30/11/2003

Rentrée au vieux pays


Dans dix minutes, la Cadillac franchira le feu rouge du poste frontière, au volant Henri chante, sur la banquette aarrière, Céline dort. Sur la même route, un peu plus loin, un passant attendu.
L'histoire devrait s'infléchir, le quotidien qui absorbe l'énergie s'effacer devant le V churchillien : tout à l'heure, au Casino.


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29/11/2003

 Après la violence ce fut un plaisir doux et tendre. H

 

Après la violence ce fut un plaisir doux et tendre. Henri le bienheureux se rendormit tandis que je quittais l’appartement vers cinq heures et demie pour aller au bout du parc où j’avais rendez-vous.

Le transport du petit colis était surveillé par des employés zélés, cela signifiait que le prix convenu était peut-être insuffisant compte tenu de la valeur de la marchandise.

Je devais recevoir en personne et en mains propres des instructions pour la suite du voyage, le bac vers Breskens, la route royale via Knokke, quelques chemins de traverses et un bout d’autoroute, marrant les autostrades, dans les stations services, on peut faire le plein du monde, acheter des réglisses et boire un café. Avec un peu de chance, un Anglais à kidnapper vous fera de l'œil en levant le pouce. C'est bon pour rêver tout cela.

Que faire d’Henri au bout du chemin, mon rendez-vous de ce petit matin allait-il me le préciser. Un homme dans le sombre, sans signe particulier, pas d’accent significatif, neutre, gris sur fond de nuit qui ne sait pas encore qu’elle va faire place au jour.

L’homme sort des bambous du coffre de voiture qu’il vient d’ouvrir et monte des cannes à pèche. Nous avons à parler dit-il à mi-voix et il est bon que si quelqu’un passe nous ayons une activité courante, j’ai pensé à la rencontre amoureuse, je n’étais pas certain que cela aurait pu vous plaire, je me suis dit qu’il n’y avait rien de plus anodin que deux pêcheurs hollandais le long d’une digue zélandaise, l’heure et la marée sont propices.

J’entendis alors sur fond de ressac la fuite éperdue d’un banc de goujons à moins que ce ne fût des ablettes des morues des requins, fuyant éperdument un prédateur local et silencieux.

Gestes et lents et mesurés, efforts calculés, silencieux, le rendez-vous et moi nous saisîmes des cannes à lancer l’hameçon au loin là où l’eau tourbillonnante se contente de flux ascendants ou descendants selon la lune.

Nous lançâmes les lignes, accoudés côte à côte au plat-bord. Au troisième lancer quelque chose mordit puissamment et s’éloigna à toute vitesse, faisant cliqueter follement le moulinet. C’est le moment que choisit Bill, pourquoi ne s’appellerait-il pas Bill pour m’expliquer la suite du ballet, les procédés, la méthode. Il ajouta qu’il serait derrière, qu’il assurait la protection, que je n’avais pas à m’en faire, que je n’étais ni Pénélope ni Ulysse, ce qui m’arrangeait d’ailleurs fort bien.

Ce n’est que beaucoup plus tard que je pensai de nouveau à Henri. Bien plus tard. Pour moi en tout cas. Oh oui, ça devait bien faire une demi-heure...

Emmitouflée de senteurs marines et poissonnières, je m’en suis revenue à la chambre où l’homme dormait encore, un homme normal, il baise, il mange il dort tout cela sans ordre pré-établi.

Redodo direct. Se mettre en forme, tout à l’heure engloutir un petit déjeuner gargantuesque. Reréveil, salle d’eaux, bain coulé, baiser sur le front d’Henri qui s’étire, matou réveillé pour de bon.

C'est bon d'être ici dit-il. Je le crois. Le bain est prêt. J’y passe près d’une heure, sous la savonnée qu’Henri me dispense, ses mains parcourent mon corps qu’elles trouvent si beau et si bien utilisé. Je suis bien.

Je le remercie et déclare que dès l’ordinateur clos et les bagages fermés, nous allons descendre déjeuner.

— Pas comme cela, dit-il.

A mon habitude je suis nue.

Y aurait-il à lire ? Mon rendez-vous submatinal ne m’a-t-il pas tout dit, j’ai un hoquet de vomi, il faudra que je m’habitue aux décisions difficiles.

L’écran se peuple de mots vagues, de successions de phrases qui ne veulent peut-être rien dire ...

On peut cliquer sur la cuisse de Domino on clique et puis plus haut ou plus bas si l’on veut, comment l’on voit, ce que l’on sent.

