31/10/2003

Elle vient, elle arrive

Henri...

Mille visages

Xian...

Mille statues et des milliers encore chaque jour...

Le narrateur sortait sans doute d'une enfance brutale, ennuyeuse, désespérante, l’avenir était Bandent et Charrette, un avenir que n’accepte pas même les jeunes filles ambrées au nom d’apéritifs en vogue. Henri était-ce un commencement avec toutes les apparences d'une fin, et dont il semblait difficile de réchapper ?

Une sodomie qui se serait mal passée, un surveillant d’internat trop dur, un chef syndicaliste trop exigeant, quel est le mystère qui peut entourer Henri, Jean-Pierre Henri....

Parce que Henri se porte bien, l’autre, un autre.

Henri I, Henri II, Henri le Putain, je m’appelle Henri, je voudrais que les filles soit nues, qu’elles se couchent dans la rue ... une époque, une autre époque... Heureusement, il y a eu  Céline. On s’est fait des touches.

, encore quelques heures....


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30/10/2003

De cujus

 

 

Le de cujus en a secoué quelques-uns, mail, phone, cibi, télégraphe Chappe, signaux avec pavillons, langage des signes et des doigts, téléconférence, g y compris point g, même un ancien des entretiens de Picha en a été secoué, Isabelle s’est trompée, le jour des morts c’est dimanche, normal, c’est le jour où le pote de Jean-Paul s’est reposé ( je précise qu’après, il n’a plus rien fait, on attend toujours...).

Les questions auxquelles il faut prétendre avoir des réponses avant l’extinction des feux et lumière ( et de la petite fin en petite mort pour dames sensibles qui ne sera disponible que sur le site à télédécharger, d’ici quelques heures ) :

Est-il possible dans un état de droit que le défuncté ne soit pas le défunt ? Comment aurait réagi le juge Lemploi de Neufchâteau ?

Le témoin complètement louf a-t-il été totalement sondé ?

Xian, journaliste anonyme indépendant à la Capitale.

 

 

Les photos me sont parvenues du labo et le rapport d'autopsie du photographe. Le rapport était clair: Une personne mal intentionnée avait par le comble des hasards kidnappé un détenu paraplégique et comateux. Après l'avoir évacué par le conduit classique du linge sale des châteaux d’Hercule Poireau, il jeta le pyjama à rayures sur la voie publique (ce qui est un délit) ensuite un complice aux allures farouches voulut effacer les traces comme il le fait toute les semaines avec son camion et son costume fluorescent. Dans un bruit de ferrailles et de pompes pistons et centrale hydraulique le corps du délit fut escamoté.

Ce n’est pas la Peugeot garée au coin de la rue qui troublerait l’opération. Le monde est en marche et il n’y a pas de raison pour que le pope décède avant de canoniser notre Baudouin. Où en serait-on si Baudouin n’avait pas existé ?

La réponse simple et facile serait de dire qu’une grande maigre d’Espagne et d’Aragon nous serait inconnue mais quoi, qu’écrire dans l’aventure d’Henri qui troublerait la conscience et la belgitude, comme ici tout est devenu banal, même les singes aux assises ! Sans tous ces guignols, on serait au milieu de notre île avec des technologies surpuissantes, des tuyaux pleins la terre, de l'information comme une corne d'abondance. Des types dans les banlieues feraient les cons, les militaires ne feraient plus leur service, sauf les volontaires pour apprendre l’arabe, on nous vanterait des écrivains ridicules, au génie rive gauche, des candidats Céline, des enfoirés de Maigret, des fous qui ont lu SAS, Jacques Laurent, Pierre Nord ou Xian. On en serait là. Exactement là. Il y aurait pour halloween une  dernière tendance mode qui dévoilerait encore plus de seins et de touffes (bien que dans ce cas, il faudrait qu’elles mangent un peu plus de bifidus actif). Revoir des photos d'il y a dix ans nous donnerait un sentiment de ridicule. Relire la DH de 1983 créerait une impression de surplace. Israël écrase les Palestiniens, et les Russes ont quitté l'Afghanistan, et l'Afghanistan s'est quitté lui-même. Le pourcentage d'imbéciles au mètre carré mondial est le même. Mais ceux-là passent à la télévision dans des cages que l'on filme. Les gens parlent fort dans le train, avec des gens qui n'y sont pas. Il ne faut pas dire du mal des gens, parce que c'est la faute à personne.

