, se rejettent, se reprennent.


06:12 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (3) |  Facebook |

28/12/2003

Réflexions

 

 

Bel et bien beau tout ça mais j’étais tout de même bêtement assis tout seul en profonde médiation in petto. Céline ne s’attendait pas à me voir réapparaître avant sept huit heures du soir, c’était convenu. J’ai eu la dent, j’ai regardé autour de moi, sur le fond il y avait un comptoir et derrière, une attifeuse. Je ne sais pas pourquoi mais je suis toujours déçu. Elles devraient être une sorte de Marilyn de Silicon Valley, une pin-up loquée par Versace aux lignes curves et promontantes, sourire Gibbs que le déchaussement de gencive est nul, petite casquette comiquement posée sur un montage Dessange.

Elles ne sont jamais comme ça. A la petite échappée d’un gourbi de Touareg, ongles poliment charbonneux qui reloquetait le dessus de la tablette en verre fumé, j’ai commandé un Superdog ( affiché à deux euros plus vingt cents d’Andoulouse), un jus et on verra pour le dessert y j’ai dit. Ses grosses lunettes aquarium ont breloqué, elle a saisi un pain dans un sachet qui affirmait sans conteste qu’il pouvait en contenir huit et plongeant la grande pince en bois que je croyais que c’était pour les cornichons, elle a comprimé un tas d’entrailles au conservateur trois cent vingt-six autorisé par la CEE, cancérigène autant qu’affirmé par les associations de mangeurs de salades et a posé la question fondamentale : choucroute, moutarde ?

Elle me regardait ectoplasmiquement soutenant dangereusement la bouftance au-dessus de son corsage vert clair (les établissements American Dog’s tenaient à un décor marketing uniforme), rien à craindre, elle savait exactement à quel moment la graisse allait juter, on n’a pas impunément une expérience de quinze ans de food !

Moutarde avec de l’andalouse, ça pique pas le cul lui ai-je dit en souriant, ça coûte rien.

Je lui ai pas dit ça coûte rien, je l’ai écrit pour les voyeurs qui eux-aussi s’attendaient à une filiforme Jennifer, une Jess avec jupette munichoise que j’aurais soulevée pour caresser des masselottes électromagnétiques qui vous branchent la pile pour une journée entière.

Un policeman est passé sur le trottoir que je m’suis demandé où était l’autre et comment ça s’faisait que je causais anglais. Des fois on sait plus comme on tourne sa langue dans la bouche des autres. Avec ma grande gueule et le parcours du combattant réalisé à ce jour ( Copenhague via Lubeck, Amsterdam et Albertplage qu’est à côté de Knokke le Zoute, Gravelines et sa centrale, Fécamps et sa décharge, Étretat et la mienne au cœur des cuisses de Céline, Le Havre et Deauville et le petit patelin ici haras, auberge VRP, église catho, cercle de scientologues, belotte aux étages, jus de pomme et usine Moulinex), j’aurais du être comme ils disent à la météo : serein.

Beau à Seraing, hé ! je finasse parce que c’est un moyen mémographique pour évacuer la vérole. Asterix terminé, Superman malade, je crois bien que je suis assis ici malade de la plus emmerdante chiasse qui soit ; la peur.

Le ciel qui tombe sur la tête. C’était pas l’moment, j’avais vraiment envie de naviguer Caraïbes avec Céline sur le pont, toute nue ou alors juste un bikini blanc très Honey qui sort de la mer le coquillage à la main. Y a pas que le cholestérol qui bouche les artères, la peur ça empoisonne la vie des grands hommes ! Si je n’avais pas paniqué, je serais Delon vers le Sénégal, vautré sur un transat aux couleurs de mon club de rugby de Brives Sébastien et les hommes, je me gaverais d’huîtres de Marennes-Oléron que les types d’Intermarché pèchent rien que pour Milady et moi, je verserais doucement le Dom Pérignon au creux des reins veloutés de ma belle ensoleillée. J’ai le soleil, il est caniculaire, les samizdat affichés annoncent que des vieux meurent et qu’personne les réclame, pourquoi qu’on les demanderait, même gratuit, qu’est ce que tu veux qu’on foute avec des vieux ? Le solei et le trouillomètre aiguille dans le rouge, c’est pas plus marrant qu’un enfermement à Singsing, Beaumettes ou Lantin. J’étais là à perdre les minutes qui tombent du début siècle et courent vers la fin dans un dogfoot d’une mini banlieue pourrave. Je suis à Caen que tout le monde connaît depuis que le zigue du rond-point en a causé quand ils avaient démonté la mer au lieu de la tribune d’honneur pour Président, camembert, brie, beurre.