 

Salut Céline,              
Tu joues aux cartes ? On dirait que tu montres une main et que tu tentes de convaincre que c'est toi qui détiens la main gagnante. Ce n'est pas ça la réalité fillette.           .
Il y a des gens pour apprendre à frapper parce que ça correspond à leur vécu, à leur besoin ou tout simplement que ça leur fait plaisir de frapper ou d'écraser les autres. Il y a aussi ceux qui veulent apprendre pour le plaisir, sans parler de ceux qui et bla bla bla.

 

Qu’en est-il du danger que les pauvres ne travaillent plus afin d'assurer l'existence matérielle des riches ? C'est une objection sérieuse, même si la réalité est beaucoup plus complexe.

 

As-tu pensé que ton boulanger préféré se lève tous les jours à cinq heures du matin pour faire du pain absolument divin ?

 

Pour que la roue tourne, pour que la vie vive, les impuretés sont nécessaires, et les impuretés des impuretés : même dans la terre, comme on le sait, si l’on veut qu’elle soit fertile. Il faut le désaccord, le différent, le grain de sel et de séné ; le fascisme n’en veut pas, il les interdit… il nous veut tous pareils, et tu n’es pas pareil. La vertu immaculée n’existe pas non plus, ou si elle existe, elle est détestable. (Primo Levi).

 

Le terrorisme a toujours existé mais ce n'est qu'aujourd'hui qu'il a commencé d'attirer l'attention de la communauté mondiale. Parce que l'information est devenue accessible et que les terroristes disposent ou peuvent se doter de moyens de lutte de plus en plus dangereux, jusqu'aux armes de destruction massive : chimiques, bactériologiques et même nucléaires, voire thermonucléaires. D'autre part, l'accès à l'information permet au terrorisme de devenir plus efficace du point de vue de son impact sur la situation internationale.

 

La suprématie de Google n’est cependant pas sans soulever de réelles interrogations : comment un algorithme, si « génial » soit-il, peut-il choisir les dix réponses « les plus pertinentes » pour la requête « Irak », sur trois millions de pages contenant ce mot ?

 

Va t’ faire baiser chez les Grecs !

 

J’enfile ce qu’il faut pour ne pas choquer les convives, l’été est déjà chaud, des gens sont déjà dans la rue, j’en vois, par la fenêtre, qui regardent notre étrange bahut. Il est vrai que la grosse ambulance des surplus du Vietnam ne fait pas dans la discrétion.


05:02 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

28/11/2003

Saveur matinale

 

 

Avant de quitter la Néerlande, il faut que je vous dise que je suis accroc à quelques petites choses vitales et que pour satisfaire mes petits besoins j’ai appris à me débrouiller, vous l’aurez compris en remarquant la manière dont j’avais soulevé l’Henri, joli passeport pour que la gent masculine me foute la paix. L’idée simple, avec mon ambulance d’occase et la gueule qu’elle a, je transbahute un petit colis Nord Sud, à l’arrivée, la mallette aux billets verts et à moi les Marquises, première étape de conversion vers la conquête de l’Ouest. Et ensuite, retour à la vie civile. Devenir propriétaire de mille hectares, en Patagonie ou au-dessus des plateaux qui surplombent le fleuve Amour voire même au large de la Silicone vallée. Je crois que je vais me faire construire une propriété d'après les plans de la villa romaine de Trèves, mais cent fois plus grande, avec une salle de musique dernier cri. Et là, je ferai venir chaque semaine 'le meilleur saxophoniste sur le marché pour qu'il me donne des cours; j'engagerai un grand chef cuisinier, et les mâles entreront et sortiront à la vitesse grand V. Ah, et puis je veux aussi apprendre le chinois. C'est la seule langue qui ne me dégoûte pas encore. Trop individualiste pour jouer les Thelma et Louise, j’ai donc choisi de péripler avec Henri, un agréable apprenti loubard dans les yeux duquel je n’ai eu qu’à planter mon regard de braise.

 

Pour que tout fonctionne bien, il faut utiliser le principe de David Copperfield, montrer la pauvreté pour découvrir la richesse, attirer l’attention sur le soleil pour éblouir, plus l’un ou l’autre détail mécanique accessoire, comme le portable qui me relie au monde entier. C’est devenu un vice, tous les matins alors que d’autres se goinfrent de petits pains au chocolat, je me connecte au monde entier et à celui qui m’a inspiré, qui dirige la manœuvre, en plus, le flatteur dit que j’ai du talent et que le petit rapport que je lui fais mériterait d’être publié, continue l’écriture m’écrivit-il encore hier. Je me demande si je le rencontrerai un jour ? Est-il heureux de faire face à son maître à penser ?