Voilà l'affaire est résolue il ne me reste plus qu'a savoir ce qu'avait mangé le prisonnier disparu et ainsi comprendre qui a voulu supprimer cette malheureuse Corinne.

Peut-être une approche de réponse dans le « complément » promis qui paraît-il ne peut se lire que d’une main.

Isabelle (assistante de production).

 


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29/10/2003

Lendemain de l'intervention.

Lendemain, 29 octobre.

Lettre confidentielle du docteur Mabuse au médecin légiste officiel du parquet du balayeur municipal de Liège.

 

Cher confrère,

C’est avec l’étonnement d’un spécialiste total de la lobotomie que je vous écris. Le patient qu’on m’a amené et qui se trouve actuellement dans le tiroir huit, colonne trois ne présentait pas du tout les symptômes qui avaient été décrit par l’ambulancier de l’étage trois de Lantin.

Aux derniers entretiens de Bichat, nous avons précisément débattu d’un cas similaire et convenu entre experts diplômés, reconnus par l’Adeps, que lorsque les chariotteurs se trompaient de lit qu’il ne fallait en aucun cas troubler le repos de la famille.

J’ai donc décidé de confier à l’assistante salle d’hop des urgences la mission de remplacer discrètement les étiquettes et les panonceaux de température des couches 421 et 349.

Au plaisir de vous rencontrer après-demain pour l’intervention sur le corps du de-cujus.

Mabuse Sijen,

Lettre confidentielle de l’éditrice aux chères lectrices de l’habitation sociale, bloc 349.

Chères amies,

Hier soir, alors que j’allais installer le système vous permettant de télécharger dans l’ordre l’aventure d’Henri et de comprendre comment elle se termine (en dehors du milieu hospitalier et carcéral habituel), un bel homme d'une trentaine d'années m'a abordé en m'offrant un verre, comme il était beau comme un dieu je n'ai pas hésité une seconde. J'étais ravie d'avoir trouvé un compagnon pour la nuit. Sur mon initiative vers minuit nous sommes allés nous balader à la plage. Nous nous sommes étendus et avons commencé à nous embrasser et à nous embraser, enfin, cela n’arrêtait plus et j’ai bien senti que le sable le dérangeait. Il me proposa d'aller chez lui pour être plus à l'aise, il disposait d'une terrasse et nous y serions très bien, disait-il.

Pas d’inquiétude cependant, tout se mettra en place pour le jour des morts, c’est me dit-on samedi. D’habitude, je fais mes courses, mais un jour comme cela, que trouvera-t-on dans les magasins ?

Bisous partout et des poutous poutous.

Isabelle.


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28/10/2003

Mardi 28 octobreRapport :Concerne le dénommé HENRI Je

Mardi 28 octobre

Rapport :

Concerne le dénommé HENRI Jean-Pierre, fils de Joseph et de Maria HENRI, domicilié dans sa commune fusionnée dite ENTITE.

Devoir demandé par Madame la Procureuse, en son palais de Justice divine des Princes-Evêques, à la suite de la plainte déposée par CHARMANT VOISIN, également domicilié dans la même commune qui désire s’exprimer en FRANÇAIS, langue nationale approuvée par le comité Olympique fouronnais qui déclare devant nous officier de police new style ayant l’entièreté de ses moyens intellectuels et libre physiquement de ses mouvements, carte du parti 4578457, signée par ELIO DI MORO, qu’en ce septante-cinquième (soixante – quinzième) jour d’enquête, il est incapable de reconnaître en la personne maigre et étendue sur la couchette numéro 421 le propriétaire du pavillon dit « hanté » situé derrière la haie de son jardin, bien qu’ayant observé régulièrement toutes les allées et venues qui s’y sont déroulées depuis l’emménagement du suspect.