Un trou que d’habitude il pleut et que pour le moment Cladwelle et l’autre du Sud auraient pas pu décrire tellement que ça transpirait. Plus un bâfreux avec mioches bavards qui venait de s’installer, bousculant la carpette à mayonnaise pour poser ses achats sur le Formica ™.

J’ai serré les doigts, j’ai craqué les jointures comme Ahmed le faisait, j’ai pris ma respiration, j’ai essayé de la retenir comme Pedro mais ça n’a pas marché, la nervosité a grimpé d’un échelon de Celsius et j’ai senti le flingue dans ma poche revolver. On peut rien faire, comme on tire un outil de cette poche-là ? Les philosophes de Cefa qui apprennent à des morbides de couper des costards, sûr qui s’pavannent qu’en djellaba.

J’ai clignoté d’un œil, jamais fermer les deux, tu t’retrouverais à poil sans l’avoir senti, j’ai frissonné quand un autre client est entré, allait-on jouer Dillinger, Saint Valentin, massacre parrainé ? J’ai regretté de pas être chien, eux, ils peuvent tourner les oreilles et écouter les ultrasons arrière. Flou de miroir, la vapeur de la choucroute en étuvance permettait pas d’observation convenable. J’ai regardé Patsy, non pas qu’on ait fait connaissance mais parce que le petit bout de strech jaune qui ornait son pectoral permettait à tous les contrôleur de contributions d’affirmer qu’elle travaillait pas au noir puisqu’elle s’affichait en rouge sur jaune, sur vert clair de chemisier, vert pomme foncée ceinture élastique, jupe assez longue vert bouteille, on est écolo chez l’American. Patsy a pas gueulé ‘tention la kalach’, elle a posé son regard bovin, normal ici, elle devait s’appeler Sourath, elle s’en foutait complètement qu’on m’désoude, qu’on brise ses vitrines, qu’on clamotte son comptoir à l’essence à briquet et que tout crame, ça c’était pas son job, elle, les Francfort jusqu’à midi trente pile, chiffon vinaigré sur le plastoche des tables, salut la compagnie, l’équipe d’ensuite prend la relève pour le coup de feu. Patsy un jour sur deux de midi, un autre, le deuxième du premier, aprèm et soirée jusqu’onze heures, et pas question de rabiots, syndicat oblige.

Je m’suis mis debout comme de rien, j’ai dit Ciao, en Italien, je maîtrise.

Il y a eu un flash dans les hublots, c’est la porte d’entrée, battante ( ils ont remplacé la tournante avant la saison ) qui était poussée avec force, d’après le bruit, et par deux personnes de grand gabarit d’après le miroir d’en face.


08:03 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

27/12/2003

Lendemain de la vieille.

 

 

Le lendemain d’un quatorze juillet est assez logiquement le quinze. Sale temps pour les hirondelles, c’est le jour du loyer, de la note de gaz, des pensions. Il a fallu que je m’ débrouille, ça n’avait pas servi à grand-chose d’être le dieu du stade deux jours avant. Mais Rosny n’aura plus d’ paroles ironiques, juré !

Dans les nuits d’avant Céline, mon père me disait : « N’ te laisse pas traiter comme un chien, ne te laisse pas humilier comme si tu n'étais rien ».