Mais on ne peut non plus le quitter, sans lui comment l’accidenté du 349 aurait-il pu échapper à ce policier italien au vieux trench mastiqué, quel auteur aurait pu faire croire à la déviation mentale de Joseph Henri, syndicaliste sequestrationnaire métallurgiste du Centre, hippie des années 70, campeur naturiste de base ?

 

J’aime bien les minces qui savent écrire et qui se couchent sans chichi avait-il dit, je vais t’aider à renverser la vapeur, gagner Broadway et le Goncourt, écoute moi, écrivons quelques beaux titres, en douce déménageons Henri sans passer par le Vif, tu verras, on peut vivre Caroline et Stéphanie en même temps sans être en photo dans Gala.

Dans la liste des siphonnés, tu ajoutes le type qui se prend pour un félin américain, il n’est en somme qu’une pub pour joggeurs et autres détraqués qui ne savent pas quoi faire de leur corps.

Pourtant, ce matin, je n’ai pas encore lancé mes messages, je regarde le corps d’Henri se dessiner sous le drap flottant, je m’approche de lui sans que nos corps entrent en contact. Je frémis, je pose mes mains sur sa poitrine, j’effleure ses mamelons et les roule entre mes doigts, je suis le dessin de ses pectoraux profondément sculptés par son heure quotidienne de trainer Rotma and Bee and Bee (vu à la télé sur Achakon son affaire), j’explore les détails de son nombril. Il se retourne dans un demi sommeil et un mouvement de hanches, je le mordille dans le cou, je le griffe Je le griffe puis de la langue, je lèche tout le long de l’épine dorsale,  des mains, je pétris ses fesses, ses hanches, passant dessous, ( je rêve ou je le sens se soulever ?) je touche ses testicules, et seulement enfin, me collant totalement à lui, je l’enlace, je sens son sexe se déplier.

Il écartait largement les jambes et tend son cul vers le haut. La lumière matinale sculpte son corps.


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27/11/2003

Tout un chacun en est coconscient, Henri mauve, Céline oran

Tout un chacun en est coconscient, Henri mauve, Céline orangée.

Cavalcade invraisemblable, histoire que n’aurait pu inventer Geoffroi de Montmouth, virée des amants maudits, offrande du panier aux convoitises henriennes, du Molenbeek au Kattegat, des flots hanséatiques à Sankt Pauli, de Cuxhaven à l’embouchure de l’Amstel, bondissante ( voire pire, l’amortisseur avant gauche étant en mauvais état ) d’asphalte en béton, de nids de poules en caniveaux, l’écurie poussive de l’ambulance d’occasion conduit les héros infernaux vers Vlissingen.

Il fallait un mobile, une excuse, un alibi, la découverte d’un moyen assez simple pour me procurer ce dieu de l’univers dont j’avais un si urgent besoin, l’amour fou et le joli garçon combinés allaient me permettre de traverser les frontières internes de Schengen, il n’aurait que moi dans l’œil et ce n’était certes pas désagréable, il savait y faire, le bougre.Je voulais lui montrer tout, le monde, je lui avais dit Déesse on va leur en foutre plein la vue, j’avais accepté quelques petits compromis pour arriver.

On est toujours trahi par les siens !

Le bandage avant droit de la charrette a mis les bouts au kilomètre 24.

 


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26/11/2003

Piccard

 

Le Piccard au bout de la badhuisstraat nous accueille d’un œil réprobateur, le Zélandais de service renifle l’odeur algues marines que rejettent nos deux corps, le sable que distribuent nos vêtements chiffonnés, l’heure par trop tardive pour faire pivoter une porte d’entrée d’hôtel chic mais familial dit la publicité panossée à l’entrée de la ville.

Du geste élégant du semeur hugolien je dépose mon portefeuille d’où dépassent des coupures de deux cents euros surmonté de ma main gauche sur le desk. On dit le desk, comptoir cela fait bistrot de chômeurs à dix balles, on ne dit plus dix balles non plus tout ce qui concerne l’argent devient obsolète, les thunes, les chèques ( sauf ceux pour le service d’esclaves à domicile ), les bijoux ne valent plus une clope et les tubes de fumée mortelle se négocient au-delà de la petite monnaie, le fric n’est plus que du pèze sans valeur, l’oseille qui court encore s’appelle pétrodollars et personne ne l’a vu. Tu vois la gueule de l’artiche debout vacillant derrière son meuble comptable si tu lui balances : Voici quelques pétrodollars, mon brave.