En foi de quoi, sur base d’un témoin oculaire et du témoin anonyme ayant déclaré avoir bien reçu la somme convenue avec le ministère public, moi, PALUMBO Pino, après en avoir délibéré avec ma femme, je déclare la fin de l’enquête.

Des devoirs complémentaires concernant la bande dite DH, les Henri porteurs de dépêches seront effectués sur le pas de la porte de l’immeuble de police locale sis http://www.u-blog.net/henridem/ à partir du lundi prochain.

Les lectrices souhaitant obtenir le texte complet de l’enquête (qu’on peut lire dans le bon sens, sans faire une gymnastique chronologique et fatigante), y compris un épilogue salé pourront apprendre demain matin comment faire.

Les lecteurs aussi.

Petit rapporteur : Xian, qui ferme le livre regardant se dessiner la silhouette de Céline.


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27/10/2003

Dernières pensées

 

 

Depuis combien de temps suis-je un zombie qui ne vois rien, ne bouge pas ? Le sens tactile est encore actif, je devine quand on me touche, quand ils viennent soulever la couverture, trafiquer l’aiguille du glutteur, je sens aussi, je hume, Madeleine, je vais l’appeler Madeleine, j’ignore son nom, c’est une nouvelle aide-soignante qui se parfume, Dune de Dior. Une chic, je l’imagine liane souple que je courbe, ploie, renverse.

 

Je n’imagine plus que cela, je ne pense plus qu’aux femmes, et encore... oui, les pensées, les idées, le cerveau fonctionne, cela tourne même à plein rendement, elles viennent danser autour de moi, autour du halo de la lune, les louves incantent le retour d’Henri ? la délivrance. Elles cerclent mon âme plombée à jamais. Comment la faire revenir ?

 

Couchnerf a précisé une affaire de moelle.

Mabuse a dit que tout était dans la tête.

 

Où que j’aille, où qu’ils m’emmènent, quoiqu’elles fassent, comment ignorer Marleen ?

 

Comme elle est belle, celle-là qui me prend la main. Tout n’est donc que rêve, je suis Adèle dit-elle, Marleen est morte, qui est cette Adèle? L'esprit astral fait corps avec l'imaginaire et je lis ton avenir dans mes cartes, murmure-t-elle en disposant son jeu sur la table basse. Si j’écoute Adèle, suis-je dans les rêves. Rêves à croire au géant des neiges et à l’ogre du petit Poucet. Dans les rêves où tout prend couleurs. Le prisonnier de la tour de Nesle, (Nesle : tour de l’enceinte de Philippe Auguste à Paris, sur la rive gauche. de la Seine; démolie en 1663 pour permettre la construction du collège des Quatre-Nations, aujourd’hui appelé l’Institut), naissait à un monde de sourires et de tendresse, à un amour parfait, sans crainte ni détresse. Le sourire est intérieur, la Tour est ici forteresse d’un moment d’égarement d’un de ces architectes bruxellois qui n’avaient comme exemple que Bouillon ou Saint Honoré. Adèle est un joujou tranquille petite fille de mes rêves d'enfant. Alors, c’est Corinne, comme à elle, les étoiles lui parlaient. Elles lui racontaient l'histoire d'autres étoiles, de celles que je n’ai jamais vues.

Que je ne verrai jamais.

Neige et vents, fenêtre se changeant en miroir à souvenirs de fées. Des souvenirs d'un amour extasié...

 

— On ne peut pas dire que tu parles beaucoup profère en gentil ton une mélodie femme ! Commencerais-tu à être totalement fêlé? Arrête donc de penser, ça t'empêche de bander ! Je me donne à toi en cadeau, à toi d'en profiter, dit Adèle Corinne Huguette Éliane Caroline belle Hélène riant tout haut.