De penser qu'on m'artiche, je blêmis, c'est le vieux qui avait vu surgir le péril jaune derrière le sourire du sous-bois : «Tiens, regarde, il t'avilit, t'abaisse pour son seul plaisir... vas-y ! dis-lui que c'est fini, piétine-le... vas-y, vas-y. Il l'avait poussé, l'avait guidé, l'avait soutenu au moment de torture qui avaient suivi.

J’ai fait c’qui faut, je lui ai sorti de l’aveu ses compromis, ses attoucheries.

 

C'était fini maintenant. Son père ne le quittait plus. Il était là, devant lui dans ce boistrot matinal. Tout cela est juste, répétait son père. Tu es irréprochable Le monde est enragé, et tu es comme le monde.


07:08 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

26/12/2003

Par devant par derrière

 

 

 

J’aurais surtout dû dire à la rouquine, Michèle, disait-elle s’appeler Michèle ou demandait-elle qu’on appelle Michel, de se calmer un peu, la flicaille était dehors avec des trombones à coulisses que quand tu souffle dedans et que c’est multicolore, ils te frappent sur la tête, j’ai eu un sursaut, j’ai gueulé CRS s s, ça m’a fait du bien, Céline a ronchonné en me tournant le dos, je lui avais pourtant expliqué que j’étais du genre mal élevé, l’adversaire par derrière, ça paye toujours.

J’ai murmuré l’était un p’tit ch’val blanc, elle a répondu raciste, j’ai pensé à Rosny, j’ai glandé au creux de l’épaule, je me suis réveillé ce matin quand le Roumain a apporté le plateau du p’tit déj.

       En forme, vois-je, dit-il.

Comment je lui ai niqué sa race à ce bouffon y disant méchamment de s’tirer. J’ai ramené la couette sur mes oreilles, la cloche sonnait toujours faux. Les Roumains c’est les pires arnaquiers de la misère.

A d’main les apinches, d’ailleurs si le compte en bon en biftons, on est dans le rouge pour la guidaille, les arcagnats ont gagné, y a du bloody Mary ! Grosjean au chômdu.


05:45 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

25/12/2003

J'aurais voulu

Qué bordel d’enbourgeois ! J’avais connu les après tablées du collège des jésuites, celles de la jambe de bois avec les empennés, des tavolae brussellensis, les soirs de taxis en maraude et même une virée maquillé au saka saka entre rue Blanche et chaussée d’Ixelles mais Deauville le quatorze juillet nuit, ça a déclanché, je peux dire ! Surprenant.

Amis restés dans la seule ville du monde où l’on fête chaque année les truands, le fameux « Hommes gang », j’aurais voulu vous raconter la fête d’ici, que vous y participiez, grande répète avant la vôtre avec avions dans le ciel et roi, princesses et Balthasar, mais si Céline trouve toujours de quoi inscrire sur son disque, moi, je crachote, je crachouille, des fois, j'attends que ça vienne. Surtout un lendemain matin ! J’aime pas écrire.

Surtout quand après la fin de nuit que déjà l’aurore se pointe, je me suis tamponné un coup de grisou au South Village, modèle parfait d'un fascisme festif new age, il faut connaître quelqu'un, être parfaitement normé, homogène, uniforme. On y balance des bruits rythmés et un air chaud qui fait suer et donne soif, dans l’odeur entêtante du shit le reggae y martelait son rythme incessant. Il y avait des types de partout, des venus en avion privé, des rollseurs, des emperlouzées, rien que du linge lavé Omo et un guitariste génial, même que Céline a eu un battement de cœur.

Y a comme eu un moment d’émotion quand un type plus grand que les autres a dit qu’au fond, près de l’estrade, dans la salle arrière, un enfoiré employé à gros salaire chez Buick interviewait un groupe antillais. Ils ne font pas de la musique antillaise, celle-là, je connais, Marcel, y s’appelait Marcel, mon voisin l’année dernière était du côté de Pointe-à-pitre. Lui vaudou craint coq, il savait en jouer, ceux du fond là-bas, je les avais repéré, j’avais même dit à Céline que c’étaient des nases qui savaient s’y prendre en crollant leurs tifs pour se pousser du zob et faire du blé, ils gueulent sur un tempo aussi moisi qu’un tatou écrabouillé sur la nationale soixante-six de Memphis. Ils gueulent "Martinique" et vive la Martinique. Une sorte de chansong pour les voiliers et des déhanchées trop maigre pour être de là-bas. Et le corniaud salé de Bretagne, pseudo-journaliste de s'enthousiasmer, maternalisme post-colonial oblige, parce que des types sont contents d'être du pays.