Céline sourit, elle le rapport au pognon est simplifié, elle sourit quand je dépense. Demain, je devrai bien me tarir d’une petite explication tout de même, cela fait deux fois que je vois son regard neutre me voir prendre les billets dans l’aile droite de la Cad.

Kamer 56 dit le majordome. (J’ai écrit cinquante-six pour vous tromper, j’ai vu votre regard, les picaillons, ça vous intéresse aussi, et puis c’est pas cinquante-six qu’il a dit, pourtant c’est le nombre qui est écrit sur la plaquette de plastique mauve que tu peux pas emporter parce que pour la foutre en poche, faudrait qu’t’aies un falzar de chez H&M taille super Jurassic park.)

 


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25/11/2003

Hoek van Holland

 

Pneu crevé, il n’y a plus rien de fiable, réparation, on fonce sur Vlissingen où l’on arrive à la tombée du jour.

C’est toujours magnifique, la culbute, le ciel doré qui passe au mauve, au noir, un immense cargo dérive devant Hoek van Holland, trompe corne de burne potin sourd loupiotte d’un vaurien lof pour lof barre toute, tonnerre de Brest et mille sabords, mais il va où ce crétin, il va se faire couper en quatre, il n’a rien vu, deux boules noires une boule rouge, il croit que c’est du billard, la natation en dix minutes par Marcel Rouet ils sont deux, c’est un mec et une nana, la bôme, ma fille c’est pas le truc dur à la verticale dans le slip !

Tiens, un mec une fille sur un bateau sans compter le chien, ça devrait m’inspirer, je vais vous parler de ceux qui jouent le même jeu, mais encore moins vite, une bande d’Henri et Lundentreux et Francis Caplan et Jeanjean qui joue les durs de durs de mou entre Königsberg et un nid de cigognes ... encore une petite acrostiche ! Un feuilleton c’est comme ça que cela vit, c’est pas du roman, c’est du vécu, je ne peux dire que cela en ces temps de télévérité, mot intelligent immédiatement dérivé du grec qui veut dire la vérité ( rien que la vérité, toute la vérité ) à distance, comme dans un procès italo-wallon, donc, dans la vie réelle dirait le gamin de notre ancienne concierge qui n’avait pas sa langue dans sa poche, là tu vois on s’égare tout à fait con cierge on entre dans le vif du sujet, la baume dure du pragaraphe précédent à secoué la main de Céline.

Les mots, les maux, la langue d’Ésope, tais-toi et suce dis-je à Céline qui s’active comme une bonne travailleuse, elle a du ressort, quand je remettrai dans la nature, elle sera une grande fille. Je nous pousse un peu en arrière et nous glissons sur la pente herbeuse de la berge, la verge glisse sur la fente verbeuse, en veine de cadeau, je lui parle de son orchidée sa fleur paraboloïde elliptique. Quand je veux je place les mains comme un mage je rampe sur les montagnes et les vallées avec toute l’astuce de Norbert Casteret devant la mare au diable, retrouver le point G, un plaisir depuis le pont aux ânes, Pythagore et la Luppia.

Tout le monde ne sait pas ce qu’est la luppia.

Confie-toi bonhomme, ça te fera du bien, faut pas s'isoler disait le premier et seul patron qu’avait eu l’Henri et pourtant, même à Céline il n’avait pas expliqué. Il n’y a d’ailleurs rien à expliquer, car qui peut comprendre quoi que ce soit, le mieux est dans l’instant, pour le moment les doigts dans l’onctueux, les genoux dans l’herbe, accroché à une pente sablonneuse, les yeux dans les yeux, les yeux fermés les yeux rouverts le regard qui tourne, mais il y a mateur un voyou un péquenot t’as jamais vu une paire de jambes en l’air et un cul qui danse, du déjà vu. Copenhague, et puis Amsterdam et le resto ce midi, une tête qui revient trop dans le paysage, debout fissa pantalon relevé le pas rapide vers la Cad, portière, main, flingue, regard.

Le voyeur a disparu, rêve, illusion, voir ce que l’on veut voir...

— C’était un peu trop vite, murmura Céline, je veux dire trop court ajouta-t-elle.

 


12:20 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |

note du technicien à propos de la venne numéo trois n

note du technicien à propos de la venne numéo trois
 
numéo ?
Yan ! t'as oublié l'air
 
D'accord chef , voici la clé du permis de penser et la treize qui pourra se crocheter sur la tête abîmée.
 
Après lobotomisation le Docteur Mabuse affirme que le contaminé du bloc n'est pas celui qui fout le feu partout, la suite du voyage de Céline et henri est prévue en début d'après midi.
 
La direction .

06:25 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (1) |  Facebook |