Que fais-tu ici, Ève, perdue dans la mauvaise histoire, celle du gars enfermé dans sa cage à vivre de rêves.

L'image de ma belle m'est trop présente...  Sans que les prophètes le remarquent, Henri frémit aux frissons de l'évocation. Elle ne peut qu’être étrangère à ces jeux, la Corinne. Jouer, jouir, mourir bien mieux !  Tout n'est qu'un leurre.

— Je ne veux connaître qu'une seule chaleur ! éclate l’image d’un géant musclé et bravache au centre du huitième neurone.

Un peu de brume soudaine et l’Adèle s'évanouit du décor susurrant la mort de Corinne

 

— Souris le monde te regarde !

 

Où que j’aille, où qu’ils m’emmènent, quoiqu’elles fassent, comment ignorer Corinne ?

 

      Oups, tu te trompes d'histoire Adèle !  Allons tout de suite dans une autre alcôve,  on verra bien ce que nous pourrons y faire !

Bruit de portes et de clés ?

Est-ce le moment ? On est venu me quérir.

La mort à l’unanimité !

Couloirs de Carryl Chessman, corridors de pendus de Villon, ravines de nuits de Rimbaud, dédales homériques, passage infernaux de Charron, goulet d’A 6 de Beaune, détroit de Gibraltar, océans destre, Cousin senestre, flammes, fourneaux, coulées, limer, poncer, laminer, polir, visser, ajuster, former, chaînes, clous, l’enfer était sur la passerelle haute, gaz coke sans dieu seulement le montreur de crocs à finance, l’envoyé du Wisconsin, sous sa veste d’alpaga tailleur de Saville Row, une pelisse noire. Les hommes noirs avaient devant eux, ouverts sur des pupitres d’écoliers avec deux gros encriers, de gros grimoires alchimiques qu’ils avaient feuilletés pour y trouver la longue liste des péchés. Épouses de chef de service déculottées, vierges ensanglantées, négresses sodomisées, orgies russes, débauches latines, travestissements, drogues, manipulations mentales, adultères, rock ‘n roll mops et babeloula. Ce n’était pas le pire !

Incitation à la vie, combat vacancier, revendication salariale, lutte horaire, dynamisation anti-esclavage, grès sur le tas !

GRÈVE SUR LE TAS ! Le Wisconsin ne fera pas la loi ! Dorrazzio avec nous !

Tout est écrit dans le livre !

Un coadjuteur surveillait le goutte-à goutte d’une clepsydre tandis qu’une sorcière entourée de nains de jardin marmonnait des formules incantatoires.

La trappe s’ouvre brutalement, le toboggan conduit aux caves, brodequins, entonnoirs chaînes, une radio folle aux baffles crachotant :

Les portes du pénitencier bientôt vont se refermer... hurle Johnny, il y eut du remue-ménage, D’Artagnan se prit la cape dans l’épée, Batman déploya ses ailes crochues tandis que l’astronef du professeur Marduke alunissait sur la Terre. De belles Jennifer et d’extravagantes Catherine m’attachent les bras en croix dans la poussière de l’Oklahoma avec des sangles rouge et or, l’infirmière-chef à la coiffe rigide ornée emblématique de Lorraine verte bouscule les gardes du Cardinal qui protestent, arrachent mes vêtements et exigent une deuxième comparution devant les juges émasculés qui n’en reviennent pas de tant d’audace.

C’était un meneur crie le plus petit kukluxklé à gauche. La mort, déclare le juré qui s’accroche à son fauteuil d’employé Fortis, la mort, n’est-il pas anti-autoritaire et anti-institutionnel autant qu'égotiste, psychologique et hédoniste. Lâchez les chiens policiers s’exclame une divorcée dans le public. Un menteur, un foutu menteur hurle une lectrice de Gala, il a même écrit au journaliste que toutes, oui, toutes les princesses s’ébattent en cachette à leur majordome, que cela se savait depuis le tissage des myosotis par une certaine Chaterley qui, a-t-il osé raconter, levait cependant moins haut les jambes que Didi dans sa Mercedes.

— Haro sur le condamné glaffoute en bavant un retraité maximum des transports publics.

— Mais, mais, il n’est pas encore jugé, s’étonne un bavard à col blanc ( ce qui le différencie momentanément des hommes noirs ). Il y a du droit tout de même, le respect de l’être, la possibilité de défense.

— Ta gueule cria un excité, lançant une poire d’angoisse au travers de la salle.

— Qu’on le liquide hurla un leader de la gauche évincé, ces types de la CSC sont des crapules.

Ouais, les crapules sont notre objectifs lança le colonel BEM FN honoraire, certainement, affirmatif ! La crapule fait gronder la base et s'écrouler les murs. La crapule est notre objectif Démasquer la crapule. Abattre la crapule. Soyons ferme, n’oublions pas qu’à la crapule abattue succède immédiatement une nouvelle crapule encore plus enfoirée que la précédente et le combat continue et le combat c'est le mouvement et le mouvement c'est l'espoir. Sauf quand on recule.

Alors, un tribunal c’est comme une réunion de sécurité et hygiène ? comme un bataclan de la confrérie des étudiants de Christ-roi, comme une sorte de chambre des représentants, L’ambiance, l’ambiance, Henri ! afut mettre de l’animation, comme dans les réunions, ici, c’est une réunion, ils sont venus comme on va au comité, des dignes des dindons, des bourrés, des énervés.

Depuis l'annonce du plan social, la belle fraternité connaissait quelques fêlures : tant qu'il était question de garder leur boulot, les gars étaient d'accord pour sauver Bandent et Charette, mais l’usine allait fermer. Luigi de la FGTB pouvait toujours gueuler, prétendre qu'à partir du moment où on acceptait de discuter un plan social, c'était foutu. Ce qui comptait depuis toujours, c'était de se bagarrer, pouvoir se tirer avec le maximum de pognon, gonfler la prime à la valise. L'avenir, ceux qui y croyaient pouvaient se le dessiner au fluo sur le miroir de leur salle de bains.

 

Qu'est-ce qu'il en avait à foutre maintenant de la manif, du chantier, de l'atelier, de l’usine ! La fin du défilé avait été un calvaire. Une dactylo des services du personnel lui avait même pris la main, ils avaient fait une chaîne, et il avait gueulé comme les, autres, avant de dégueuler sur la berge, en face des buildings de Wandre. C’est en remontant, la tête vide, lourde qu’il avait vu la 403 décapotable, que le bonhomme à l’imperméable était sorti sans se presser qu’il avait doucement demandé des nouvelles de Corinne.

 

Pauvre Henri, pensa une jeune fille au visage tendre. Il faut trouver l’esquive, depuis combien de temps n’a-t-il pas mis les pieds dehors ? Le psychologue roumain qui était parti civiliser les Sénégalais lui aurait expliqué qu’il avait peur. Peur des regards, peur de l’été nouveau qui commençait, peur de croiser des jeunes filles en robes légères, peur de cette vie qui se passait de lui. Lui, jadis si soigneux de son apparence... S’il s’était vu dans son ensemble grand coton écru, dotation judiciaire trente-six, lavage sans bouillir par les dames de la prison de Forest...

 

 

 

Mais il était trop tard. J’étais déjà dehors, au beau milieu de l’autoroute des vacances, elle allait vers le nord, je descendais dans le midi.


06:56 Écrit par Xian | Lien permanent | Commentaires (2) |  Facebook |

26/10/2003

J’entends tout.

 

 

 

La construction de France avait commencé en octobre 1957, trois ans plus tard, le bateau flottait, il montait en mer, il prenait la vague. En 1962, il traversera l'Atlantique et se lancera dans la course...

 

25 Octobre 1967 - Sortie du film "Le Samouraï" de Jean- Pierre Melville. Il offre à Alain Delon l'un de ses plus beaux rôles, et inspirera des réalisateurs comme Quentin Tarantino et John Woo. Sur les écrans, une publicité pour la croisière de Toussaint aux caraïbes avec France. Je suis allé voir le film au cinéclub de Seraingavec des amis, après le film on s’est distribué les rôles. Corinne était infirmière, ça lui allait bien, elle soignait les blessés. J’étais Delon, c’est normal. Jacot a été un peu jaloux.

Je suis ta première femme, avait dit Corinne. Toute ta vie tu seras marqué par moi. Jamais tu ne pourras m'oublier.

 

L’ai-je dit, Corinne n’était pas une vraie rousse, je souris in petto. C’est une manière comme une autre, cela n’a rien de vulgaire.

 

Depuis le 25 octobre 1977 le nouveau propriétaire de France est le saoudien Akram Ojjeh, président directeur général de la société suisse TAC spécialisée dans les technologies d'équipements de pointe (militaires surtout). La société Tac a créé pour l'achat une holding installée à Luxembourg où l'on retrouve des pointures aussi différentes que Adnan Kashoggi, Samuel Flatto Sharron, mais peut-être par le biais des actions secrètes, la reine de Hollande et le Vatican. Serons nous tous un jour la propriété de princes arabes ?

Il pensa qu'après le krach de 29 vinrent des années de ruines et de marasmes, la dépression économique et l'ascension foudroyante du fascisme et du terriblement dangereux Hitler, tout cela était-il donc ordonnancé par quelques personnes ?

Pourquoi eut-il un sursaut en pensant à Maggi.

Je voulais remercier une Maggi d’être passée mais je n’ai pas son adresse, si quelqu’un la connaît...

Bonjour Maggi, bonsoir Maggi.

N’était-ce pas la femme de Freddy ? Comme chaque matin, Freddy arrivait le premier, il sortait de sa carriole pourrie, les yeux rivés aux chaussures, il se déplaçait en examinant le bitume, il s'engouffrait dans le bâtiment préfabriqué, et rentrait dans son bocal, c’était lui qui était devenu responsable sécurité et hygiène et chef syndicaliste. En tant que chef, il avait droit à un bureau fermé. Entièrement vitré. Il arrivait toujours le premier. Ainsi, il pouvait noter d’un regard l’arrivée des uns et des autres et le leur resservir quand ils venaient demander un congé.

Cela lui permetait de bien contrôler les horaires de ses collaborateurs. Et surtout de ne pas louper le tri du courrier. C'était Yasmina, une nouvelle stagiaire, qui jouait les vaguemestres. Freddy s'était débrouillé pour qu’elle ait un cagibi juste en face de sa fenêtre.

Yasmina était la fiancée d’un ouvrier de la zone trois, se rendait-il compte que le chef syndical et hygiénique ne pensait qu'à sa fiancée et qu'il bandait pour elle.

Je ne suis que le produit de ma propre imagination.

J’entends tout.


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25/10/2003

Coma

 

 

 

 

Jean-Pierre Henri ferma les yeux.

Il avait eu tort, de ne pas accompagner ses amis syndicalistes, il ne fallait plus se tromper maintenant, Corinne, Marleen...C’est lorsqu’il avait rencontré le regard de ce fouineur italien qu’il avait compris qu’il y avait péril en la demeure.

Il fallait surtout ne rien dire, ne rien faire qui puisse attirer l'attention. Vivre comme avant. Comme lorsqu’il y avait la mère et le père, et Corinne et l’avenir et personne dans la maison d’Huguette.

Et des femmes de rêves aux yeux sucrés des lokoums de mon enfance, aux fesses callipyges des romans de son altesse sérénissime, aux seins américains, corps d’albâtre un moment, déesses caraïbes une autre fois, nue dans l’eau des Maldives, relookée par Évelyne Thomas de culottes foisonnat de dentelles de Calais et de rubans de soie qui chatouillent les fesses, ailes de papillon cils de Thaï orchidées d’Aramis.

 

Fermer les yeux plus fort encore, crisper le visage froncer le nez et créer deux petites barres, — que le collagène aurait pu empêcher, revenir en soi pour mieux rêver.

 

Un bruit, un clic une grosse fatigue, un fond clignotant télévisuel, ne pas ouvrir les yeux, le compagnon d’infirmerie a ouvert le poste, bruit de fond, grosse fatigue. Paroles sans pré vert. Une auditrice anonyme dit que les femmes palestiniennes envoient les enfants dans la rue, que les enfants ça tue sans retenue, que partout ailleurs les mamans gardent les mômes à la maison, et que la civilisation du partout ailleurs doit sans doute résister à l'absence de civilisation palestinienne et des peuples du même genre. Elle avoue sa totale impuissance dans cette guerre-là, elle se dit passive, mais elle refuse de faire la part des choses. L'horreur c'est comme ça. L'horreur réside injustement dans le fait d'être incapable de la dénoncer, parce qu'on lui est extérieur et qu'elle nous aliène. Le système, l'engrenage. Elle explique la démocratie. La démocratie, c'est quand on décide d'assassiner mais pas n'importe comment, et qu'on en discute. L'absence de démocratie, c'est plutôt quand on assassine par haine, rapidement et sans retenue. Un auditeur appelle, fait part de ses doutes. Une auditrice téléphone, fait part de son malaise. On voudrait croire que tout est faux, encore de l'intoxication au profit des forts, ou le contraire peut-être, tant la maladresse fait pencher vers les faibles.

 

Images bruits images fond remue-ménage clic clac clés du paradis. Fermer les yeux, garder les yeux fermés.

 

À l'heure du petit déjeuner, La croix du matin lui avait confié que le patron de Vivendi se faisait saquer avec deux ou trois cents millions d'indemnités, on ne connaissait pas trop le chiffre exact. Un autre article parlais de Zidane et un troisième dans une autre rubrique citait Daems devant sa villa hollywoodienne.

Calée dans les plis du journal, le facteur avait poussé le courrier du jour, une lettre de l’ami habituel de la Vitrine Magique, encore un cadeau et puis un document électoral socialiste, il y en a toujours un qui traîne, et la convocation qui laissait entrevoir le temps perdu dans la salle d'attente Orbem transit direct poubelle sociale, avec des pas peignées gosses dans les bras et des mecs qui lisaient La Meuse ou la gazette de Liège...

 

Yeux fermés, cousus, bouche fermée, cousue. Les petites filles croient que les garçons se baladent avec un os entre les jambes, ce n'est pas vrai. Corinne demande que j'enlève le bout de bois qui est dans ma poche.

 

Flamme du cœur, froid du cœur, je sais que cette flamme peut réchauffer au lieu de brûler et alors le plaisir et le désir confondus se nomment bonheur.

La tempête de sable s'est apaisée et n'était plus qu'un nuage doré sur l'horizon, l’horizon avait reculé de trente ans, s’était raccourci, s’était perdu dans le dernier rouge du laminoir.

On allait fermer, vraiment, chez Bandent et Charrette. Ils pouvaient tous faire aller leur grande gueule, ils se retrouveraient sur les quais de la Meuse.

 

La Meuse, fleuve noir de boue charriée depuis la centrale de Chooz, alimentée par la Sambre des charbonnages fermés, des usines mortes.

Archéologie industrielle, voilà les études que j’aurais dû faire.

 

Jean-Pierre Henri sombra dans une sorte de coma. C’est du moins ce que prétendit le docteur Mabuse, spécialiste de l’institut pénitentiaire qui devait l’opérer dans trois jours.

 

Une pensée, flash, l'espace européen ne serait-il rien d'autre qu'un "territoire d'expérimentation de l'idéologie des droits de l'individu", "espace exclusivement économique et juridique", réalisant d'une certaine façon l'utopie d'une société sans État (réduite aux multitudes!), société de "retraités de la grande histoire".

Le coma est très profond admit l’expert sollicité, le très médiatique docteur Couchnerf.


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