Chez nous, pour fêtnat c’est super en hurle un dans mon oreille. Pourquoi ai-je demandé ?

- Ah, ben, on tue le cochon des fois.

- T'as déjà tué un cochon ?

- Pas moi, mais à la fête, y'a des types qui tuent le cochon.

- Et t'as assisté ?

- Non, y'avait un match à la télé.

Un pèlerin plus connu que d’autres a crié qu’on allait tous chez Louis. Je ne sais où la procession est partie, avec Céline on a dit :

— On va s pieuter.

Y en a des qui sont allés vers la plage, certains sont partis se tuer sur la route. C'est toujours ça de gagné.

D'autres insistent et ont l'impression de faire la fête du village, ça ne fait le bonheur que de la zucherische fabriek qui produit du sucre pour les alambics. Moi, la fête, j’en ai marre, les boîtes aussi. Il faut bouger son corps, totalement seul maintenant, dans un délire onirique aussi parfait qu'un mixer Moulinex. Un vrai rêve, une utopie.

Aucun regard croisé ne vient plus troubler ce mystérieux mélange dont parlait mon oncle, les lows jouajoue, les lumières qui s’en vont pour que les mains paplent, les moments sublimes qui voyaient se frôler des corps adolescents et quelques obsédés vicelards. Le grand vide s’est fait, sous des boules de verre postillonantes qui tournaient encore au South .

 

En fait, je m’en fous, je pense bien que je suis amoureux de la Céline depuis qu’elle m’a chopé à chiper.

Moi qui suis plutôt solitaire et secret, m’vlà tombé sous le charme de sa gaîté et de son naturel. Elle avait reçu une bonne éducation chez les religieuses mais elle ne s'embarrassait pas de manières parce que son psy lui avait ouvert l’esprit. Ses yeux bleus étaient bien doux et elle valsait fort joliment.

 

J’ai roulé la Cad devant l'hôtel et deux jeunes femmes en costume de majorette blanc sont venues ouvrir les portes.

 

Je l’ai fourrée dans l’ascenseur et dans la chambre, je l’ai poussée en monologuant « Same player shot again »

Sans un mot elle a culbuté cul par-dessus tête sur le lit qui a rebondi sous son poids, je me suis introduit alors d’un seul coup dans son vagin trempé, Céline, je t’aime !

Puis des rêves ont surgi. La cloche d'église par intermittence retentissait dans mon sommeil, elle n'était pas totalement dépourvue d'harmonie, mais elle avait un écho métallique, creux, un écho de cloche protestante, comme faite d'alliages démoniaques, de pacotille, église à l’image de la société dans laquelle je m’insérais sans le vouloir, j’étais là avec une fille dans le lit qui parlait de la vie de demain, je jetais du pognon par la fenêtre et je devais dégommer un emmerdeur, ça m’emmerdait !

J’aurais voulu être chanteur.

J’aurais chanté pour mes copains, j’aurais fait des tubes et du turbin pour que ça tourne bien, au lieu d^’être allongé à côté d’une blonde, j’aurais écrit une chanson dans l’vent, Barbolier l’aurait fait tourner sur un air chic et entraînant, pour faire danser les meufs dans les soirées de Madame Durand, on serait rentré à vélo, on n’aurait pas jeté les papiers de chewing gum dans le caniveau. Au lieu de noirs tennismen, c’est moi qu’on aurait interviewé, j’aurais couché avec Marilyn, peut être avec Michael, j’aurais pas voulu payer mes impôts, j’aurais ...


07:06 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |